GROUPE II/23 GUYENNE

SQUADRON 346

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Le Groupe "GUYENNE" ou 2éme Groupe de la 23éme Escadre de Bombardement est constitué en 1936 à Toulouse par la réunion de 2 anciennes Escadrilles de la guerre 1914-1918 qui prennent respectivement les numéros 3et4.

La 3éme Escadrille créée en décembre 1915 s'illustre sous le commandement du Capitaine de KERILLIS. Elle est alors dénommée G.66 et équipée de bimoteurs Caudrons G4 avec lesquels elle effectue les fameux bombardements de KARLSRUHE, LUDWIGSHAFEN et OPPEIN. En 1917 Elle participe à de nombreuses actions en Champagne, puis en 1918 sous le commandement du Commandant VUILLEMIN, elle prend part aux opérations menées en Picardie à ST- MIHIEL, en Champagne et en Argonne. 

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(collection: Ducastelle Philippe)

La 4éme Escadrille formée en juin 1917 sous le nom de Sopwith 129 participe aux opérations menées en Alsace et en Rhénanie par le G.B.4. commandé alors par un chef légendaire le Commandant HAPPE. Puis après avoir reçu des breguets 14 en mars 1918 elle appartient à la glorieuse Escadre 12 avec laquelle elle prend part sous les ordres du Commandant VUILLEMIN aux batailles de France.

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(collection: Ducastelle Philippe)

Après la guerre, les deux Escadrilles sont stationnées à Metz et font partie du II ème Régiment d'Aviation. En avril 1936 elles sont déplacées à Toulouse et équipées de BLOCH 200 en 1939. C'est alors qu"elles forment le groupe 2/23.

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(collection: Ducastelle Philippe)

Le groupe est doté d'avions modernes Lioré45 et participe en 1940 à la bataille de France. Du 6 au 17 juin, il attaque les colonnes motorisées allemandes dans les régions de CHAULNES, MONTCORNET, ATTIGNY, CHALONS S/MARNE, cosnes.

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Le LeO 451 N° 404 du G.B. 2/23 prendra part à l'expédition du 24 septembre contre Gibraltar. On le voit ici à Meknès, en août 1940

(collection: j. MUTIN)

En 10 jours le Groupe perd 6 équipages sur 13 dont ceux de ses deux Commandants d'Escadrilles. Il reçoit la citation à l'ordre de l'Armée suivante " Engagé sous les ordres du Capitaine PLIQUE au plus fort de la bataille de la bataille de France, a donné la preuve des plus belles qualités guerrières. Malgré la perte de ses deux chefs d'Escadrille et de plusieurs de ses équipages a conservé le même allant et continue la lutte avec la même ténacité et la même foi.

Le 23 mars 1943 le Groupe reprend le combat. Engagé en TUNISIE il participe aux opérations, bombardant de nuit de nombreux objectifs dans les régions de GAFSA, ENFIDAVILLE, TUNIS et BIZERTE et perdant un équipage.

Après la libération de l'Afrique du Nord, le 2/23 est à la veille d'accomplir sous le nom de GUYENNE une nouvelle tâche qui sera digne de son passé.

Il est en effet appelé à combattre dans le cadre de la Royal Air Force. Au mois d'Août 1943 le départ pour la Grande-Bretagne est effectué à la grande joie de tous les équipages qui vont pouvoir reprendre la lutte contre l'Allemand avec l'arme même à qui ce dernier doit de nous avoir infligé une défaite.

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(collection: André HAUTOT)

R.A.F. 23. I.T.W. "4 FLIGTH" 30 Avril 1944.

La patience de tous est cependant mise à l'épreuve car avant de reprendre le combat nos aviateurs doivent subir un long et minutieux entraînement.

Les mois d'instruction et d'attente qui leur paraissent superflus, les méthodes de travail rigoureuses qui font tant peiner des caractères peu habitués à l'abdication de toute personnalité, découvrent plus tard à tous la grande force de l'Aviation Britannique. 

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(collection: Bernard BAL.)

A.F.U. Ecole des navigateurs et bombardiers situé à DUMFRIES (Ecosse)

de gauche a droite:

GODEFROY,TOLU,MAIRIN

BAL,Jean de GENNES,SUSBIELLE,DELRIEU

VEZOLLE,CAPARROS,JACQUOT,LAUTOUR, TOURNE.

Chaque spécialité est l'objet d'un entraînement individuel à la fin duquel les équipages sont constitués. Puis l'entraînement par équipages est poussé au plus haut point.

Le but est de faire une machine parfaite d'un ensemble de 7 hommes, dont les réactions et les caractères différent à l'origine considérablement.

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(collection: La mémoire des groupes lourds)

Equipage du Commandant PUGET.

Pilote: Cdt PUGET. (Cdt de l'avion) Mécanicien: Sgt/C CARAYOL. Navigateur: Lt PLUCHART. Bombardier: Lt PERSEVAL. Radio: Sgt MOUREY. Mitrailleur-supérieur: Sgt/C GORDIOL. Mitrailleur-arrière: Adjt/C POTET.

Une idée domine cet entraînement, idée traduite par ce fameux mot Anglais qui devient vite familier aux Français "Crew Cooperation" c'est-à-dire coopération de tous les membres d'un même équipage. Dans la R.A.F. un équipage n'est pas jugé à la valeur d'un des membres mais à la manière dont les 7 membres travaillent en commun. Toutes les spécialités sont également considérées car elles sont également indispensables au succès d'une mission de guerre.

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Le Groupe est transporté dans un autre monde. S'il constitue au sein de l'Armée de l'Air Française une cellule  assez considérable il n'est plus dans l'immense machine qu'est la R.A.F. qu'un très petit élément qui agit à une heure donnée suivant des ordres qui viennent de très loin. Il devra exécuter scrupuleusement ces ordres car son oeuvre ne sera que la petite partie d'un énorme, l'anéantissement du Reich hitlérien.

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Débarqué en Grande-Bretagne, le 9 septembre 1943, GUYENNE entre en action le Ier juin 1944 sous le nom de " 346 SQUADRON".

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Le débarquement est imminent; aussi les attaques contre l'Allemagne sont elles momentanément abandonnées et toutes la puissance aérienne alliée est employée à préparer et appuyer l'assaut des forces d'invasions. Epreuve de plus pour les hommes de GUYENNE dont les premiers objectifs sont en terre Française.

 

 

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Equipage du Lieutenant-Colonel VENOT

Pilote: Lt-C VENOT. (Cdt de l'avion) Navigateur: Lt GUILLOCHEAU. Bombardier: Adjt KIPPERLE. Radio: Sgt LHOMOND. Mécanicien: Sgt/C COUPEAU. Mitrailleur-supérieur: Sgt/C FINALE. Mitrailleur-arrière: Sgt/C BIAGGI.

Le Groupe est alors commandé par le Lieutenant-Colonel VENOT. Le Commandant SIMON est à la tête de la 3éme Escadrille tandis que la 4éme a le Commandant MARIAS pour chef.

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Equipage du Commandant SIMON

Pilote: Cdt SIMON. (Cdt de l'avion) Navigateur: Lt PELISSIER. Bombardier: Lt ZEILLER. Radio: Sgt/C VIELLE. Mécanicien: Adjt/C BRIGALANT. Mitrailleur-supérieur: Sgt/C ROIRON. Mitrailleur-arrière: Sgt FERNANDEZ.

Trente quatre missions sont exécutées contre les territoires occupés entre le Ier juin et le 15 septembre. Les Français sont particulièrement chanceux au dire même du Commandement Britannique.

Deux équipages sont perdus au cours de cette période. Le Lieutenant-Colonel VENOT est victime d'un accident au retour d'une mission le 10 septembre. Une bombe restée dans les soutes éclate à l'atterrissage et cause la mort de 6 membres de l'équipage. Le Lieutenant-Colonel VENOT très sérieusement  brûlé est obligé d'abandonner le commandement du Groupe au Commandant PUGET qui restera à ce poste jusqu'à la fin des hostilités.

Dés le 15 septembre les opérations contre les centres vitaux de l'industrie allemande sont de nouveau l'objet principal de l'activité de la R.A.F. Les pertes sont lourdes. En six mois et 84 opérations, soit une moyenne d'une opération tous les deux jours sur l'Allemagne, le Groupe perd 44% des effectifs initialement engagés.

GUYENNE se voit également attribuer une nouvelle citation à l'ordre de l'Armée " Unité d'élite de bombardement lourd appelée la première à représenter la France dans l'effort du BOMBER COMMAND", sous le commandement du Lieutenant-Colonel VENOT puis du Commandant PUGET, a pris part avec le plus grand succès tant aux opérations qui ont préparé et appuyé l'ouverture du second front qu'aux raids en territoire ennemi, effectuant en moins de 5 mois plus de 2000 heures de vol de guerre en 600 sorties d'opérations dont 200 sur les objectifs lointains et puissamment défendus de l'Allemagne, lançant 2400 tonnes de bombes.

Malgré les pertes subies continue à combattre avec la même ardente volonté"

Quelques chiffres donneront une plus claire idée de l'effort fourni par le Groupe pendant son séjour en Angleterre.

118 missions dont 79 sur l'Allemagne ont été exécutées en 11 mois, soit 1308 sorties dont 908 sur l'Allemagne. 4943 tonnes de bombes ont été lancées au cours de 7641 heures de vol d'opérations.

Les Français ont donc une fois de plus participé dans la mesure de leurs moyens réduits au grand effort de leur alliés. Ils ont fait leur devoir en employant au mieux l'avantage qui leur était conféré par la longue expérience aéronautique que la plupart d'entre eux possédaient déjà avant leur départ pour la Grande-Bretagne.

Ils ont su enfin s'attirer la considération du Commandement Britannique par le rendement élevé obtenu par le Groupe aux moments ou la lutte atteignait son point culminant  ainsi que par la rigoureuse discipline de guerre que les équipages ont toujours respectée au cours des opérations.

De plus, comme ceux qui ont vu naître l'Aviation Britannique, les hommes de GUYENNE, qui ont eu la chance de combattre à ses côtés, resteront pénétrés de l'impression de puissance dégagée par une organisation aussi parfaite malgré l'immensité de son envergure et dans laquelle rien n'est laissé au hasard d'une initiative malheureuse.

Ces hommes sont venus en Grande-Bretagne pour combattre. Ils repartiront nantis de l'expérience d'une guerre pénible et tous envieux de pouvoir faire de l'Aviation Française le bel édifice qu'elle doit être.

COMMANDANT PUGET

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Le Commandant PUGET, d'abord adjoint au Lt-Colonel VENOT, et qui commande maintenant le Groupe 2/23.

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE. N°19 1945 - collection: J.P.DELMAS)