01 décembre 2008

LE SOUVENIR DES FAMILLES D'ACCUEIL et MARRAINES de GUERRE

 

Les Familles d'Accueil

et

Marraines de Guerre 

equipage de miras

(collection: Marc Blanchin)

"WAAF" Eileen Dougherty Richardson, épouse du S/Lt Louis Blanchin navigateur de l'équipage de Miras. Ils se sont rencontrés à York dans une salle de danse le "De Gray" où se retrouvaient beaucoup de personnel d'Elvington. Ils se sont mariés à York après la fin de la guerre en 1948, puis sont venus vivre en France, en Normandie, d'où était originaire le S/Lt Louis Blanchin.

Extrait d'une lettre du 7/5/1996 de madame Eileen Richardson Blanchin traduite par son fils Marc Blanchin.

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(collection: Marc Blanchin)

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Marraine de guerre de Jacques JOUHAUD.

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De gauche à droite:

Régis JOUHAUD, Mme Edna BUCHANAN, Mr John BUCHANAN, Jacques JOUHAUD.

(collection: Régis. JOUHAUD)

Voici une photo qui en dit long sur les liens affectifs noués entre la France et l'Angleterre en Août 1951.

Elle montre monsieur JOUHAUD Jacques avec sa marraine et son parrain de guerre, Madame et Monsieur EDNA et JOHN BUCHANAN,de KIDSGROVE, près de CROSFORD, devant Madame BUCHANAN , Régis JOUHAUD.

Vous pouvez voir dans quel état physique se trouve encore Monsieur JOUHAUD Jacques grâce aux soins des Sbires de Franco (MIRANDA).

D'étroites relations se sont liées avec la famille BUCHANAN les anciens sont partis mais COLIN leur neveu et Régis JOUHAUD continuent cette amitié créé en 1944.

Les deux familles sont sentimentalement soudées grâce au Squadron:346 et 347 "GUYENNE" et "TUNISIE". Une petite place pour ces Anglais qui ont donné une grande partie de leur coeur aux petits Frenchies déracinés et malheureux.

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(collection: Régis JOUHAUD)

Première photo d'EDNA BUCHANAN donnée a Jacques JOUHAUD (sa marraine de guerre). EDNA n'était encore que fiancée et s'appelait SMITH.

DETAIL PITTORESQUE

Je m'appelle Regis JOUHAUD en France, mais pour l'état civil je suis "REGINALD"

"Auntie" EDNA et "Uncle" JOHN, comme je les ai toujours appelés,vivaient à quelques centaines de mètres de la maison natale de REGINALD MITCHELL, le père du SPITFIRE..... " mais qui se souvient encore de lui?? "

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marraine

La marraine de guerre anglaise du 2°classe Raymond GRISOT mécanicien avion et moteurs, mais nous n'avons pas le lieu ni le nom de cette charmante dame.

(collection: Benoit GRISOT) 

 

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De gauche à droite:

Lieutenant POIROT, au centre "Sally" la marraine du Halifax H-7-G, Cpt ??.

 

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Cpt PLOTON Robert, le portrait de la marraine de guerre, coiffée d'un calot, était peint sur le fuselage du Halifax H-7-G.

(collection: Yves PLOTON)

Cpt PERSON (2)

Photo prise près d'un étang avec probablement leur marraine de guerre.

Cpt PERSON, S/Lt BOURDEROTTE, Arlette RAGODY.

(collection: Morgane BOURHIS)

Cpt PERSON

 Famille d'accueil anglaise du Cpt PERSON, Roath Park.

S/Lt BOURDEROTTE, Cpt PERSON, M. Marcel RAGODY, ??, Mme Madeleine RAGODY, ??.

Les membres de la Société Franco-Anglaise de Cardiff.

(collection: Morgane BOURHIS)

 

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M. Marcel Ragody, Mlle Arlette Ragody, Mme Madeleine Ragody.

(collection: Nicole Rousseau-Payen)

 

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Photo prise devant la maison de M. Marcel RAGODY à Cardiff.

Lt HABERT, Lt Albert ROUSSEAU.

(collection: Nicole ROUSSEAU-PAYEN)

 

SOCIETE FRANCO-ANGLAISE DE CARDIFF.

http://www.francais-a-cardiff.org.uk

Vous pouvez découvrir sur le lien suivant l'historique de la Société Franco-Anglaise de Cardiff, qui existe toujours mais sous une autre appellation.

www.francais-a-cardiff.org.uk/historyonly/wholehist-fr.pdf

ARH-1

En 1995 cérémonie commémorant la plaque de la Société Franco-Anglaise de Cardiff dévoilée par Lord Mayor et le Porte-drapeau de l'Association des Français Libres de Londres

"This plaque has been presented by the Société Franco-Anglaise de Cardiff who occupied 36 Park Place from 1911-1948. In memory of the many Free French Forces welcomed here during World War II."

"Cette plaque à été dévoilée par la Société Franco-Anglaise de Cardiff qui occupait le 36 Park 1911-1948. A la mémoire des Forces Françaises Libres accueilli ici pendant la Seconde Guerre mondiale."

 

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(collection: Nicole Rousseau-Payen)

 

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Photo prise vers 1945 à Cardiff chez M. Marcel Ragody

M. Marcel Ragody, Lt Habert, Lt Albert Rousseau, Mlle Arlette Ragody, ??, Mme Madeleine Ragody.

La famille RAGODY

importante famille d'accueil

des permissionnaires

Après Simonne, son amie de jeunesse, devenue sa fiancée, puis enfin son épouse, une importante destinataire du courrier d'Albert Rousseau sera Arlette Ragody, la fille de Français originaire de Saintonge comme lui est installés à Cardiff, et plus généralement ses parents, M. et Mme Ragody, participants actifs à la Société Franco-anglaise de Cardiff.

Marcel Ragody était venu en Grande-Bretagne pour des raisons professionnelles, avec son épouse Madeleine, au début du XXe siècle, attiré comme beaucoup d'autres Français par la vitalité de ce port charbonnier. Ils sont retournés chaque année dans leur pays d'origine avec lequel ils n'avaient jamais coupé les ponts. Leur fille Arlette est née en France en 1921, mais est venue à Cardiff avec ses parents dès l'âge de trois mois. Ils étaient originaire de Saujon, une petite ville située à quelques kilomètres de la ville de naissance d'Albert Rousseau, La Tremblade.

Albert à son épouse: Mme Ragody, je suis bien loin de chez elle maintenant, mais j'écris assez souvent. C'est ma "seconde mère" pour l'Angleterre. (Elle l'est d'ailleurs pour une quantité d'autres) Elvington 22/5/44.

A la fin de la guerre, la famille Ragody a pu revenir en France dès 1946, et a été reçue à son tour chez Albert Rousseau et la famille de son épouse à Colombes près de Paris.

Le contact entre Arlette et Simonne, n'a jamais vraiment été perdu. En 1987, Simonne et sa fille sont allées à Cardiff rendre visite à Arlette et son mari gallois, après être passées à York. Arlette a donné copie de toutes les lettres reçues d'Albert et d'un dessin humoristique. Un important courrier a encore été échangé au long des années, ainsi que de la documentation. Elle avait beaucoup de souvenirs et de documents concernant aviateurs, résistants et autres personnages impliqués dans la 2e guerre mondiale et passés par Cardiff. Les contacts s'étaient maintenus autant que possible, mais beaucoup d'entre eux étaient malheureusement décédés à la guerre ou portés disparus.

Arlette Ragody-Hughes a été en 1991 nommée chevalier dans l'Ordre national du Mérite par le Consul général de France à Londres, venu spécialement à Cardiff.

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M. Grenville Hughes, Madame Arlette Ragody-Hughes présidente de la Société franco-anglaise de Cardiff, M. Brian Gaunt, Madame Catherine Humphrey.

Photo prise en 1995 à Elvington lors de la construction du hangar du Y.A.M.

 

En 1995, Arlette et son mari Grenville Hughes sont venus à York et Elvington, avec Nicole, participer à une commémoration des "Lourds" sur le terrain du Yorkshire Air Museum. On y montait à l'époque le grand hangar donné par les Canadiens et destiné à abriter le Halifax en reconstruction et la collection d'avion divers.

Elle était encore en 2014 Vice-Présidente honoraire de la Société franco-britannique de Cardiff, décédée le 15 août 2016 à Cardiff. (quatre enfants, et de nombreux petits-enfants). Une de ses petites filles va se marier avec un Allemand.

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Famille d'accueil à Windermere.

Lt HEGLY, Mrs MUSGRAVE, ??, ??, ??, Cpt STANISLAS.

(collection: Nicole ROUSSEAU-PAYEN)

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La maison de Madame MUSGRAVE ,Ghyll Head à Windermere dans la région des lacs.

(collection: Nicole ROUSSEAU-PAYEN)

Elvington 6 Septembre 1944:

- Je reviens de permission (tu vas dire encore !) J'ai passé 5 jours dans le district des Lacs anglais à Windermere. Ce coin est réputé pour être la plus jolie partie d'Angleterre. S'il y avait eu du soleil, j'aurais trouvé cela splendide. Mais je ne suis pas encore assez "Britannisé" pour trouver du charme à un paysage - si beau soit-il - sous la pluie. J'ai voulu tout de même excursionner à bicyclette et j'ai pris des saucées mémorables. J'ai été accueilli chez une vieille dame très riche de 72 ans qui habite une propriété splendide à flanc de montagne en surplomb sur le lac. C'était une maison très bien, où ces dames dînaient en robe du soir, et les messieurs en tenue. Ensuite, comme avec la guerre il n'y a pas moyen d'avoir des domestiques tout le monde, en tenue et robe du soir, faisait la vaisselle et essuyait "china" et argenterie.

Albert Rousseau.

(collection: Nicole Rousseau-Payen)

 

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(collection: Roger Fourès)

Famille d'accueil à York.

De gauche à droite à partir du haut:

M. Kitchen père de Gwen mon amie, M. Christophe Hull père de Raymond mon ami, M. Jack Hull père de Geoffrié, petit ami de Phylis.

Phylis, Amtié Lissy mère de Geoffrié femme de Jack, (les deux frères Hull ont épousé les deux soeurs) , mama Hull (qui me tient par le cou)mère de Raymond, Mme Bambridge mère de Kath et Phylis.

Geoffrié, Roger Fourès, mon ami Raymond, Kathleen sa fiancée,

M. Bambridge, une voisine amie de la famille.

C'était les 21 ans de Kathleen, moi j'étais assis parce que j'avais eu un accident de moto la veille de la libération de Paris.

 

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Photo prise par Kathleen, chez les Bambridge à Birmingham.

Ray Hull, Phylis, Mr. Bambridge, Mrs Bambridge, Gwen et Roger Fourès.

 

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Il s'agit de la chère famille Blaëss, des Lorrains établis à York.

Madeleine leur fille n'a pu rentrer en angleterre qu'après la libération de Paris. Elle étudiait en Sorbonne. Nous avons correspondu jusqu'à sa disparition, ils habitaient Rosedale avenue à York. Monsieur Blaëss était Maître d'hôtel à l'hôtel de la gare de York.

Ils recevaient de nombreux français néanmoins, j'étais le chouchou, j'avais la clef de la maison et ma chambre. Quand je rentrais tard la nuit je trouvais toujours un petit repas succulent à mon intention.

Ils ont toute mon affection jusqu'à la fin de mes jours.

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Sur ma moto avec mon amie Gwen laquelle m'a donné les plus beaux jours de ma vie malgré la guerre. Elles était l'amie de Kathleen la fiancée de Raymond, elle était en service au Royal Observer Corps. Elle est aujourd'hui décédée depuis une dizaine d'année.

 

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De gauche à droite:

Robert Roiron mon cher ami disparu avec l'équipage du commandant Simon, nous fréquentions ensemble la famille Hull, Robert Brunet mitrailleur-supérieur de l'équipage du capitaine Araud je n'ai jamais su ce qu'il est devenu, Roger Fourès mitrailleur-supérieur de l'équipage du capitaine Brion.

Gwen, Raymond, Kath.

 

Roger_Fourès_identité_permission_(célèbre_grand_magasin_Lewis's,_Liverpool_1944)_

 

Voici le superbe récit souvenir de mon ami Roger Fourès

sur sa famille d'accueil  à York

Cher Philippe

20 novembre 2014.

La famille Hull originaire d'York était, quand je l'ai connue formée par Christophe Hull père de mon ami Raymond, et son frère Jack lesquels avaient épousé les deux soeurs, "mama Hull" mère de Raymond, mon ami, et "Cécile", je pense, dite "Aimtié Lissy"mère de Geoffrié, lequel quand je l'ai connu avait treize ou quatorze ans (aujourd'hui décédé à 60 ans).

Raymond avait vingt et un ans il avait voulu s'engager dans la R.A.F. mais avait une maladie d'estomac qui le rendait inapte au service militaire.

J'ai fait la connaissance de cette famille par l'intermédiaire du frère de mon amie Gwendoline. Un jour alors que nous flanions dans une rue de York, mon ami robert Roiron et moi, nous avons été abordé par une jeune fille qui était professeur de Français, miss Collisson, laquelle nous invita chez elle, en même temps que Ronald Kitcheen, qui était son élève, frère de Gwendoline et ami de Raymond, c'est ainsi que le réseau s'est tracé.

Miss Collisson habitait Bekfield Lane. J'ai oublié son prénom, dans le quartier d'Acomb où se trouvaient aussi les autres maisons. C'est le frère de Gwendoline, qui parlait français, qui m'a fait connaître Raymond Hull et sa famille avec qui un lien indéfectible s'est créé.

Le père Hull, à l'origine "ouvrier carreleur" c'est à dire "monteur de mur", ces briques rouges dont toutes les maisons sont faites, d'allée comme à Toulouse, avait réussi à devenir entrepreneur, à la tête d'une société importante. Son frère Jack, lui était "laveur de carreaux". Le père Hull était un homme autoritaire, mais très gentil avec moi, il cherchait à me piéger, un soir ou j'entrais chez eux, il me dit "put the wood in the hole" quand je passais dans le salon, dont la porte était le plus souvent ouverte. Je restait un moment perplexe, mon anglais étant encore un peu court, mais, met "le bois dans le trou" "ferme la porte" bois et trou, dans le mur, il me posait souvent des énigmes de ce genre j'essayais de m'en tirer au mieux, en fait il avait beaucoup d'estime pour moi, il m'appelait "Four éyes" Fourès 4 oeils. Je lui avais  expliqué, sur sa demande, le genre d'études que j'avais faites, ajustage, dessin industriel. Il avait dans son entreprise un important atelier de serrurerie. Il m'attendait là après la guerre, lui-même avait fait la guerre en 14/18 en particulier la Somme, il avait plusieurs décorations.

Revenu en France, j'ai mesuré l'immense fossé qui séparait ma famille "mon père était ouvrier agricole" et celle de Gwendoline, de même, je voyais mal Gwen se faire à vivre en France (elle ne parlait pas français) en cette période très difficile d'après guerre. C'était encore une fois abandonner mes parents que j'avais quitté à 18 ans en octobre 39, fils unique ayant eu un frère décédé à l'âge de 3 ans alors que j'en avais six, ils avaient tellement souffert pendant la guerre, mon père ayant fait 14/18, et vu nombre d'aviateurs descendus, mort blessés et brûlés, que je décidais de rompre et revenir avec eux, j'ai porté cette rupture tout au long de ma vie.

Toute la vie le lien ne s'est jamais rompu entre Raymond et Kathleen et leur famille, laquelle je considère comme ma propre famille. Reste Raymond et Kathleen qui habitent aujourd'hui le Sud de l'Espagne, près d'Alicante où je suis allé les voir et où vivait leur fils homme d'affaire.

Vingt cinq ans après la guerre ma femme et moi sommes allés passer le Christmas chez les Hull. Ce fut un bonheur indicible pour quelques jours, des journalistes sont venus me voir 'Un Héro de retour", j'ai conservé quelques articles élogieux, j'ai aussi reçu un tas d'invitation pour aller dans quelques familles, il aurait fallu demeurer au moins 1 mois.

Raymond nous a emmené à Sheffield où désormais habitaient madame Blaëss et Madeleine, monsieur Blaëss étant décédé, là-aussi j'ai continué à correspondre avec Madeleine, aujourd'hui décédé depuis longtemps.

Quant je compare l'acceuil que j'ai reçu à mon retour en Angleterre à celui de mon pays après ma démobilisation, où il m'est parfois arrivé de sentir une certaine hostilité de la part de gens qui s'étaient fort bien accomodé de la présence allemande voire avait collaboré activement avec ceux qu'ils considéraient être le rempart contre le communisme, surtout des gens de la classe aisée, je me dis que nombre de Français n'était pas digne de ce que nous avons fait pour eux et d'ailleurs plus encore aujourd'hui.

Lorsque je me suis mis a rechercher du travail, j'ai fini par comprendre qu'il valait mieux ne pas me qualifier d'ancien combattant. Enfin tout ceci à fini par se niveler avec la mort l'oubli et l'esprit du temps.

Bon j'espère que mon récit vous intéresseras. Il restera, je pense après moi.

Roger Fourès.

ps: Je m'étais engagé pour faire la guerre et crever le moustachu, je n'avais pas l'intention de rester dans l'armée, je voulais être le seul commandant de moi-même, ce que j'ai fait au mieux.

(collection: Roger Fourès)

 

roger foures

 

Notre dernière visite chez Roger en juin dernier avec Michel Darribehaude.

Deux autres récits de Roger Fourès sur les liens suivants:

http://halifax346et347.canalblog.com/archives/2012/02/18/23555798.html

Roger Fourès avec son camarade canadien Pierre Gauthier

du R.C.A.F 425 LES ALOUETTES

http://425alouette.wordpress.com/category/roger-foures/

46001958

??, ??, ??, Sgt/C Dominique BIAGGI itrailleur-arrière: de l'équipage du Lt-Col VENOT.

(collection: Sandra NIAULON)

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Grâce à Pierre LAGACE

un nouveau contact des familles d'accueil

concernant le Sgt/C SOUILLARD René

du 1/25 Tunisie 347 Squadron

cliquez sur le le lien suivant:

http://425alouette.wordpress.com/2014/02/11/pour-mes-amis-francais/

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