05 janvier 2009

LE GENERAL VIGOUROUX

LE GENERAL VIGOUROUX

COMMANDANT DE L'AIR

EN A.O.F.

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Prise d'arme à BORDEAUX  pour une remise de décorations au groupe "TUNISIE" . De gauche à droite:

le Colonel BAILLY, l'Air-Commodore WALKER, le Colonel VIGOUROUX, le Commandant HOQUETIS et le Commandant NOIROT.

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En portant à la connaissance de nos lecteurs la nomination du général MONTRELAY comme commandant de la 3e Région aérienne, nous laissions entendre que d'autres affectations à des postes importants de l'armée de l'air étaient envisagées. L'une d'elles a été récemment prononcée, qui confie au général VIGOUROUX le titre de commandant de l'air en A.O.F.

Nous nous demandons s'il était bien opportun d'enlever cet officier général au poste qu'il occupait, à la tête d'un service qui, plus que tout autre, a besoin de cette continuité qui manque tant à notre armée de l'air, mais nous nous consolerons avec la conviction que le général VIGOUROUX  possède les qualités indispensables à l'exercice du commandement qu'il va assumer: son passé, ses état de services justifient cette conviction.

Sorti de Centrale en 1927, il passe en Sorbonne un certificat de licence en technique aéronautique, mais en même temps il demande et obtint une bourse de pilotage en vue d'effectuer son service militaire dans l'aviation. Pendant son apprentissage de pilote à l'école Morane, au cours de l'été 1927, déjà "pris" par son métier d'aviateur, il décide de consacrer quelques années à l'armée qui l'enthousiasme. Il s'engage dans l'aviation militaire pour trois ans et est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927, quelques jours avant d'obtenir son brevet de pilote.

Après un an passé à l'école d'Application de l'Aéronautique à Versailles, il est affecté au 11e Régiment d'aviation de bombardement à Metz au mois de novembre 1928. Pilote en escadrille, ce métier le captive, mais il est brusquement interrompu par une décision de l'état-major qui le désigne pour suivre en octobre suivant les cours de l'Ecole Supérieure d'Aéronautique ou il doit pendant deux ans reprendre la vie, moins agréable pour lui, d'élève-ingénieur.

Dès sa sortie de l'Ecole en 1931, il aspire à revenir dans une unité navigante. Nouvelle déception: il est affecté au service des fabrications aéronautiques à Paris pour diriger un bureau de contrôle de l'exécution des marchés de l'aviation militaire dans les différentes usines. Il finit par réussir à quitter cet emploi sédentaire en 1933 et à se faire affecter en A.O.F. Il rejoint à DAKAR l'état-major de l'air, ou il reste un an en profitant de toutes les occasions pour reprendre son activité aérienne et parcourt en tous sens le Sénégal, la Mauritanie, la Casamance et la Gambie Anglaise.

Nommé Capitaine en 1934, il est affecté en octobre de la même année, à l'escadrille de GAO sur les bords du Niger. Pendant près de trois ans, ayant prolongé son séjour normal d'une année, il effectue les voyages les plus divers dans toute l'Afrique, non seulement dans toutes les colonies du groupe de l'A.O.F. et le Sahara, mais aussi en A.E.F., au Cameroun, au Congo Belge et à Madagascar. Outre les plus beaux souvenirs de sa carrière aéronautique, il rapporte de ce séjour ses deux premières récompenses: une citation à l'ordre du corps aérien en juin 1935 et une lettre de félicitations du commandant de l'air en A.O.F. en mai 1937 au moment ou il va quitter la colonie.

Rappelé en France, il passe un an à Versailles comme instructeur d'une brigade d'élèves, puis obtient l'affectation qu'il désirait depuis longtemps, pilote d'essai au centre d'expériences en vol à Villacoublay.Il exerce ce métier qui le passionne jusqu'au début de 1940, effectuant des essais sur la plupart des prototypes du moment: c'est lui, en particulier qui est désigné pour présenter au meeting international de Bruxelles, le premier Lioré 45. Pendant l'hiver 1940, il partira en Angleterre pour suivre la mise au point des "Radars" anglais.

Ayant demandé dès septembre 1939 à être affecté dans une unité engagée, il avait été comme tous ses camarades du centre d'essais, maintenu par ordre à son poste du temps de paix.Ce pendant au printemps de 1940, il rejoint le Moyen-Orient pour mettre sur pied un groupe de bombardement qui devait être équipé de matériel américain. L'Armistice empêche la réalisation de ce projet et le commandant VIGOUROUX utilise les premiers mois de cette période calme forcé à connaître une partie de l'Egypte, le Liban, la Syrie et la Turquie.

Rentré en France, il demande le commandement d'un groupe en Afrique du Nord, et obtient celui du groupe de bombardement 1/25 à Tunis. Dès le débarquement allié du 8 novembre 1942, son matériel et son personnel sont immédiatement utilisés pour effectuer des transports au profit de l'aviation américaine, puis pour exécuter les bombardements de nuit sur le front de Tunisie (300 heures de vol de guerre ont été effectuées de fin février à avril 1942).

La fin des opérations sur ce théâtre survint au moment ou la disparition progressive du matériel français encore utilisé nous aurait empêché de continuer à fournir aux alliés une aide efficace.

Les pourparlers engagés entre le Gouvernement provisoire d'Alger et le Gouvernement Britannique laissant espérer que des unités de bombardement français pourraient être équipées de matériel anglais, il mit son groupe sur les rangs en vue de cette transformation et obtint satisfaction en raison de la magnifique conduite de tous ses équipages pendant la période précédente. Il débarque ainsi à LIVERPOOL en septembre 1943.

Après de longs mois d'instruction, qui à tous parurent longs, le groupe qu'il commandait, devenu "SQUADRON 347" du BOMBER COMMAND, est engagé en 1944 dans l'effort extraordinaire du bombardement de l'Allemagne par la R.A.F. et contribue au débarquement en France, à la fin de la guerre européenne: plus de la moitié du personnel navigant parti d'Alger avec lui ne devait pas revoir le sol natal.

Au cours de cette période, plusieurs citations lui furent décernées dont une lui valut la rosette d'officier de la Légion d'Honneur. Par ailleurs, les britanniques lui décernèrent la "Distinguish Flying Cross" de la Royal Air Force.

Rentré en France, il est affecté au centre d'essais en vol renaissant, puis il rejoint le service du Matériel à l'Etat-major de l'air, dont il a assumé jusqu'à ce jour, la direction, comme Colonel, puis comme Général depuis aout 1946.

Puissent son départ ne pas trop jeter de perturbation dans un service bien délicat à diriger actuellement. Et puissent les excellents résultats qu'il ne manquera pas d'obtenir, en nos contrées lointaines de l'Empire, qu'il connaît bien, compenser les inconvénients certains d'une telle mutation.

A. THIBAUDET.

(source: L'AIR N°605 du 5 septembre 1947)

 

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