14 janvier 2011

YORKSHIRE AIR MUSEUM

YORKSHIRE AIR MUSEUM

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Elvington York

REMEMBRANCE SUNDAY

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www.yorkshireairmuseum.co.uk

JOURNEE DU SOUVENIR

Au monument à la mémoire des Forces Aériennes Françaises, à Elvington, la 53ème Cérémonie du Souvenir, précédée d'un service religieux à l'église locale, a connu une participation remarquable lors d'un agréable matin d'automne. Le service religieux avait été suivi du défilé, parfaitement organisé, à travers le village, des Scouts d'Elvington et de Wheldrake, accompagnés par leur fanfare.

A l'approche de la fanfare, la foule s'était rassemblée dans la partie du village proche du Musée et nous étions nombreux à nous joindre à cet évènement qui est toujours chargé d'émotion. Tout était parfaitement synchronisé cette année, et le défilé parvint au Mémorial juste avant 11h et la minute de silence.

Il fait chaud au coeur de constater qu'après tout ce temps, il semble que de plus en plus de gens se déplacent pour rendre hommage à ces héroïques aviateurs français des Groupes Lourds, groupes "Guyenne" et "Tunisie" (Squadron 346 et 347) qui s'envolaient d'Elvington. Cependant ce fut aussi l'occasion de rendre hommage aux Forces d'aujourd'hui, forces de toutes les nations alliées, engagées sur de difficiles théâtres d'opération, et ce regain de fierté populaire, de soutien à nos forces armées, confère une nouvelle dynamique à ce dimanche, journée du souvenir.

De l'autre côté de la Manche, on peut constater une semblable tendance dès lors que l'Amicale des Anciens et Amis des Groupes Lourds observe un regain d'intérêt de la part d'une plus jeune génération, soucieuse d'en savoir plus sur la contribution apportée par leurs pères et grands pères dans la libération de la France et de l'Europe occupée, laquelle s'est trop souvent conclue par leur sacrifice ultime. Nous étions donc contents que Paul BOGAERT, le Président de cette Amicale, ait une fois de plus été à nos côtés et intervienne, en français et en anglais, au début de la cérémonie, puis lors d'une lecture de la Bible.

Deux vétérans du Squadron 346 nous ont fait l'honneur de leur présence: André HAUTOT, qui à 15 ans, avait été le plus jeune à Elvington; et Lucien MALLIA, qui va maintenant sur ses 89 ans et qui vient régulièrement depuis un bon nombre d'années; Lucien est intimement lié aux épisodes de la guerre à Elvington, car il était le mitrailleur arrière sur Halifax qui fut attaqué lors de cette terrible nuit du 3-4 mars 1945 au cours de l'opération Gisela, une tentative de la Luftwaffe pour tendre une embuscade aux équipages de bombardiers retournant vers leur base. Par miracle, la tour de contrôle d'Elvington parvint à alerter de l'imminence de l'attaque le pilote, le capitaine NOTELLE, lequel réussit à échapper à la menace du JU88; cet intrus tenta une nouvelle attaque sur le terrain d'aviation, mais, volant trop bas, il eut l'infortune de toucher un arbre et de s'écraser dans une ferme, ce qui provoqua la mort de son équipage et de deux femmes de la ferme, ainsi que d'un homme qui décéda un peu plus tard. Cet accident est gravé dans la mémoire d'Elvington et dans l'histoire de cette guerre, car ce fut là le dernier avion allemand de la seconde guerre mondiale qui s'écrasa sur le sol britannique. L'Halifax de Lucien MALLIA fut une nouvelle fois attaqué à l'approche du terrain de Croft et atterrit en catastrophe. Tout l'équipage s'en est heureusement tiré, mais Lucien souffrait de graves blessures à la tête.

En plus de la présence de ces deux vétérans, l'ambassade de France et l'Armée de l'Air étaient représentées par le Colonel Dominique CALLIGARIS, officier de liaison et la R.A.F. comptait des représentants venus de Linton, Leeming et Fylingdales. La cérémonie se poursuivit l'après-midi au Musée lui-même avec le dépôt de gerbes au jardin du Mémorial. La chapelle était remplie de visiteurs et les hymnes furent plus vibrants que jamais en cet évènement mémorable.

Légendes des images:

En haut: le Colonel CALLIGARIS et ses enfants avec Lucien MALLIA.

A droite: les vétérans français André HAUTOT et Lucien MALLIA devant le mémorial français.

En bas: les mêmes avec des représentants de l'Armée de l'Air.

(Traduction: Gilbert BOHN)

French Connections

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FRENCH CONNECTIONS

On célébrait le 18 juin 2010 le 70ème anniversaire de l'Appel aux français du Général de Gaulle, appel à poursuivre le combat contre les puissances de l'Axe. A Londres, à l'hôpital de Chelsea, le Président Sarkozy et le premier Ministre britannique David Cameron se sont adressés à un parterre de plus de 500 invités, soulignant l'importance capitale de cet appel dans l'histoire commune de nos pays: l'Angleterre n'était plus solitaire dans son acte de résistance aux Nazis. Les représentants du Yorkshire Air Museum d'Elvington ont pu contempler le vol conjoint d'un Spitfire de la R.A.F. et d'un Rafale français aux couleurs du Groupe Guyenne (Squadron 346).

En octobre, le rassemblement annuel des anciens des Groupes Lourds d'Elvington et de leur famille s'est tenu à Mérignac, près de Bordeaux. C'est à la base de Mérignac que les deux Groupes français sont revenus en 1945. Et c'était là que, le 16 juin 1940, le Général de Gaulle était arrivé dans un avion mis à sa disposition par Winston Churchill, pour une ultime tentative visant à convaincre le gouvernement français de poursuivre le combat aux côtés des britanniques. Après la guerre, et pendant de nombreuses années, les Groupes Guyenne et Tunisie sont restés basés à Mérignac, et des Halifax furent même utilisés par l'Armée de l'Air en Indochine. Le 20 octobre, des gerbes furent déposés par des vétérans et par des représentants du Musée d'Elvington sur les lieux de la base d'origine, présence d'une centaine d'enfants et d'un contingent de l'Armée de l'Air. Un Rafale dernier modèle aux couleurs du Groupe Guyenne était sur le tarmac et les vétérans eurent ainsi l'occasion de rencontrer leurs successeurs. Puis ce fut la visite de l'impressionnant musée de Mérignac (Conservatoire de l'Air et de l'Espace d'Aquitaine). Gilles Coustellie et Pierre Précastaing ont guidé les vétérans et leurs familles dans la visite du musée, doté maintenant d'un imposant espace d'exposition dédié à Elvington et aux Groupes Français. Le musée d'Elvington a eu le plaisir des pièces originales à cet effet.

Le 30 novembre, lors d'une cérémonie au Château de Vincennes, foyer des archives du Service historique de la défense, le musée a officiellement fait don au gouvernement français des lettres de Françis UZAY. Le Général Gilles Robert et le conservateur du Musée d'Elvington, Ian Reed ont signé l'accord officiel qui met à la disposition des archives françaises, de façon permanente, les 2000 pièces de correspondance personnelle en vue d'une publication universitaire et ultérieurement à des fins de recherches. C'est probablement le lot de documents personnels français le plus important pour cette période auquel s'ajoute le travail de recherche accompli en douze mois, en France comme en Grande-Bretagne, depuis la découverte de ces pièces l'an dernier. Les lettres originales ont été aimablement données au Musée d'Elvington par Mrs Barbara Harper Nelson, qui en avait été la destinataire et qui vit désormais en Australie.

C'est une grande satisfaction qui a accueilli des deux côtés de la Manche la décision d'ériger à la Cathédrale de York un mémorial dédié aux escadrilles françaises des Groupes Guyenne et Tunisie. On attend plus de 1600 personnes pour cette importante cérémonie qui marquera le 66ème anniversaire de ces groupes français de bombardement; ce sera le premier mémorial français dans une cathédrale anglaise et celle de York est, de plus, la deuxième du pays par son importance. La Reine Elisabeth et le Président Sarkozy ont été invités ainsi que d'autres dignitaires des deux gouvernements.

L'Impérial War Museum de Londres (Musée militaire de Londres consacré aux souvenirs des deux guerres mondiales) a sélectionné "notre" film Flightpaths pour la dixième édition des Films Awards. Ce film est consacré au Sergent Henri Martin mitrailleur supérieur dans le Squadron 346 (Groupe Guyenne), basé à Elvington, et à son épouse Pat qui vivait à York et avait été envoyée en mission en France occupée par Winston Churchill. Henri perdit la vie lors du raid sur Bochum, le 4 novembre 1944; il était dans l'un des cinq avions du Groupe Guyenne disparus cette nuit-là, quelques semaines seulement après son mariage avec Pat. On a pu voir le film à Londres en novembre et décembre et il sera ensuite projeté au Festival des Film Awards en février 2011.

Sur une suggestion de Philippe Ducastelle et de Jean-Michel Gravaud, nous envisageons une rénovation de l'un des dispersals, près du Musée, là où de nombreux mécaniciens au sol passèrent de longues heures à réparer et entretenir les bombardiers Halifax, dans des conditions atmosphériques souvent difficiles; c'est un aspect de l'histoire d'Elvington qui mérite considération. Lors d'une visites des vétérans français, nous avons eu le privilège d'être amenés aux anciens blocs d'hébergement, dissimulés dans un bois. Les huit ou neuf bâtiments, pour la plupart presque intacts, sont un vestige émouvant de cette époque d(il y a 70 ans et mériteraient une rénovation. Quelqu'un a t-il une proposition.

Merci à toute notre "famille" française de vétérans, de membres de leurs familles, d'amis qui entretiennent la mémoire de ces groupes de bombardement, de ces jeunes qui ont fait de notre "Petite France" un lieu lourd de sens pour nos deux pays.

Ian Reed

 

www.yorkshireairmuseum.co.uk

Un grand merci a Mr Gilbert BOHN pour son excellente traduction.

Posté par DUCAPHIL à 20:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]