13 août 2010

REMI DELAROCHE NOUS A QUITTE

HOMMAGE A

REMI DELAROCHE

Mitrailleur-supérieur

Equipage du Sous-Lieutenant TERRIEN

Rémi DELAROCHE né à Le Quiou le 30 avril 1920, décédé le 25 juillet 2010.

Rémi, comme beaucoup d'autres, fut outragé par l'occupation de sa Bretagne natale par les forces du troisième Reich allemand, et il rêvait de sa libération. Le 11 février 1941, il passe clandestinement la ligne de démarcation en zone libre.

Le 14 février, il rejoint la base aérienne de Châteauroux où il fut affecté à la base de Blida en Algérie. Il fit ses classes au centre d'instruction de Pont de Claix en Isère et envoyé à Marseille pour embarquer pour l'Algérie.

Curieusement il tomba malade et fut gardé à l'infirmerie. Le bateau qu'il aurait du prendre fut torpillé et coulé en Méditerranée.

Du 2 juillet 1941 au 24 octobre 1943, Rémi fut en poste dans ces bases de l'Armée de l'Air française: en Algérie à Rélizane, Maison-Blanche, Ain Sefra. Puis en Tunisie à El Aouina, Sfax, et au Maroc à Agadir, et Zéralda.

Du 25 octobre 1943 au 3 juin 1945, Rémi a servi en Angleterre avec les Groupes Lourds sous le commandement de la Royal Air Force.

Il fut basé à:

Evaton            avec le     8 A.G.S.

Lossiemouth     "    "      O.T.U. N°20

Elvington          "    "      GB 1/25

A Elvington, son avion fut descendu la nuit du 3/4 mars 1945 " nuit des intruders opération Gisela" quand la Luftwaffe a pris pour cible près de leurs bases les bombardiers au retour d'une mission. Rémi et l'équipage ont eu la vie sauve grâce à l'adresse du pilote qui a maintenu son avion pendant que l'équipage sautait en parachute. Le pilote fut tué.

Du 4 juin 1945 au 5 novembre 1951, il reste en  France, puis affecté à Mérignac au 21 Groupe de bombardement et à Cazaux comme navigateur instructeur.

Il part en Indochine à Tourane au GB 1/19 comme navigateur et ensuite commandant d'unité.

Du 28 septembre 1953 au 21 avril 1954, il revient en France au Groupe de Transport 2/61 au Bourget.

Il est affecté à Paris du 23 juin 1954 au 18 mars 1955, en République Fédérale d'Allemagne, il est désigné comme haut délégué de la France à Baden Baden.

Le 18 mars 1955 à 23h, le B17 dans lequel il était, pris dans une tempête de neige, s'écrase près de Cologne et Rémi est gravement blessé.

Entre le 18 novembre 1955 et le 20 décembre 1957, Rémi est réaffecté au Bourget dans le Groupe de Transport 2/61 et à Paris. Après cela, il demande sa retraite après 16 ans de service, dont 5 de guerre durant lesquels il a volé 900 heures en 28 missions.

Ses services ont été reconnues par l'obtention de la Croix d'Officier de la Légion d'Honneur, de la Croix de guerre 39-45, avec 5 citations et 3 palmes mentionnées au bulletin de l'armée de l'air, 3 citations en Indochine et une palme mentionnées au bulletin de l'armée de l'air et également la Croix de guerre Vietnamienne.

Comme un "Vice amiral", après cette carrière honorable, Rémi débute une carrière dans l'aéronautique à Sud Aviation puis l'Aérospatiale.

Retiré ensuite dans sa Bretagne natale avec sa femme Lillian, qu'il avait rencontrée à Elvington quand il était en Angleterre. Il furent mariés pendant 65 ans.

Etant un des premiers membres du Mémorial des Forces Aériennes Alliées (Yorkshire Air Museum), il aida en faisant la liaison avec l'Armée de l'Air Française. Il retourna à Elvington chaque année jusqu'en 2005 quand son âge ne lui permit plus de faire le voyage.

Ian REED

(traduction: Geneviève MONNERIS)

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Equipage du Sous-Lieutenant TERRIEN

Pilote: S/Lt TERRIEN, Navigateur: S/Lt MOSNIER, Bombardier: S/Lt MICHELON, Radio: Sgt DUGARDIN, Mécanicien: Adjt LE GALL, Mitrailleur-supérieur: Sgt Rémi DELAROCHE, Mitrailleur-arrière: Sgt DUNAND.

LE SACRIFICE DU SOUS-LIEUTENANT

Jean TERRIEN

Au passage de la côte Anglaise, les bombardiers devaient allumer leur feux de position, mesure indispensable pour éviter les collisions, tant était grand l'enchevêtrement des avions regagnant leurs terrains; mais c'était aussi offrir de superbes cibles à d'éventuels intruders. Très peu de temps après apparurent dans la nuit des traînées vertes et rouges qui ressemblaient fort à des tirs de traçantes et des boules de feu qui pouvaient très bien être des explosions d'avions.

Le doute fut vite levé, tandis que sur les ondes du contrôle d'aérodrome le mot code "bandit" signalait la présence de chasseurs ennemis et que sur les fréquences on entendait les appels désespérés "May Day,May Day" des bombardiers en détresse. Nous subissons presque aussitôt notre première attaque par l'arrière, détectée à temps par notre mitrailleur de queue. Elle fut déjouée aussitôt grâce à la maîtrise de notre pilote pour les manoeuvres de dégagement. Les tirs de l'allemand ne nous ont pas atteints et il disparu. Il s'agissait probablement d'un Junker 88.

En pareil cas nous avions la consigne de rejoindre notre base, nous mettons alors le cap sur Elvington. A bord tout l'équipage était était en position de combat - parachute accrochés, sauf celui du pilote qui devait lui être fixé par le mécanicien avant d'évacuer l'avion. La veille était particulièrement sévère... et épuisante.

A mi-chemin environ, à la hauteur de Nottigham, nous sommes attaqués à nouveau, toujours par l'arrière. Aperçu de très loin par notre mitrailleur-supérieur (Rémi DELAROCHE) cette fois. l'allemand dérouté par une remarquable action évasive du pilote ne put trouver une position de tir correcte, il ouvrit le feu pourtant, mais sans dommage et on ne le vit plus.

Au fur et à mesure que nous avancions vers le Nord, les balisages des terrains s'éteignaient, les traçantes et les boules de feu apparaissaient de plus en plus nombreuses. Il s'agissait bien cette fois d'une opération de grande envergure.

En approchant d'Elvington nous apercevons non loin de nous une boule de feu. Le balisage de piste s'éteint alors et le contrôle nous prévient que deux avions allemands tournaient autour du terrain, il nous donne l'ordre de nous éloigner au plus vite au cap Nord/Nord-Ouest et en montant... ce qui nous sauva.

Quelques secondes plus tard alors que nous étions à 3000 pieds, l'avion, dans un fracas terrifiant, fut secoué par un choc d'une violence extrême et fit une embardée comme soulevé par une force indescriptible tandis qu'une lumière aveuglante illuminait. Nous venions de recevoir une rafale de canon de 19,9 tirée en site de la tourelle arrière d'un JU 88G. C'était l'attaque imparable. En position de tir sous le bombardier, l'agresseur était impossible à détecter. Les deux moteurs droits et le plan droit étant en feu nous étions touchés à mort. Resté à son poste de pilotage au milieu du brasier, notre pilote réussit à maintenir l'avion en ligne de vol, le temps nécessaire pour permettre à ses six compagnons d'en sortir. Lorsque le mitrailleur arrière sauta, le dernier, l'avion était déjà engagé en piqué. Alors que six parachutes s'ouvraient sur la campagne Anglaise, échappant à tout contrôle et transformé en torche le"0" s'écrasait au sol entraînant son pilote dans la mort.

Le sous-lieutenant Jean TERRIEN s'est sacrifié pour sauver son équipage.

(Sous-Lieutenant Roger MICHELON, Bombardier.)

Posté par DUCAPHIL à 19:23 - Commentaires [2] - Permalien [#]