CORPS DU PERSONNEL MECANICIEN

Les mécaniciens au sol, classés respectivement dans les groupes GUYENNE et TUNISIE avant le départ d'Afrique du Nord, suivirent ceux-ci dans leur traversée d'Alger à Liverpool.

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west-Kirby.

(source)

http://www.rafwka.co.uk

Après un mois d'attente à West-Kirby, au cours duquel ils eurent à subir un examen technique sommaire, les moins "calés" furent envoyés en école pour compléter leurs connaissances:

Mécaniciens "avion" et "moteurs" à COSFORD.

Mécaniciens "électriciens" à MELSHAM.

Mécaniciens d'équipement à MELSHAM.

Mécaniciens d'armement à KIRKHAM.

 

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Ils se retrouvèrent à ELVINGTON en Avril 1944, sous l'autorité du

COMMANDANT CHURET

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(collection: Jean-Paul CHURET.)

Photo prise en 1943 lors de la constitution du Staff du Commandant CHURET.

debout: N°2 ??, N°3 sur la photo le Sous-Lieutenant J.PELLETIER(spécialiste des bombes)

assis: Le Commandant CHURET.

Si par le plus grand des hasards vous retrouvez sur la photo un membre de votre famille pour le souvenir des Groupes Lourds contactez-moi.

sur la photo: Lt. VAN INGEVELDE, Cpt. PILLER, Lt. BEAUTE, Lt. MANGIN, S/Lt. BOISMERY.

(collection: Jean-Paul CHURET. merci Jean-Paul pour ce superbe document pour le souvenir de nos anciens, nous n'oublierons plus les Groupes Lourds Français.)

COMMANDANT CHURET.

" CHIEF TECHNICAL OFFICER "

dont l'Etat-Major était constitué comme suit:

COMMANDANT du D.S.S.: Lieutenant: VAN ENGEVELDE. assisté des Adjudants-Chefs: COULON et POMES.

COMMANDANT du R. and I.: Capitaine: PILLER, assisté des Sous-Lieutenants: DAUGE et MENAERT.

STATION ELECTRICAL OFFICIER.: Lieutenant: BEAUTE, assisté du Sous-Lieutenant: VIEL et du Lieutenant: LEMARCHAND.

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Adjt/C LEMARCHAND André responsable des mécaniciens "Spécialiste Instruments de Bord" photo prise à Mèknes en juin 1942.

(collection: Jean-Claude LEMARCHAND)

STATION ARMEMENT OFFICIER.: Lieutenant: BENOIST, assisté du Sous-Lieutenant: PELLETIER.

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Le lieutenant Paul BENOIST, Chef de l'Armurie.

(source:BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE - collection: du petit-fils du Lt BENOIST, J.P. DELMAS )

Détail des services et Mutations diverses,

du Lieutenant BENOIST Paul.

- Engagé volontaire par devancement d'appel au titre du 551e Rgt de Chars d'Assaut le 12.05.1926 - Incorporé au 551e R.C.A. le 10.05.1926 - Arrivé au Corps et soldat de 2e classe le 13.05.1926 - Nommé Caporal le 16.09.1926 - Nommé Sergent le 16.02.1927.

- Rengagé pour un an au titre du 22e Rgt d'aviation a/c du 10.11.1927 - Dirigé sur son nouveau corps et r.d.e. du 551e R.C.A. le 03.11.1927 - Arrivé au 22e R.A. le 04.11.1927 - Rengagé pour 6 mois au titre du 22e Rgt d'Aviation a/c du 11.11.1928 - Rengagé pour 2 ans au titre du 2e Rgt d'Aérostation a/c du 10.05.1929 - R.d.e. du 22e R.A. le 20.12.1928.

- Admis dans le corps des S/officiers de carrière à la date du 09.10.1930 - Nommé Sergent- Chef (P.N.N.S. - J.O. du 01.01.1933) a/c du 01.01.1933 - Passe à la Demi-Brigade d'Aérostation (organisation) le 01.01.1934 - Passe au Bataillon de l'Air 153 (organisation) le 01.12.1936 - Nommé adjudant (J.O. du 14.03.1937) a/c du 01.01.1937 - Nommé adjudant-chef (J.O. du 27 et 28.03.1939) a/c du 01.01.1939.

- Affecté au Parc d'Aérostation d'Armée 9/153 a/c du 16.03.1940 - Replié sur la base de Toulouse-Pérignon le 22.06.1940 - Affecté à la Base Dépôt de Toulouse-Francazals le 25.08.1940 - Désigné pour suivre un stage de mécanicien artificier à Miramas du 18.06.1941 au 27.09.1941.

- Affecté au G.B. 2/23 à Meknès Embarqué le 18.11.1941 - Débarqué et arrivé au Corps le 22.11.1941 - Le G.B.2/23 prend part à la défense du Maroc le 08.09.10. et 11 Nov 1942 - Rentre à Meknès le 12.11.1942 - Réorganisation de l'Armée de l'Air en A.F.N. maintenu au G.B.2/23 E.M. - Promu au grade de Sous-lieutenant à T.T. a/c du (note 5848/SP.MA/C.A.F. du 27.07.1943) 25.06.1943 - Affecté au groupement de Bombardement N°1 en Grande-Bretagne a/c du 15.08.1943 - Nommé au grade de lieutenant le 03.07.1945.

- Venant du G.B.I est affecté à la 21e Escadre de Bdt Lourd a/c du 01.11.1945 - Affecté à l'E.M. de la 1ère R.A. a/c du 05.03.1946 - Décédé accidentellement à St Geosmes (Ht Marne) le 23.05.1946 - Rayé des contrôles de l'Armée de l'Air le 24.05.1946.

Essey-les-Nancy, le 30. Septembre 1946

Colonel GOURILLON

Commandant le G.R.A.P. 201.

(collection: J.P. DELMAS)

STATION SIGNALS OFFICIER.: Lieutenant: MANGIN, assisté du Lieutenant: VALLET.

ADJOINT TECHNIQUE DU C.T.O.: Sous-Lieutenant: BOISMERY.

ADJOINT ADMINISTRATIF.: Sous-Lieutenant: PIQUET.

LES SERVICES TECHNIQUES

COMPRENAIENT AU TOTAL.

13 Officiers

850 Sous-Officiers et soldats mécaniciens et aides pour l'entretien de 40 avions HALIFAX, tout ce personnel, nettement spécialisé et réparti en:

Mécaniciens  " cellule"

                            "électriciens"

                               "d'armement"

                     "radio"

                          "d'atelier"

                         "moteur"

                                   "d'équipement"

                       "photo"

                        "Radar"

                                                  "parachutes et Dinghies"

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Le mécanicien Roger POURTEAU devant le panneau d'ELVINGTON.

(collection: G. POURTEAU.)

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MECANICIENS AVION ET MOTEURS

"GUYENNE 2/23-TUNISIE 1/25"

GUYENNE 2/23

Adjudant: HEMON. Gabriel - G.B.2/23.

Sergent: MARCHAL. André - G.B.2/23.

Sergent: SCHALOV. Georges - G.B.2/23.

Sergent: ALEXANDRE. René - G.B.2/23.

Sergent: MARECHAL. Jean - G.B.2/23.

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TUNISIE 1/25

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(collection: Famille SENTENAC)

Sergent: Henri-Pierre SENTENAC - G.B. 1/25

Voici une photo qui me fait plaisir un mécanicien radio: Sergent SENTENAC avec un beau parcours, les mécaniciens, les oubliés des groupes lourds dont on ne parle pas beaucoup"mais ça avance" grâce a vous les enfants et petits-enfants, merci Jacques pour ses superbes documents

"nous ne les oublierons pas"

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De gauche à droite:

2° Classe: MAUPETIT, 2°Classe: JEANNELLE, Adjt: GOSSOT, 2° Classe: Alfred NUNES ( le père de Jean-Marc NUNES) en 1944.

(collection: Jean-Marc NUNES)

- Adjudant: GOSSOT. Lucien - G.B.1/25.

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2° Classe: MAUPETIT. - G.B.1/25 à l'oeuvre sur un Halifax en mai 1944.

(collection: Jean-Marc NUNES)

 

- 2° Classe: JEANNELLE. - G.B. 1/25.

- 2° Classe: NUNES. Alfred - G.B. 1/25.

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Adjudant/Chef: MANUEL. Leader du G.B. 1/25.

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Caporal: Lucien STALENQ.

(collection: Jean-Marc NUNES)

- Sergent: GEANT Auguste - G.B.1/25.

- Sergent: DIEN. Robert - G.B.1/25.

- Sergent: BOULLAY. Georges - G.B.1/25.

- Sergent: BARDON. Jean - G.B.1/25.

- Albert CHAZERAND. G.B. 1/25.

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(collection: JOUHAUD. Régis.)

2°Classe: JOUHAUD.Jacques.

 

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Albert CHAZERAND

(collection: Daniel CHAZERAND)

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MECANICIENS RADAR

- Louis NAVARRE.

Je suis sortie de l'Ecole des Mécaniciens de Rochefort-sur-Mer fin Mai 1940, comme mécanicien Radio et compte tenu de mon classement et malgré mon âge (18ans 5mois) avec le grade de Sergent, j'ai pu choisir la 23e Escadre basée à Toulouse-Francazal.

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(collection: Louis NAVARRE)

Le Sergent Louis NAVARRE en 1940 avec sa maman, à "Toulouse-Francazal."

Envoyé à Pont-de-l'Arche (Rouen), j'ai dû me replier sur St Jacques de la Lande (Rennes) où sont arrivés les LeO 45, détruits au sol par la Luftwaffe lors du bombardement du terrain et de la ville. Puis retraite jusqu'à Toulouse. De là, je devais partir pour Alep en Syrie, mais les forces britanniques et du Général DE GAULLE ayant occupés le pays, il n'en a plus été question.

En 1941, je suis envoyé au Maroc (Casablanca) maintenance du matériel radio de bord et au sol.

En 1943, je rejoins la Grande-Bretagne a bord du Liner STRATHMORE.

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Le STRATHMORE.

Je suis un stage de formation Mécanicien Radar à la Radio-School (South-Kensington-Londres), je rejoins le groupe de Bombardement Lourd à Elvington. En Octobre 1945, je suis le groupe à Mérignac (Bordeaux), en 1946, je suis démobilisé.

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Le Sergent-Chef Louis NAVARRE en 1949 avec son fils au cours d'une période à Aix-en-Provence, dernier contact avec l'Armée de l'Air.

En 1947, j'entre à l'Education Nationale Prof. à l'E.N.P de  Fond-Romeu; puis en 1957 au Lycée Andréossy à Castelnaudary. En janvier 1982 je prends ma retraite.

Voila le résumé d'une vie active bien rempli d'un ancien des GROUPES LOURDS.

Merci Monsieur NAVARRE.

 

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MECANICIENS ELECTRICIENS

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(collection: RENZINI. Marcel.)

Caporal/Chef: RENZINI Marcel,

Responsable du service et de la formation des électriciens de bord. A Elvington le Caporal/Chef Marcel RENZINI avait sous ses ordres pour la formation des électriciens de bord, des Commandants, des Capitaines, des Lieutenants. 

 

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MECANICIENS RADIO

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(collection: Famille SENTENAC)

Sergent: Henri-Pierre SENTENAC- G.B.1/25

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(collection: Famille SANTENAC)

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MECANICIENS ARMEMENT

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Lieutenant: BENOIST Paul Chef de l'armurie

(collection: Paul DELMAS)

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 En chemise blanche DABADIE.

(collection: Roger FOURES)

Il existe quand même de très belle photos de mécanicien un grand merci à Monsieur Roger FOURES mitrailleur-supérieur de l'équipage du capitaine BRION et bien sur Michel DARRIBEHAUDE a qui je dois de vous présenter ces superbes photos, qui seraient restées dans l'anonymat, maintenant il nous reste à mettre un nom sur ses jeunes visages, ce qui n'est pas chose facile aujourd'hui avec la disparition de nos Anciens.

- Sergent: LIOTARD Edouard - G.B.1/25

- Sergent: PORTES Claude - G.B.1/25

- CAPLANNE. Pierre

- GOLFIER Eugène

- Serge LAVIGNE

- Adjudant: STOESSEL

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 Caporal DEHAN Gabriel

(collection: Gilles DEHAN)

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??, ??, ??, Gabriel DEHAN.

(collection: Gilles DEHAN)

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Mécaniciens armuriers Elvington

Si vous reconnaissez une personne sur cette photo n'hésiter pas a prendre contact.

(collection: Monsieur Roger FOURES)

 

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MECANICIENS EQUIPEMENT

- Sergent: DERMINEUR Joseph - G.B.1/25

- CAILLET Jean - spécialiste des instruments de vol.

- CAVAGLIONE René

- Sergent: CABE André - G.B. 2/23 - les souvenirs du Sergent André CABE à voir sur:

http://lythosav.edres74.ac-grenoble.fr/cnrd2004/lestemoi/cabe/tcabe.htm

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MECANICIEN AUTO

- 2 ème classe BOYER Martial

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CORPS DU PERSONNEL SERVICE GENERAL

- Sergent: DESGRANGES. Roger - G.B.1/25

- GENESTE Roland.

 

MECANICIENS

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(source: LE "L" for LOVE.Auteur: Andrée A. VEAUVY.)

Au centre de la photo:l'Adjudant: ROLAND, et le Sergent: VERDIER.

Adjudant: ROLAND.

Sergent: VERDIER.

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(collection: MARIE Louis.)

Mme. MARIE, Mr MARIE Louis, Mr HEUX Jean, Resistant (Résistance Vimeu 1942-1944)

- 2° Classe MARIE Louis

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LES SPECIALISTES DANS LES GROUPES LOURDS

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(Commandant. CHURET collection: Jean-Paul CHURET)

Par le Commandant CHURET

"Faites un papier sur le travail des mécaniciens dans les groupes lourds"

m'a-t-on dit. Tâche à la fois aisée et difficile. Aisée s'il s'agit de donner des informations sur l'organisation technique ou de chiffrer quelques travaux, malaisée s'il faut dresser la liste des services rendus par un personnel que tout le monde connaît, de qui l'on parle peu ou pas du tout, mais dont les mérites sont inestimables.

Une des caractéristiques de l'organisation technique du BOMBER COMMAND, et par conséquent de celle mise sur pied à ELVINGTON, consiste à réunir tout le personnel spécialiste sous un même Commandant, dépendant lui-même non du Commandant de la station, mais des divers échelons techniques supérieurs du BOMBER COMMAND. Cette conception, largement justifiée par les résultats obtenus, permet de délimiter nettement les responsabilités de chacun. De tels principes, pourrait-on penser, ont dû créer une fosse entre "LA MECANIQUE" et "LES NAVIGANTS".Il n'en a rien été, bien au contraire. Grâce à certaines modifications apportées par nos soins dans l'organisation intérieure de la station, grâce aussi à l'esprit de compréhension de tous, s'est établi entre le Commandant technique et les Squadron commanders, entre les équipages et les mécaniciens, un esprit de collaboration qui a été un des facteurs essentiels de la réussite des Groupes Lourds. Nous ne vous imposerons pas la lecture d'un exposé d'organisation technique. Il est cependant indispensable que vous connaissiez les différentes équipes dont la mise en oeuvre a été nécessaire pour le maintien en état de vol de nos avions et de leurs équipements.

 

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Mécaniciens au sol équipage du Sous-Lieutenant MATHURIN. 2/23 "GUYENNE"

-équipe des mécaniciens avion et moteur, spécialistes électriciens des instruments de bord, armuriers,radio,radar,parachute et dinghies chargés de l'entretien journalier. Un nombre égal d'équipes de mêmes spécialités destinés  aux inspections périodiques.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Capitaine MARTIN.

-équipe des spécialistes pour les installations hydrauliques;

-équipe des spécialistes réparation ayant la charge de panser les blessures faites par la flak;

-équipe des spécialistes pour le plein d'essence, huile, oxygène, azote;

-équipe des spécialistes d'atelier chargé de l'entretien et de la remise en état des matériels de servitude.

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Tea Up! Ground crews queue at the NAAFI refreshment van for a welcome 'cuppa' and a break during preparations for another maximun effort: ELVINGTON, summer 1943.

(collection: IWM CH 10595.)

Une véritable fourmilière de 850 mécaniciens, commandée par huit officiers des différentes spécialités, coordonnée par le commandement technique de la station. Chaque avion demande environ, uniquement pour l'entretien journalier 50 heures de travail/homme s'il ne vole pas, 80 s'il vole. Il faut ajouter à cela les réparations innombrables occasionnées par la flak ennemie, parfois jusqu'à 80% des avions touchés, les défaillances et l'usure du matériel nécessitant des remplacements et mises au point, les accidents dus à des atterrissage difficiles au retour d'opération, les collisions, etc... Vous aurez aussi une idée, bien vague d'ailleurs, de l'importance du labeur exécuté par les spécialistes. Chaque opération de guerre a imposé aux mécaniciens une présence au travail de 12 à 18 heures. Les opérations duraient généralement plusieurs jours, coupés de court répis.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Sous-Lieutenant de MIRAS. 1/25 "TUNISIE"

?? - Albert CHAZERAND - ??

A titre d'exemple, nous citerons la période du 11 au 16 mars 1945.Le 11 mars, à 17 heures, le Commandement donnait l'ordre d'opération pour le lendemain matin. Toute la mécanique démarrait aussitôt pour la préparation des avions, le Bomb Dump s'animait, les tracteurs remorquant les trolleys chargés de bombes sillonnaient le perimeter track, se croisant avec les citernes à essence, les remorques à huile, les camions à oxygène et azote, les voitures techniques radio radar, les camions transportant les treuils de hissage des bombes d'un avion à l'autre, etc... A 3 heures du matin, le 12 mars, le calme revenait. Les avions étaient parés. le personnel technique allait prendre un peu de repos, mais sa présence auprès des avions était ordonnée pour 10 heures. La mission décolle à 12 heures. Le retour eut lieu entre 18 et 19 heures. Sans délai, les spécialistes se remettaient au travail pour vérifier l'avion, le moteur, les installations diverses de radar, radio, électricité, instruments de bord, de navigation, de bombardement, remplacer un carburateur, des magnétos, des gouvernes, rattraper des tours ou un boost, changer un poste radio ou un instrument, des armes ou une tourelle mitrailleur, réparer les trous faits par la Flak, ramener au dispersal un avion égaré en dehors des runways par suite de freins défectueux, etc...etc...

 

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Capitaine BERAUD. 2/23 "GUYENNE"

A 20 heures le même jour, mission ordonnée pour le lendemain matin. Toute la nuit le personnel travaille pour préparer les avions, approvisionner quelque 300 000 litres d'essences, 20 000 litres d'huile, 150 tonnes de bombes, des dizaines de milliers de cartouches, etc... Au petit jour tout est terminé. Les avions décollent à 12 heures le 13 et reviennent entre 18 et 19 heures.

Les avions doivent toujours être prêts dans le minimum de temps. Une fois de plus, le travail reprend, avec d'autant plus d'ardeur qu'il y a encore mission le lendemain. Toute la nuit, des lumières révélatrices de l'activité qui règne sillonnent le terrain. Le départ a lieu ce jour 14 mars vers 17 heures et l'atterrissage vers 23 heures. Les mécaniciens attendent comme d'habitude le retour de leurs avions et, à minuit, commence la préparation de la mission prévue pour le 15 mars.

La  fatigue se fait sentir. Mais la volonté prend le dessus. Des réparations importantes sont à effectuer sur un matériel soumis depuis trois jours consécutifs à une dure épreuve. Les premiers avions décollent vers 17 heures, alors que la remise en état de certains d'entre eux se termine à peine. L'émulation règne, chacun met son point d'honneur à avoir son avion disponible. Malgré de nombreuses difficultés, la mission au complet partira dans les délais prévus.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Commandant SIMON. 2/23 "GUYENNE"

La veille reprend pour les mécaniciens. Le travail commence cette fois vers une heure du matin, le 16, en prévision d'une nouvelle mission. Il durera toute la journée. Le 16 il n'y eut pas de mission, le personnel put dormir une nuit entière. Le lendemain, ça repartait à nouveau...

On ne peut clore se chapitre sans rappeler les consignes sévères qui prescrivaient de rentrer avec ses bombes si l'objectif ne pouvait être identifié avec certitude; en tout cas, sur les territoires occupés (sur l'Allemagne, cette consigne avait été levée vers 1942); ni les risques supplémentaires qui étaient pris pour éviter de frapper hors de l'objectif: choix d'un cap d'attaque parfois moins favorable, bombardement à altitude plus basse, donc plus dangereuse strike hard - strike sure, " frapper fort - frapper sur" était la devise du BOMBER COMMAND.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Lieutenant PELLIOT. 1/25 "TUNISIE"

Le résultat de chaque attaque était contrôlé, en opérations, par la caméra automatique de chaque appareil, puis par les reconnaissances qui suivaient. Une étude globale fut faite par une commission envoyée, dés l'armistice, sur les sites attaqués. Elle fut complétée par les déclarations des responsables ennemis, en particulier au procés  de Nuremberg. A titre d'exemple, sur 70 centres industriels attaqués par le BOMBER COMMAND, 23 étaient détruits à 60% et 47 à 50%. La production des Flying bombs avait été réduite de 30% par la première offensive sur la Ruhr. Le renouvellement des attaques, dés que réapparaissait un signe d'activité, prouvait leur efficacité. A Dortmund, par exemple, la production s'était effondrée de 60% dans les sept derniers mois de la guerre, pour tomber à zéro à la capitulation.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Capitaine GOEPFERT. 2/23 "GUYENNE"

Voila ce qu'a été la vie des spécialistes des groupes lourds pendant toute la durée des opérations. Vie dure par le travail, par le climat cent fois maudit, par la monotonie d'une existence de robot. Seuls l'amour de leur métier, la volonté de vouloir mettre entre les mains des équipages une machine sûre, leur ont permis de tenir.

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Mécaniciens au sol de l'équipage du Commandant DUFOUR de LATTRE. 1/25 "TUNISIE"

Certains pourtant ne résistèrent pas et durent être évacués, complètement "usés". Les mécaniciens des groupes lourds, quoique ne partageant pas les dangers des équipages, avaient une vie extrêmement pénible, souvent décevante. Ils ont d'autant plus de mérite qu'ils savaient pertinemment qu'aucun espoir n'était au bout de leurs peines. Nous ne pourrions mieux résumer le dévouement, la notion élevée du devoir, la valeur professionnelle de tous les spécialistes des G.B. qu'en signalant que, au cours de 21 000 heures de vol accomplies à ce jour, aucun accident n'a été occasionné par une défaillance quelconque de leur part. C'est sûrement là, leur plus beau titre de gloire.

COMMANDANT CHURET.

(source: DE PARIS A ELVINGTON. Auteur: Robert Saubry-Bobet)

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Departing officers of Nos. 346 and 347 Squadrons are presented to the C-in-C BOMBER COMMAND, october 1945.

Le départ des squadrons 346et347 de la base d'ELVINGTON en octobre 1945, deuxième a partir de droite le Commandant CHURET.

(collection: J. HARDING.)

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Jean MARECHAL

Mécanicien navigant

Médaillé de la Royal Air Force

"Auteur du livre"

"DIX ANS D'AVENTURES DANS L'AVIATION MILITAIRE ET DANS L'AVIATION CIVILE"

Du début à dix-huit ans en 1939, date de son entrée dans le monde de l'aviation par des liaisons postales militaires au Sahara sur de petits avions monomoteurs, jusqu'au ravitaillement des militaires, à titre civil, au Tonkin pendant deux ans de 1949 à 1951, après un séjour de même durée en Grande-Bretagne dans une unité de bombardiers pendant la dernière guerre, l'auteur relate cette tranche de vie sous la forme initiale d'un reportage, suivi de péripéties croustillante et tragiques à la fois.

En un mot, l'AVENTURE vécue à une certaine époque troublée.

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ROYAL AIR FORCE

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DRIEFFIELD groundcrew load 'Nickels', packets of propaganda leaftets, into N° 102 Squadron Whitley Mk.V'P-Peter', April 1940

(IWM, C966)

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INSIGNES TISSU MECANICIENS

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Danger, men at work! Holme-onSpalding Moor armourers manhandle 1,000lb general purpose bombs in the bomb dump. The date is 22 nd October 1943 and the 1,000 pounders are destined for Kassel city centre.

(IWH, CH 11504)

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