20 février 2009

POUR REBATIR LA PUISSANCE AERIENNE FRANCAISE

La "RECONVERSION" de l'Armée de l'Air est-elle possible?

Un bel exemple de solidarité nationale est donné par la 21e Escadre, qui assure régulièrement la liaison Bordeaux-Dakar et vient de fréter son 2000e passager.

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Le moyen de transport le plus utilisé par les groupes lourds la bicyclette, préparation d'un chargement au départ d'ELVINGTON vers BORDEAUX-MERIGNAC.

(collection: Yohan ZERDOUN)

Depuis cent ans, la France dépense plus du tiers de ses ressources pour la défense nationale. L'examen du budget le prouve avec éloquence. Il en était ainsi du temps ou l'armée et la marine étaient seules à se partager les crédits.

Et l'une des raisons, sans doute essentielle, pour lesquelles l'aviation a rencontré de grands obstacles à acquérir la place que la technique moderne commandait de lui réserver, tient au fait qu'elle est apparue comme une partie prenante supplémentaire dans un budget déjà surchargé.

Dans la période que nous envisageons, les dépenses militaires avaient une contrepartie. Elles ont permis l'essor colonial et l'expansion extérieure, source de richesse considérable, qui ouvrait de vastes marchés au commerce national et permettait, sans sortir de devises, d'approvisionner l'industrie en matières premières aussi indispensables que le caoutchouc, les oléagineux, les phosphates, etc... En même temps la France bâtissait une puissance militaire de premier ordre, qui la faisait l'égale des plus grandes nations.

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(source: ECPA)

Le ministre de l'Air Charles TILLON, au cours d'une cérémonie en 1944, Cet homme fut le promoteur du redémarrage de l'industrie aéronautique en 1944.

Cet âge d'or n'est plus. Ravagée par la guerre, diminuée par l'occupation, la France doit reconquérir au prix d'immenses efforts, sa prééminence estompée par les blessures subies. Tourmenté par de profonds courants visant à l'indépendance, son domaine extérieur voit apparaître la menace d'une dislocation possible.

Pour faire face aux nécessités pressantes qui commandent le relèvement, le Gouvernement peut choisir entre plusieurs méthodes possibles. L'une a été tentée sous le couvert de la politique de prestige. Elle visait notamment à reconstruire des forces militaires, navales et aériennes, calquées sur l'avant-guerre. L'impossibilité présente, de leur donner une valeur suffisante dans le dénuement général, a conduit à la solution plus sage de leur réduction très sensible.

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ELVINGTON (source: ECPA)

Après avoir servi dans les Groupes Lourds Français intégrés dans le BOMBER COMMAND de la R.A.F., ces HALIFAX devaient être utilisés pour des missions de transport, et ce, dès la fin de la guerre.

Mais, si le nombre des divisions, comme celui des escadres navales et aériennes, est aujourd'hui très restreint, la proposition des dépenses inscrites au budget pour la défense nationale, en dépassant 150 milliards pour l'année, demeure aussi importante qu'elle était autrefois. En d'autres termes, jamais le soldat n'a coûté plus cher.

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Le "L" for LOVE du Capitaine VEAUVY le retour à BORDEAUX-MERIGNAC.

(collection: Yohan ZERDOUN formidable le graphisme bravo Yohan)

C'est pourquoi la politique de reconversion vient d'être mise en application, en substituant au programme massif des constructions d'armement un programme de fabrications utilitaires, allant du tracteur agricole à la batterie de cuisine. Ne peut -on aller plus avant dans cette voie et mettre dans une large mesure les forces militaires au service de la reconstruction.?

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Survol MERIGNAC- Novembre 1945.

(source: L'OPS N°12 Octobre 1994)

Il ne convient pas, ici, de traiter si le génie, par exemple, n'aurait pas bonne grâce à participer au relèvement des villes dévastées, ou si la marine de guerre ne pourrait assurer des liaisons maritimes ouvertes au trafic civil. Demeurons dans le domaine qui nous est imparti, celui de l'Air.

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Le retour du H7 °C du groupe "GUYENNE" de retour à Bordeaux-Mérignac.

(collection: Régis JOUHAUD.)

Et saluons ici une initiative heureuse, qui mérite une approbation sans réserve. La 21e Escadre, stationnée à Bordeaux et placée sous le commandement du Lieutenant-Colonel PUGET, assure tous les deux jours, soit plus de trois fois par semaine en comptant les dimanches, la liaison Bordeaux-Dakar via Rabat, et retour.

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A droite: le Commandant PUGET

A gauche: le Lieutenant Henri DELAUNAY.

(source: Nuits de feu sur l'Allemagne. Louis BOURGAIN)

Les appareils utilisés sont des quadrimoteurs HALIFAX à moteurs Hercules DE 1.700 CHEVAUX. Au lieu des quatre tonnes de bombes qu'ils emportaient durant la guerre au cours de raids sur Berlin en partant de bases Anglaises, les appareils  aménagés pour le transport civil, emmènent 15 passagers et un fret important.

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HALIFAX. R G 607 livré entre le 18.03 et le 07.04.1945 Usine constructrice: ENGLISH ELECTRIC 31.10.1945 F.A.F. "Groupe TUNISIE" 12 octobre 1947.

L'itinéraire suivi, pour éviter le survol interdit de l'Espagne, longe la côte Atlantique au départ de Bordeaux, et oblige à faire le tour de la péninsule ibérique. Le trajet dure cinq heures et demie jusqu'à Rabat, ou les voyageurs passent la nuit. Le jour suivant, l'étape Rabat-Dakar est franchie en six heures et demie.

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HALIFAX BVI du groupe "TUNISIE"qui a rejoint le service de l'Armée de l'Air,avec les couleurs Françaises sur l'empennage.

Depuis le 1er mars, date à laquelle fut inauguré le trafic, plus de 2.000 passagers ont été transportés dans les deux sens. L'importance de ce chiffre est d'autant plus grande que l'un des buts essentiels de la ligne est d'assurer la relève des coloniaux, lesquels, depuis 1940, étaient coupés de la métropole et ne pouvaient, ni eux, ni leur famille revenir effectuer un séjour dans la métropole, indispensable à leur santé.

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(collection: Régis JOUHAUD.)

La 21e Escadre est formée de deux groupes, dont l'origine remonte à 1944. A ce moment, à Londres, les Forces Françaises Libres équipèrent, avec l'aide britannique, les squadrons 346 et 347. Ce sont ces unités valeureuses, qui aujourd'hui, composent la 21e Escadre, dont l'un des groupes, le groupe GUYENNE, assure exclusivement la liaison Bordeaux-Dakar.

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Les HALIFAX des Groupes Lourds Français du BOMBER COMMAND furent utilisés après la guerre dans des missions de transport. "L8 ° J - "TUNISIE"

Au lendemain de la libération, un essai analogue avait été tenté et avait pleinement réussi. Il s'agissait, à l'époque, de ramener rapidement d'Afrique du Nord les très nombreux Français de la métropole qui avaient réussi à échapper à la domination nazie. Des appareils B 26, de l'escadre qui était stationnée à Saint-Dizier, assurèrent alors un service régulier d'Alger à Lyon, transportant à chaque voyage 22 passagers.

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Le RG752 livré entre le 03.06 et le 17.06.45 transféré le 15.10.47 F.A.F Usine constructrice: ENGLISH ELECTRIC.

(collection: Bernard BAL)

On répète souvent qu'il y a antinomie entre le trafic militaire et le trafic civil, que les conditions d'exploitation et les méthodes de vol sont différentes, les appareils difficilement adaptables et les personnels eux-mêmes imbus de directives opposées.

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Le PP165 livré entre le 31.01. et le 19.02.1945 Usine constructrice: HANDLEY PAGE Ltd. a construit 60 HALIFAX B/MK VI  réformé le 31.10.1945 "Groupe TUNISIE"

Bien des exemples prouvent cependant qu'une adaptation est possible. Ils pourraient être demandés à l'Air Transport Command, qui, durant les hostilités, assurait  un vol toutes les huit minutes au-dessus de l'Atlantique. En ce moment même, la Sabena  utilise chaque jour sur Paris-Bruxelles, des avions-cargos, qui ne sont autres que des Dakota transformés.

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C47 - DAKOTA.

Et la compagnie suédoise ABA a reconstitué sa flotte décimée par la guerre, en transformant les bombardiers alliés contraints à se poser en Suède au cours des hostilités.

S'il y avait pléthore d'appareils, de moteurs et de pilotes, et si le budget n'obligeait pas à une économie rigoureuse, il vaudrait mieux, sans doute, utiliser pour une ligne donnée l'appareil spécialement étudié à cet effet. Mais existe-t'il seulement?.

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Soucieux de relever le pays, nous devons tout faire avec peu d'argent et n'en gâcher aucun sans nécessité, reconstruire notre puissance militaire et rétablir notre potentiel de paix. C'est ce qui donne à l'utilisation civile de la 21e Escadre son plus grand intérêt. Car , en même temps, des équipages sont entraînés, des appareils entretenus et utilisés, des passagers transportés, et une liaison impériale assurée, qui est encore la meilleure des propagandes pour assurer l'unité de l'Union française et accroître le prestige national en Afrique.

Ne nous limitons à cet exemple déjà précieux et demandons à l'Armée de l'Air de multiplier de semblables initiatives. Elles lui vaudront la reconnaissance du pays.

JACQUES LORAIN.

(source: L'AIR N°578 20 juillet 1946)

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05 février 2009

LES EQUIPAGES FRANCAIS ET LES W.A.A.F."S

LE CORPS AUXILIAIRE FEMININ

DE LA

ROYAL - AIR - FORCE

LES W.A.A.F.s

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R.A.F. - W.A.A.F  Royal Navy Air service photo.

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Quelques noms au dos de la photo.

Avec le nouveau budget de l'Air de 1939, en augmentation avec ses 200 millions de livres pour la R.A.F, on assista à une véritable prolifération d'organismes chargés de venir compléter les services de l'armée de l'air déjà en place. On ouvrit de nouvelles écoles de pilotage et on créa trois nouveaux Commands indépendants: Balloon (ballons) Maintenance (entretien) et Reserve (réserve).

Le 28 juin, le Roi Georges VI signa l'Acte Royal créant le corps auxiliaire féminin de la Royale Air Force, les W.A.A.F., et en septembre les premières W.A.A.F. ayant reçu leur formation furent postées dans les bases de la R.A.F. pour compléter le personnel en temps de guerre. Cette première "invasions" dans des communautés jusqu'alors exclusivement masculines fut accueillie avec des sentiments mitigés et il fallut attendre juin 1941 pour que les W.A.A.F. soient admises"légalement" à faire partie des forces armées de la couronne.

Si de nombreux officiers supérieures surtout et des sous-officiers étaient pour le moins réservés quand à ces femmes en uniforme en 1939, ils devaient changer d'avis un an plus tard en voyant le courage et le calme de ces jeunes filles " à peine sorties de l'adolescence" sous les bombardements dévastateurs menés par la Luftwaffe contre les bases du Fighter Command (Commandement de la chasse) pendant la bataille d'Angleterre.

(source: HISTOIRE DE LA R.A.F. Auteur: CHAZ BOWYER)

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C'était hier jour de fête pour la WAAF Joyce Brazier.A Londres, main dans la main avec le marié, le radio Marcel Philippon, elle a reçu le toast porté par l'équipage français de Marcel "Tomorrow - and Victoire" Bientôt ils boiront de nouveau, en France.

(collection: Michel DARRIBEHAUDE)

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??, assise sur l'aile de la voiture Mlle Geneviève DUREUIL, la maman de Jean-Michel BERGOUGIOU.

(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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??, ??, Mlle Geneviève DUREUIL.

(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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Mlle Geneviève DUREUIL, au 2ième rang la 4ième en partant de la droite, si vous reconnaissez des personnes sur la photo n'hésitez pas a prendre contact.

Groupe de WAAF's Française à Morpeth 1944/1945.

(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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??, ??, ??, Mlle Geneviève DUREUIL

On aperçoit sur cette photo le déchargement des bagages du camion, qui je suppose correspont à leur retour en France?

(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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Le retour en France, photo prise à Vaugirard.

??, Mlle Geneviève DUREUIL, ??, ??.

(collection: Jean-Michel BERGOUGIOU)

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Mlle Geneviève DUREUIL Boulevard Victor au Ministère de l'Air.

(collection: Jean-Michel BERGOUGNIOU)

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LES EQUIPAGES FRANCAIS

ET LES W.A.A.F.'s

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W.A.A.F. : Woman Auxiliary Air Force.

C'est à WEST KIRBY, près de liverpool, que les équipages français venant d'Afrique du Nord firent connaissance avec les W.A.A.F.'s. Ce fut pour eux  un sujet d'étonnement. Très vite, ils s'aperçurent que les problèmes de discipline étaient également résolus grâce à un savant dosage de liberté absolue et de règles très strictes.

Un peut plus tard, à Long Newton, ou l'on nous initia aux méthodes de pilotage britanniques, nous pûmes apprécier leur énergie. Elles assuraient les services de piste. En haut des escabeaux, la tête plongée dans les capots moteurs, elles procédaient aux révisions dans le froid, le vent et parfois la neige.

Quand nous leur faisions signe avec le pouce levé, pour leur demander avant les départs si tout allait bien, elles nous répondaient de la même façon. Elles faisaient un dur travail et cela leur semblait naturel.

Un peu plus tard encore, en janvier, février et mars 1944, à LOSSIEMOUTH, tout au nord de l'Ecosse, elles assuraient l'essentiel des services de la base. Au mess, malgré notre anglais très approximatif, joignant le geste à la parole, elles réussissaient à tout coup à nous satisfaire. Quand nous allions à ELGIN, la petite ville voisine, nous les croisions dans les salons de thé. Elles nous reconnaissaient et nous souriaient.

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Sous-Lieutenant PLUNKETT, officier adjoint de renseignement - Notre seule "Fille de l'air".

(source: Les Foudres de Ciel, du Général NOIROT)

A Elvington, le commandant britannique, prudent, avait jugé préférable d'éviter la présence des W.A.A.F.'s. Le service était assuré par les appelés du contingent en provenance d'Afrique du Nord. La seule exception à cette règle était madame PLUNKETT, une française mariée à un officier britannique. Elle était officier de renseignements adjoint du commandant de FONT-REAULX.

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Le commandant de Font-Reaulx officier de renseignement.

(source: Les Foudres du Ciel du Général NOIROT)

Avant les départs en mission, elle passait de table en table pour ramasser nos affaires personnelles et nous donner en échange l'escape box (boite d'évasion).Nous la taquinions, sachant que pendant toutes les heures que durerait la mission, elle nous attendrait, angoissée, avec sa sensibilité de femme.

Telles étaient les W.A.A.F.s. dans la Royal Air Force.

(source: NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Auteur: LOUIS BOURGAIN)

LES FEMMES DE L'AVIATION FONT

UN TRAVAIL D'EXPERTS.

Le nombre des femmes enrôlées dans le service Féminin Auxiliaire de l'Aviation, (W.A.A.F.) est plus grand aujourd'hui que n'était la totalité des effectifs de la R.A.F. il y a quelques années. Ces femmes apprennent à faire un travail d'experts dans plus de 50 spécialités différentes.

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Des W.A.A.F. , manoeuvres d'ateliers, nettoyant un moteur, pendant que des entoileuses rapiècent et vernissent l'aile d'un bombardier.

Elles vérifient les moteurs, et réajustent les avions; elles contrôlent et réparent les instruments; elles sont météorologues; elles essayent les canons; elles aident à embarquer les bombes et à faire les pleins d'essence et d'huile;

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Les W.A.A.F.S. mécaniciennes ont prouvé une grande adresse et une capacité remarquable. Essai de vérification du moteur d'un appareil de chasse.

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Une W.A.A.F. armuriere fixe un canon "VICKERS" dans sa position. D'autres W.A.A.F. en vérifient la portée.

Elles manipulent les appareils de TSF et de radio-location; elles deviennent des monteurs entraînés, et même des mécaniciens de vol. Elles travaillent, mélangées aux hommes, en des groupes mixtes.

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Les femmes du Service Féminin Auxiliaire de l'Aviation ont remplacé de nombreux techniciens dans les équipes au sol de la R.A.F. Vérification des régulateurs d'oxygène.

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Cette femme devenue mécanicienne-experte dans les équipes au sol de la R.A.F. est en train de calibrer des indicateurs de vitesse.

Elles travaille aussi, toutes seules dans des équipes féminines. Elles montrent une habileté, une initiative et une énergie égales à celles des hommes, qu'elles ont remplacés pour leur permettre d'aller remplir d'autres tâches.

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Une femme météorologue des W.A.A.F.S. lance un ballon de sondage pendant que sa collègue se prépare à se servir du théodolite.

Elles sont restées courageusement à leurs postes, sous les plus violents bombardements de leur aérodromes. Elles ont traversé les mers, pour aller compléter les effectifs de la R.A.F. dans le Moyen-Orient.

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Un appareil destiné a la photographie aérienne est vérifié par une W.A.A.F. technicienne spécialement exercée au travaux de réparation de cette sorte d'instrument.

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Pliage d'un parachute. Ce travail, d'une importance vitale, demande une patience et un soin exemplaires; il est confié à des W.A.A.F.S. plieuses de parachutes, spécialement choisies.

Elles ont démontré que les femmes anglaises pouvaient constituer des équipages au sol, pleines de compétence et d'enthousiasme. Elles ont démontré, en toutes occasions, le dévouement le plus sûr au grand service, dans lequel elles jouent un rôle si important, ou elles prennent une part si active.

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(source: AVANT L'ENVOL Le personnel au sol de la Royal Air Force. Publication du bureau d'information Allié)

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Des ouvrières montent les instruments de bords d'un bombardier.

(source: Historia magazine N°65)

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WAAF's on parade! Smart turn out of WAAF's at Snaith in August 1944. They are being inspected by Air Commandant Lady WELSH, AOC WAAF. The occasion was the presentation of the BOMBER COMMAND "Sunderland Cup" to the WAAF's of Snaith.

 

 

 

 

LES VOLONTAIRES FEMININES VUES

PAR L'UNE D'ELLES

Si l'amitié de la petite ville se manifeste de mille manières, l'accueil qu'elle nous a réservé n'a pas été sans solennité. Le premier dimanche, nous avons défilé. Dans notre plus bel uniforme, gants et socquettes blancs, nous avons arpenté, de part en part, la grande rue au milieu de notre bataillon médical et précédé par nos Spahis. Une demi-heure de marche, au pas cadencé pour parvenir à une prairie et écouter des discours de bienvenue, proférés d'une voix grave par les autorités du canton. Ces messieurs, tous très âgés, vêtus les uns de rouge avec chapeau à plumes, les autres de noir, avec bonnet carré ou perruque frisée, sont arrivés précédés d'une musique à flonflon qui n'entame pas un instant le grand air de dignité de toutes l'assistance. Des chansons et des prières clôturent cette cérémonie. Mais de travail en plaisirs, le moment approche de partir pour la France.

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Nous vivons un grand jour lorsque le Général KOENING, devenu inspecteur de l'Armée en Europe, vient faire ses adieux à la division et lui remettre ses drapeaux, ses fanions et le précieux insigne, une croix de Lorraine dorée sur une France toute bleue, qui restera notre plus précieux bijou.

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Remise de décorations aux volontaires, par le Général de GAULLE

A gauche, Madame MATHIEU.

" A LONDRES MEME, JE SALUE PARFOIS LA COMPAGNIE DES VOLONTAIRES FRANCAISES"

"Jusqu'à l'armistice, l'armée française avait déjà connu, sans doute, des auxiliaires féminines: les infirmières de 14-18, les conductrices ambulancières de 40. Mais, après la fin de la bataille de France, la Grande-Bretagne a été conduite à faire appel à tous les concours disponibles. Partout ou il est possible de remplacer un homme par une femme, on enverra l'homme dans une unité combattante. Les françaises ne pouvaient pas rester en arrière. Elles ont une raison de plus de vouloir servir: libérer la France. Grâce à Mme MATHIEU (qui a eu le mérite d'être la première à les rassembler) puis à Mlle TERRE, elles formeront bientôt un corps efficace et dévoué, prêt à tous les sacrifices, et nombre d'entre elles donneront leur vie pour la France, d'abord sous les bombes, en Angleterre, puis sur tous les champs de bataille. En 1944, les "chaufferettes" du corps expéditionnaire français d'Italie puis de France, comme on les appellera affectueusement, susciteront l'admiration des combattants: elles ne feront que suivre l'exemple des premières volontaires de juin 40".

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Un entrainement militaire sérieux.

Mais le dernier véhicule est passé. J'obtiens une jeep pour rejoindre mon groupe et, avec celui-ci, j'embarque sur un des L.S.T. réservés à la 2e D.B. Nos ambulances ont été déjà hissées à bord. A peine les avons-nous rejointes qu'une alerte est déclenches. Toutes les sirènes du port mugissent et la défense passive enveloppe quais et bâtiments des nuages épais d'un brouillard artificiel qui laissera sur nos salopettes des traces noires indélébiles. Le bateau lève l'ancre le lendemain matin.

J'ai des photos de cette traversée: les Rochambelles (surnom des volontaires féminines), en treillis, en casque ou en petite casquette verte américaine, couchées sur le pont, un instantané de moi, mon éternelle cigarette au bec, limant mes ongles. Mon coeur est serré, à la fois de joie et d'une immense angoisse (qu'allons-nous trouver sur ce rivage ou la bataille fait rage depuis prés de deux mois?) mais surtout d'impatience.

Enfin vient la minute ou quelqu'un crie "France" et, nous ruant sur le bastingage, le coeur battant, nos yeux voient se dessiner le pâle contour bientôt précisé de la côte de notre pays.

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Mais nous ne débarquons pas encore. A notre impatience, à nos questions, répondent de vagues sourires. Le matin frisquet et brumeux se lève sur un spectacle que nous trouverions beau si notre tension nous laissait la faculté d'admirer. Des multitudes de bateaux sont ancrés, au coude à coude. Des ballons captifs peuplent le ciel, je pense malgré moi à la belle cible que représente cette flottille immobile.

Nous contemplons nos ambulances que des grues bienveillantes déposent prés de nous et nous les envions de cet de ce traitement de faveur. Pendant une heure, nous subissons un pénible roulis attendant que la mer se retire. La nuit tombe et c'est l'estomac chaviré que nous mettons enfin pied à terre sur le sable d'UTAH-BEACH.

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Les combattants et les volontaires féminines.

En un instant notre joie submerge tout, c'est un moment comme la vie en offre peu et, avant de sauter dans mon véhicule, je ramasse le sable, je le serre contre ma joue, pour un peu je le mangerais!.

SUZANNE MASSU.

"QUAND J'ETAIS " ROCHAMBELLE"

(source: En ce temps là, DE GAULLE N°119)

 

 

 

 

FORMATION FEMININES DE L'AIR

Les femmes de France qui, durant les heures graves que le Pays vient de traverser, on fait preuve d'un courage au moins égal à celui de bien des combattants, se voient enfin attribuer la place à laquelle elles peuvent prétendre.

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Miss TRAVERS, le chauffeur de KOENING.

" KOENING a reçu l'ordre de repli. A 23 heures 30, par une nuit très noire, l'évacuation commence. Vers minuit, la colonne de commandement part à son tour, le général en tête dans sa voiture conduite par la seule femme restée à BIR-HAKEIM, Miss TRAVERS, dont l'héroisme a fait l'administration de tous."

Elles ont maintenant, dans les administrations civiles, un rôle réservé jusqu'alors aux hommes. De même dans les domaines militaires, si l'armée française n'utilise pas le personnel féminin sur une échelle aussi grande que les armées américaines et britannique, elle a néanmoins fait appel à lui dans une large mesure pour des fonctions très diverses. Pour la première fois par exemple, nous voyons figurer parmi les attachés au Cabinet Militaire de M. le Ministre de l'Air une femme Officier: Mme la Lieutenant CHAMONT, chargée en France de toutes les questions relatives à l'organisation des formations féminines de l'Air.

Ces formations sont de date très récente: formées à Londres au début de 1942, elles ne comprenaient à l'origine qu'un effectif de moins de 50 femmes qui étaient particulièrement affectées à des services de secrétariat dans les Etats-majors.

Fin 1942, les femmes d'Afrique du Nord s'enrôlèrent à leur tour dans deux formations: une formations qui comprenait surtout des infirmières et une formation de secrétariat et des services d'état-major.

A l'arrivée du Général de Gaulle en Afrique du Nord, ces trois formations furent fondues en une seule, sous le nom de "Corps auxiliaire féminin de l'Armée de l'Air" (Cafma) divisé en cinq spécialités:

                        -1°) Service sanitaire,

                        - 2°) Service d'état-major,

                        - 3°) Service des transmissions;

                        - 4°) Conductrices,

                        - 5°) Services divers (dessinatrices,photographes, etc...)

Néanmoins, en raison de la gravité des problèmes à résoudre par le haut commandement, l'organisation des formations féminines resta au second plan, jusqu'à la nomination de M. Fernand GRENIER comme Ministre de l'Air.

M. Fernand GRENIER attacha une très grande importance à là réorganisation des formations féminines, prenant pour principe que tous les hommes en âge de combattre, et dont le travail pouvait être exécuté par des femmes, devaient être remplacés par elles.

Un gros effort de recrutement fut donc entrepris, et en juin 1944 les formations auxiliaires qui avaient pris leur nom définitif de "Formations Féminines de l'Air (F.F.A.) avaient un effectif de prés de 1.500 femmes, effectif qui allait en s'augmentant rapidement.

De nombreux Officiers avaient été nommées, mais 36 seulement subsistent dans l'organisation actuelle. Ces Officiers, Sous-Lieutenants, Lieutenants, Capitaines et une Commandante, exercent soit des fonctions de Chef de Service,soit des fonctions d'encadrement.

En effet, l'organisation des F.F.A.  est absolument militaire. Les recrues sont soumises à des règlements analogues à ceux en vigueur dans l'Armée de l'Air. Des casernes spéciales servant de logement à la troupe. Les F.F.A. restent un mois à l'instruction apprenant à se présenter militairement et étudient de nombreux règlements avant de recevoir leur affectation définitive, qui dans les formations sanitaires et hôpitaux, qui dans les différents services de l'Armée de l'Air.

La question de l'utilisation des Forces Féminines Aériennes Françaises en France Métropolitaine soulève un certain nombre de problèmes.

En particulier, le Ministre de l'Air et les organismes en dépendant comptent de nombreux employés civils qu'il s'agit de ne pas réduire au chômage, par un emploi intensif et immédiat du personnel féminin militaire.

Le recrutement en France va donc être fait sur une échelle très réduite. Il est prévu pour le moment que 750 femmes seulement seront acceptées, au fur et à mesure des emplois vacants et sur examen de leurs capacités personnelles. Les infirmières seront engagées par priorité. Puis seront acceptés des engagements de secrétaires sténodactylo, standardistes et rédactrices.

Des conductrices munies déjà de leur permis de conduire et si possible d'un diplôme de secouriste, pourront être engagés comme ambulancières. Toutes les femmes et jeunes filles âgées de 18 à 45 ans, de préférence sans enfant, pourront s'engager.

Les centres de recrutement seront installés d'ici quelques jours, dans les quatre régions aériennes de France.

Le Ministre de l'Air est persuadé que nombreuses seront les volontaires qui, malgré la modicité des postes disponibles, accepteront de se mettre au service de l'Aéronautique Française.

(source: Bulletin des Forces Aériennes Françaises en Grande-Bretagne. N°12 Décembre 1944)

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