26 février 2010

LA CARRIERE DU CAPITAINE JACQUES UMBRECHT

LA CARRIERE DU CAPITAINE

JACQUES UMBRECHT

Alias Jean-Jacques Duval

Pilote de l'équipage du

Commandant DUFOUR DE LATTRE

ESCADRON 347

1 / 25 "Tunisie"

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(collection: Michel UMBRECHT)

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Jacques UMBRECHT a été scolarisé à l'école primaire de Morschwiller-le-Bas où il a obtenu le certificat d'études primaires, puis à Mulhouse ou il a passé avec succès le CAP et le BEP d'ajusteur.

Le 15/10/1934 il devance l'appel et s'engagent dans l'armée de l'air. Il est affecté comme soldat de deuxième classe à la Base Aérienne de Chartres.

En juillet 1935 il intègre Le personnel navigant mitrailleur élève comme. Il est successivement affecté  à la 2ème et à la 13ème escadre de chasse à Chartres et Etampes avant de rejoindre le 10/11/1939 l'école de pilotage du Mans, puis celle d'Evreux le 17/03/1940 où il obtient son brevet de pilote. En août 1940 sur décision du Général commandant la 3ème subdivision aérienne il est affecté en qualité d'interprète auprès de la Commission de contrôle.

Le 31/05/1941 il est affecté au Commandement de l'air au Maroc et dirigé successivement sur la Base Aérienne de Rabat, puis à l'école de pilotage de Kasba Tadla. Le 2/07/1943 il est affecté au Groupe de Bombardement 2 / 61 de Souma.

Le 1er octobre 1943, volontaire pour aller combattre en Grande-Bretagne, il est dirigé sur Zéralda en "qualité d'équipage de renfort" pour la Grande-Bretagne. Le 1/01/1944 il est affecté au Groupe de Bombardement n ° 1 en Grande-Bretagne. Le 29/01/1944 il embarque à Alger à bord du Shashmoro à destination de Liverpool.

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(collection: Michel UMBRECHT)

Après une Longue période de formation sur bombardier lourd, il est affecté le 24/11/1944 au squadron 347 (Groupe de Bombardement 1 / 25 Tunisie). Il est alors sous-lieutenant depuis le 25/08/1944.

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Le 27 juillet 1945 il obtient le certificat de commandant d'avion. En octobre 1945 il regagne avec son unité la base aérienne de Mérignac (France) ou il est affecté à la 21ème Escadre de bombardement lourd.

Au cours de son séjour en Angleterre, est son origine alsacienne et la présence de sa famille en Alsace, lui ont permis d'obtenir l'autorisation de changer de nom et d'utiliser le pseudonyme de DUVAL Jean-Jacques.

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(collection: Michel UMBRECHT)

En 1946 il est promu au grade de lieutenant en octobre 1947 et il occupe les fonctions de moniteur pilote.

Le 31.12.1948 il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Le 1/04/1951 il est promu au grade de Capitaine.

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Le Capitaine UMBRECHT en Indochine en septembre 1952 au groupe Tunisie sur B26.

(collection: Michel UMBRECHT)

Le 28/11/1951 il fait mouvement avec le Groupe Tunisie 1 / 25 désigné pour partir en Indochine en renfort des formations du théâtre d'opérations d'Extrême-Orient où il séjournera jusqu'au 6/03/1953, date de son retour en France.

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Capitaine UMBRECHT Jacques en 1952 en Indochine au groupe Tunisie sur B26.

(collection: Michel UMBRECHT)

Au cours de ce séjour il a eu l'occasion de rencontrer à Saigon son frère aîné Joseph, lieutenant d'artillerie en poste dans cette ville.

Le 17/07/1953, affecté au groupe de transport 1 / 64 Béarn, il fait à nouveau mouvement vers l'Indochine ou il combattra jusqu'au 14 octobre 1954.

De décembre 1954 à octobre 1955 il est affecté sur la base aérienne de Cazaux (Gironde).

Le 9 juillet 1955 il est promu Officier de la Légion d'Honneur.

Le 24 octobre 1955 il est affecté au groupe de liaisons aériennes basé à Ouakam (Sénégal).

Le 5/12/1957 il décéde en service aérien commandé à Agui (Mauritanie). Il totalisait 6000 heures de vol, dont 107h15 de vol de guerre n ° 1 et 1159 heures de vol de guerre n ° 2.

Le Capitaine Jacques UMBRECHT était:

-Officier de la Légion d'Honneur,

-Titulaire de la Croix de guerre 39-45 et TOE avec 7 citations, dont 4 à l'ordre de l'Armée Aérienne,

-De La Médaille de l'Aéronautique,

-De La Médaille de la France libérée,

-des médailles commémoratives 39-45 (Afrique, France, Grande-Bretagne, Allemagne) et de la campagne d'Indochine,

-de la médaille coloniale avec agraphe E.O.

-Il était également chevalier du mérite civil THAÏ.

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CITATIONS

Commandant de l'Air en Extrême-Orient

Groupe de Bombardement 1 / 25 "Tunisie"

Copie des citations

obtenues - par  le CAPITAINE Jacques UMBRECHT

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ARMEE AERIENNE - (En cours d'homologation) - Transmise le 30/9/1952 sous BE N ° 1829/G.B.I/25/CH.

"Officier Pilote leader de formation de grande classe. Au terme de 87 missions de bombardement qu'il a conduites dans des conditions souvent difficiles, a fait  preuve de réelles qualités de calme et de sang-froid, d'une grande expérience aérienne et d'une autorité incontestables, justifiant ainsi la totale confiance de ses ailiers et le succès constant de ses missions.

S'est particulièrement distingué le 21.7.1952 par la qualité de ses interventions en appui direct des troupes au sol, ainsi que le 10/8/1952 au cours ces 2 missions a eu son avion atteint part la D.C.A. ennemie.

A effectué 86 missions de guerre N ° 2 en 179h 50 de vol depuis son arrivée en Indochine.

CETTE CITATION COMPORTE L'ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE DES T.O.E. AVEC PALME.

ESCADRE AERIENNE- Ordre N ° 3 EN DATE DU 20.1.1953 du Général de DA Commandant l'Air en Extrême-Orient.

"Officier Pilote leader de la formation de bombardement d'une grande autorité et d'une expérience aérienne très étendue: s'est imposer, au cours des mois de septembre et octobre 1952, par une série de missions couronnées de succès; a effectué, Le 8/10/1952 à QUANG-SUOI, un bombardement de nuit particulièrement précis, malgré les conditions difficiles d'exécution.

Totaliser 25 missions de guerre N ° 2 en 66h 45 de vol depuis sa dernière citation.

CETTE CITATION COMPORTE L'ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE DES TOE AVEC ETOILE DE BRONZE.

S.P.79.813 - 2 mars 1953

Le Commandant DELEUZE

Le commandant du GB 1 / 25 Tunisie.

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AVIATION bombardement

OG N ° 4 du Gal Cdt AIR E.O.

du 27 Juillet 1953.

Officier Pilote commandant d'avion de grande classe. Après avoir été au G.B. 1 / 25 pendant une année un remarquable leader de formation vient comme au détaché GT 1 / 64 "Béarn" de faire la preuve sur  Dakota des mêmes qualités qui font de lui un navigant de premier ordre. Envoyé en PCIA à NASAN du 5 au 16 Janvier 1953, a par son travail et ses conseils éclairés apporté un appui précieux à l'armée de terre. A pris personnellement une part active au pont  aérien de NASAN par de nombreuses missions de transport et de parachutage.

Totalise en Indochine 165 missions de guerre N ° 2 en 386h 35 de vol dont 54 missions de guerre en 140h de vol de guerre N ° 2 depuis sa dernière citation.

Cette citation Comporté l'attribution de la Croix de Guerre des TOE avec Étoile de Vermeil.

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ARMEE AERIENNE

Décision N ° 74

du 4.10.1954

Excellent officier pilote, le commandant d'avion. Chef du détachement "Béarn" de HANOÏ, ne Cesse de Démontrer de remarquables qualités de chef et de Navigant.

A pris une part importante des Opérations menées par ce détachement dans la bataille du Tonkin. S'est distingué plus particulièrement:

Du 9 au 12 Août 1953 en effectuant 7 portages opérationnels dans des conditions extrêmement défavorables pour l'évacuation du camp de Nasan.

Du 21 au 26.11.1953 en assurant avec autorité et compétence les fonctions de chef de PCIA à DIEN BIEN PHU durant l'installation de ce terrain opérationnel.

Les 21 et 22/12/1953 en effectuant 2 parachutages dans le delta du Tonkin sous la vive réaction de la DCA rebelle.

Totalise en Indochine 246 missions de guerre N ° 2 en 617h de vol dont 81 missions en 235h 25 de vol depuis sa dernière citation.

Cette citation Comporté l'attribution de la Croix de Guerre des TOE avec Palme.

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- ORDRE GENERAL N ° 41 --

Le Général de Division Aérienne JOUHAUD

Commandant l'Air en Extrême-Orient

-Cité -

A L'ORDRE DE LA BRIGADE AERIENNE:

UMBRECHT, Jacques - Capitaine - G.T. 1 / 64 "Béarn"

"Brillant officier pilote, le commandant d'avion, qui ne cesse de faire preuve des plus belles qualités morales et militaires.

"D'un allant remarquable, a su obtenir de ses équipages un rendement maximum au cours des missions qui lui ont été confiées.

"S'est à nouveau distingué en effectuant:

-  le 20 Juin 1954, un parachutage au profit d'éléments mobiles opérant Le secteur de PLEIKU.

- Le 28 juillet 1954, Une mission luciole à DONG-HOI sous la menace des armes automatiques adverses.

- Le 30 juillet 1954, deux parachutages au profit de poste harcelés dans la région de BOA-BAN.

"Totalise en Indochine, 366 missions de guerre N ° 2 en 929 heures de vol, dont 20 missions en 41 missions de vol depuis sa dernière citation."

CETTE CITATION COMPORTE L'ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE DES TEHATRES OP2RATIONS D'EXTERIEURS AVEC ETOILE DE BRONZE.

A.S.P. 50.665, le 31 octobre 1954

Signé: JOUHAUD

S. / .G.M.M.T.A. FR E.O.

G.T. 1 / 64 "Béarn"

A.S.P. 99.174, Le Janvier 5 1955

Le Commandant Commandant MEES

Le G.T. 1 / 64 "Béarn"

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MORSCHWILLER-LE-BAS

A FAIT D'émouvantes FUNERAILLES

AU CAPITAINE Jacques-Louis UMBRECHT

MORT POUR LA FRANCE

 

Morschwiller-le-Bas, a tenu à rendre vendredi après-midi de façon émouvante, les derniers honneurs à un enfant de la commune, le Capitaine d'aviation Jacques-Louis UMBRECHT qui a trouvé la mort le 5 décembre dernier en service aérien à AGUI  Mauritanie.

Le Capitaine UMBRECHT était issu d'une famille de Morschwiller-le-Bas et avait vu le jour le 17 septembre 1914 comme deuxième fils de Louis UMBRECHT. Après avoir appris le métier de tourneur dans une entreprise mulhousienne, Le Jeune homme, de caractère franc et gai, se trouva attiré par l'aviation et en 1934, Après avoir suivi les cours de préparation militaire au Cercle Saint-Ulrich qu'il avait aidé à reconstituer, il s'engagea.

Il fut ainsi affecté »à la base de Chartres où étaient stationnés les avions de bombardement. Mute Dans l'aviation de chasse à Étampes, il était sous-officier en 1939. Son cran et son courage lui valurent la croix de guerre. En 1941 il se rendit au Maroc d'où il prépare son évasion en Angleterre. Il s'engagea dans l'Aviation Française Libre et fut affecté »au Groupe Tunisie.

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L'Adjudant Jacques UMBRECHT en Grande-Bretagne sur la base d'Elvington.

C'est avec ce groupe qu'il participa aux bombardements en Allemagne en tant que Lieutenant. Son bombardier HALIFAX fut maintes fois touché par la flak mais une bonne étoile le protégeait il revint toujours sain et sauf de ses nombreuses missions.

Après l'armistice il eut la joie de retrouver ses parents au village natal et aussi de revoir son frère aîné lieutenant d'artillerie, qui lui aussi avait prit une part active dans les rangs de la 1re armée à la Libération de la patrie.

En 1950, il partit une première fois pour l'Indochine. En 1951, après un séjour de quinze mois il fut décoré à titre militaire de la Légion d'Honneur. En 1953, il retourna une seconde fois en Indochine et participa à de nombreuses missions, notamment au-dessus de Dien Bien Phu.

Par décret du 13 juillet 1955 le capitaine Louis UMBRECHT fut promu officier de la Légion d'Honneur. Il était alors stationné avec son unité à Dakar où il avait élu domicile avec sa femme et ses enfants.

Le 5 décembre de l'année dernière il avait été chargé d'une mission en Mauritanie et sur le chemin du retour alors qu'il s'apprêtait à atterrir sur le nouvel aérodrome d'Agui il trouva la mort.

Ses obsèques ont permis à toute la population de prouver sa sympathie à la famille en deuil: son épouse, également originaire d'une famille de vieille souche locale ses enfants, ses parents, son frère et une nombreuse parenté. Sa dépouille mortuaire amenée vendredi matin avait été déposée dans une des salles de la mairie, transformée en chapelle ardente. C'est de la mairie que partit donc le convoi mortuaire. Le cercueil recouverts des couleurs nationales, avait été poser sur un "dodge" de l'armée de l'air et un détachement de la base de Meyenheim escortait la voiture. Le deuil était conduit par des officiers de l'armée de l'air ayant à leur tête le commandant Chagot, et le commandant de réserve Heinrich, président des anciens parachutistes.

Un sous-officier portait le cousin rouge sur lequel étaient épinglées quelques unes de nombreuses décorations françaises, étrangères et coloniales. Les autorités civiles avaient à leur tête M.M. Wasmer, député et président du conseil général; Bourgeois, député et conseiller général; Radius, sénateur et adjoint au maire de Strasbourg; Ebtinger, secrétaire général de la sous-préfecture de Mulhouse, représentant le sous-préfet; le lieutenant-colonel Francor, représentant l'ordre de la Légion d'Honneur; Schneider, maire de Morschwiller-le-Bas et la gendarmerie de Lutterbach.

En tête du cortège l'on remarquait les enfants de l'école de garçons et de filles, la compagnie des sapeurs-pompiers; l'Union nationale des combattants; le cercle Saint-Ulrich; le Rayon sportif féminin; l'Union musicale; la chorale Sainte-Cécile; le conseil municipal, l'absoute fut donnée par le R.P. Freudenreich qu'assistaient le R.P. Mury et le R.P. Burtz.

Au bord de la tombe le capitaine d'aviation Furst, ami du défunt, prit la parole pour rendre un dernier hommage au nom des camarades des groupes de bombardement et de l'armée de l'air à l'officier mort pour la France.

Puis M. Edouard SCHNEIDER, maire de la commune exalta la mémoire de celui qui fut certainement un des plus grands fils de la commune. M. Schneider donna ensuite lecture de la citation à l'ordre de l'armée de l'air qui accompagna l'attribution à titre posthume de la médaille de l'aéronautique.

"A trouvé la mort en service aérien commandé, le 5 décembre 1957 à AGUI, territoire de la Mauritanie où il avait déjà effectué 50 heures de vol en 11 missions"

"L'Alsace" réitère à la famille l'expression de sa compassion.

(source: Les Dernières Nouvelles d'Alsace)

ORDRE GENERAL N ° 194

LE GENERAL D'ARMEE BAILLY, CHEF D'ETAT-MAJOR

DE L'ARMEE DE L'AIR

CITE A L'ORDRE DE:

L'AVIATION FRANCAISE

- Capitaine UMBRECHT (Jacques)

G.L.A. 48

"Officier commandant pilote d'avion de très grande valeur, animé de la plus haute conscience professionnelle et de remarquables qualités de Décision de calme et de courage, une Donne la pleine mesure à sa carrière militaire et à l'aéronautique.

A fait preuve d'un patriotisme ardent au service de la France 39/45 et en Indochine.

A trouvé la mort le 5 décembre 1957 Dans un accident survenu en service aérien commandé à AGUI, Territoire de Mauritanie.

Officier de la Légion d'Honneur, Était titulaire des Croix de guerre 39/45 et TOE avec 7 citations dont 4 à l'ordre de l'Armée Aérienne.

Totalisait 6.000 heures de vol dont 107 heures 15 de vol de guerre N ° 1 en 16 missions et 1.159 heures de vol de guerre N ° 2 EN 368 missions ".

CITATIONS CES NE COMPORTENT PAS L'ATTRIBUTION DE LA CROIX DE GUERRE

Paris, le 8 janvier 1958

Signé: BAILLY

Commandement de l'Air en A.O.F.

Centre d'administration territoriale de l'Air N ° 871

Ouakam, le 5 février 1958

Le Capitaine Monney.

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(Collection: Michel UMBRECHT)

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http://www.aerosteles.net

 

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18 avril 2010

SAMEDI 8 MAI 2010 "INAUGURATION DU SQUARE " CAPITAINE Jacques-Louis UMBRECHT"

LE SAMEDI 8 MAI 2010

L'INAUGURATION DU SQUARE

"CAPITAINE Jacques-Louis UMBRECHT"

Enfant de Morschwiller-le-bas,

Pilote mort en service aérien commandé.

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Commune de Morschwiller-le-bas

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(collection: Michel UMBRECHT)

La plaque avant l'inauguration

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(collection: Michel UMBRECHT)

Discours de Monsieur Paul BOGAERT Président de l'Association des Anciens et Amis des Groupes Lourds.

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(collection: Michel UMBRECHT)

Discours de Madame Vreni MILLIGAN, représentante de la branche Suisse de la R.A.F.A.

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(collection: Michel UMBRECHT)

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Discours du colonel Pierre HUTHER,

De gauche à droite:

Pdt du Conseil Général, Mme Arlette GROSSKOST députée, Mme Josiane MEHLEN, maire de Morschwiller-le-Bas, Lt/Col Jean-Paul BUCHER, délégué militaire adjoint de la Base de Colmar, Général de corps d'armée aérien, Gilles COLLARD, Général de corps d'armée Jacques NEUVILLE, Pdt de l'OMSP.

(collection: Michel UMBRECHT)

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(collection: Michel UMBRECHT)

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(collection: Michel UMBRECHT)

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(collection: Michel UMBRECTH)

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(collection: Michel UMBRECHT)

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(collection: Michel UMBRECHT)

La plaque après l'inauguration.

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04 décembre 2010

HISTOIRE DE CHASSE... VERIDIQUE "Pour mon ami Michel UMBRECHT"

HISTOIRE DE CHASSE

 

VÉRIDIQUE

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Capitaine Jacques UMBRECHT

Fin novembre 1949, parce qu'il fait un affreux temps à Bordeaux, que je suis enrhumé et qu'il faut aussi voler quelquefois, je décide de faire un aller-retour sur notre ligne de Tana.

Je tiens dans l'équipage l'honorable place de deuxième pilote. Les quelques décollages et atterrissages que j'ai faits n'ont pas trop effrayé mon commandant d'avion qui est (comme par hasard) le "Père UMBRECHT" que je crois, à tort ou à raison, être l'un des meilleurs pilotes de Halifax que j'ai connus depuis cinq ans que je vole sur cet engin.

Mais si notre voyage est merveilleux par ce que nous restons sept jours à Madagascar où le Commandant de l'Air, le Colonel CAUBET, se montre d'une amabilité extrême (voitures et avions à la disposition de l'équipage pour visiter l'île); parce que nous revenons par Aden où nos camarades de la R.A.F. nous font prendre une "cuite mémorable"; parce que nous avons circulé (en voiture) au milieu des animaux sauvages et soi-disant  féroces dans la réserve nationale du Kénia et que nous avons aussi survolé un volcan en éruption dans une des Comores, ce n'est pas de notre circuit aérien que je veux vous entretenir.

Peut-être savez-vous qu'à Mérignac, le commandant en second (Commandant ROQUETTE) et le Chef des Services Techniques (Commandant PILLER) sont de grands chasseurs devant l'Eternel et aussi devant les pots qu'ils boivent après les grandes expéditions qu'ils font dans les Landes pour tuer quelques lapins. Ils tirent avec précision tous les gibiers à plumes et à poils suivant les circonstances et les saisons.

Leurs histoire de chasse sont naturellement aussi nombreuses que difficiles à contrôler et depuis plus de quatre ans que je suis obligé de les écouter, une sorte de jalousie s'est développée en moi qui m'a finalement amené à prendre une grande décision: celle de me donner les éléments indispensables pour figurer dignement parmi les grands tireurs de la Base.

Et maintenant je vous dis que mon véritable but entreprenant ce voyage à Madagascar, malgré tous les dangers qu'il comporte, c'est de tuer un animal assez gros et vraiment sauvage si possible .

Voici le récit authentique de cette mémorable partie de chasse.

Notre Halifax se posant  à Arrivonimamo, un JU nous transporte à Ivato. Dès l'arrivée sur ce dernier terrain, je me renseigne sur les possibilités de tuer un crocodile.

Le Colonel CAUBET, que nous ramenons de France, m'a affirmé qu'on trouvait ces animaux en grand nombre du côté de Diego-Suarez. C'est très loin...

Le Commandant d'Escadrille à qui je m'adresse me met en rapport avec un sous-officier qui pratique cette chasse dans les environs tous les dimanches. Tous deux me proposent une reconnaissance en avion. Quelques instants plus tard nous décollons tous trois sur un Fieseler et, à 100 mètres, nous suivons une rivière qui serpente à une dizaine de kilomètres à l'ouest du terrain.

Immédiatement, l'adjudant-chasseur me montre une tache brune sur un banc de sable. C'est un crocodile. En très peu de temps nous en apercevons six. Au retour, nous survolons l'eau jaune de l'Ikopa, à 30 mètres, pour mieux voir. Effrayés par le bruit du moteur les gros lézards se laissent glisser dans l'eau. Je suis sûr alors que ce ne sont pas des troncs d'arbres ainsi que j'en avais la nette impression.

Après un quart d'heure de vol nous sommes de nouveau au sol. Mes aimables guides me disent qu'avec une Jeep il faut moins d'une heure pour effectuer le trajet aller. Parce qu'il est trop tard et que je dois me rendre à Tanara, nous remettons l'expédition à un autre jour.

Le surlendemain, à 9 heures du matin, nous partons après nous être munis, à l'armurerie de la Base, de deux fusils modèle 36 et chacun vingt cartouches.

L'adjudant spécialiste conduit la Jeep. J'emmène aussi le lieutenant UMBRECHT et Christianne, notre charmante Ipsa, qui pourront me servir de témoins par la suite. Il faut penser à tout.

Pendant trois quarts d'heure nous sommes secoués en tous sens sur la piste de latérite que nous suivons jusqu'à la Vallée de l'Ikopa. Nous passons sur de petits ponts de planches en dos d'âne à peine aussi larges que notre voiture et qui ne paraissent pas solides du tout. Les quelques indigènes que nous rencontrons et surtout les femmes s' enfuient à travers champs à notre approche. Malgré les gentillesses que nous adressons à ces mignonnes brunes, nos têtes ne doivent pas leur plaire.

Au passage nous prenons le chef du dernier village qui, malgré sa méconnaissance totale du français, va nous guider.

La piste cessant, la Jeep est abandonnée. Nous vérifions la précision de nos fusils en tirant sur des mottes de terre qui volent en éclats. Parés. Et presque aussitôt nous atteignons l'extrémité de la croupe d'où nous dominons la vallée où se trouve notre gibier. Malgré les 1.200 mètres d'altitude, cette vallée, de deux ou trois kilomètres de largeur, présente une faible pente puisqu'elle est en partie marécageuse et que l'Ipoka donne naissance à de nombreuses dérivations qui quittent et rejoignent le cours principal, seul peuplé de crocodiles. E n conséquence, le courant est presque nul.

Partout des Zébus paissent tranquillement. Des cochons en petits troupeaux grognent à notre arrivée, mais ne semblent guère effrayés.

Les prairies où nous allons descendre ne possèdent pas un arbre et même pas le moindre petit buisson.

Pour arriver au milieu de la vallée, il faut donc traverser de petits cours d'eau de 50 centimètres à 1 mètre de profondeur. Les deux chasseurs enlèvent leur pantalon et passent à gué, mais les autres, dont l'I.P.S.A. se contentent d'enfourcher notre chef de village qui, malgré sa petite taille (il pèse bien 40 kg), les transporte sur l'autre rive.

Ces brillants cavaliers poussent quelques cris lorsque leurs pieds ou leurs fesses trempent dans l'eau, mais il fait si chaud qu'au bout de quelques minutes leurs vêtements sont secs. Nous sommes maintenant à pied d'oeuvre . Le doigt sur la détente, faisant le moins de bruit possible, nous longeons la rivière qui coule entre deux berges verticales de 2 ou 3 mètres. Sa largeur varie entre 20 et 50 mètres.

A peine sommes-nous en action que nous entendons un gros "plouf". Ce doit être un crocodile de grandes dimensions qui vient d'abandonner son lit de sable pour plonger dans l'eau jaunâtre. Couché sur la rive, derrière une touffe d'herbe, j'aperçois un instant une partie de son dos au milieu de la rivière, et plus rien... Peu après, reportant mes yeux vers le banc de sable où se distinguent  ses traces, je vois    sur l'eau deux petits objets noirs. Mon coeur bat. Ce doivent être les yeux et le nez de l'animal  qui est revenu. Mais je n'en suis pas sûr du tout. J'attends. Rien ne bouge. L'eau et les objets en question sont parfaitement immobiles.

Arrivés au bord de l'eau sans le moindre bruit, nous levons lentement la tête. Il est bien là. Aplati sur le sable, il est informe et impossible à reconnaître autrement que par la différence de sa teinte avec le sol sur lequel il se trouve. On ne peut distinguer a tête du corps et la queue est dans l'eau. Nous sommes à 40 mètres. Je voudrais approcher davantage mais mon compagnon m'en dissuade. Le risque serait trop grand de le voir disparaître avant de l'avoir mis en joue. C'est dans un souffle que nous échangeons ces propos.

C'est alors un spectacle inoubliable pour un chasseur amateur.

Le crocodile se dresse sur les pattes de derrière et la queue. Il gigote dans tous les sens; son immense gueule s'ouvre et se ferme. L'eau frappée par sa puissante queue jaillit de tous côtés. Nous nous précipitons en poussant des cris de joie et arrivés à quelques pas de l'animal... nous le voyons disparaître dans l'eau. Déception.

J'apprends alors que tout s'est passé normalement. Car si l'on n'atteint pas le crocodile à la naissance de la queue en lui brisant la colonne vertébrale, ce qui a pour effet de le paralyser, il réussit toujours à se glisser à l'eau même s'il est mortellement atteint comme c'est le cas ici. En effet, l'emplacement qu'il occupait est couvert de morceaux de cervelle et de chair qui flottent aussi sur l'eau rouge de sang. Heureusement, au bout de 24 heures, le corps se met à flotter. C'est le lendemain que les camarades d'Ivato viendrons le chercher et constaterons qu'il mesure 3 m 50 (ce n'est pas terrible puisque certains atteignent 8 mètres).

Un peu plus en amont, nous tirons encore un crocodile à l'eau.

Trois heures trente après notre départ, nous sommes de retour au terrain. Résultats: deux victoires sûres et une probable.

Et voilà. Une partie de grande chasse est très simple à réaliser. Il suffit d'y aller. Cependant, la prochaine fois j'emporterai un casque colonial et une ombrelle (verte) car j'ai attrapé aussi des coups de soleil particulièrement cuisants, sur les bras et la figure. Pour les camarades que cela intéresse, je les ai soignés à l'acide picrique et au mercurochrome. Remèdes peu connus mais excellents.

Désormais, je peux parler de chasse d'égal à égal avec PILLER et ROQUETTE... presque...

Janvier 1950

CATTELAT

(source: L'OPS N°10 MAI 1950)

(collection: Jean-Paul DELMAS)

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