LES FORCES D'AFRIQUE DU NORD

L'aviation de reconnaissance

et de bombardement.

2/33 - 1/25 - 2/25 - 2/23

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Comme tous les Groupes de l'Armée de l'Air française, le G.R. 2/33 se compose de deux escadrilles la 3 et la 4.

La 3, ex-Salmson 33, fut créée par le Capitaine Bordage, en décembre 1914, sous le nom de M.F.33.

Elle a fait toute la Grande Guerre au service du 9e corps d'Armée. Elle est avec lui dans les secteurs difficiles, sur l'Yser, dans la Somme, dans l'Aisne, en Champagne, à Verdun. Son insigne est la Hache, par un jeu de mots établi selon toutes les règles de l'héraldique la plus authentique: la Hache à Bordage.

Cinq citations sont venues récompenser, au cours de la campagne, cette "unité d'élite qui n'a cessé, depuis le début de la guerre, de rendre les plus grands services": trois citations à l'ordre du Corps d'Armée, 31 octobre 1915, 15 juillet 1916, 13 septembre 1917; une citation à l'ordre de la Brigade d'Artillerie du 9e Corps, 29 octobre 1916; enfin, une citation à l'ordre de l'Armée, 30 décembre 1918.

La 4 est plus jeune, puisqu'elle ne fut créée qu'en 1921, en Rhénanie. Son insigne est la mouette.

cartes Scan (164)

cartes Scan (57)

La 1re Escadrille "LA HACHE" sous les ordres du lieutenant Israël.

cartes Scan (165)

cartes Scan (163) 

La 2e escadrille "LA MOUETTE" du Rhin.

- Commandant: ALIAS - Pilote - Commandant du 2/33.

cartes Scan (161)

Le commandant Alias, commandant du 2/33, avec les officiers du groupe.

- ANDREVA.

- Sous-lieutenant: ANDRES - Pilote.

- AZAMBRE - Pilote.

- ABGRALL.

- Sergent-chef: ANTOINE - Mitrailleur.

- BAUDENS - Pilote.

- BERTRAND - Chef-mécanicien.

cartes Scan (162)

Retour de mission en altitude. Le chef de hangar de la 4e escadrille et un sergent aident le lieutenant Bougerol à descendre de la carlingue.

- Lieutenant: BOUGEROL Guy - Observateur.

- BECART.

- Sous-lieutenant: BENOÎT.

- BEAGUE.

-  Adjudant: BRISSAULT - Pilote.

- Sous-lieutenant: BEDIEZ - Observateur.

- Adjudant: BAGREL - Mitrailleur-radio.

- BLANCHARD - Pilote.

- BLONDEL - Mitrailleur.

- BALLIN.

- Adjudant: BERNARD - Pilote.

- Adjudant: CONSTANTIN - Pilote.

- CROISILLE.

- CREPUT.

- Capitaine: CASENAVE.

- Lieutenant: CHERY - Observateur.

- COULOMB.

- Lieutenant: CASTELLANA - Observateur.

- CRY.

- COLLOT.

- Adjudant-chef: DESALME - Observateur - mitrailleur.

- DUTERTRE - Observateur.

- DURET - Observateur.

- DUCRUIX - Observateur.

- ESCANE.

- FRISOU - Observateur.

cartes Scan (61)

Départ pour une mission en rase-mottes (Adjudant pilote FAVRET)

- Lieutenant: FAVRET - Pilote.

- GIRALT.

- Lieutenant: GEOFFROY - Observateur.

- Adjudant: GUERIN André - Pilote.

- GAUTHIER.

- Capitaine: GELEE - Observateur.

- Capitaine: GUILLAUME - Observateur.

- Lieutenant: GAVOILLE - Observateur.

- GOUILLON.

- Sergent: GENEST - Mitrailleur.

- GENSON.

- HEBRARD.

- du HAYS.

cartes Scan (160)

Avant le départ, l'observateur (capitaine Laux) donne au pilote (lieutenant Hochedé) ses dernières instructions. Le mitrailleur (sergent Antoine) est intallé dans la carlingue. S'appuyant sur l'aile, l'adjudant-chef pilote Brissault. Vus de dos, l'adjudant-chef Bertrand, chef de hangar de la 3e escadrille.

- Sous-lieutenant: HOCHEDE - Pilote.

- Sergent-chef: HINCKER - Mitrailleur.

- Commandant: ISRAËL - Observateur.

- Adjudant-chef: JOSSERAND - Pilote.

- Sergent: JOANIC.

- Sergent-chef: LOUVET - Mécanicien.

- Adjudant: LEBOUBE - Mécanicien.

- LUTRINGER - Mécanicien.

cartes Scan (59)

Les mécaniciens d'équipement mettent en place l'appareil photo. (Sergent-chef RUCH et sergent LECOUSTEY). Le mécano vérifie une dernière fois le moteur gauche avant le départ. On distingue nettement la carlingue occupée par l'observateur à l'avant du Bloch-174.

- Sergent: LECOUSTEY - Mécanicien.

- Capitaine: LAUX - Pilote - Observateur.

- Lieutenant: LENOIR - Observateur.

- Sergent: LEYDER - Mécanicien.

- Sous-lieutenant: LACORDAIRE - Pilote.

- LAGACHE - Observateur.

- Adjudant: MILLET - Radio-mitrailleur.

- Capitaine: MOREAU - Observateur.

- Lieutenant: MOTTEZ - Observateur.

- Sergent-chef: MAURON.

- MOT - Mitrailleur.

- Adjudant: MAGNIN - Mitrailleur-radio.

- NYS.

- ORANGE - Chef-mécanicien.

- POISSON.

- Lieutenant: PEYROUX - Chef de la section photo.

- PERRET.

- Adjudant: PERNOT - Mitrailleur.

cartes Scan (60) 

Le pilote (Sergent PORCHON) occupe la deuxième place dans le Bloch-174. A l'avant de l'habitacle, le collimateur de secours.

- Sergent: PORCHON - Pilote.

- PRIEUR - Mitrailleur.

- Capitaine: PENICAUT - Pilote.

- de PONTAC - Observateur.

- Adjudant: PARIS - Mitrailleur.

- QUELLEC.

- Sergent: RICHARD - Mécanicien.

- Commandant: ROSSI.

- Sergent-chef: RUCH - Mécanicien.

- RABY - Observateur.

- Lieutenant: de RENEVILLE - Observateur.

- Adjudant: ROBERT - Mitrailleur.

CARTES Scan (58)

- Capitaine: SAINT-EXUPERY - Pilote.

- Adjudant-chef: SEGUELA - Pilote.

- SAURT - Mitrailleur.

- Lieutenant: SAGON - Pilote.

- SAUSER.

- Sous-lieutenant: SAINTIGNY - Observateur.

- Capitaine: SCHUNCK - Commandant du 2/33.

- TANTIN.

- VINCKEL - Mitrailleur.

- Adjudant: VINCKELVLEUGEL - Mitrailleur-radio.

- VESIN - Observateur.

- Adjudant: VAUDAINE - Mitrailleur.

- YSERMANN.

(Source: "CEUX QU'ON N'A JAMAIS VUS" du R.P. GUY BOUGEROL - Lieutenant observateur de réserve au 2/33 Aumônier de l'Air)

Après le débarquement du corps expéditionnaire allié, un comité mixte de réarmement est formé: son activité ne se traduit, à l'origine, que par une aide légère aux troupes françaises engagés.

Mais, à la conférence d'Anfa, le 24 janvier 1943, un accord s'établit entre les Alliés en vue de transformer les forces françaises en armée moderne.

Aux termes de cet accord:

Les forces françaises recevront, par priorité, l'armement qui leur est indispensable: celui-ci sera constitué par le matériel le plus moderne... Il est précisé que cette livraison portera, au total, sur le matériel de 3 divisions blindées et de 8 divisions motorisées, ainsi que sur une aviation de première ligne constituée par 500 chasseurs, 300 bombardiers et 200 avions de transport...

L'accord d'Anfa nous faisait la partie belle. Mais il faudra attendre le printemps de 1943 pour que notre aviation soit apte à entrer en guerre aux côtés des Alliés. 

2-33 El Aouina

De gauche à droite:

A El Aouïna.

Assis PETSOUNIS Légion Etrangère non retenu dans l'armée de l'air, S/Lt HEURTEAU pilote de chasse touché en combat rentre à la base et s'écroule sur son manche, LOBELLE Pierre (Squadron 347  - 1/25 Tunisie équipage de MIRAS), PAGES mitrailleur du colonel CTROËN Groupe "Lorraine" F.A.F.L. 

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Insigne de mon père sur la photo.

(collection: Ducastelle Philippe)

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(collection: M. BOUFFARON)

1ère Escadrille du 2/33 "LA HACHE" Sous les ordres du lieutenant Israel.

Assis au centre de la photo le commandant  ALLIAS.

Citation du Groupe de Reconnaissance 2/33.

Le Général Commandant en Chef VUILLEMIN,

Commandant en Chef les Forces Aériennes,

cite à l'Ordre de l'ARMEE AERIENNE le Groupe de Reconnaissance 2/33:

" Sous l'impulsion de son chef, le Commandant ALIAS, et de ses chefs d'escadrille, le Capitaine GELEE et le Lieutenant ISRAEL, le Groupe de Reconnaissance 2/33 constitue un superbe instrument de combat qui donne chaque jour les preuves d'un allant remarquable et d'une haute conscience.

" Dans une période particulièrement difficile, a obtenu, au prix de lourdes pertes, des renseignements précieux qui ont permis d'orienter le Commandement d'une façon précise sur la manoeuvre ennemie." 

Fixons d'abord nos regards sur le terrain d'El Aouïna, près de Tunis. Là, le groupe de reconnaissance II/33 et les groupes de bombardement I/25 et II/25, unis dans une conviction commune, se replient vers le Sud algérien à l'arrivée des Allemands.

Stationné dans la petite ville de Colbert, en Algérie, le groupe de reconnaissance II/33 Savoie est engagé aussitôt. Ses équipages explorent les côtes tunisiennes pour repérer les points du débarquement allemand.

Edmond garcia El Aouina,,Bloch 174(La mouette,2ème escadrille,GR 2-33)

Equipage du Sgt Edmond GARCIA, Bloch 174 - de la 2ème escadrille "La Mouette" du G.R. 2/33 à El Aouïna.

(collection: Yves GARCIA)

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(Collection: Alain CILIA)

2ème escadrille du 2/33 "La Mouette".L'adjudant-mécanicien: Albert CILIA  3ème en haut, 4ème en partant de la gauche. 

ALAIN CELIA Scan_0001 (7)

(collection: Alain CILIA)

L'état du groupe est assez précaire. Si pilotes et observateurs sont bien entraînés, les avions Bloch 174, en revanche, ont déjà subi la rude épreuve de la campagne 1939-1940 : ils sont vieux et démodés. Les Messerschmitt 109 qui les attaquent ont une vitesse supérieure d'au moins 100 kilomètres-heure et un armement d'un calibre plus élevé. En bref, les missions de reconnaissance dépassent les possibilités de nos appareils et arrêtent le groupe Savoie dans son essor. Le commandement décide alors d'employer les équipages du Savoie à bombarder en piqué dans la région du Gafsa-Tozeur.

Jusqu'au 30 mars 1943, le groupe prend part à la bataille avec ses appareils usagés, attendant impatiemment le matériel américain annoncé qu'il recevra seulement en avril. A ce moment, la campagne de Tunisie est terminée. Le groupe va se spécialiser quelques mois dans la reconnaissance photographique, avant de reprendre la lutte contre l'Italie.

LOBELLE PIERRE auguste malard GR 2-33 numérisation0017 

Le  2/33 à El Aouina en Tunisie.

 Troisième au premier rang debout en haut à partir de la gauche, Pierre LOBELLE, accroupi au premier rang  7ème en partant de la gauche Auguste MALARD.

(collection: Famille MALARD)

SOUVENIRS DE DEUX COPAINS DU 2/33 - HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F

Nous sommes en juin 1940.Un matin,beaucoup de voitures belges passaient devant chez nous sur la route nationale. Chaque jour le nombre augmentait, c'était ce qu'on appelait l'évacuation. Des personnes interrogées nous disaient; "Les Allemands ont attaqué en belgique et on se sauve dans le midi de la France".

http://halifax346et347.canalblog.com

André Guérin 4bis (1) (1)

- Pilote: S/Lt André GUERIN "dit GRANDVAL"

(collection: Famille GUERIN)

- Engagé volontaire le 06/05/1931 à l'intendence de Grenoble au 2ème groupe d'ouvriers aéronautiques pour 3 ans.

- Arrivé au corps le 08/05/1931.

- Classé élève pilote et passe à la 1ère compagnie d'élèves - Nommé élève pilote le 26/10/1932.

- A contracté un regagement résiliable de 2 ans au titre du 2ème groupe d'ouvriers d'aérostation à compter du 06/05/1934.

- Passe au 2 ème bataillon air à compter du 01/08/1933.

- Mis en route sur base aérienne N° 4 de CAZAUX le 30/03/1934.

- Affecté base aérienne 121 de NANCY à compter du 01/08/1934.

- Arrivé au corps le 28/08/1934.

- Affecté à la 1ère compagnie - Rengagé pour un an à titre résiliable le 15/01/1936.

- A la S/Intendance de NANCY au titre de la 21ème escadre à compter du 06/05/1936.

- Passé à la 21ème escadre le 16/10/1936. Affecté au 3ème groupe.

- Affecté à la 33ème escadre 2ème groupe à compter du 20/03/1937.

- Rengagé pour un an le 29/04/1937.

- A la S/Intandence de NANCY au titre de la 33ème escadre à compter du 06/05/1937.

- Désigné pour effectuer un stage probatoire de moniteur de ski qui aura lieu du 15/11/1934 au 01/12/1937. Mis en route sur LYON le 11/11/1937.

- Rengagé pour un an le 04/05/1937 à la S/Intendance de NANCY au titre de la 33ème escadre à compter du 06/05/1938.

- Est admis dans le corps des sous-officiers de carrière à la date du 06/05/1939.

- Affecté suite mobilisation générale au groupe aérien 2/33 à compter du 02/09/1939.

- Rattaché administrativement au bataillon de l'air 109.

" Le 22 mai 1940, l'adjudant André GUERIN, pilote le Potez 637 n°49 (immatriculé C-633) pour une mission de reconnaissance dans la région d'Amiens-Arras-Douai-Cambrai-Péronne, touché sévèrement par la Flak près de Bapaume, avec le lieutenant Israël (observateur) et le sergent-chef Hincker (mitrailleur). Tous trois seront prisonniers internés au DULAG-LUFT d'oberssel. Camp transitoire en Allemagne."

(Source: Yves GOMBERTOIS)

Recherche de France-Crashes 39-45

Fiche France-Crashes 39-45 modifiée le 12-11-2019 Date Nation Département Unité - Mission 22-05-1940 France Pas-de-Calais GR II/33 Reconnaissance Arras-Bapaume (62) Grade Prenom Nom Poste Corps Etat Lieu d'Inhumation Commentaires Lt Jean Israel Obs AAF Prisonnier Né le 05/12/1913 à Paris-2e (75) - Cdt de la III/33 - PG n°519 Oflag IV D Adj Guérin Pil AAF Prisonnier Sgt Hinker Mit AAF Prisonnier

http://francecrashes39-45.net

31 octobre 1940.

Israël, Guérin et Moreau, partis en reconnaissance photo à 7000, sont attaqués par les chasseurs. Le mitrailleur est blessé, mais continue de tirer. Guérin pose l'avion endommagé à Nancy où Moreau est transporté à l'hôpital, intestin et poumons perforés.

Ancien du 2/33, il venait de rejoindre son cher Groupe et accomplissait sa première mission. Jeune, timide, effacé, dans le combat il se montra merveilleux tireur. Espérons qu'il nous reviendra bientôt.

Récit envoyé de son stalag de l'adjudant GUERIN.

" Nous décollons à 6 heures, en contournant Paris par Melun, car il ne s'agit pas de déclencher une alerte sur la capitale.

" Nous piquons droit sur Compiègne et Amiens.

" A bord, tout marche à merveille, les moteurs tournent rond et cela fait plaisir, surtout lorsqu'on sait qu'à quelques mètres sous les plans, les cimes des arbres, tordues dans les remous, défilent à plus de quatre cents à l'heure et que la moindre panne serait fatale.

" Au loin, des fumées d'incendies marquent à l'est la présence de l'ennemi, confirmation des comptes rendus de nos précédentes missions.

" Voici bientôt Compiègne, puis la Somme et, sur la gauche, Amiens.

" Nous mettons le cap sur Arras, tout surpris de n'avoir rencontré âme qui vive sur notre route, et mettons à profit cette quiétude relative pour atteindre, au plus tôt, le but extrême de notre reconnaissance.

" Amiens est encore en vue, quand nous apercevons deux motocyclistes allemands. Vision éphémère, mais annonciatrice de rencontres futures plus ou moins désagréables, car se sont, sans doute, des éclaireurs qui précèdent le gros de quelques formation motorisée. Nous suivons toujours la route. A quelques minutes de là, c'est un convoi de réfugiés, misérable cohorte refoulée toujours plus au sud, par la menace ennemie. En file interminable, se pressent des véhicules de toutes sortes, des humains, des animaux, spectacle lamentable et qui fait peine à voir.

" A notre approche, c'est la ruée vers les fossés. Quelques-uns restent debout et font le coup de feu. Résultat : un impact dans le plan droit. Rien de cassé.

" Et, toujours en rase-mottes, nous approchons d'Arras. Encore un convoi. Cette fois ce sont des camions au capot jaune, en route vers le sud. Un battement d'ailes pour alerter l'équipage, et je pique droit au but.

" Hélas!... mes mitrailleuses ne fonctionnent pas. Je conserve l'alignement, espérant que le mitrailleur pourra utiliser les siennes. Rien. Enrayage partout.

" Nous sommes sans défense, mais nous irons quand même voir ce qui se passe vers le nord.

" L'observateur note sans arrêt.Voici Arras, où l'on distingue nettement des uniformes kakis. Pas un coup de feu. Tout va bien.

" Je ralentis et commence à tourner au-dessus de la ville. Pas de doute, ce sont bien des uniformes français.

" Mission terminée. Je prends le cap du retour, pleins gaz.

" Au sud(est, vers Bapaume, une colonne de fumée. L'observateur veut se rendre compte. Je me faufile dans la vallée, parmi les collines boisées, les escarpements, utilisant tous les accidents de terrain susceptibles de me dérober aux vues indiscrètes et au feu... jusqu'au moment où, arrivé dans une sorte de cul-de-sac, je me trouve nez à nez avec une formation de chars ennemis, forte d'environ trente-cinq engins, au repos sur un plateau.

" Impossible de les éviter. Comme ils sont aussi surpris que moi et que j'ai sur eux l'avantage de la vitesse, j'ai le temps de les survoler, non sans avoir essuyé une grêle de plomb aussi serrée qu'intempestive.

" L'avion est littéralement haché par les balles. Trois chocs plus brutaux que les autres, ce sont des obus de 20...

" Heureusement, nous sortons du champ dangereux, mais dans quel état !

" Moteur gauche stoppé, canalisation d'air coupée, plans et fuselage en écumoire, train et volets sortis brusquement. Je me tiens prêt à toute éventualité et cherche un terrain de fortune pour le cas où la situation viendrait à s'aggraver.

" Cette précaution n'est pas vaine, car le mitrailleur me crie que le moteur gauche est en feu. La Somme n'est pas loin... Mais pourrons nous gagner les lignes ? Peu d'espoir...

" Tout cela s'est passé en moins d'une minute.Nous avançons très lentement. Le moteur droit donne à son tour des signes de fatigue. Va -t-il flancher lui aussi ?

" Nous perdons de l'altitude. Il va falloir se poser. Voici l'inévitable ligne électrique que nous passons de justesse devant un petit champ.

" Je coupe essence et contact. Nous roulons.

" Une barrière, un cheval de bois, poussière. Une vache, qui avait dû nous prendre pour un train, s'enfuit apeurée... Je ne sais pourquoi j'ai remarqué ce détail, car en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, nous sommes tous trois en bas et nous courons nous cacher dans les bois, abandonnant notre coursier à son triste sort.

" Le moteur gauche brûle toujours. Nous nous regardons navrés, nous avons conscience de laisser là un ami qui a partagé nos joies et nos coups durs.

" Le feu gagne, les flammes montent, les tôles se tordent et fondent. Un bruit sourd, une énorme tulipe rouge et noire, des débris métalliques fumants : voilà les dernières impressions que nous aura données notre pauvre 63... Pour lui, tout est fini.

" Pour nous, ce n'est pas la même chose... Les patrouilles allemandes, attirées par le bruit de l'explosion, vont essayer de nous capturer.

" Après une partie de cache-cache quelque peu mouvementée, nous sommes faits prisonniers et emmenés sans autre forme de procès.

" Ce soir, le préposé au registre-journal inscrira sur son livre : "Avion Potez -637 n°49 : non rentré." On nous portera disparus. Le chef de bord ne pourra remettre son compte rendu, et nos camarades viendront chercher le renseignement que nous n'avons pas rapporté.

" Puisse le sort leur être plus favorable..."

(Source: Ceux qu'on n'a jamais vus - de Guy BOURGEROL)

- Porté disparu au cours d'une mission de guerre en territoire ennemi le 25/05/1940.

- Prisonnier du 22/05/1940. Au 12/03/1941.

- Rentre de captivité le 13/03/1941.

- Affecté base aérienne de SALON le 05/05/1941 à compter du 13/03/1941.

- Affecté au groupe aérien de reconnaissance 1/51 à LEZIGNAND le 12/06/1941.

- Rayé des contrôles de la base aérienne de SALON le 13/06/1941.

André Guérin préparant un vol 1 (1)

André GUERIN préparant un vol.

(collection: Famille GUERIN)

- Affecté au groupe de reconnaissance 2/33 à El Aouïna (TUNISIE) - Mis en route sur sa nouvelle formation le 10/10/1941.

- Rayé des contrôles le 11/10/1941.

- Embarqué le 13/10/1941.

- Débarqué le 13/10/1941.

- Rejoint le groupe de reconnaissance 2/33 le 20/10/1941.

- Affecté compagnie air N°12 à LAGOUHAT - Franchit la frontière algéro-tunisienne le 27/03/1943.

- Rejoint la compagnie le 27/03/1943.

- Affecté au groupe de reconnaissance 2/52 le 03/08/1944.

- Affecté au groupe de transport GT 2/15 ANJOU le 01/04/1945.

- En subsistance au groupe de transport 1/15 le 01/09/1946.

- Radiés des cadres actifs de l'armée de l'air à compter du 01/09/1946.

- Rayé des contrôles du groupe de transport 1/15 le 01/09/1946.

- Dirigé sur le centre de rassemblement et d'administration du personnel de VALENCE aux fins de démobilisation le 01/09/1946.

- Administratré par le centre de rassemblement et d'administration du personnel 203 VALENCE à compter du 01/09/1946.

-En congé du personnel navigant de trois ans à compter du 15/09/1946.

- Décision de dégagement des cadres annulée, affecté entrepôt de l'armée de l'air 601 annexe de CHATEAUROUX - Mis en route le 18/01/1947.

- Rayé des contrôles du centre de rassemblement et d'administration du personnel 203 VALENCE le 19/01/1947.

- Arrivé et pris en compte le 20/01/1947.

- Affecté au centre de rassemblement et d'administration du personnel 203 VALENCE (position spéciale) à compter du 01/03/1948.

- Rayé des contrôles de l'entrepôt de l'armée de l'air 601 le 01/03/1948.

- En congé longue durée pour maladie du 25/02/1948.

- Jusqu'au 31/03/1951.

- Rappelé à l'activité à compter du 01/04/1951.

- Affecté à la base aérienne 706 CAZAUX à compter du 01/04/1951.

- En congé longue durée pour maladie du 13/04/1953.

- Jusqu'au 31/03/1953.

- Est passé au Bataillon de l'air 1/106 BORDEAUX-MERIGNAC le 21/08/1953.

- Admission à la retraite à compter du 01/04/1958.

- Maintenu en position spéciale jusqu'au 12/05/1958.

- Rayé des contrôles de l'armée de l'air à compter du 12/05/1958.

 GRADES SUCCESSIFS.

- CAPORAL - 01/09/1933.

- CAPORAL-CHEF - 08/11/1935.

- SERGENT - 21/11/1935.

- SERGENT-CHEF - 01/01/1939.

- ADJUDANT - 01/01/1940.

- ADJUDANT-CHEF - 01/12/1942.

- SOUS-LIEUTENANT - 25/06/1944.

- LIEUTENANT - 25/06/1946.

- CAPITAINE - 01/04/1951.

CAMPAGNES.

- Contre l'Allemagne (aux armées) - du 02/09/1939 au 21/05/1940.

- Prisonnier (Allemagne) - du 22/05/1940 au 12/03/1941.

- France (militaire sur pied de guerre) - du 13/03/1941 au 26/04/1941.

- En formation - du 27/04/1941 au 12/10/1941.

- En mer - du 13/10/1941 au 16/10/1941.

- Tunisie (territoire civil) - du 17/10/1941 au 07/11/1942.

- Tunisie (opération groupe 2/33) - du 08/11/1942 au 21/11/1942.

- Algérie (territoire civil) - du 22/11/1942 au 30/10/1943.

- Algérie (territoire civil) - du 31/10/1943 au 08/11/1943.

- Maroc (territoire civil) - du 09/11/1943 au 09/03/1944.

- Algérie (territoire civil) - du 10/03/1944 au 02/08/1944.

- Italie (opération groupe 2/52) - du 03/08/1944 au 04/10/1944.

- Contre l'Allemagne (opération groupe 2/52) - du 05/10/1944 au 31/03/1945.

- Contre l'Allemagne (opération groupe 2/15) - du 01/04/1945 au 08/05/1945.

MISSIONS DE GUERRE

- 31 missions au-dessus de l'ennemi - Reconnaissance, Bombardement.

- Heures de vol jour - 1989 h 10.

- Heures de vol nuit - 130 h.

- Heures de vol guerre - 139 h 20.

- Total heures de vol - 2258 h 30.

ACTIONS D'ECLAT ET CITATIONS.

Ordre Général n°9 de la Zone d'Opérations des Armées Est du 17/12/1939.

Pilote de premier ordre a montré au cours de plusieurs reconnaissances, les plus belles qualités militaires. En particulier, le 31 octobre 1939 a contribué à prendre des photographies de plus haut intérêt pour le commandement. Au retour de cette mission, attaqué à 60 kilomètres chez l'ennemi par la chasse adverse, a réussi à se dégager après un combat au cours duquel son mitrailleur a été grièvement blessé et son avion criblé de balles.

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil.

Ordres de l'Armée n° 40 du 05/07/1941.

Pilote ardent et d'une haute valeur morale. Le 22 mai 1940, son appareil ayant été grièvement atteint au cours d'une mission de grande reconnaissance (moteur gauche stoppé et en feu, circulation d'air coupée) a réussi grâce à son habilité et à son sang-froid à atterrir et à sauver son équipage.

25 missions de guerre au-dessus de l'ennemi. Déjà cité.

Cette citation comporte l'attribution de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec Palme.

Ordre de la Division Aérienne n° 15 du 09/10/1944.

Equipage ailier confirmé ayant permis à sa section grâce à sa bonne tenue de vol de groupe d'obtenir d'excellentes concentrations de bombes sur des objectifs de faibles dimensions au cours des opérations de préparation de débarquement dans le sud de la France.

Ordre collectif.

Ordre Général n° 73 du 18/12/1946.

Le Général de Division Aérienne GERARDOT, chef d'Etat-major, et Général de l'Armée de l'Air.

cite à l'Ordre de la Brigade Aérienne

le Sous-lieutenant GUERIN André, dit "GRANDVAL", du G.T. 2/52 "FRANCHE-COMTE"

Pilote extrêmement confirmé. Au cours de ces derniers mois a participé à de nombreuses missions de bombardements sur des objectifs fortement défendus.

D'un courage remarquable, a été blessé le 24 décembre 1944 au cours d'un atterrissage forcé en territoire ami, où il avait réussi à ramener son appareil gravement endommagé par la D.C.A. ennemie.

A déjà été cité.

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze.

LETTRES ET TEMOIGNAGES OFFICIELS DE SATISFACTION DU MINISTRE.

Témoignage de satisfaction du Ministre de l'Air n° 504 du 03/12/1945

Le Ministre de l'Air est heureux de témoigner la satisfaction à l'équipage du DAKOTA C.47882 pour les efforts dignes d'éloges qu'ils ont fait pour assurer malgré des conditions difficiles, le rapatriement des corps des deux militaires tombés à EL ALAMEIN qui ont été inhumés au MONT VALERIEN le 11/11/1945.

DECORATIONS ET MEDAILLES.

I - LEGION D'HONNEUR ET MEDAILLES MILITAIRES

- Chevalier de la Légion d'Honneur - le 14/07/1950.

- Médaille Militaire - le 05/07/1941.

II - AUTRES DECORATIONS FRANCAISES

- Croix de Guerre 39-45

- Médaille commémorative guerre 39-45 "ITALIE-LIBERATION-ALLEMAGNE" Note n° 10 du 29/01/1948.

- Port de la Fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 39-45.

(Source: Yves GOMBERTOIS)

BOUFARON (9)

Cpl/C Roger BOUFFARON

BOUFARON (11)

(collection: M. BOUFFARON)

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1-25 tunisie (9)

Le Groupe "Tunisie"

Le Groupe "Tunisie" n'est pas né ce 8 novembre 1942, s'il reçu son nom de baptême pendant la campagne d'Afrique du Nord, il avait reçu depuis fort longtemps le baptême du feu: à cette époque le fanion " à la Chouette" s'ornait déjà de deux palmes gagnées en 1917 et 1918 et les équipages du "Buffle" avaient combattu en Italie en 1940.

La "Une"

La 1er escadrille du Groupe 1/25 devenu Tunisie prit naissance pendant la guerre de 1914-1918 sous le nom de B.I0I, au sein de l'Aviation navale.

Équipée en 1917 d'hydravions F.B.A., ses équipages coulèrent plusieurs sous-marins ennemis, hauts faits sanctionnés par deux belles citations à l'ordre de l'armée.

Les noms de trois équipages disparus s'inscrivirent à la première page du livre d'or du futur 1/25. Basée à Cherbourg dès la fin de la guerre, cette escadrille devint I B. I, puis, transférée à Bizerte en 1933, prit le nom de 4. B. 3.

Apparition de la "Deux".

Le 1er janvier 1936, le 1er Groupe de la 25e escadre de bombardement est créé à Bizerte-Sidi-Ahmed par:

- la 4.B.3. qui passe de la Marine à l'Air;

- des éléments provenant de la 4e Escadre d'aviation d'Afrique (dissoute);

- du matériel hétérogène: Goliath, F.68, Potez 25, Bloch 200.

1939 - 1940

Équipé entièrement en Bloch 200 en 1939, le Groupe 1/25, ne pouvant prétendre aux batailles aériennes, assume cependant une lourde tâche: protection de convois, surveillance en mer, recherche et attaque de sous-marins ennemis. Travail ingrat, missions sans éclat et toujours dangereuse, si loin des côtes, avec un matériel terrestre, surclassé et usé.

Malgré l'impatience des équipages, seuls ceux de la 2e escadrille auront le temps, avant juin 1940, d'aller percevoir en France des Léo 45 et, à peine lâchés, de faire plusieurs bombardements de nuit, très réussis, sur des objectifs italiens.

L'armistice.

Regroupé à Tunis-El-Aouïna peu après l'armistice, le Groupe 1/25 est maintenu en activité "pour la défense de l'Empire, contre tout agresseur". Il fallut tromper l'étroite et odieuse surveillance des commissions italiennes pour faire voler plus d'équipages, camoufler de l'essence et des rechanges, former des jeunes au détriment de l'entraînement des "vieux". La consigne était; être prêts le jour "J" à reprendre la lutte avec le maximum de moyens; pouvoir faire mouvement en totalité dans le minimum de temps. Ce but fut atteint puisque le 8 novembre 1942, après une angoissante nuit de préparatifs, le Groupe entier, personnel, avions, véhicule et magasins, se mettait hors de portée de l'emprise allemande et commençait le dur périple.

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Une même volonté de combattre anime les équipages des groupes de bombardement I/25 Tunisie et II/23 Guyenne, décidés à employer jusqu'à l'usure complète leurs "Loiré 45". Ils ne vont pas tarder à être engagés.

 

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Les deux escadrilles du 2/23 Guyenne.

(collection: Monique BAUER)

La position des Alliés en effet est devenue difficile sur le front tunisien. Le commandement de l'aviation française en Afrique fait appel au groupe I/25, renforcé d'élément du II/23 (provisoirement dissous) et le met à la disposition des Américains pour transporter les munitions des ports de l'Atlantique aux ports de Tunisie. En dix jours, du 18 au 28 janvier, 180 tonnes de munitions sont ainsi transférées à pied-d'oeuvre.

 

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(collection: Monique BAUER) 

Mais une nouvelle mission, celle qui leur tient au coeur attend les équipages: ils vont se battre dans le cadre des "Forces aériennes tactiques du Nord" ( North Tactical Air Forces).

 

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(collection: Monique BAUER)

De Biskra, les avions décollent pour bombarder de nuit les aérodromes et les arrières de l'armée Rommel qui bat en retraite sous la pression de la VIIIe armée: Mezzouna, Sfax, Enfidaville, Focheville sont les principaux objectifs de nos bombardiers au cours de la période du 20 mars au 25 avril 1943.

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(collection: Monique BAUER)

A la fin de la campagne de Tunisie, les deux groupes I/25 et II/23, qui ont été des premiers à reprendre la lutte contre l'Allemagne, sont cités par le Commandement de l'air en Afrique du Nord:

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Avis de recherche sur l'équipage:

Au centre de la photo peut-être le lieutenant PUGET.

(collection: Monique BAUER)

...Grâce au moral élevé et à l'entraînement parfait des équipages, à la compétence et au dévouement de ses mécaniciens qui ont toujours su maintenir disponible le matériel français sauvé de l'invasion de la Tunisie, ont obtenu, d'emblée, des résultats remarquables, déversant 1.000 tonnes de bombes au cours de 80 sorties sur les objectifs lointains sévèrement défendus par la D.C.A. adverse.

...Ont exécuté de nuit, deux cent heures de vol de guerre dans la période du 24 février au 25 avril 1943.

 

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El Chibani.

(collection: Monique BAUER)

Au terme de la campagne de Tunisie, le matériel, malgré la sollicitude des mécaniciens, est à bout de souffle. Aussi, le 6 juin 1943, décide-t-on de réarmer avec des avions anglais les groupes I/25 et II/25.

Envoyés, au mois de septembre 1943, en Angleterre où ils recevront des avions quadrimoteurs Halifax, ces groupes seront incorporés au "Bomber Command" sous les deux dénominations de "Squadron 346" (G.B.II/23) et "Squadron 347" (G.B.I/25).

(Source: LES FORCES AERIENNES FRANCAISES de 1939 à 1945.)