17 août 2009

GOEPFERT ANTOINE "2/23 GUYENNE"

Antoine GOEPFERT

2/23 "GUYENNE"

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Né le 28 février 1910 à Lyon (Rhone) décédé le 11 janvier 2001.

S'engage à 18 ans pour rejoindre l'école de Buc et devenir pilote aviateur. Est breveté pilote à 19 ans. Obtient son brevet de pilote militaire sur Spad, en 1931, passe son brevet de pilote de transport public.

Commence sa carrière à la compagnie Aérienne Française. Pressenti comme pilote d'essai. Fait des périodes militaires et c'est pendant l'une d'elles que la guerre le surprend. Est appelé au Groupe 2/32, il vole sur Bloch 200. Envoyé dans le Sud de la France, puis en Tunisie.

Entend l'appel du 18 juin. Regagne la France, se fait démobiliser, veut gagner l'Angleterre, mais ne pourra réussir qu'au début 1943. Arrive en Grande-Bretagne, rejoint les Groupes de Bombardiers Stratégiques et subit une importante formation et un intensif entraînement.

Ce n'est que vers le 15 Novembre 1944 qu'il est opérationnel, 6 mois plus tard est Commandant de l'escadrille G.B. 2/23 "GUYENNE".

Aura effectué 25 missions de nuit sur l'Allemagne. Après la guerre, entre à Air France y restera jusqu'en 1970. A volé sur toutes les lignes mondiales, 21 000 heures de vol, Colonel de réserve de l'Armée de l'Air.

Officier de la Légion d'Honneur.

Croix de guerre 1939/1945 - 4 citations - 2 palmes.

Distinguished Flying Cross.

Médaille de l'Aéronautique.

Médaille des Evadés.

Repose dans le cimetière de TRILBARDOU (Seine-et-Marne).

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06 août 2009

POUR LE SOUVENIR DE Robert COLCANAP "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

COMPOSITION FRANCAISE

EXAMEN à OLD DEAN CAMP

CAMBERLEY

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Robert COLCANAP.

- Que faisiez-vous dans la vie civile?

- Pourquoi et comment êtes-vous venu en Angleterre?

- Avant cette date fatale du 18 juin 1940, qui marqua un tournant assez important dans le cours jusqu'alors paisible de ma courte vie, je me trouvais dans la situation du petit garçon bien sage qui, ayant sans trop se fatiguer, obtenu la première partie de son bachot, se repose de toutes ses fatigues passées et à venir, dans une classe idéale, qui n'a sa pareille dans aucun pays étranger: la classe de philosophie, classe spécifiquement française...

... Nous avions tout juste une dissertation philosophique par semaine, dissertation à laquelle je travaillais un peu tous les jours, et qui était plus ou moins bien notée selon le travail effectué bien souvent, il s'est trouvé que la note fût inversement proportionnelle au travail fourni, ce qui ne m'encouragea guère dans la voie du travail...

... Comment peut-on prendre contact avec la vie réelle, si l'on passe ses jours et une partie de ses nuits à s'abrutir sur Tacite sur les Catilinaires, ou même sur le De Natura Rerum? Mon esprit ne s'est donc trouvé élargi que du jour où je suis entré en cette classe bénite, de philosophie où pour la première fois j'ai vu mes maîtres appliquer l'aphorisme bien, connu de Montaigne: "une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine".

C'est dire qu'en ces 6 derniers mois j'ai appris un peu de tout, hormis la Philo...

... M'engager?

Il ne fallait pas y songer. Je n'avais pas l'âge. J'ai donc continué bien sagement à m'imbiber de l'évolution Créatrice et autres chefs d'oeuvre sans oublier les théories évolutionnistes de Spencer, Larmarck, Darwin, etc. D'autre part, en tant que futur candidat du P.C.B., j'avais installé chez moi un petit laboratoire de chimie qui m'a aidé à passer bien des après-midi d'hiver. J'étais bien loin de Virgile et de ses bucolique, d'Aristophane et de ses guêpes.

C'était l'essentiel. J'étais heureux, alors que j'aurais dû, me lamenter...

Alors, survint la catastrophe. vers la fin de la guerre, je devins un lycéen distrait. La guerre était debout dans le lycée. Le canon étouffait à mes oreilles, la voix des maîtres, et la voix mystérieuse des livres ne nous parlait qu'un langage froid et pédantesque, même pour les matheux. Les logs et les cos autrefois étaient des degrés fondamentaux pour monter à l'étoile suprême du bachot (la plus belle étoile des cieux pour des gosses de notre-age) n'avaient plus aucun sens.

Brusquement, nous nous sommes tous trouvés en face de la réalité. Certes, je ne suis pas tombé de la lune sur la terre. Dieu merci, je ne suis pas un J.Jacques - comme certains de mes camarades, qui, à moitié abrutis par les programmes surchargés de Math.Elém. se décidaient enfin à lever leur nez de dessus leurs livres, quand il était trop tard.

D'autres, éternels rêveurs (romantiques, mode 1940), ne réalisaient pas que, en ce mardi 18 juin 1940 (125 ans pour pour jour après Waterloo) ces satanés boches allaient arriver dans leur bonne ville de Brest, qui jamais de mémoire d'homme, n'avait connu la botte allemande.

Que m'est-il donc arrivé au milieu de la panique générale? j'avoue que je n'ai pas trop perdu la tête. Il s'agissait, avant tout de rester calme. Ma décision était prise. Mon père était absent, mais il m'aurait certainement approuvé, s'il avait été là (en ce temps là,il commandait un aviso à Bizerte). Je ferais donc tout mon possible pour m'embarquer. A ce moment , il n'était pas question d'envisager le devoir, comme un impératif absolu ou catégorique. J'ignore ce qu'aurais fait Kant à ma place; toujours est-il que personnellement, j'ai surtout mis mon point d'honneur à me soustraire à la botte de ces messieurs, puisque cela m'était possible, et qu'il me restait encore des poings et une tête pour me battre. Je dirai plus: j'ai tenu à réparer ces six mois d'oisiveté pendant lesquels j'aurais été plus utile soit en usine, soit aux champs... Enfin, ne regrettons rien.

Vigny a dit que l'honneur est un sentiment né avec nous, indépendant des temps et des lieux; un sentiment fier, inflexible, un instinct d'une incomparable beauté, une foi qui est tout de même restée à quelques uns.

Ce qui est curieux, c'est que je n'ai pas eu du tout conscience de cette religion mâle, sans symbole et sans images, sans dogmes et sans cérémonies, lors de mon départ.

Et pourtant, en m'analysant bien maintenant, je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillée toutes les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci: un Français ne peut pas laisser son allié se battre seul, ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle, que longtemps, j'en ai ignoré la source et la raison véritables. Toujours est-il, que j'ai eu une révélation soudaine de beau, du vrai, du juste.

De là est jaillie une lumière, qui m'a toujours éclairé, depuis 10 mois que je suis en Angleterre et qui toujours depuis m'a empêcher de dévier du droit chemin.

Et je me suis embarqué tout tranquillement: comme je suis né, comme j'ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement.

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Le Sous/Lieutenant Robert COLCANAP, le "benjamin du LORRAINE",s'engagea à 17 ans et mourut à 21 ans le 11 novembre 1943.

(SHAA)

Ces lignes sont extraites d'une composition Française faite lors d'un examen à Old Dean Camp Camberley par Robert COLCANAP.

S'échappant de Bretagne, il a rejoint les Forces Françaises Libres le 19 juin 1940.

Il fut tué à 21 ans, le 11 novembre 1943 en service aérien commandé après, avoir effectué brillamment de nombreuses missions de bombardement comme Observateur au GROUPE LORRAINE.

"Nous ne vous oublierons pas"

DUCAPHIL

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°13 Janvier 1945 - collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN.)

CITATION

Le Sous-Lieutenant COLCANAP, Robert, du Groupe "LORRAINE"

"Observateur ardent et courageux à donner en exemple pour son allant et sa conscience professionnelle.

A rejoint les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle à l'age de 17 ans, s'évadant de France occupée et s'est engagé dans une unité combattante dès qu'il eut atteint l'âge requis. A mérité l'estime et l'affectation de ses chefs et de ses camarades pour son ardeur juvénile et ses grandes qualités de coeur et de courage.

Au cours d'une mission en vol rasant particulièrement importante, son avion ayant été touché par la flak, lui-même étant blessé à l'oeil et à la jambe au moment de l'entrée en territoire ennemi, a néanmoins accompli entièrement sa mission.

A trouvé la mort le 11 novembre 1943 au cours d'un vol d'entraînement dans des circonstances montrant une fois encore le plus bel esprit de sacrifice: son pilote essayant de poser son avion désemparé sur un terrain de football, accepta de risquer de se poser dans un endroit moins propice pour éviter de heurter des joueurs aperçus au dernier moment sur le terrain choisi."

Citation à l'Ordre de l'Armée Aérienne.

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(collection: Odile ROZOY KUNZ)

 

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