19 novembre 2008

BOMBER COMMAND

BOMBER COMMAND

Le "BOMBER COMMAND" est le commandement des groupes de bombardement stratégique, uniquement composés d'avions quadrimoteurs HALIFAX et LANCASTER (depuis 1942). Il s'est vite spécialisé dans les raids de bombardement de nuit, laissant en général les opérations de jour (depuis 1943) à la 8e U.S.A.A.F. Américaine stationnée en Angleterre, dans le MIDDLANDS.

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Un tracteur Chevrolet dans un dépôt de la 8e U.S. Air.Force. MONTGOMERY avait averti: "L'aviation devra tenir le ciel au-dessus des plages"

(source: HISTORIA Magazine N°65 U.S. Air. Force)

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INSIGNE DE LA 8e US ARMY AIR FORCE

COLONEL WILLIAM B. DAVID. The "Old Man" 

Commanding officier of our station.  " FORTRESS FOR FREEDOM" To keep her flying over Nazi-land is our sole job.

Il comprenait une organisation territoriale et une organisation tactique qui se superposaient. Il était divisé en Groups: Chaque group équivalait à une région. Le "4 Group" dont faisait partie ELVINGTON, comprenait la moitié Sud du YORKSHIRE (East Riding). La moitié Nord formait le 6e Group, presque uniquement Canadien. Le 5e Group était dans le" lincolnshire", etc... D'une façon générale, les terrains du Bomber Command étaient situés dans le Nord-Est de l'Angleterre, le sud étant réservé à la chasse.

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Le Général ARNOLD commande l'ensemble des Forces Aériennes Américaines en 1942; L'Air Chief Marshal Sir Arthur HARRIS, commandant le BOMBER COMMAND Britannique; Le Major Général IRA C. EAKER commande la 8e US Army Air Force.

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Le Maréchal de l'Air de la Royal Air Force Sir Arthur Travers Harris,surnommé "Bomber HARRIS", était le responsable suprême du Bomber Command Britannique.

Chaque group était commandé par un Etat-Major et un Air-Vice Marshall (Général de division aérienne). Le group se divisait en bases.

La base était l'unité territoriale élémentaire, sous les ordres d'un Air Commodore (Général de Brigade Aérienne). La "Base" comprenait,suivant le cas, 2, 3 ou 4 stations .

La "station" c'est le terrain d'aviation. La station d'ELVINGTON faisait partie de la base de POCKLINGTON qui comprenait aussi le terrain de FULL-SUTTON. Le terrain était sous les ordres d'un "Group-Captain". Seule de toutes les stations de la R.A.F. celle d'ELVINGTON était sous les ordres  d'un Colonel français qui commandait ainsi, non seulement aux équipages français, mais à tous les services du terrain formés en bonne partie de personnel Anglais.

La station comprenait, en général, 1 seul squadron à 3 flights ou 2 squadrons à 2 flights.

Le "SQUADRON"est l'équivalent du "groupe aérien" de l'armée de l'Air Française. C'est l'unité tactique de base. Le squadron est commandé par un "Wing Commander" (Lieutenant-Colonel) et comprend 2 ou 3 escadrilles (flights).

Le "FLIGHT" ou escadrille est une unité d'instruction, n'ayant pas de vie propre au point de vue opérations. Le Commandant du flight ne s'occupe que des vols d'entraînement, les jours de repos.

Pour les opérations, les ordres sont donnés par les squadrons.

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Février 1944: Le Maréchal de l'Air Sir Arthur Harris (debout,deuxième en partant de la droite) étudie une photo de reconnaissance dans son QG de High Wycombe. Harris ne quittait guère son QG que pour se rendre aux convocations des chefs politiques.

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C'est en février 1942, à un moment ou ce commandement se débattait au milieu des pires difficultés, qu'ARTHUR T. HARRIS prit la tête du BOMBER COMMAND. La pugnacité dont cet homme à la force de caractère peu commune fit preuve dans cette activité lui valut de nombreux ennemis, tant dans la Royal Air Force que dans les milieux politiques britanniques.

MARECHAL HARRIS

Né le 13 avril 1892 à Cheltenham, Arthur Travers Harris s'engage en 1914 au Ier régiment de Rhodésie. Après une campagne dans le Sud-Ouest africain, il retourne en Angleterre et entre dans l'aviation. A partir de 1916, il commande une escadrille, tantôt sur le front français, tantôt en Angleterre ou il participe à la défense aérienne de Londres. Après la guerre, il sert aux Indes et en Irak et suit, en 1928, les cours d'état-major de Camberley. Il occupe ensuite plusieurs postes dans le Moyen Orient.

En 1938, il est à la tête de l'aviation britannique en Palestine et en Transjordanie.

Vice-maréchal en 1939, Harris commande au début de la Deuxième Guerre mondiale une escadre de bombardement qui exécute des vols de nuit sur l'Allemagne et pose des mines magnétiques sur la Baltique. Après avoir dirigé une mission aux U.S.A., il devient maréchal de l'air en 1941.

A dater de ce jour, il commandera en chef les escadres de bombardement de la ROYAL AIR FORCE et, jusqu'à la fin de la guerre, dirigea les innombrables raids par lesquels les Alliés tentèrent de détruire les centres industriels de l'Allemagne.

HARRIS se retirera en Afrique du Sud en 1946.

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MEDAILLE DU BOMBER COMMAND.

(collection: LOUIS MARIE)

CHASSE DE NUIT ALLEMANDE

ET

"BOMBER COMMAND"

La lecture des comptes rendus des interrogatoires des officiers ayant exercé un commandement important dans la LUFTWAFFE, ne saurait laisser indifférent quiconque s'intéresse à l'aviation. Les appréciations portées sur l'aviation alliée ne manquent pas d'intérêt.

C'est le cas de l'appréciation portée sur le "BOMBER COMMAND" par le Général SCHMID, ancien chef de la chasse allemande, voici résumées les conclusions de cet officier général.

I - LES APPAREILS DU "BOMBER COMMAND"

La tendance est à l'admiration en ce qui concerne les quadrimoteurs britanniques, leur rayon d'action de la charge transportée reçoivent le qualificatif de remarquables.

Leurs autres caractéristiques - vitesse de croisière et plafond - n'étaient pas telles qu'elles constituassent un obstacle insurmontable à l'engagement de tous les types de chasseurs de nuit.

Le général s'étonne de n'avoir pas eu à défendre le territoire contre des engins volant au-dessus de 7000 m. et avançant à plus de 400km/h.

L'action du gros des forces allemandes en bimoteurs eut été pratiquement paralysée. Il y avait là un danger auquel il avait souvent réfléchi.

mes_imagesmes_imagesQuand aux MOSQUITOS, ils lui paraissaient la plus belle réussite réalisée en matière de construction aéronautique. Les multiples usages qui en ont été faits, compliquaient la défense contre les attaques de nuit britanniques.

II - LES METHODES D'ATTAQUE.

Les Anglais avaient certainement profité des enseignements des attaques Allemandes de 1940-1941, qui avaient démontré l'inefficacité du bombardement de nuit, s'il n'est l'exécution d'un plan méthodique et s'il n'utilise pas des méthodes d'attaque différentes mais coordonnées.

Les résultats obtenus, le Général les attribue au commandement, aux exécutants et au matériel:

- Au  commandement:

Qui a su concevoir et faire réaliser une tactique d'approche massive de nuit en une ou plusieurs vagues de bombardiers,

Qui a su rendre efficace le brouillage des communications "Air-sol" et des radars;(Windows).

- Aux exécutants:

Dont le niveau d'entraînement "était remarquablement élevé. Dont la discipline de vol et de communication radio était excellente;

- Au matériel:

Sont mentionnés: Le haut degré de perfectionnement des instruments de vol, l'importance des bombes incendiaires.

Certains points de techniques d'attaque retiennent son attention pour avoir causé de graves préoccupations à la défense:

Le camouflage des formations de bombardiers par des écrans de Mosquitos; Les raids de diversion de ces Mosquitos;

La succession des attaques conduites par différents flots de bombardiers à intervalles de 2 à 3 heures, quelque-fois contre le même objectif, mais par des routes différentes.

III - RESULTATS DES EXPEDITIONS.

Jusqu'au bombardement de Cologne en 1942, toutes les expéditions de nuit sont qualifiées de coups d'épingles. Et jusqu'à l'emploi de la technique des vagues de bombardiers, les répercussions sur le fonctionnement des rouages de la machine de guerre, sont considérées sans effet.

- Les objectifs attaqués simultanément par quatre formations subissaient plus de dégâts que les mêmes objectifs attaqués par une seule formation à quatre reprises différentes. Du point de vue de la défense, les Allemands préféraient la première formule.

- L'efficacité des chasseurs de nuit britanniques à long rayon d'action était considérable, bien que leur effet direct fût insignifiant. Leur influence s'exerçait, en effet, sur le moral, et en particulier sur celui des chasseurs de nuit.

- Les attaques contre les terrains de stationnement des chasseurs de nuit Allemands étaient rarement effectives, de plus, elles avaient pour eux, l'avantage de prévenir la défense d'une attaque probable des bombardiers lourds.

Le Général s'étonne que le "BOMBER COMMAND" n'ait jamais essayé de rendre inutilisables les bases de chasse de nuit en lançant contre elles des attaques en plein jour ou au crépuscule, avec des formations plus importantes.

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Quand il entra en service au sein du "BOMBER COMMAND", au cours de l'année 1942, le bombardier léger de HAVILLAND MOSQUITO accrut dans de notables proportions les capacités de ce grand commandement. C'est au mois de novembre 1942 que le Squadron 139, basé à MARHAM, réceptionna ses premiers MOSQUITO B.Mk.IV.

- Les dégâts matériels causés par les raids de Mosquitos n'étaient pas d'une importance décisive, mais les perturbations causées étaient importantes.

En conclusion, le Général SCHMID refuse catégoriquement de partager l'opinion de ceux qui pensent que les bombardements de nuits Anglais n'ont eu aucune influence sur l'effondrement de l'Allemagne.

L'organisation systématique et la continuité des expéditions, particulièrement en coopération avec les raids Américains de jour (8ième U.S.A.A.F.) augmentèrent leurs effets jusqu'à ce qu'ils devinrent tout à fait insupportables. Il ne sert à rien de discuter pour savoir si les raids de nuits seuls, auraient suffi à paralyser de façon décisive l'économie de guerre Allemande, mais devant les succès étonnants enregistrés dans le repérage des objectifs de nuit et par mauvais temps, et la précision accrue des visées de bombardement, le Général pense que les mêmes résultats auraient été atteints par la R.A.F. seule. Le résultat définitif n'aurait été qu'une question de temps.

COLONEL. A. THIBAUDET.

(source: L'AIR N°602 du 20 JUILLET 1947)

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(source: Bulletin des Forces Aériennes Françaises en Grande-Bretagne  N° 17 Mai 1945)

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