09 juin 2009

HISTORIQUE DE L'AAAGL

HISTORIQUE

DE L'AAAGL

RECIT DU COLONEL

(De réserve de l'ARMEE DE L'AIR)

PIERRE-CELESTIN DELRIEU

mes_images325

Lt DELRIEU, (Auteur du récit: dans son livre FEU DU CIEL - FEU VENGEUR), Cpt. BORNECQUE, Lt LAFOND

Sgt/C HEYVANG, Sgt SANSON, Sgt/C LEBEDEL, Sgt CHEYMOL.

L'équipage en tenue de travail.

img043

Général BAILLY

Née dans l'enthousiasme, sous la présidence du Général BAILLY, elle comptait, la première année, près de 1.000 adhérents.Elle diffusait "L'OPS" (abréviation d'Opérations), un bulletin qui donnait à chacun des nouvelles de tous. Les cotisations, les dons, le résultat  de la fête annuelle alimentaient la caisse de secours de l'Amicale; celle-ci avait donc pu venir en aide à quelques familles et à quelques camarades dans le besoin; et, tous les ans, elles envoyait un colis ou un mandat aux 130 orphelins de camarades tués ou disparus.

img044

Avec la dispersion et les années, l'enthousiasme s'estompe; les réunions ne rassemblent que quelques"parisiens"; le nombre des adhérents tombe à une centaine en 1954; et, malgré des rappels pressants, il ne remontera jamais à plus de 300.

Les généraux BAILLY et VENOT se succèdent, à deux reprises, à la présidence; les colonels NOIROT et HOQUETIS y font une brève apparition; le général PUGET recueille les miettes en 1959... "L'OPS", en sommeil depuis prés de trois ans, reparaît en mars 1960; un dernier numéro, en décembre, présente ses "voeux pour 1961 à tous"... Et puis plus rien. Le grand silence, le vide du désert...

L'oubli serait-il déjà venu, qui enveloppe et qui efface?... Certes non; chacun garde au coeur ses souvenirs, impérissables... Mais il y a la négligence, l'apathie, la dispersion, les contraintes de la vie... Qui sait, Peut-être un brin de jalousie, qui s'insinue chez quelques-uns, quand ils éclairent leur avancement à la pléiade qui brillent sur les manches de nombreux anciens...

Le rôle de l'Amicale n'a cependant pas été négligeable:  rôle social et d'entraide, nous l'avons dit; et culte du souvenir

Grâce à ses démarches, les corps de nos camarades inhumés en Allemagne et au cimetière d'Harrogate sont rendus sans retard à leur famille. D'émouvantes cérémonies marquent leur retour. Ainsi reviennent pour reposer côte à côte, en terre Dauphinoise, à Grenoble, les restes du Lieutenant GONTHIER et de trois de ses compagnons d'équipage. Tant de souvenirs qui se réveillent en moi, ce 1er juin 1951, tandis que, revêtu de l'uniforme de l'Armée de l'Air, je suis le funèbre cortège...

Culte du souvenir aussi, lorsque l'Amicale envoie une délégation, le 1er novembre 1955, à l'inauguration du mémorial élevé dans la cathédrale d'York à la gloire des 18.000 aviateurs des Groupes IV, VI, VII du BOMBER COMMAND, tombés au champ d'honneur; parmi eux, ceux des "Squadrons" français 346 et 347.

img046

Culte du souvenir encore, l'érection d'une stèle à ELVINGTON, après un long cheminement... On en parlait déjà, le 11 février 1947, à la réunion du comité provisoire de l'Amicale!.... Il faudra attendre plus de dix ans la réalisation et l'inauguration de cette stèle commémorative. Quelle patience! Quelle persévérance il aura fallu aux membres du bureau pour faire bouger l'administration britannique! De guerre lasse, le général VENOT suggère même de renoncer; c'est alors que le colonel PUGET nouvel attaché de l'Air à Londres, reprend le dossier en 1955. Son action est efficace, puisque la stèle est inaugurée le 28 septembre 1957... Enfin! mais que de papiers!...

Nous nous sommes retrouvés quelques-uns, de l'active et de la réserve, à cette cérémonie, autour des Généraux BAILLY, VENOT, PUGET et des autorités britanniques, dont notre ami de toujours, l'Air Commodore WALKER. Cérémonie militaire, simple et émouvante; brève aussi, trop brève ! comme souvent. Mais les deux avions mis à notre disposition sont pressés; le nôtre doit rentrer à Paris-Le Bourget dans la journée.

img045

La stèle, dévoilée, symbolise une aile. Sur un socle de granit, un bloc en forme de tronc de pyramide à gauche; accolée à ce bloc, une pierre quadrangulaire, plus vaste, plus mince, et à peine plus basse, à travers laquelle se découpe la silhouette du "HALIFAX", ainsi immortalisée; au-dessus de ce vide, sculptés dans la masse, les deux mots "GROUPES LOURDS", en demi-cercle et en lettres capitales. Le bloc de gauche porte lui, une plaque de bronze, sur laquelle est gravés, en Français et en Anglais, l'inscription suivantes:

"ICI STATIONNA EN 1944 ET 1945 LE GROUPEMENT DE BOMBARDEMENT N°1, COMPRENANT LES GROUPES FRANCAIS "GUYENNE" ET "TUNISIE"

SQUADRONS 346 ET 347 DE LA R.A.F.

"CE MONUMENT RAPPELLE LEURS COMBATS

ET LE SACRIFICE DE LEURS MORTS."

6

(collection: Geneviève MONNERIS)

Voici réunis 42 ans plus tard après l'inauguration de la stèle quelques vétérans des GROUPES LOURDS en visite à ELVINGTON

LE 12 MAI 2009

Louis HERVELIN, Hervé VIGNY, Pierre PATALANO, Lucien MALLIA, André GUEDEZ.

Le but était atteint: implantation d'une stèle sur un carré de terre française, en bordure de la route de YORK au village d'ELVINGTON, à quelques dizaines de mètres de l'entrée de la base. Un maillon incassable à la chaîne de l'amitié FRANCO-BRITANNIQUE.

Désormais, l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds Français pouvait se laisser mourir... Le coup fatal lui fut porté par le projet, quelque peu saugrenu, de la faire fusionner avec les autres associations de bombardiers, celles des "MARAUDEURS" et celle des anciens du "LORRAINE"; avec une variante plus audacieuse: créer une seule amicale du Bombardement, dans laquelle serait admis le personnel de tous les groupes de bombardiers en activité, les premiers invités étant, bien sûr, les "VAUTOURS" de Cognac.

Le projet ne fit long feu. On ne pouvait mêler "les Lourds" aux autres. Leur auréole de renommée et de gloire s'y opposait. Amitié solide et durable entre anciens d'ELVINGTON, oui ; mais amitié qui ne se partage pas; il faut avoir vécu l'hiver sinistre de 1944/45 pour se comprendre et pour s'aimer. Frères dans la peine et les dangers et frères dans la paix retrouvée; mais, s'il vous plaît, restons en famille...

Hors l'Amicale, la vie d'après-guerre a continué pour les uns et les autres; je veux dire pour ceux de l'Active et pour ceux de la Réserve; les uns lancés dans la carrière, avec les risques que comporte le métier des armes; les autres pour qui la vie, plus sereine, reste néanmoins un combat.

Ainsi notre vénéré "PADRE", le R.P. et Capitaine de réserve MEURISSE, s'est-il battu pour achever, au maroc, son église d'IFRANE.

img047

Ainsi se sont battus, pour se refaire un métier, un toit, une vie, en France, ceux de nos frères d'armes que nos Républiques, quelles qu'elles soient, ont laissé chasser de la TUNISIE, du MAROC ou des département français d'Algérie. Et il y aurait, sur ce sujet, de poignantes pages d'histoire à écrire...

Ceux qui sont restés sous l'uniforme ont bourlingué ferme, pendant 17 ans; ils se sont rencontrés au hasards des affectations et des escales; ils se sont perdus, puis retrouvés, aidés, soutenus; ils ont bu le pot de l'amitié au bar du mess; ils se sont serré les coudes comme autour des "HALIFAX"; et un jour on a parlé de la "maffia des Lourds"... Le mot était trouvé!

img048

Plaisanterie mise à part, il est incontestable que tous ceux de la campagne de Grande-Bretagne, d'Alger à Liverpool, de Lossiemouth à Elvington, constituaient un personnel instruit, entraîné, compétent; et qui exerçait ses qualités à tous les niveaux, dans tous les postes à lui confiés. L'avancement y trouvait son compte; les galons germaient; les étoiles fleurissaient... Il en est ainsi après toutes les guerres; ceux qui restent sont d'autant plus glorieux que les pertes ont été plus sévères; ce sont les morts qui font la gloire des vivants...

img049

Des drames et des pertes encore et toujours; de la "bataille dans les rizière" aux Djebels algériens, la liste serait longue à établir, de tous les Anciens tombés en service aérien commandé..Des noms me reviennent en mémoire, qui furent parmi les meilleurs d'entre nous. Citons le Lieutenant-Colonel BLAES. Les Commandants DUTREY-LASSUS, MARTIN L.L., FLESCH; Les Capitaines BOURGEOIS, ALLEGRE, ROUSSEAU, PERSINETTE,CLAIREFOND (à Madagascar) SANTI (au Cameroun), UMBRECHT, FAYARD (en indochine); les Lieutenants BLOT, MANFROY; etc...etc... Tant de vie semées dans tous les ciels de France et d'ailleurs !

Et puis, les années ont passé; et le temps des Groupes Lourds, lui aussi, a passé; et, un à un , atteints par la limite d'âge de leur grade, les Anciens ont quitté l'uniforme pour revêtir la tenue " bourgeoise". Les généraux ont duré le plus longtemps; certains sont parvenus à une dimension nationale: BAILLY, PUGET, BROHON, THIRY, GALLOIS, BECAM, AUBERT, (député de MENTON).... Le dernier à rendre son "tablier" a été le général LORIDAN, qui en 1945, était un tout jeune Lieutenant, bombardier au "TUNISIE".

Depuis longtemps, déjà, nous cultivons tous notre jardin, heureux de vivre, heureux de nous retrouver de temps à autre, quelques intimes, et et de rappeler les vieux souvenirs.

Et nous parlons, avec une bienfaisante nostalgie, de " ces années d'épreuves et de joies que je commence à lentement regretter", écrivait déjà Louis GERMAIN en 1951. Faut-il vraiment les regretter? Certes non ! Et nous devons même tout faire pour que jamais, ne revienne la guerre... Mais nous pouvons être fiers de les avoir vécues, être conscients qu'elles nous ont marqués.

img050

Puis l'obstacle résiste, je l'ai déjà dit, et plus grande est la joie de l'avoir vaincu. Ainsi en est-il de la vie: on apprécie d'autant plus de la vivre qu'on a peiné davantage pour la gagner et la conserver. Comme disent les paysans auvergnats: "Avoir trimé rend la vie agréable".

Et maintenant, sur la pente rapide de notre destin, chacun de nous, en lui-même, revit ce qu'il a vécu. Certains songent peut-être, comme je le fais, à confier à la plume leur réflexions et leurs pensées; ainsi nos jeunes sauront-ils ce que nous avons fait...La plupart, sans doute, gardent pour eux, enfouis dans leur coeur et leur mémoire, ces souvenirs d'un temps révolu. Le monde d'aujourd'hui pourrait-il seulement les comprendre ?

PIERRE-CELESTIN  DELRIEU.

(sources: FEU DU CIEL FEU VENGEUR. Auteur: Pierre-Celestin DELRIEU - LES FOUDRES DU CIEL. Auteur: Général NOIROT - NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Auteur: Louis BOURGAIN)

 

 

Posté par DUCAPHIL à 13:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


11 juin 2009

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

LISTES DES PRESIDENTS SUCCESSIFS.

Colonel BAILLY                                 27 juillet 1946

Colonel VENOT                                     3 mars 1951

Colonel NOIROT                               1er mars 1952

Colonel PUGET                                 28 février 1953

Général BAILLY                                  27 mars 1954

Général PUGET                                28 février 1960

Gilbert RUELLAN                            24 février 1961

Général CALMEL                               21 mars 1985

Général THIRY                          22 septembre 1987

HOMMAGE A GILBERT RUELLAN

ET AU GENERAL JEAN CALMEL

Gilbert RUELLAN, parce que durant de nombreuses années il assura la continuité de l'Amicale, et le Général Jean CALMEL parce qu'il sut, à partir de 1985, lui donner un nouvel essor.

img057

Gilbert RUELLAN

Gilbert RUELLAN est né le 6 septembre 1920 à MAURON dans le MORBIHAN. A l'issue de ses études secondaires au lycée Dupuy de Lôme, il entre en classe préparatoire aux Grandes Ecoles. En septembre 1939, il s'engage pour la durée de la guerre: ce qui lui permet de choisir son arme. A l'issue de ses classes à Versailles, il est muté en formation. Après la débâcle de mai-juin 1940, il se retrouve à Chateauroux où il est démobilisé. Avec un camarade, il tente de partir pour l'Angleterre mais leur aventure se termine en bout de piste.

En 1941, grâce à un parent, Charles RUELLAN, Député des Cotes-du-Nord, il réussit à partir pour le Maroc dans les chantiers de jeunesse. Il n'y reste pas inactif. Avec Jacques HESSE, un Alsacien, et quelques camarades dont le futur Général Jacques FAURE, il prend part à l'organisation du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942. Après ce débarquement, il s'engage à nouveau. Après une courte période d'entraînement il rejoint les Groupes Lourds où il devient le bombardier de l'équipage du Commandant DEMAZURE.

img058

Commandant: DEMAZURE  Navigateur, Capitaine: BOE Pilote, Sous/Lieutenant: RUELLAN Bombardier, Sous/Lieutenant: CARISTAN  Mécanicien, Sergent: PLOYE  Radio, Sergent: AZEMA Mitrailleur-supérieur, Sergent: BRESSON Mitrailleur-arrière.

Avec cet équipage, il effectue un tour d'opérations complet qu'il termine le 22 mars 1945. Après un court séjour à l'Etat-Major de Londres, il est démobilisé. Il entre alors aux Etablissements Debrie dont il deviendra le Directeur Général.

Très attaché aux Groupes Lourds et à son Amicale, il en devient le Président en 1961. Il le restera jusqu'au moment où une chute le rendra paralytique. Pendant cette période de plus de vingt années, il fut un des rares à vouloir maintenir la tradition des Lourds et à tout faire pour que le sacrifice de nos morts ne sombre pas dans l'oubli.

QU'IL EN SOIT ICI VIVEMENT REMERCIE.

mes_images178

Général Jean CALMEL

Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Jean CALMEL fit une brillante carrière dans l'Armée de l'Air. Ma première rencontre avec lui eut lieu sur le S/S ORBITA qui, fin août 1943, emmenait le Groupe "GUYENNE" d'Alger à LIVERPOOL.

img060

S/S ORBITA

Chaque jour, mettant à profit la lenteur de la traversée, le Commandant VENOT en charge du groupe, recevait, un à un, les membres d'équipage.Soudain, je vis sortir de son bureau un jeune Capitaine, élégant, aux cheveux frisés et au teint mat, qui confiait à qui voulait l'entendre: "Enfin! je suis reclassé pilote dans un équipage". Si je rapporte cet épisode, c'est que Jean l'a raconté lui-même dans son livre PILOTES DE NUIT, paru en 1952 à " La table ronde". Il ne put maîtriser sa joie. Excellent pilote, brillant officier, il avait le savoir et le savoir-faire, mais il aimait aussi " faire savoir". C'etait son coté "relations publiques".

Après le débarquement à LIVERPOOL, nous fûmes séparés pendant la durée des stages par spécialités. Nous nous retrouvâmes au centre de formation des équipages de LOSSIEMOUTH, par 57°42' de latitude nord. Là, durant l'hiver 1943-44, nous avons partagé le breakfast: porridge, spam, omelette à la poudre d'oeufs et l'insipide white coffee. Nous avons connu les vols dans la longue nuit, la grêle, les nuages, le froid et le givre, mais aussi la joie de sentir l'équipage toujours un peu plus soudé, un peu plus volontaire.

equipage1

Capitaine: CALMEL Pilote, Lieutenant: BERRARD Navigateur, Sous/Lieutenant: PARDOEN Bombardier, Sergent: ALIX Radio, Adjudant/Chef: ROUX Mécanicien, Sergent: MECHALY Mitrailleur-supérieur, Sergent: LADET-CHASSAGNE Mitrailleur-arrière.

Grandcamp_maisy_du_02_juin_2009_078

Madame Suzanne CALMEL dévoile la plaque commémorant le bombardement de la batterie allemande de Maisy par le groupe "GUYENNE" le 2 Juin 2009.

C'est à ELVINGTON que nous avons vécu côte à côte, notre tour d'opérations. Nous fûmes parmi les sept équipages qui eurent la chance et l'honneur d'effectuer deux missions dans la même journée (désormais historique) du 6 juin 1944: le matin, en bombardant à 3 h 23 les batteries allemandes de GRANDCAMP-MAISY et le soir, vers minuit, la gare de Saint-lô. Nous fûment de ceux qui, n'étant pas sur les ordres dans la nuit du 4 au 5 novembre 1944, attendirent en vain le retour de cinq équipages du groupe: nuit terrible où 24 camarades trouvèrent la mort. Nos carnets de vols ont enregistré pour toujours des bombardements sur les points de résistance allemands autour de Caen, Boulogne ou Calais; sur les rampes de lancement des bombes volantes du bois de Cassan, du mont Candon ou de la forêt de Nieppe; sur les vieilles connaissances du BOMBER COMMAND qu'étaient les villes d'Essen ou de Cologne; sur les aérodromes de Wenloo, Eindhoven ou Mûlheim; sur les raffineries d'essence syntétique de Sterkrade, Wanne-Eickel ou Gelsenkirchen. Tout cela sur un rytme endiablé. Ce fut notre plus belle heure.

img062

Les retrouvailles à l'occasion d'une réunion de l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds.

de gauche à droite:

Une invité, le Lieutenant-Colonel CALMEL, le Commandant GOEPFERT, le Commandant BOURGAIN, et le Lieutenant-Colonel NOIROT.

Jean CALMEL restera, pour le plus grand nombre, le Général de corps aérien qui, en son temps, fut major général de l'armée de l'Air. Pour ma part, je préfère garder en mémoire le souvenir du jeune Capitaine, au visage émacié dans lequel brûlaient deux yeux de flamme ardente, qui à mes cotés et avec tous les officiers présents dans la grande salle du mess des officiers d'ELVINGTON, se dressa le 23 août 1944, pour écouter la Marseillaise diffusée par la B.B.C. en l'honneur de la libération de Paris. Jamais on n'avait entendu, jamais peut-être on n'entendra, une Marseillaise plus émouvante, qui fit perler des larmes sous les yeux de jeunes hommes qui retrouvaient chaque soir l'enfer du ciel

G. PLAGNARD.

(sources; NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE, Auteur: Louis BOURGAIN, LES FOUDRES DU CIEL, Auteur: Général NOIROT.)

Posté par DUCAPHIL à 18:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]