LA DESTRUCTION DE DRESDE

CE JOUR LA 13 FEVRIER 1945

Par le Général de corps d'Armée Aérienne

SIR ROBERT SAUNDBY

K.C.B. - K.B.E. - M.C. - D.F.C. - A.F.C.

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Lorsque l'auteur de cet ouvrage me demanda d'en écrire l'avant-propos, ma première réaction fut de lui répondre que cette affaire m'avait concerné de trop prés.

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Mais de si prés que je fusse concerné, je ne fus en aucun cas responsable de la décision de lancer une attaque aérienne massive contre DRESDE. Mon commandant en chef, Sir Arthur Harris, non plus. Notre rôle était d'exécuter au mieux de nos compétences les ordres que nous avions reçus du ministère de l'Air. Et dans ce cas, le ministère de l'Air ne fit que transmettre les interdictions reçues des plus hauts responsables de la conduite de la guerre.

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The first AOC of No.4 Group was Air Commodore A.T. HARRIS (12th June 1937 to 24th May 1938). HARRIS later went on to command No.5 Group and then, from 1942 to 1945, he was AOC-in-C bomber command. 'Bomber HARRIS' is pictured in a typically determined mood in his office at BOMBER COMMAND HQ during the war.

Ce livre représente une énorme somme de travail. L'histoire qu'il raconte est complexe et dramatique, elle renferme encore une part de mystère. Je ne suis toujours pas satisfait bien qu'ayant pleinement compris pourquoi cela était arrivé. Avec force patience et au prix d'un immense labeur, l'auteur a rassemblé toutes les preuves, séparé les faits de leurs commentaires romancés, pour nous offrir un compte rendu détaillé; jamais, sans doute, nous ne toucherons de si prés à la vérité.

Personne ne peut nier que le bombardement de DRESDE ait été une tragédie majeure. Mais qu'il ait réellement constitué une nécessité d'ordre militaire, c'est ce que peu de lecteurs croiront après avoir lu le livre. Ce fut l'une des tragédies qui, parfois, se produisent en temps de guerre, par suite d'un enchaînement malheureux de circonstances. Ceux qui l'approuvèrent n'étaient ni pervers ni cruels; il se peut qu'ils fussent trop éloignés des dures réalités de la guerre pour comprendre clairement le terrifiant pouvoir destructeur du bombardement aérien du printemps 1945.

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Les avocats du désarmement nucléaire semblent croire que s'ils pouvaient arriver à leurs fins, la guerre deviendrait décente et tolérable. Ils feraient bien de lire ce livre et de peser le sort de DRESDE ou 135 000 personnes trouvèrent la mort par suite d'un raid aérien ou l'on  avait utilisé des armes conventionnelles. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, l'attaque aérienne de Tokyo, par des bombardiers lourds américains utilisant des bombes incendiaires et explosives causa la mort de 83 793 personnes. La bombe atomique lâchée sur Hiroshima tua 71 379 personnes.

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Les armes nucléaires sont, bien entendu, beaucoup plus puissante de nos jours, mais ce serait une grave erreur que de croire qu'après leur éventuelle suppression, des avions utilisant des armes conventionnelles ne pourraient réduire de grandes villes en cendres et provoquer d'effrayants massacres. Supprimer la crainte des représailles nucléaires - qui font que la guerre totale équivaut à une annihilation mutuelle - serait permettre à l'éventuel agresseur d'être séduit par le recours à la guerre conventionnelle.

Ce n'est pas tel ou tel moyen de faire la guerre qui est immoral ou inhumain. Ce qui est immoral, c'est la guerre elle-même. Une fois que la guerre totale est déclenchée, on ne peut jamais l'humaniser ni la civiliser; si l'une des parties tentait de si employer, elle perdrait très vraisemblablement la guerre. Aussi longtemps que nous aurons recours à la guerre pour régler les différents entre les nations, nous devrons endurer les excès, les horreurs et la barbarie que la guerre apporte dans son sillage. Voici la leçon que j'ai tirée de l'affaire de DRESDE.

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La puissance nucléaire nous a enfin permis d'entrevoir la fin de la guerre généralisée. C'est un moyen trop violent pour permettre de régler quoi que ce soit. Aucun objectif, aucun avantage que l'on pourrait tirer de la guerre ne compenserait les épouvantables destructions et les pertes de vies humaines qui se produiraient des deux côtés.

Nous n'avons jamais eu le plus petit espoir d'abolir la guerre par des accords de désarmement ou pour des motifs d'humanité ou de moralité. Si la guerre disparaît un jour, c'est qu'elle sera devenue si affreusement destructrice qu'elle ne pourra plus servir aucun projet utile.

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Le Lieutenant-Colonel Maurice SMITH D.F.C. qui dirigea la première attaque contre DRESDE - l'un des bombardiers-pilotes les plus expérimentés de la R.A.F. Il est aujourd'hui rédacteur en chef de la revue FLIGHT.

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13/14. 02.45: Objectif: BÖHLEN-LIEPZIG

Nombres d'avions engagés par chaque groupe:

"GUYENNE" 10 avions.

"TUNISIE" 11 avions.

Nombres d'avions engagés dans la mission: 368 avions

Quinze minutes avant que l'attaque sur DRESDE ne commence, une force de HALIFAX des escadres N°4 et N°6 attaquerait une raffinerie de pétrole à BÖHLEN, juste au sud de LIEPZIG, dans un mouvement de diversion à grande échelle.

L'heure "H" pour BÖHLEN fut fixée à 22 heures, soit quinze minutes avant que le premier coup ne tombe sur DRESDE. Cette attaque serait menée par les groupes de HALIFAX des escadres N°4 et N°6; 368 appareils furent détachés pour attaquer BÖHLEN, dont plus d'un tiers provenait de l'escadre Canadienne N°6. Le bombardier HALIFAX, quadrimoteur comme le lancaster, et ayant un rayon d'action similaire, ne disposait cependant que d'une charge de bombes considérablement plus faible; il fut éliminé progressivement de la COMMAND: comme on avait ordonné que l'attaque sur DRESDE soit une "destruction sévère", il était approprié de dépêcher le plus grand nombre possible de LANCASTERS, de manière à lancer la charge maximale de bombes incendiaires et explosives. Le raid sur BÖHLEN ne pouvait guère avoir été conçu comme quelque chose de plus qu'une diversion bien élaborée, compte tenu des bulletins météo généralement défavorables pour les raids sur de petits objectifs tels que des usines de pétrole synthétique.

Ce livre raconte honnêtement et sans passion l'histoire d'un cas particulièrement tragique de la dernière guerre, l'histoire de la cruauté de l'homme pour l'homme. Souhaitons que les horreurs de DRESDE et de TOKYO, d'HIROSHIMA et de HAMBOURG, puissent convaincre la race humaine toute entière de la futilité, de la sauvagerie et de l'inutilité profonde de la guerre moderne.

Nous ne devons pas, cependant, commettre l'erreur fatale de croire que l'on peut éviter la guerre par un désarmement unilatéral, par le recours au pacifisme, ou par la conquête d'une inaccessible neutralité. C'est l'équilibre des forces nucléaires qui préservera la paix jusqu'au jour - il ne peut manquer d'arriver - ou l'homme retrouvera la raison.

LE MARTYRE DE DRESDE

ENTRE MYTHES ET REALITE

Le bombardement de DRESDE a fait couler beaucoup d'encre et de salive. Avec en toile de fond la mort de dizaines de milliers de civils, dont beaucoup de réfugiés, la question qui revient tourne autour des véritables raisons qui ont animé les Alliés.

Par la porte que cette interrogation a ouvert, les négationnistes de tout poil se sont engouffrés, n'hésitant pas à tordre le bras à la réalité des faits et à truquer les chiffres

Récit passionnant de Nicolas BERNARD à lire dans AERO JOURNAL

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