13 juin 2009

BIBLIOGRAPHIES SUR LE "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

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ICARE N°44

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12 juin 2009

GROUPE "LORRAINE SQUADRON 342" (pour mon ami CHILIEN)

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/

"ILS ONT REVU LA FRANCE"

GROUPE - LORRAINE

SQUADRON 342

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(collection: Michel JUVENE) 

lorraine_6_decembre_1941

6 décembre 1941.

De gauche à droite debout:

S/Lt PATURAU, Lt ROZOY, Cpt de SAINT-PEREUSE, S/Lt BIMONT, Lt de THUISY, S/Lt MELTCHARSKI, Sgt/C TOURNIER, Sgt LANN, Adjt JOYANNY, Adjt MOREL, Sgt LICOU, Sgt PINSON, Sgt PROUVE, Adjt DEPRAT, S/Lt DESSA, Sgt de GUILHEM, Soldat CARRE, Sgt/C DEDIEU, Flight Sgt SMITH.

De gauche à droite assis:

Sous le plan de l'appareil est pratiquement invisible, Lt SANDRE, Lt CHARBONNEAUX, Lt du BOISROUVRAY, Cpt ROQUES, Lt QUESNEL, Sgt BAUDEN, Lt EZANNO, Sgt/C VERGERIO, Sgt BARRAT, Lt GUIGONIS, Sgt/C LAGATU.

(collection: Odile ROZOY-KUNZ)

 

LES COMMANDANTS DU GROUPE

DE BOMBARDEMENT LORRAINE

(de décembre 1940 à juillet 1945)

GRADE ET NOM/ DUREE/ DENOMINATION/CAMPAGNE.

Commandant: ASTIER de VILLATTE: 24/12/40 au 14/07/41 - G.R.B. N°1 (Groupe réserve de bombardier n°1) - KOUFRA ETHIOPIE.

Capitaine: de SAINT-PEREUSE: 15/07/41 au 24/10/41 - G.R.B. n°1, puis Groupe de bombardement n°1 "LORRAINE"- ETHIOPIE.

Lieutenant-Colonel: CORNIGLION-MOLINIER (par intérim):25/10/41 au 12/12/41 - G.B. n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

CITATION

La Croix de la Libération est décernée au Colonel Edouard CORNIGLION-MOLINIER des Forces Aériennes Françaises Libres qui devient compagnon de la Libération pour le motif suivant:

"Pilote de chasse hors pair. Après s'être couvert de gloire au cours de la campagne 1914-1918, a malgré son âge, pendant la campagne 1939-1940, ajouté cinq nouvelles victoires à son magnifique palmarès. Participe, dès 1940, à l'organisation du mouvement de résistance LIBÉRATION. Arrêté, réussit à s'évader et s'engage dès le début de l'année 1941 dans les Forces Aériennes Françaises Libres. Premier commandant du Groupe "LORRAINE" a donné, notamment pendant la campagne de Libye un magnifique exemple des plus belles qualités françaises, totalisant plus de 700 heures de vol, dont au moins 100 en opérations."

 

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(collection: Odile ROZOY-KUNZ)

Lieutenant-Colonel: PIJEAUD: 13/12/41 au 20/12/41 - G.B.n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

Capitaine: de SAINT-PEREUSE (par intérim): 21/12/41 au 31/01/42 - G.B.n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

01/02/42 au 01/03/42 - G.B.n°1 "LORRAINE".

Lieutenant-Colonel: de RANCOURT: 07/04/43 au 14/03/44 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen.

Commandant: GORRI (FOURQUET) Lieutenant-Colonel: GORRI: 15/03/44 au 06/11/44 - 342 Squadron "LORRAINE"  - Front européen.

Commandant: SOUFFLET: 07/11/44 au 14/02/45 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen.

Commandant: MENTRE: 15/02/45 au 24/07/45 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen jusqu"à cessation des hostilités le 05/05/1945.

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(source: ICARE N°176)

Le Commandant MENTRE,(Citation) du groupe LORRAINE fait le briefing d'une prochaine mission à Vitry-en-Artois, le premier trimestre 1945.

Sur la photo figurent ROUSSILLAT, FLAMMAND, GUEGEN, MALAFOSSE, et, en haut à gauche, BOILEAU.

CITATION

Commandant: MENTRE Gustave - Louis.

MENTRE Gustave-Louis, commandant du groupe 1/20 "LORRAINE": à la tête du groupe "LORRAINE" qu'il commande, cet officier vient d'accomplir une série de missions de bombardement sur des objectifs du front de l'Ouest. Excellent pilote qui allie à un tempérament de chef des connaissances professionnelles très étendues, grâce auxquelles il a souvent conduit sa formation à l'attaque, malgré les difficultés rencontrées et des défenses ennemies. Les 3 et 15 mars, réussit, malgré une sévère D.C.A. à bombarder des gares ennemies, grâce à son sang-froid et à son courage. Le 14 mars, avec un mépris complet du danger et un calme remarquable, accomplit un bombardement particulièrement délicat, au milieu d'une D.C.A. exceptionnellement précise et intense, se pose avec son appareil endommagé sur l'aérodrome le plus proche pour y déposer son mitrailleur sérieusement blessé

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

Paris, le 20 août 1945.

C. DE GAULLE.

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GRB 1

Le GRB 1 ne semble pas avoir eu d'insigne distinctif.

Constitué à partir d'éléments provenant du First Fighter Group et de l'escadrille TOPIC le 24 Décembre 1940, le groupe réservé de bombardement N°1 fut placé sous le commandement du Commandant Astier de VILLATTE.

Formée de deux escadrilles comprenant six BLENHEIM chacune (la première sous les ordres du Capitaine LAGER, la seconde sous la responsabilité du Capitaine SAINT-PEREUSE), cette unité prit part, en coopération avec le détachement permanent des forces aériennes du Tchad, à l'offensive lancée par le Colonel LECLERC contre l'oasis de KOUFFRA, en février 1941.

Revenu à Fort-Lamy, le GRB 1 se scinda, pour des raisons techniques, en deux parties. Une escadrille demeura au Tchad et l'autres fut transportée en Ethiopie dans la région de Gondar-Asmara, où elle fut intégrée dans le Group 202 de la R.A.F. Après avoir entrepris plusieurs missions de bombardement et de lâchers de tracts sur les troupes italiennes, cette formation rallia Damas, en Syrie, le 16 août 1941. Quelques jours plus tard, elle allait former l'escadrille Metz du groupe de bombardement LORRAINE.

PERSONNEL DE L'ESCADRILLE

"TOPIC"

EN AOUT 1940

CAPITAINE:

Astier de VILLATTE, Observateur

Louis FLURY-HERARD, Observateur

LIEUTENANT:

Maurice de BOISROUVRAY- Observateur, Henri de la MAISONNEUVE- Observateur, Jean MICHEL- Observateur, Raymond ROQUES - Pilote, Paul ROQUERE - Observateur, Pierre de SAINT-PEREUSE - Observateur, Pierre BERMANN - Médecin.

SOUS-LIEUTENANT:

Gérard CLARON - Observateur, Jean HIRLEMANN - Pilote, Claude de la ROCHE SOUVESTRE - Pilote, Pierre ROMAINS-DESFOSSES - Chiffre.

ASPIRANT:

Bernard BARBERON - Observateur, Guy BECQUART - Observateur, Robert BIMONT - Observateur.

ADJUDANT-CHEF:

Georges MITAINE - Artificier.

PREMIER-MAITRE

Albert BLENVEN - Chef-mécanicien, Jean DIDIER - Radio, Jean HAIE - Chef-mécanicien.

ADJUDANT:

Auguste GUILLOU - Pilote, Françis MELVILLE LYNCH - Pilote, Marcel MOREL - Radio-mitrailleur

SERGENT-CHEF:

Paul BERNARD - Service-administratif, Noêl CASTELAIN - Pilote, André DEBURE - Radio, Xavier de SCITIVAUX - Pilote, Raymond JABIN - Pilote, Jean PERBOST - Radio-mitrailleur, Jean GRAVOUIL - Mitrailleur.

SERGENT:

Léon BOURDARIAS - Radio, Marcel CHERFILS - Météo

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Romain GARY de KACEW - Mitrailleur

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

Alphonse DENIS - Instructeur, Paul FREMAUX - Conducteur, André DEVOS - Radio, Lucien JOUBERT - Mitrailleur, André LEMONNIER - Mitrailleur, Maurice SEGUINEAU - Pilote, Marcel VIDAL - Mitrailleur, Jean HUSSAR - Secrétaire-interprète, Alfred COPPENS - Secrétaire.

CAPORAL-CHEF:

François GANDIE - Photographe, Henri HENNEQUIN - Canonnier, Marc LEPEL-COINTET - Elève-Pilote, Roger TRUFFERT - Secrétaire.

CAPORAL:

Arsène BOMME - Mitrailleur, Raymond DUFFOUR - Mécanicien aéro, Paul EVRARD - Secretaire, Jean KERAUDEL - Mécanicien aréo, Jean LEJEUNE - Radio, Pierre GRASSET - Radio, Joseph KOLB - CUISINIER.

1er CLASSE:

Jean AUVRAY - Mécanicien, Octave BIGORGNE - Mécanicien, Boleslaw CIECALSKI - Mécanicien, Auguste LEGRAND - Gabier, André SAILLARD - Mécanicien, Victor MAHE - Mécanicien, Gabriel SOUM - Conducteur, Michel TOMCZAK - Intendance.

2e CLASSE:

Maurice BARAT - Radio, Alexandre BARRAUX - Conducteur, Robert BEDUIN - Mitrailleur, André BRIAND - Radio, Ernest DURLER - Conducteur,  Werner DURLER - Mitrailleur, Jean FLEURY - Conducteur, Jean DEGENISSIEUX - Divers, Joseph GOLEBIOWSKI - Infirmier, René LANNUZEL - Divers, Raphaêl KLEIN-WEKSLER - Infirmier, Harry LEIGHTON - Divers, Paul LUNKE - Divers, Georges MOSTINECKX - Divers, Roger MICHENAUD - Mécanicien, Gabriel MOUILLAUX - Secrétaire, Maurice PERRON - Mécanicien, Joseph RENAULT - Mécanicien aréo, Françis SMITH - Secrétaire, Frédéric SPIELMAN - Conducteur, Elias VAN de PUTTE - Divers, Moîse VANSPEYBROECK - Conducteur, René VAN WINCKEL - Divers, Pierre VARNEY - Divers.

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La première version du BOSTON, le DB-7 avec la première escadrille du groupe de bombardement 1/32 en 1940.

(source: Les forces Aériennes Françaises Libres, Ministère de la Défense.)

AVEC LE "LORRAINE" EN LIBYE

Par L.M.

Il ya trois ans, malgré des difficultés sans nombre, malgré les nouvelles d'une guerre qui semblait accumuler les mauvais points de leur coté, d'une poignée d'hommes, ayant réussi à échapper de France ou de ses colonies, réunis avec d'autres, venus de tous les coins du monde, se retrouvaient, animés de la même foi. Celle de ne pas abdiquer.

Ils firent peut-être peu de chose, en regard de l'effort fourni par nos alliés, mais leur présence permit de montrer, que la France était là.

Ils partirent, ayant à peine fini leur entraînement, sans avoir la possibilité, de se faire remplacer autant qu'il était parfois nécessaire, alors que les équipages, fatigués et réduits en nombre, devaient malgré tout, accomplir leurs missions; il fallait que le Groupe tienne, coûte que coûte. Sa présence était liée à une question de prestige. - c'est l'occasion de l'anniversaire de leurs opérations, que nous allons essayer de vous présenter ces quelques notes.

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Le départ de DAMAS

5 NOVEMBRE 1941.

L'aérodrome de DAMAS présente une animation inaccoutumée. Une légère brume s'est dissipée sous les premiers rayons du soleil levant; au loin, les hauteurs prennent des  tons pastels. Devant les hangars, sont alignées en deux rangées, les escadrilles d'un Groupe de BLENHEIMS dont le nom va devenir bientôt célèbre. C'est l'ancien G.R.B. I qui après s'être battu à KOUFFRA et en ABYSSINIE, réuni l'escadrille de Bombt. N°2, venant d'opérer au désert Égyptien, va repartir en opérations sous le titre de Groupe "LORRAINE".

Le Général VALIN vient de prendre la décision d'appeler chaque Groupe de l'Aviation Français Libre du nom symbolique d'une province de chez-nous.

 

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Lieutenant ROQUERE, Lieutenant LANGER.

Le Lieutenant-Colonel PIJAUD est parti de Londres pour prendre le commandement du Groupe mais à été retardé au cours de son voyage. C'est le Commandant CORNIGLION MOLINIER qui prend donc cette fonction au départ de DAMAS, il va l'assurer jusqu'à l'arrivée du Lieutenant-Colonel PIJAUD.

Les derniers vols d'entraînement viennent de se terminer et , les équipages voient enfin arriver avec joie le moment du départ vers l'aventure.Il y a là , les vétérans de KOUFFRA, de GONDAR, et tous les nouveaux équipages, impatients de suivre les traces de leurs anciens.

La base est dans la fièvre des préparatifs, de nombreux "officiels" sont venus assister au départ, les adieux néanmoins sont rapides. Bientôt les moteurs se font entendre et c'est le démarrage. L'un après l'autre, chaque avion se met en piste, et après un dernier point fixe, décolle après avoir roulé longuement la piste, parallèlement aux hangars. Puis par groupes de trois, les formations passent au dessus du terrain, filant vers le Sud.

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Nos BLENHEIMS.

Les appareils se posent au terrain X prés d'ABOU-SUEIR à quelques kilomètres d'ISMAILIA, rejoints bientôt par la caravane de l'échelon roulant qui a traversé la PALESTINE et le désert à "pleins tubes", l'enthousiasme ayant empiété un peu sur le règlement.

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Sir Arthur TEDDER, Air Chief-Marschal, Commandant des Forces Aériennes du proche-orient, et Sir Arthur A. CONINGHAM, Vice Air-Marschal, Commandant des Forces Aériennes du désert.

Le 11 novembre 1941, une cérémonie a lieu sur le terrain X , pour la passation du groupe à la R.A.F. Le Général de LARMINAT délégué du Général CASTROUX présente l'unité à l'Air COMODORE ELMHURST, représentant de l'Air MARSHAL TEDDER. Des fanions sont remis au Groupe.

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LE FANION DU GROUPE "LORRAINE" DES FORCES AÉRIENNES FRANÇAISES LIBRES. (F.A.F.L.).

Le 12, un premier détachement de 12 avions et un échelon roulant partent vers FUKA, à l'ouest d'ALEXANDRIE, le reste de l'unité devant rejoindre un peu plus tard.

Le 14, le détachement avancé fait mouvement au terrain 103. Le 19, une partie de ce détachement se déplace de nouveau au terrain 75.

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De gauche à droite:

Au terrain 75: Devant l'abri. de gauche à droite; Sergent FIFRE + tué le 3/12/1941, Sergent-Chef: TOURNIER, Sergent LANN + tué le 6/12/1941, Sergent-Chef: PÉTAIN + , Adjudant: PERNOT.

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Le Lieutenant mitrailleur Raymond PÉTAIN participa à toutes les campagnes du groupe LORRAINE , avant d'être abattu le 3 juillet 1943 au cours d'un bombardement en rase-mottes près de GAND. (SHAA)

Le 19, une partie de ce détachement se déplace de nouveau au terrain 75.

En arrivant sur ce terrain, l'impression est assez encourageante. Le terrain plat, désolé, et de nombreux trous creusés par ceux qui nous ont précédés, montre que l'endroit peut parfois devenir malsain, chacun s'arrange, améliore l'abri de son choix ou en creuse un nouveau, suivant son tempérament. Ces abris du reste, s'avèrent être  une excellente protection contre le vent, et l'endroit est vraiment éventé. Le sable est servi à discrétion à longueur de journée, en poudre fine qui pénètre partout par la plus petite ouverture.

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Quand on est dans son trou...

La défense du camp doit être assurée par un détachement de Nord-Africains sous le Commandement du Capitaine BOURGOIN qui, plus tard comme parachutiste, va faire campagne depuis EL ALEMEIN jusqu'en TUNISIE, puis en Bretagne. Mais ceci est une autre histoire (à écrire).

Un détachement Libanais est venu compléter l'unité, en aides mécaniciens, armuriers, chauffeurs, etc... Le 21 novembre 1941, la première mission du groupe est exécutée, 5 appareils y prennent part, ils'agit du bombardement de véhicules sur la route de BARDIA TOBROUK.

Les sorties alors se succèdent sans arrêt et le 26 le Groupe est complètement engagé dans la bataille.

C'est le le 28 novembre que les premières pertes sont enregistrées; l'avion piloté par l'Adjudant JABIN, Observateur: Lieutenant de la MAISON-NEUVE, Radio-mitrailleur: Sergent BRUNEAU et parti en mission individuelle au dessus de GAZALA ne revient pas. Un rapport de prisonnier allemand établissait quelques jours plus tard que cet équipage était vraisemblablement aux mains de l'ennemi.

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Un stuka

Ensuite le 4 décembre, un accident au décollage au départ d'une mission cause la mort du Sergent FIFRE.; le Capitaine de MESMONT gravement blessé est évacué, le Sergent SOULAT radio en sort miraculeusement indemne.

Puis le 6, au cours d'une mission en vol de groupe, l'avion du Lieutenant SANDRE observateur: Sous-Lieutenant de MELTCHARSKY, radio: Sergent LANN, est abattu en flammes à 50 kilomètres S.O. d'EL ADEM.

Les missions continuent sans arrêt, ce sont généralement:

1° Des bombardements de colonnes ennemies, motorisées ou des concentrations de tanks.

2° Le bombardement des positions de BARDIA et d'HALFAYA: poches de résistance ennemies.

Jusqu'au 13/2 les objectifs sont désignés avant le décollage sur le terrain avancé. Dés réception des ordres, les avions décollent, prennent la formation, se rendent au rendez-vous fixé pour le chasse et accomplissent leur mission.

Par là suite les transmissions difficiles, obligent les équipages à prendre les ordres sur les terrains de la chasse, EL ADEM, GAZALA MEKILI ou M'SUS.

Tout les matins, les équipages prévus partent pour le terrain, attendent les ordres  et rentrent le soir au terrain avancé, ayant effectué ou non leur mission.

Ceci malheureusement fatigue assez les appareils par suite des atterrissages et décollages à pleine charge.

Cela fatigue également les équipages.

Mais tout le monde est plein d'allant, quel plaisir de pouvoir harceler Boches et Italiens... Les nouvelles sont chaque jour encourageantes, l'ennemi recule et le soir, après une journée bien remplie les "mess" ou tout au moins ce qui essaie d'en tenir lieu, retentissent des exclamations d'une bonne humeur générale. La coopération avec les Squadrons britanniques du Wing est parfaite, tous, ont le même but.

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"L'Amiral" Sergent-Chef MOUNES.

Un soir, nous avons un "show" assez intéressant. Un Ju88, venant comme chaque soir pour bombarder la station de chemin de fer qui se trouve au bout du terrain, est pris à partie par un chasseur de nuit, le combat s'est passé au dessus de nos têtes, on pouvait distinguer les traçantes amies et ennemies et soudain, un moteur en feu. C'est le Ju88 qui flambe, s'éloigne un moment et revient au dessus du terrain faire un atterrissage, se terminant en feu d'artifice. Quelques uns de chez-nous, se précipitent en voiture, sur les lieux, voir l'amas de débris en train de flamber. Sur les entrefaites un second Ju88 fait un piqué sur tous les badauds et se déleste de quelques bombes trop biens ajustées.

Fort heureusement le plat ventre instantané, exécute avec ensemble par le public, réduit les dégâts à un serrement de ... coeur, général.

Le Lieutenant-Colonel PIJEAUD vient retrouver le Groupe au terrain 75 et prend le commandement.

Le Commandant CORNOGLION-MOLINIER appelé par ses fonctions à BEYROUTH doit nous quitter après avoir été leader de nombreuses missions. Nous voyons partir avec mélancolie un chef qui, gai compagnon à la verve inépuisable, transformais la mission la plus dangereuse en une bonne histoire.

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Sergent René BAUDEN.

Nous quittons le terrain pour un autre, situé à GAMBUT, prés TOBROUK; c'est un ancien aérodrome italien. Le terrain est couvert de petits buissons d'herbe à chameau. Il est également saupoudré d'"araignées" en fer, destinées à crever les pneus. Et ça marche!... une 1/2 heure après l'arrivée de l'échelon roulant, à peu prés tous les camions ont les pneus à plat. Il faudra des équipes disposées en tirailleurs, pour se débarrasser de cette engeance.

Le coté humoristique de l'histoire se trouve dans le fait que ces "araignées" ont été laissées par les britanniques lors du recul effectué, après la Ier campagne de LIBYE.

Le camping s'est amélioré, nous trouvons du matériel en quantité; équipement,armes,essence,avions, même une brosse à dent enduite de pâte dentifrice. Nous avons également trouvé quelques macchabées...

Le convoi auto, transportant le matériel, a eu l'occasion de faire un voyage intéressant à travers le désert. Les régions de BARDIA et HALFAYA étant toujours occupées par l'ennemi, il a fallu piquer vers sud-ouest pour ensuite remonter plein Nord, passant la frontière égyptienne garnie de barbelés à BIR SHEFERZEN. Puis ce fut SIDI OMAR où une bataille de tanks toute récente a eu lieu, y laissant de nombreux vestiges.

Parfois un nuage de poussière, au loin, se transforme en une flottille d'auto blindées fonçant vers le convoi qui philosophiquement espère que ce seront des amis.

Il y a quelquefois des discutions sur la direction suivie, de l'humour à froid, mais en définitive, personne ne se "paume" complètement et arrive au camp, à l'heure.

 

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Nous avons un jour la visite du "Maire de BENGHAZI" qui, muni de tous ses bagages s'en va prendre possession de ses fonctions. C'est l'occasion d'agrémenter la soirée, de corser un peu le menu. Monsieur le  Maire nous quitte très ému... nous aussi.

48 heures plus tard - Nous avons eu la "revisite" du Maire. Il est très surpris de nous revoir et nous demande comment nous avons pu nous déplacer aussi rapidement. Nous avons eu beaucoup de peine , à lui expliquer que nous n'avons pas bougé.

Monsieur le Maire a dû certainement avoir des ennuis avec sa boussole..

Le 20 décembre une reconnaissance offensive est effectuée contre les transports ennemis au N.E. de BENGHAZI; les forces alliées comprennent des BLENHEIMS d'un groupe anglais et 4 du Groupe LORRAINE, le tout escorté de chasseurs. Il y a deux couches de nuages assez espacées, l'une étant très prés du sol, nos appareils volent entre les deux, lorsque soudain, 15 Me 109 foncent de la couche supérieure.

En l'espace d'un instant, c'est la mêlée, l'escorte engage le combat immédiatement et les bombardiers piquent vers les nuages au dessous d'eux, les mitrailleurs faisant face aux assaillants.En quelques secondes on peut voir, amis et ennemis, des appareils en flammes, brûlant comme des torches. Les TOMAHAWKS d'escorte réussissent à abattre cinq des Me 109.

L'avion du Lieutenant EZANNO, observateur Sergent-Chef TOURNIER, radio-mitrailleur Sergent BAUDEN est pris à partie par deux des MESSERCHMITT, mais, l'équipage du BLENHEIM se défend, le pilote feinte et le calme de BAUDEN réussit de quelques rafales, à abattre l'un des assaillants, celui-ci, après une vrille désordonnée, va s'écraser au sol. L'autre appareil ennemi fait un passage, comme un éclair, mais sans succès, et devant le sort de son coéquipier n'insistera plus.

Malheureusement l'avion piloté par le Lieutenant-Colonel PIJEAUD, Observateur Lieutenant GUIGONIS, Radio Sergent DELCROS a été abattu en flammes presque immédiatement, le mitrailleur tué à sa pièce.

Le pilote donne à l'équipage l'ordre de sauter en parachute et voulant s'assurer que tous ont pu le faire et n'ayant pas de réponse du radio-mitrailleur reste à son poste. Il saute à son tour, trop tard, affreusement brûlé.

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LANN, NEUMANN, BRETON, et GUIGONIS à FUKA avec le N°39 Squadron en août 1941 (SHAA)

Le lieutenant GUIGONIS s'en tire sans une égratignure, son parachute l'a déposé assez loin et il restera pendant 5 jours en plein désert ennemi, étant sauvé par les premières autos blindées britanniques, faisant leur avance victorieuse vers l'ouest.

 

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Le Lieutenant GUIGONIS retrouve ses camarades du "LORRAINE" après ses cinq jours de survie dans le désert de LIBYE.

(Collection: Many SOUFFLAN ciel de guerre  N°13)

Dans la cour de la ferme d'un colon italien, il retrouve les débris de son avion, fait creuser, par le fermier, une tombe pour son mitrailleur et apprend que le Lieutenant-Colonel PIJEAUD, grièvement brûlé a été emmené par l'ennemi. On le retrouvera à l'hopital de BARDIA, mais malheureusement ne pouvant survivre à ses brûlures, il meurt le 06/01/1942, à l'hopital d'ALEXANDRIE, ayant donné un magnifique exemple de courage.

Un autre avion, piloté par le Sergent-Chef REDOR, observateur: Lieutenant M. de BOISROUVRAY, radio: Sergent-Chef PERBOST est porté disparu; malheureusement, aucune nouvelle ne nous parviendra de cet équipage; ce sont encore de bons vieux camarades qui sont perdus.

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En LIBYE, le Capitaine de SAINT-PEREUSE(à gauche) Commandant du groupe LORRAINE par intérim, en compagnie de deux officiers britanniques.(ICARE)

Le Lieutenant-Colonel PIJEAUD porté manquant, le Capitaine de St. PEREUSE prend le Commandement du Groupe, qu'il avait déjà eu sous ses ordres lors de l'entraînement en SYRIE . Il le Commandera jusqu'à la fin des opérations cumulant infatigable, les fonctions de pilote et de chef de groupe avec une bonne humeur égale à son courage.

Les missions toujours continuent.

Le 31 décembre pour la fin d'année, le groupe va bombarder des concentrations ennemies au dessus d'AGEDABIA. La D.C.A. ennemie, elle aussi, n'a pas oublié ses cadeaux et l'avion piloté par le Sergent-Chef MOUNES ("l'Amiral" pour les copains), revient endommagé. Il y a de nombreux trous dans l'appareil, particulièrement, un obus de D.C.A. ennemie de 20mm. a explosé dans le "cockpit" de l'observateur. Celui-ci bien que blessé n'a pas perdu son sourire, mais doit être évacué sur l'hôpital d'ALEXANDRIE.

Les missions continuent toujours sans relâche, les équipages devenus assez réduits doivent malgré tout, tenir; mécaniciens et armuriers fournissent un effort extraordinaire, sous des conditions très dures d'existence, le vent de sable  pénètre partout, le temps devient froid, le vent glacial et ils doivent travailler les doigts tout engourdis, couverts de crevasses, faisant le plein des moteurs avec des "tanakés" et chargeant les bombes à dos d'homme.

Le ravitaillement est assez difficile comme l'on peut se l'imaginer et le corned-beef est le plat de résistance. La région se prête assez peu à la chasse, les lièvres du désert ont du courir aussi vite que les carabinieri et on n'en voit à peu prés jamais. Une fois, malgré tout, par hasard, un jeune chameau a le malheur de se trouver sur la trajectoire d'une balle de Lebel, tout le monde a eu l'air d'être très peiné de ce malheureux accident, mais entre nous, les "steacks" n'étaient pas plus mal que ça.

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Camping!...

L'eau très rationnée est extraite d'un puits à moitié saumâtre et le thé qui est devenu la seule boisson pouvant être obtenue, est bu salé; y ajouter du sucre donne un mélange, impossible à avaler.

Parfois, l'arrivée d'un camion fait venir une lueur d'espoir; il pourrait contenir quelques caisses de bière en boite! mais hélas, c'est bien rare et nous en sommes quittes bien souvent pour avoir  simplement eu l'eau à la bouche.

Avec ce régime chacun devient un peu touché par un début de scorbut, les dents donnent l'impression de se balader au milieu de leur cavité et les gencives deviennent très sensibles.

Les barbes ont fait leur apparition, même une mouche très Napoléon III est arborée par mon ami TOURNIER. Les coupes de cheveux sont du type long, pleins de sable, à un tel point que certains au retour ont des "démêles" avec les coiffeurs du Caires, qui refusent de risquer d'ébrécher leurs ciseaux. Quel délice sera la première douche, au retour! Il faudra du reste plusieurs pour arriver à complètement se "désensabler".

Heureusement les "marraines" du CAIRE ou d'ALEXANDRIE entretiennent le moral grâce à de nombreuses lettres et colis... et si certains se rappellent combien ces bonnes lettres les ont réconfortés, ils se souviennent également avec attendrissement de certains saucissons, qui, pendant au plafond de la tente, n'ont jamais eu le temps de sécher.

Les équipages continuent sans arrêt à effectuer leurs bombardements, quelques uns particulièrement réussis ont valu au Groupe des félicitations particulières du commandement britannique, et malgré le nombre réduit des équipages et des avions, la bonne humeur règne.

Les tanks de Rommel ont servi bien souvent de cible, et ont du reste bien rendu cette politesse aux nôtres. Les "Buchanan Party" ont été parfois plus ou moins appréciées, spécialement celle du jour mémorable où à 800 mètres les formations firent trois passages sur une concentration de tanks bien défendue. Que de trous... Puis vient la période plus tranquille, quoique peut-être un peu monotone, du bombardement de la passe d'HALFAYA.

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CAMPAGNE DE LIBYE (novembre 1941 janvier 1942)

"HALFAYA s'est rendu sans conditions à 12h00, 17 janvier 1942. Je suis sûr que cette reddition est due pour une grande part, au résultat du bombardement, continuel et réussi, par le LORRAINE Squadron, de cette position fortement défendue. Je désire complimenter ce Squadron sur l'heureux résultat de ses efforts."

Cette dépêche du 18 janvier 1942 adressée au Groupe par le Group Captain KELLET, Commandant du N°270 Wing de la R.A.F. venait consacrer la fin d'un "service" de bombardement effectué chaque demi-heure par la "ligne GAMBUT-HALFAYA".

Enfin, le moment vient de rentrer au bercail, les appareils, sont fatigués, les équipages, le personnel à terre ont besoin de repos, aussi le commandement décide-t-il de diriger le Groupe sur le LIBAN où l'air pur, va remettre bien vite tout le monde en état. Une étape principale est prévue au terrain X prés d'ISMAILIA.

Les uns rentrent par avion, les autres par l'échelon roulant. Ceux qui reviennent par la route, sont heureux, en passant à HALFAYA PASS, de se rendre compte des effets du bombardement effectuer par le "LORRAINE"; des batteries d'artillerie gisant là démantelées.

Nous pouvons serrer la main au passage, aux  copains des Ier B.I.M. , Fusiliers Marins, Légionnaires, Bataillon du Pacifique, et tous les autres, de la Division KOENING; nos camarades de l'Armée de Terre s'en vont à la bagarre.

Beaucoup ont déjà à leur actif la 1er campagne de LIBYE. Quelques mois plus tard ils seront à BIR HAKEM...

Nous leur disons au revoir et retournons dans nos camions, contents de revenir vers des lieux civilisés et, sur la piste, à quelques kilomètres d'ALEXANDRIE, une bédouine bien sale et bien miteuse, n'a jamais compris la raison des cris d'enthousiasmes, qui ont salué en elle, la première femme aperçue depuis plusieurs mois.

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(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°12 1944)

 

 

 

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11 juin 2009

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

LISTES DES PRESIDENTS SUCCESSIFS.

Colonel BAILLY                                 27 juillet 1946

Colonel VENOT                                     3 mars 1951

Colonel NOIROT                               1er mars 1952

Colonel PUGET                                 28 février 1953

Général BAILLY                                  27 mars 1954

Général PUGET                                28 février 1960

Gilbert RUELLAN                            24 février 1961

Général CALMEL                               21 mars 1985

Général THIRY                          22 septembre 1987

HOMMAGE A GILBERT RUELLAN

ET AU GENERAL JEAN CALMEL

Gilbert RUELLAN, parce que durant de nombreuses années il assura la continuité de l'Amicale, et le Général Jean CALMEL parce qu'il sut, à partir de 1985, lui donner un nouvel essor.

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Gilbert RUELLAN

Gilbert RUELLAN est né le 6 septembre 1920 à MAURON dans le MORBIHAN. A l'issue de ses études secondaires au lycée Dupuy de Lôme, il entre en classe préparatoire aux Grandes Ecoles. En septembre 1939, il s'engage pour la durée de la guerre: ce qui lui permet de choisir son arme. A l'issue de ses classes à Versailles, il est muté en formation. Après la débâcle de mai-juin 1940, il se retrouve à Chateauroux où il est démobilisé. Avec un camarade, il tente de partir pour l'Angleterre mais leur aventure se termine en bout de piste.

En 1941, grâce à un parent, Charles RUELLAN, Député des Cotes-du-Nord, il réussit à partir pour le Maroc dans les chantiers de jeunesse. Il n'y reste pas inactif. Avec Jacques HESSE, un Alsacien, et quelques camarades dont le futur Général Jacques FAURE, il prend part à l'organisation du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942. Après ce débarquement, il s'engage à nouveau. Après une courte période d'entraînement il rejoint les Groupes Lourds où il devient le bombardier de l'équipage du Commandant DEMAZURE.

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Commandant: DEMAZURE  Navigateur, Capitaine: BOE Pilote, Sous/Lieutenant: RUELLAN Bombardier, Sous/Lieutenant: CARISTAN  Mécanicien, Sergent: PLOYE  Radio, Sergent: AZEMA Mitrailleur-supérieur, Sergent: BRESSON Mitrailleur-arrière.

Avec cet équipage, il effectue un tour d'opérations complet qu'il termine le 22 mars 1945. Après un court séjour à l'Etat-Major de Londres, il est démobilisé. Il entre alors aux Etablissements Debrie dont il deviendra le Directeur Général.

Très attaché aux Groupes Lourds et à son Amicale, il en devient le Président en 1961. Il le restera jusqu'au moment où une chute le rendra paralytique. Pendant cette période de plus de vingt années, il fut un des rares à vouloir maintenir la tradition des Lourds et à tout faire pour que le sacrifice de nos morts ne sombre pas dans l'oubli.

QU'IL EN SOIT ICI VIVEMENT REMERCIE.

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Général Jean CALMEL

Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Jean CALMEL fit une brillante carrière dans l'Armée de l'Air. Ma première rencontre avec lui eut lieu sur le S/S ORBITA qui, fin août 1943, emmenait le Groupe "GUYENNE" d'Alger à LIVERPOOL.

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S/S ORBITA

Chaque jour, mettant à profit la lenteur de la traversée, le Commandant VENOT en charge du groupe, recevait, un à un, les membres d'équipage.Soudain, je vis sortir de son bureau un jeune Capitaine, élégant, aux cheveux frisés et au teint mat, qui confiait à qui voulait l'entendre: "Enfin! je suis reclassé pilote dans un équipage". Si je rapporte cet épisode, c'est que Jean l'a raconté lui-même dans son livre PILOTES DE NUIT, paru en 1952 à " La table ronde". Il ne put maîtriser sa joie. Excellent pilote, brillant officier, il avait le savoir et le savoir-faire, mais il aimait aussi " faire savoir". C'etait son coté "relations publiques".

Après le débarquement à LIVERPOOL, nous fûmes séparés pendant la durée des stages par spécialités. Nous nous retrouvâmes au centre de formation des équipages de LOSSIEMOUTH, par 57°42' de latitude nord. Là, durant l'hiver 1943-44, nous avons partagé le breakfast: porridge, spam, omelette à la poudre d'oeufs et l'insipide white coffee. Nous avons connu les vols dans la longue nuit, la grêle, les nuages, le froid et le givre, mais aussi la joie de sentir l'équipage toujours un peu plus soudé, un peu plus volontaire.

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Capitaine: CALMEL Pilote, Lieutenant: BERRARD Navigateur, Sous/Lieutenant: PARDOEN Bombardier, Sergent: ALIX Radio, Adjudant/Chef: ROUX Mécanicien, Sergent: MECHALY Mitrailleur-supérieur, Sergent: LADET-CHASSAGNE Mitrailleur-arrière.

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Madame Suzanne CALMEL dévoile la plaque commémorant le bombardement de la batterie allemande de Maisy par le groupe "GUYENNE" le 2 Juin 2009.

C'est à ELVINGTON que nous avons vécu côte à côte, notre tour d'opérations. Nous fûmes parmi les sept équipages qui eurent la chance et l'honneur d'effectuer deux missions dans la même journée (désormais historique) du 6 juin 1944: le matin, en bombardant à 3 h 23 les batteries allemandes de GRANDCAMP-MAISY et le soir, vers minuit, la gare de Saint-lô. Nous fûment de ceux qui, n'étant pas sur les ordres dans la nuit du 4 au 5 novembre 1944, attendirent en vain le retour de cinq équipages du groupe: nuit terrible où 24 camarades trouvèrent la mort. Nos carnets de vols ont enregistré pour toujours des bombardements sur les points de résistance allemands autour de Caen, Boulogne ou Calais; sur les rampes de lancement des bombes volantes du bois de Cassan, du mont Candon ou de la forêt de Nieppe; sur les vieilles connaissances du BOMBER COMMAND qu'étaient les villes d'Essen ou de Cologne; sur les aérodromes de Wenloo, Eindhoven ou Mûlheim; sur les raffineries d'essence syntétique de Sterkrade, Wanne-Eickel ou Gelsenkirchen. Tout cela sur un rytme endiablé. Ce fut notre plus belle heure.

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Les retrouvailles à l'occasion d'une réunion de l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds.

de gauche à droite:

Une invité, le Lieutenant-Colonel CALMEL, le Commandant GOEPFERT, le Commandant BOURGAIN, et le Lieutenant-Colonel NOIROT.

Jean CALMEL restera, pour le plus grand nombre, le Général de corps aérien qui, en son temps, fut major général de l'armée de l'Air. Pour ma part, je préfère garder en mémoire le souvenir du jeune Capitaine, au visage émacié dans lequel brûlaient deux yeux de flamme ardente, qui à mes cotés et avec tous les officiers présents dans la grande salle du mess des officiers d'ELVINGTON, se dressa le 23 août 1944, pour écouter la Marseillaise diffusée par la B.B.C. en l'honneur de la libération de Paris. Jamais on n'avait entendu, jamais peut-être on n'entendra, une Marseillaise plus émouvante, qui fit perler des larmes sous les yeux de jeunes hommes qui retrouvaient chaque soir l'enfer du ciel

G. PLAGNARD.

(sources; NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE, Auteur: Louis BOURGAIN, LES FOUDRES DU CIEL, Auteur: Général NOIROT.)

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09 juin 2009

BIBLIOGRAPHIES SUR LES GROUPES LOURDS

BIBLIOGRAPHIES SUR LES GROUPES LOURDS

- DIX ANS D'AVENTURES DANS L'AVIATION MILITAIRE ET DANS L'AVIATION CIVILE. Auteur: Jean MARECHAL.(Disponible chez l'auteur: au prix de 15 euros port compris, a l'Adresse suivante: Monsieur Jean MARECHAL, 9 Allée Garcia Lorca, 49240 Avrillé.

-FEU DU CIEL - FEU VENGEUR. Auteur: Pierre-Celestin DELRIEU, edt. GERBERT AURILLAC.

-LES FOUDRES DU CIEL. Auteur: GENERAL NOIROT, edt. FRANCE EMPIRE.

-NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Squadrons 346et347 L'épopée des GROUPES GUYENNE et TUNISIE en Grande-Bretagne (1943-1945) Auteur: Louis BOURGAIN.

-LE "L" for LOVE AU DESSUS DE L'ENFER. Auteur: Andrée A. VEAUVY. (disponible au prix de 38 euros port compris, a l'adresse suivante: Mme Andrée VEAUVY, 32 rue victor hugo, 33160 St Medard-en-Jalles.)

-LES GROUPES FRANCAIS DE BOMBARDEMENT LOURD EN GRANDE-BRETAGNE 1943/1945. Mémoire des Groupes Lourds,Auteur: Colonel(H) Robert NICAISE.

-LA VALLEE HEUREUSE. Auteur: Jules ROY, edit. ALBIN MICHEL.

-RETOUR DE L'ENFER. Auteur: Jules ROY,edit. GALLIMARD.

-LE NAVIGATEUR. Auteur: Jules ROY, edit.GALLIMARD.

-DANSE DU VENTRE AU-DESSUS DES CANONS. Auteur: Jules ROY, edit.FLAMMARION.

-PILOTES DE NUIT. Auteur: Jean CALMEL, edit. LA TABLE RONDE.

-MEMOIRES D'UN INCENDIAIRE. Auteur: Louis GERMAIN, edit.JULLIARD.

-BOMBARDIER DE NUIT. Auteur: Louis NOIROT.

-LA VICTOIRE APRES L'ENFER. Auteur: Louis BOURGAIN.

-ARAIGNEE DU SOIR. Auteur: Henri DELAUNAY.

-ECRITS DE GUERRE. Auteur: P.M. GALLOIS.

-ICARE. Revue publiée par les pilotes de ligne, N°187

- DE L'OMBRE A LA LUMIERE. Autobiographie. Auteur: Léonce SEMAIL.

- LE GROUPE GUYENNE EN GRANDE-BRETAGNE. Journal de marche du groupe "GUYENNE" en opérations. Auteur: Capitaine COCHO.

-L'AILE MEURTRIE. Auteur: René TORRES edit. LES EDITIONS LA BRUYERE.

-10.000 HEURES DE VOL. Auteur: René PUGET, edit. FLAMMARION.

-LE GROUPE DE BOMBARDEMENT TUNISIE du 8 novembre 1942 a la victoire,edit. BERGER LEVRAULT.

-DE PARIS A ELVINGTON. Auteur: Robert SAUBRY-BOBET. edit. YSEC.

-LES BOMBARDIERS VOLENT VERS L'EST. Auteur: Bruce SANDERS, edit. ARTHAUD, 1946.

-LE SOUFFLE DE LA PEUR. Auteur: Claude CATTELAT, (alias Claude Saint-Benoît) edit. du SCORPION 1956.)

-LA DESTRUCTION DE DRESDE. Auteur: David IRVING, edit. Robert LAFFOND, 1964)

-ARAIGNEE DU SOIR. Auteur: Henri DELAUNAY. (Récits recueillis par Simone DELAUNAY) edit. FRANCE-EMPIRE (1968)

-LA VICTOIRE APRES L'ENFER. Auteur: Louis BOURGAIN. (edit. Imprimerie PANDA) 1993.

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HISTORIQUE DE L'AAAGL

HISTORIQUE

DE L'AAAGL

RECIT DU COLONEL

(De réserve de l'ARMEE DE L'AIR)

PIERRE-CELESTIN DELRIEU

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Lt DELRIEU, (Auteur du récit: dans son livre FEU DU CIEL - FEU VENGEUR), Cpt. BORNECQUE, Lt LAFOND

Sgt/C HEYVANG, Sgt SANSON, Sgt/C LEBEDEL, Sgt CHEYMOL.

L'équipage en tenue de travail.

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Général BAILLY

Née dans l'enthousiasme, sous la présidence du Général BAILLY, elle comptait, la première année, près de 1.000 adhérents.Elle diffusait "L'OPS" (abréviation d'Opérations), un bulletin qui donnait à chacun des nouvelles de tous. Les cotisations, les dons, le résultat  de la fête annuelle alimentaient la caisse de secours de l'Amicale; celle-ci avait donc pu venir en aide à quelques familles et à quelques camarades dans le besoin; et, tous les ans, elles envoyait un colis ou un mandat aux 130 orphelins de camarades tués ou disparus.

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Avec la dispersion et les années, l'enthousiasme s'estompe; les réunions ne rassemblent que quelques"parisiens"; le nombre des adhérents tombe à une centaine en 1954; et, malgré des rappels pressants, il ne remontera jamais à plus de 300.

Les généraux BAILLY et VENOT se succèdent, à deux reprises, à la présidence; les colonels NOIROT et HOQUETIS y font une brève apparition; le général PUGET recueille les miettes en 1959... "L'OPS", en sommeil depuis prés de trois ans, reparaît en mars 1960; un dernier numéro, en décembre, présente ses "voeux pour 1961 à tous"... Et puis plus rien. Le grand silence, le vide du désert...

L'oubli serait-il déjà venu, qui enveloppe et qui efface?... Certes non; chacun garde au coeur ses souvenirs, impérissables... Mais il y a la négligence, l'apathie, la dispersion, les contraintes de la vie... Qui sait, Peut-être un brin de jalousie, qui s'insinue chez quelques-uns, quand ils éclairent leur avancement à la pléiade qui brillent sur les manches de nombreux anciens...

Le rôle de l'Amicale n'a cependant pas été négligeable:  rôle social et d'entraide, nous l'avons dit; et culte du souvenir

Grâce à ses démarches, les corps de nos camarades inhumés en Allemagne et au cimetière d'Harrogate sont rendus sans retard à leur famille. D'émouvantes cérémonies marquent leur retour. Ainsi reviennent pour reposer côte à côte, en terre Dauphinoise, à Grenoble, les restes du Lieutenant GONTHIER et de trois de ses compagnons d'équipage. Tant de souvenirs qui se réveillent en moi, ce 1er juin 1951, tandis que, revêtu de l'uniforme de l'Armée de l'Air, je suis le funèbre cortège...

Culte du souvenir aussi, lorsque l'Amicale envoie une délégation, le 1er novembre 1955, à l'inauguration du mémorial élevé dans la cathédrale d'York à la gloire des 18.000 aviateurs des Groupes IV, VI, VII du BOMBER COMMAND, tombés au champ d'honneur; parmi eux, ceux des "Squadrons" français 346 et 347.

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Culte du souvenir encore, l'érection d'une stèle à ELVINGTON, après un long cheminement... On en parlait déjà, le 11 février 1947, à la réunion du comité provisoire de l'Amicale!.... Il faudra attendre plus de dix ans la réalisation et l'inauguration de cette stèle commémorative. Quelle patience! Quelle persévérance il aura fallu aux membres du bureau pour faire bouger l'administration britannique! De guerre lasse, le général VENOT suggère même de renoncer; c'est alors que le colonel PUGET nouvel attaché de l'Air à Londres, reprend le dossier en 1955. Son action est efficace, puisque la stèle est inaugurée le 28 septembre 1957... Enfin! mais que de papiers!...

Nous nous sommes retrouvés quelques-uns, de l'active et de la réserve, à cette cérémonie, autour des Généraux BAILLY, VENOT, PUGET et des autorités britanniques, dont notre ami de toujours, l'Air Commodore WALKER. Cérémonie militaire, simple et émouvante; brève aussi, trop brève ! comme souvent. Mais les deux avions mis à notre disposition sont pressés; le nôtre doit rentrer à Paris-Le Bourget dans la journée.

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La stèle, dévoilée, symbolise une aile. Sur un socle de granit, un bloc en forme de tronc de pyramide à gauche; accolée à ce bloc, une pierre quadrangulaire, plus vaste, plus mince, et à peine plus basse, à travers laquelle se découpe la silhouette du "HALIFAX", ainsi immortalisée; au-dessus de ce vide, sculptés dans la masse, les deux mots "GROUPES LOURDS", en demi-cercle et en lettres capitales. Le bloc de gauche porte lui, une plaque de bronze, sur laquelle est gravés, en Français et en Anglais, l'inscription suivantes:

"ICI STATIONNA EN 1944 ET 1945 LE GROUPEMENT DE BOMBARDEMENT N°1, COMPRENANT LES GROUPES FRANCAIS "GUYENNE" ET "TUNISIE"

SQUADRONS 346 ET 347 DE LA R.A.F.

"CE MONUMENT RAPPELLE LEURS COMBATS

ET LE SACRIFICE DE LEURS MORTS."

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(collection: Geneviève MONNERIS)

Voici réunis 42 ans plus tard après l'inauguration de la stèle quelques vétérans des GROUPES LOURDS en visite à ELVINGTON

LE 12 MAI 2009

Louis HERVELIN, Hervé VIGNY, Pierre PATALANO, Lucien MALLIA, André GUEDEZ.

Le but était atteint: implantation d'une stèle sur un carré de terre française, en bordure de la route de YORK au village d'ELVINGTON, à quelques dizaines de mètres de l'entrée de la base. Un maillon incassable à la chaîne de l'amitié FRANCO-BRITANNIQUE.

Désormais, l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds Français pouvait se laisser mourir... Le coup fatal lui fut porté par le projet, quelque peu saugrenu, de la faire fusionner avec les autres associations de bombardiers, celles des "MARAUDEURS" et celle des anciens du "LORRAINE"; avec une variante plus audacieuse: créer une seule amicale du Bombardement, dans laquelle serait admis le personnel de tous les groupes de bombardiers en activité, les premiers invités étant, bien sûr, les "VAUTOURS" de Cognac.

Le projet ne fit long feu. On ne pouvait mêler "les Lourds" aux autres. Leur auréole de renommée et de gloire s'y opposait. Amitié solide et durable entre anciens d'ELVINGTON, oui ; mais amitié qui ne se partage pas; il faut avoir vécu l'hiver sinistre de 1944/45 pour se comprendre et pour s'aimer. Frères dans la peine et les dangers et frères dans la paix retrouvée; mais, s'il vous plaît, restons en famille...

Hors l'Amicale, la vie d'après-guerre a continué pour les uns et les autres; je veux dire pour ceux de l'Active et pour ceux de la Réserve; les uns lancés dans la carrière, avec les risques que comporte le métier des armes; les autres pour qui la vie, plus sereine, reste néanmoins un combat.

Ainsi notre vénéré "PADRE", le R.P. et Capitaine de réserve MEURISSE, s'est-il battu pour achever, au maroc, son église d'IFRANE.

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Ainsi se sont battus, pour se refaire un métier, un toit, une vie, en France, ceux de nos frères d'armes que nos Républiques, quelles qu'elles soient, ont laissé chasser de la TUNISIE, du MAROC ou des département français d'Algérie. Et il y aurait, sur ce sujet, de poignantes pages d'histoire à écrire...

Ceux qui sont restés sous l'uniforme ont bourlingué ferme, pendant 17 ans; ils se sont rencontrés au hasards des affectations et des escales; ils se sont perdus, puis retrouvés, aidés, soutenus; ils ont bu le pot de l'amitié au bar du mess; ils se sont serré les coudes comme autour des "HALIFAX"; et un jour on a parlé de la "maffia des Lourds"... Le mot était trouvé!

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Plaisanterie mise à part, il est incontestable que tous ceux de la campagne de Grande-Bretagne, d'Alger à Liverpool, de Lossiemouth à Elvington, constituaient un personnel instruit, entraîné, compétent; et qui exerçait ses qualités à tous les niveaux, dans tous les postes à lui confiés. L'avancement y trouvait son compte; les galons germaient; les étoiles fleurissaient... Il en est ainsi après toutes les guerres; ceux qui restent sont d'autant plus glorieux que les pertes ont été plus sévères; ce sont les morts qui font la gloire des vivants...

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Des drames et des pertes encore et toujours; de la "bataille dans les rizière" aux Djebels algériens, la liste serait longue à établir, de tous les Anciens tombés en service aérien commandé..Des noms me reviennent en mémoire, qui furent parmi les meilleurs d'entre nous. Citons le Lieutenant-Colonel BLAES. Les Commandants DUTREY-LASSUS, MARTIN L.L., FLESCH; Les Capitaines BOURGEOIS, ALLEGRE, ROUSSEAU, PERSINETTE,CLAIREFOND (à Madagascar) SANTI (au Cameroun), UMBRECHT, FAYARD (en indochine); les Lieutenants BLOT, MANFROY; etc...etc... Tant de vie semées dans tous les ciels de France et d'ailleurs !

Et puis, les années ont passé; et le temps des Groupes Lourds, lui aussi, a passé; et, un à un , atteints par la limite d'âge de leur grade, les Anciens ont quitté l'uniforme pour revêtir la tenue " bourgeoise". Les généraux ont duré le plus longtemps; certains sont parvenus à une dimension nationale: BAILLY, PUGET, BROHON, THIRY, GALLOIS, BECAM, AUBERT, (député de MENTON).... Le dernier à rendre son "tablier" a été le général LORIDAN, qui en 1945, était un tout jeune Lieutenant, bombardier au "TUNISIE".

Depuis longtemps, déjà, nous cultivons tous notre jardin, heureux de vivre, heureux de nous retrouver de temps à autre, quelques intimes, et et de rappeler les vieux souvenirs.

Et nous parlons, avec une bienfaisante nostalgie, de " ces années d'épreuves et de joies que je commence à lentement regretter", écrivait déjà Louis GERMAIN en 1951. Faut-il vraiment les regretter? Certes non ! Et nous devons même tout faire pour que jamais, ne revienne la guerre... Mais nous pouvons être fiers de les avoir vécues, être conscients qu'elles nous ont marqués.

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Puis l'obstacle résiste, je l'ai déjà dit, et plus grande est la joie de l'avoir vaincu. Ainsi en est-il de la vie: on apprécie d'autant plus de la vivre qu'on a peiné davantage pour la gagner et la conserver. Comme disent les paysans auvergnats: "Avoir trimé rend la vie agréable".

Et maintenant, sur la pente rapide de notre destin, chacun de nous, en lui-même, revit ce qu'il a vécu. Certains songent peut-être, comme je le fais, à confier à la plume leur réflexions et leurs pensées; ainsi nos jeunes sauront-ils ce que nous avons fait...La plupart, sans doute, gardent pour eux, enfouis dans leur coeur et leur mémoire, ces souvenirs d'un temps révolu. Le monde d'aujourd'hui pourrait-il seulement les comprendre ?

PIERRE-CELESTIN  DELRIEU.

(sources: FEU DU CIEL FEU VENGEUR. Auteur: Pierre-Celestin DELRIEU - LES FOUDRES DU CIEL. Auteur: Général NOIROT - NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Auteur: Louis BOURGAIN)

 

 

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07 juin 2009

CRASH SUR LA PISTE D'ELVINGTON

CRASH SUR LA PISTE

D'ELVINGTON

LE 7 AVRIL 1945

Le 7 avril 1945, pendant que je m'escrimais pour revenir coûte que coûte dans le cycle des opérations aériennes et y être parvenu grâce au Capitaine VEAUVY, les missions de bombardement de nuit sur l'Allemagne s'étaient poursuivies au rythme habituel, nous perdions encore deux équipages au GUYENNE et un au TUNISIE.

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Equipage du Capitaine GOEPFERT.

La ville de RECKLINGHAUSEN était attaquée le 20 mars.(GUYENNE 8 avions - TUNISIE 6 avions) DULMEN subissait l'assaut de 130 bombardiers le 22 (GUYENNE 8 avions - TUNISIE 9 avions), et le 24 c'était STERKRADE, dans la RUHR, qui était bombardée par 177 avions (GUYENNE 9 avions - TUNISIE 10 avions). Le 24 mars, OSNABRUCK était pilonnée par 156 avions( GUYENNE 4 avions - TUNISIE 9 avions); au cours de cette mission, le (K) du Capitaine GOEPFERT et le (J) du Commandant MARCHAL étaient sérieusement touchés par la FLAK, mais tous les appareils anglais et ceux de chez nous ayant participé à ces différentes missions purent rentrer normalement à leur base

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Equipage du Commandant MARCHAL.

Plusieurs jours se passèrent pour VEAUVY dans l'attente. Sur le front qui devenait mouvant. MONTGOMERY  et PATTON avaient enfin traversé le Rhin et continuaient tant bien que mal leur progression en Allemagne. J'en arrivais à me demander si le BOMBER-COMMAND aurait encore des objectifs "disponibles" avant que la fin de la guerre arrive...

Aux groupes GUYENNE et TUNISIE, ce temps mort était mis à profit pour permettre aux équipages de se familiariser, par quelques vols d'entraînement, avec les nouveaux appareils dont on venait de nous doter, il s'agissait d'HALIFAX VI, plus rapides et plafonnant plus haut que les HALIFAX III.

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Le Capitaine VEAUVY  me présentait à son équipage. Après mon intégration, ce dernier était ainsi composé:

Sergent Raphaël MASSON, mitrailleur-supérieur;

Sergent Alexandre BARTH, mitrailleur-arrière;

Sergent-Chef Paul GRIDELET, pilote;

Capitaine François VEAUVY, Commandant de l'avion navigateur

Adjudant Georges BAL, bombardier;

Sergent-Chef Jean GRIFFE, mécanicien;

Sergent-Chef Robert MAYEUX, radio;

devant l'équipage: 1 soldat, l'Adjudant ROLAND, le Sergent VERDIER et 1 autre soldat, les 4 mécaniciens au sol, responsables 38 fois de la haute tenue de l'avion en vol de guerre.

Veauvy semblait très fier de son équipage dont les membres me parurent sympathiques, ils semblaient satisfaits de mon arrivée pour "remettre ça"... j'eus l'impression d'être adopté d'emblée.

(A lire absolument le récit de Raphaêl MASSON le mitrailleur-supérieur de l'équipage du Capitaine VEAUVY notre plus jeune engagé volontaire encore parmi nous aujourd'hui. (Raphaêl MASSON souvenir d'une de mes 36 missions).

Le 5 avril, mon nouvel équipage figurait sur les ordres, non pas pour partir en mission, mais pour effectuer un vol d'essai sur le (P) qui venait d'être livré, la veille. A sa sortie d'usine, il était passé par les services de maintenance pour les ultimes vérifications. Il était neuf, rutilant, c'était un bel "engin" le RG 592.

Usine constructrice du HALIFAX RG 592

ENGLISH ELECTRIC

A construit 80 B III - 400 B VI - 20 B VII.

Squadron 346 "GUYENNE"  H 7 P - RG592 -  livré le 04.04.45 (Crokscrew) après vol d'entraînement atterrissage accompagné d'une rupture de l'aile gauche à 5 mètres du sol. Cpt. VEAUVY, Pilote S/Lt GRIDELET - hors d'usage le 07.04.45.

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(source: Le "L" for LOVE DU Capitaine VEAUVY, Auteur: Andrée A. VEAUVY.)

 

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"Le Capitaine MEMIN, NAVIGATEUR Commandant d'avion, devait recevoir le HALIFAX VI (P) après le vol d'essai effectué par l'équipage du Capitaine VEAUVY et partir le soir même en mission: ses hommes et lui-même revenaient de loin également"

Le vol  d'essai eut lieu dans le courant de la matinée, il dura 50 minutes. En l'air chacun ,dans sa spécialité, se mit en devoir de tester ses appareils de travail qui, à vrai dire, ne se différenciaient guère de ceux auxquels nous étions habitués sur HALIFAX III. A l'atterrissage, la satisfaction était générale, particulièrement le pilote GRIDELET qui trouvait l'avion plus maniable que l'ancien, les commandes répondaient mieux, ce qui rendait le pilotage plus agréable.

Le 7 avril, nous étions de nouveau sur les ordres. Cette fois, il s'agissait d'effectuer un exercice de combat aérien avec un SPITFIRE, le chasseur anglais tant redouté des aviateurs allemands. Le point et l'heure de rencontre des deux avions furent fixés au cours d'un briefing auquel le pilote anglais n'assistait pas... Ce fut pour nous un peu surprenant, mais on nous assura que tout était réglé... Nous devions attendre le chasseur au lieu de rendez-vous à l'altitude de 9000 pieds (3000 mètres).

La météo n'était pas trop favorable. Pour atteindre l'altitude prescrite, il nous fallut traverser une couche assez épaisse d'alto-stratus de 5000 à 7000 pieds, puis arrivés à 9000 pieds on attendit notre chasseur. Ce fut en vain! Après une demi-heure d'attente, VEAUVY prit une décision: il avisait, par téléphone de bord, tous les membres de l'équipage que pour que ce vol ne soit pas inutile, nous allions procéder à un simulacre de combat, en appliquant les règles d' "Evasive Actions", enseignées dans les écoles de la R.A.F., pour parer  l'attaque des chasseurs ennemis, parade que THIRY avait plusieurs fois mis en pratique au cours de nos missions, en particulier au retour de MAGDEBOURG...

Lorsque tout le monde fut prêt, le "bal" commença. Il s'agissait d'exécuter un "CORKSCREW" (tire-bouchon) censé éviter l'attaque de l'assaillant. 

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Mitrailleur-arrière: Sergent BARTH

Ce fut le mitrailleur de queue qui commença:

Attention!... Attention!... chasseur attaque 3/4 arrière gauche..

puis trois secondes après: "TOP"!...

L'attaque venant de l'arrière gauche, au "TOP", le pilote plongeait brutalement par la droite amorçant le début de vrille à 30 degrés, puis après trois ou quatre secondes de piqué redressait l'avion en le cabrant de 60 degrés vers la gauche en remontant...

Ce genre d'exercice n'était pas fait pour ceux qui avaient les tripes mal accrochées, mais il faut reconnaître que ces figures acrobatiques avaient sauvé la vie de bien des équipages en opérations.

Pendant plus de 20 minutes, on se livra à ce petit jeu, tantôt en piquant à droite, tantôt en piquant à gauche, obéissant aux ordres des mitrailleurs, puis VEAUVY demanda à GRIDELET ce qu'il pensait de l'avion. Il en était enchanté, son excellente maniabilité pouvait améliorer l'exécution des figures de défenses en cas d'attaque, ce qui n'était pas négligeable. VEAUVY satisfait décidait  de rentrer à la Base. La couche de nuages nous absorba un bon moment pendant la descente. Arrivés près du terrain, VEAUVY demandait l'autorisation d'atterrir. Elle lui fut accordée aussitôt. Après un dernier tour de piste, GRIDELET se présenta en descente douce dans l'axe   de la " runway" de service. Nous arrivions en fin de configuration d'atterrissage et nous étions à cinq ou six mètres au-dessus de début de la piste, lorsque j'entendis un hurlement dans mes écouteurs, le mitrailleur-supérieur criait: 

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Mitrailleur-supérieur: Raphaêl MASSON

Auteur: du récit

LE SOUVENIR D'UNE DE MES 36 MISSIONS

M...  !.... le plan gauche qui se débine!

Dans le même temps, l'avion s'inclinait brusquement à gauche, tandis que j'étais projeté brutalement de ce côté, là où l'aile venait de se déchirer à environ 40 centimètres du fuselage et son extrémité pendante labourait la piste forçant l'avion à virer à gauche en pleine course. GRIDELET coupait rapidement les moteurs. Le HALIFAX finissait ses derniers mètres sur le ventre, la roue et la partie gauche du train d'atterrissage arrachées, l'aile presque détachée du fuselage raclant le sol de plus belle fit faire à l'avion un brusque "cheval de bois" à gauche hors de la piste puis s'immobilisa...

C'était le "CRASH", et dans, ce cas-là, les risques d'explosion et d'incendie sont fréquents dans les secondes qui suivent, aussi était-ce avec une extrême rapidité que l'on se précipitait hors de l'avion un peu meurtris par le choc, tandis que les voitures de sécurité, les pompiers de la base, les ambulances arrivaient à toutes vitesse sur les lieux de l'accident. Les pompiers arrosaient aussitôt l'avion de neige carbonique pour éviter que le feu se déclare. Bien qu'ayant été très secoués, personne dans l'équipage n'était blessé, si ce n'est quelques bosses ou bleus par ci par là, qui n'avait rien de grave.

Nous regardions, un peu ahuris et déçus, ce bel avion flambant neuf le matin encore, gisant maintenant comme un pantin disloqué, sans bien comprendre ce qui s'était passé. L'aile gauche s'était détachée du fuselage avant que les roues touchent le sol, le pilote ne pouvait donc pas être incriminé, c'est ce que VEAUVY expliquait au Commandant PUGET, arrivé lui aussi dés qu'il fut informé. Il ne semblait pas convaincu, il penchait pour la thèse selon laquelle l'avion avait fait un très dur atterrissage... Il fallut le témoignage de tous les membres de l'équipage pour qu'il admette enfin la vérité. VEAUVY défendit farouchement son pilote qui, comme je le confirmais également, n'avait commis aucune faute professionnelle.

L'enquête technique déterminera les responsabilités! dit le Commandant PUGET en remontant dans sa voiture.

A ce moment-là, l'équipage l'aurait volontiers étripé!

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Capitaine François VEAUVY Navigateur (Cdt de l'avion)

Nous étions toujours sur la piste, près des restes du "P", nous nous regardions essayant encore de comprendre ce qui venait de nous arriver. Nous eûmes soudain, VEAUVY et moi, la même pensée... Une peur rétrospective s'emparait de nous: Nous venions d'effectuer, quelques minutes avant l'accident, et ce, à 9000 pieds, c'est-à-dire à 3000 mètres d'altitude, un combat fictif donnant lieu à l'exécution de figures aériennes au cours desquelles la cellule de l'avion était soumise à de très fortes pressions et torsions qui faisaient travailler toute la structure mettant sa résistance à une très dure épreuve. Or, c'est à l'atterrissage, lorsque l'avion ne subit plus d'efforts, que l'aile a commencé à s'arracher alors que le "P" était encore à environ 5 mètres du sol... Logiquement, c'était au cours du combat simulé, à 3000 mètres, que l'accident aurait dû se produire, l'avion serait tombé comme une pierre, en chute libre, l'aile gauche complètement séparée du fuselage, ne donnant pas la moindre petite chance à l'équipage d'évacuer en parachute.

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Bombardier: Lieutenant Yves ROUXEL

C'était vraiment incompréhensible... Personnellement, en moi-même, je ne voyais qu'une seule explication, il m'eut été difficile de faire partager cette conviction avec mes camarades d'équipage mais je ne voyais là qu'une bienheureuse intervention divine!...

C'est vraiment un miracle que nous soyons encore vivants... dit VEAUVY.

Il ne croyait peut-être pas si bien dire! Il avait trouvé le mot adéquat... c'était un miracle.

Des membres du personnel de la tour de contrôle qui avaient réglé et observé notre atterrissage confirmèrent notre version et leur témoignage fut consigné, un peu plus tard dans le rapport d'accident établi par la commission d'enquête britannique chargée d'en déterminer les causes. Se basant sur des précédents, elle en vint à admettre la possibilité d'un acte de sabotage en usine, sans toutefois être en mesure d'en apporter une preuve absolue... Cela n'expliquait quand même pas notre retour miraculeux sur la terre ferme!

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Commandant PUGET

Cette conclusion apporta cependant un certain soulagement au Commandant PUGET et à nous aussi.

Yves ROUXEL.

(sources: Le "L" for LOVE DU Capitaine VEAUVY Auteur: Andrée A. VEAUVY.        L'OPS. N° 11)

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31 mai 2009

LA POINTE DU HOC

LA POINTE DU HOC

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Attaque avant le jour-J de bombardiers HAVOC A-20 contre la batterie allemande supposée se trouver en haut de la pointe du Hoc.

(Library of Congress)

Avant le jour-J, les services de renseignements alliés avaient repéré une batterie allemande de 6 pièces de 155 mm nichée au sommet de la pointe du Hoc à 5 km à l'ouest d'OMAHA BEACH, une falaise verticale de 30 m avec une plage de 25 m en contre-bas. Comme OMAHA se trouve à portée de tir de ces canons et que ni un bombardement ni l'artillerie ne peuvent à coup sûr en venir à bout, une Task Force de 2 bataillons de rangers est désignée pour les réduire au silence. Spécialement des assauts de falaise, ils utiliseront des fusées pour lancer des grappins de corde jusqu'au sommet et des échelles coulissantes empruntées aux sapeurs-pompiers de Londres.

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Le jour-J, les Rangers du 2e bataillon de l'armée américaine escaladeront ces falaises de 30 m, afin d'attaquer les 6 canons de 155 mm censés menacer OMAHA BEACH. Les casemates s'avéreront vides, les canons retrouvés à l'écart seront détruits.

Le plan prévoit une première vague de 3 compagnies des 2 Rangers commandés par le Colonel James RUDDER, en même temps que l'assaut principal. A l'extrémité ouest d'OMAHA, une quatrième compagnie (Charlie company), doit investir la position allemande de la pointe de la Percée, puis couvrir le flanc du débarquement à la pointe du Hoc. Le 5e Rangers dans son ensemble et les 2 compagnies restantes constituent la seconde vague, prête, en cas de succès, à débarquer immédiatement et à avancer en direction d'Isigny sur le flanc ouest d'OMAHA. En cas d'échec de la première partie de l'opération, elle doit renforcer Charlie company sur OMAHA BEACH et prendre la pointe du Hoc à revers.

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Les Rangers escaladent les falaises à l'aide d'échelles coulissantes et de cordes munies de grappins lancés par des fusées.

Le jour-J, les péniches transportant les 255 hommes de RUDDER sont entraînées par le courant vers la pointe de la Percée à l'est, et atteignent la plage minuscule de la pointe du Hoc avec 40 minutes de retard. Sans nouvelles, la seconde vague, sous les ordres du Colonel Max SCHNEIDER, conclut à un échec et débarque à OMAHA, où elle rejoint la 116e DI.

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Les artilleurs allemands camouflent leur pièce sous un filet pour déjouer la surveillance aérienne. De nombreux canons de ce type menaçaient les plages du débarquement et il fallait, pour les réduire, les bombarder ou envoyer un commando.

(Bundesarchiv)

Or, soutenus par les destroyers USS Satterlee et HMS Talybont, les Rangers escaladent la pointe du HOC sous le feu allemand et atteignent le sommet en 5 minutes, ne perdant que quelques hommes.Les Allemands cèdent immédiatement le terrain, abandonnant des casemates vides et partiellement démolies par les incessants bombardements. La résistance n'avait pu informer Londres que les canons n'avaient pas encore été installés. A 9h, à quelques centaines de mètres de là, une patrouille repère la batterie camouflée sur une position de tir désertée par les allemands et la détruit.

Résistant aux contre-attaques, la petite unité de Rangers restera cloué toute la journée sur ce bout de terrain ravagé de la pointe du HOC au milieu des troupes allemandes et ne sera relevée que le 8 juin. Les pertes s'élèvent à une quarantaine d'hommes le Jour-J et à 95 autres les deux jours suivants. Blessé deux fois, RUDDER sera décoré pour son exploit.

(source: Du débarquement à la libération - NOV'édit)

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(source: L'Amicale des Anciens des Groupes Lourds L'OPS N°12 Octobre 1994)

UNE SUPERBE EXPOSITION TEMPORAIRE

SUR LE 65e ANNIVERSAIRE

DU DEBARQUEMENT

ET LA POINTE DU HOC EN PARTICULIER

DU 28 MAI AU 9 JUIN

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Réalisée et présentée

Par Mr et Mme Henri et Micheline MAUGER.

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Médaille commémorative

GRANDCAMP-MAISY  -   RANGER MEMORIAL

1944-2009

65e ANNIVERSAIRE DU DEBARQUEMENT

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Lors de ma visite un petit groupe d'anciens de la commune de Grandcamp-Maisy devant la grande photo centrale avec le Général de GAULLE au centre, recherchaient les noms des personnages sur la photo, avec de superbes souvenirs pour toutes ces personnes.

Toutes mes félicitations a Mr et Mme MAUGER. DUCAPHIL.

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28 mai 2009

LA VIE AUX GROUPES LOURDS

LA VIE AUX GROUPES LOURDS

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Les très belles fresques murales peintes par le capitaine GALLOIS.

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Capitaine GALLOIS

La libération de Paris fut l'occasion d'une grande fête à ELVINGTON. Pour dire vrai, la soirée avait été fixée longtemps à l'avance pour la fin août et, entre deux missions, les spécialistes préparaient les décors.

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Mais au fur et à mesure que les Alliés avançaient en France et approchaient de Paris, la fièvre générale bouleversa tous les plans et permit de faire mieux, de voir plus grand afin que la fête des lourds soit aussi la fête de la libération.

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Tout en poursuivant leurs opérations ou en préparent les missions, les équipages et le personnel à terre vinrent en aide à ceux qui avaient été spécialement chargés de préparer la Iére soirée réception des bombardiers Français en Grande-Bretagne.

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Après plusieurs nuits de travail le grand jour arriva et tous vinrent contempler leur oeuvre et imaginer les réactions des invités. Mais la guerre a des exigences. Quelques heures avant le début de la fête une mission inattendue vint tout annuler et la réception fut reportée, sans beaucoup de chance, au lendemain.

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C'est un bon souvenir maintenant, mais le 27 août beaucoup furent désappointés. L'ensemble du mess avait été décoré. Il fallait symboliser la France. Paris, l'Empire d'où venaient les groupes lourds, et l'Aviation.

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Une salle fut transformée en un jardin à la française, avec fontaine lumineuse, buis taillés, bosquets, etc... Le buffet rappelait l'Afrique du Nord par des fresques de Meknes et de Marrakech, le réfectoire devint la Place du Tertre  avec la devanture de la Mère Catherine et une vue sur Paris la nuit, le bar enfin, fut un bar d'escadrille de la guerre 14-18.

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Au mess des sous-officiers, un effort analogue avait été accomplie les salles de jeu et de lecture furent très heureusement décorées et installées. C'est dans ce cadre que les équipages et les spécialistes poursuivirent jusqu'à la paix leur dure travail. Une fois les missions le personnel disposant d'un peu plus de loisirs continua d'améliorer les mess et d'organiser des soirées qui eurent beaucoup de succès. Ceux d'ELVINGTON n'ont pas manqué de prouver ce que pouvaient l'ingéniosité et le goût français.

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Bien qu'elle ait été reportée au dernier moment et que beaucoup d'invités venus de Londres durent repartir sans y assister, la fête restera un évènement mémorable et si le règlement de la R.A.F. n'avait pas imposé qu'elle cesse à minuit on aurait, cette nuit là, dansé jusqu'à l'aube à ELVINGTON. A l'occasion de la nouvelle année, une autre "party" permit de continuer la décoration permanente du mess qui avait été commencée pour la fête de la Libération de Paris. Une carte lumineuse en relief et un décor mural représentant le Sud de l'Angleterre devaient compléter la décoration du bar et des panneaux figurant Paris la nuit, celle du réfectoire.

 

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°19 1945 collection J.P. DELMAS)

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(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

Mess des Officiers d'ELVINGTON.

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Le bar Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Le bar Elvington en août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Le jardin Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Aucune indication sur les noms des deux aviateurs devant la fresque peinte par le lieutenant Paul BENOIST.

(collection: Jean-Paul DELMAS)

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Fresque peinte dans la salle des officiers par le lieutenant Paul BENOIST chef de l'armurie.

(collection: Jean-Paul DELMAS)

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Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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26 mai 2009

PRINTEMPS DE GUERRE PAR GEORGES PLAGNARD

PRINTEMPS DE GUERRE

SUPERBE RÉCIT DE

Georges PLAGNARD

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Il reste dans nos mémoires, ensevelis dans la masse des souvenirs d'une Base aérienne ou le "Tricolore" voisinait avec l'"Union Jack". C'était ELVINGTON.

Le 15 mai 1944, après avoir effectué plusieurs stages, dont le dernier à RUFFORTH était celui de la transformation sur HALIFAX, nous arrivions dans ce petit village du YORKSHIRE, sur le territoire duquel se trouvait une base de la R.A.F. Ce village est situé à 10 kilomètres dans l'Est-Sud-Est de YORK, au bord de la rivière DERWENT, affluent de la rivière OUSE, qui arrose YORK. De la fenêtre de ma chambre, d'une sobriété monacale, j'apercevais un paysage normand, des haies d'aubépines en fleurs et des pâturages ou de plantureuses vaches se prélassaient dans l'herbe jusqu'au ventre. Quelques maigres chênes en boule alternaient avec des pommiers rabougris, rares et dispersés. Etonnant paysage de paix dans une guerre qui durait depuis bientôt cinq ans, mais qui demandait encore un ultime effort pour arracher la décision.

Dans l'ouest, à une demi-heure de bicyclette, YORK, capitale du YORKSHIRE, qui fut romaine pendant plus de trois cents ans sous le nom d'EUBURACUM. Construite sur les deux rives de la rivières OUSE, elle est célèbre par ses remparts médiévaux, ses portes fortifiées et sa magnifique cathédrale "THE MINSTER". Cinquante églises ou couvents l'entouraient au Moyen Age. Elles sont aujourd'hui réduites à moins de vingt. A St Helen's square, se trouve la demeure du LORD MAIRE, construite au XVIIIe siècle.J'eus l'honneur et la chance d'y être reçu en 1944, avec une délégation conduite par le Colonel BAILLY, Commandant la base d'ELVINGTON. Le LORD MAIRE nous fit, avec simplicité, les honneurs de la maison ou nous pûmes admirer les trésors de la ville et, parmi eux, datant de 1647, la grande masse en argent massif, surmontée par une couronne royale portant les armes et initiales de Charles II. Elle était jadis portée devant le LORD MAIRE pendant les cérémonies.

YORK, très consciente de son antériorité si l'on en croit le poète Anglais Humbert WOLFE qui écrivait en 1916:

"YORK was a capital city  "YORK était une grande cité

"When you were a homeless stew,  " Quand vous étiez un lieu sans foyer

"And therefore the heart has pity  "Et par conséquent le coeur a pitié

"Dear London town for you.  "Chère ville de Londres pour vous.

 

"You may have Picadilly  "Vous pouvez avoir Picadilly

"And flaunt Trafalgar Square  "Et pavoiser Trafalgar Square

"But the Lily of YORK was a Lily  "Mais le Lis de YORK était un Lis

"When you were a tinkers fair "Quand vous étiez une pauvre foire.

YORK, qui aurait mérité de longues heures d'études et ou nous n'avons guère connu que le "BETTY'S CAFE" et le "DE GREY'S ROOMS". Je découvris un jour dans une de ses bibliothèques un petit livre intitulé: "Common sense about sex". Je l'achetai espérant y trouver un point de vue étranger sur la question. Je fus déçu. Le livre était écrit par une Anglaise d'âge certain qui, avec tact et précision, donnait aux jeunes filles des formations féminines de l'Army, de la Navy et de la R.A.F. des conseils sur les dangers que représentaient pour elles les étrangers nombreux à cette époque en Grande-Bretagne. Les Polonais recevaient la médaille d'or, les Italiens celle de l'argent, les Français se contentaient de celle de bronze. La curiosité m'avait joué un mauvais tour.

Je suis revenu à YORK. En 1963 pour un séjour de vacances. Vingt ans après. La ville n'avait pas beaucoup changé mais la Cathédrale s'était enrichie, dans son transept nord, du monument élevé à la mémoire des aviateurs qui, opérant des bases du YORKSHIRE, du DURHAM et du NORTHUMBERLAND au cours de la deuxième guerre mondiale, donnèrent leur vie pour la cause de la liberté. Dix-huit mille noms sont inscrits sur le "livre d'honneur" et parmi eux, environ deux cents noms Français. Ce monument incorpore une horloge astronomique fort originale. Sur l'un des cadrans apparaissent, tournant autour de l'étoile polaire, les constellations visibles de YORK: Grande Ourse, Cassiopée, etc... qui ont vu quatre empereurs romains à YORK (Hadrien, Sévère, constance et Constantin)

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dont les légions veillaient au "limes" de l'Empire et dix-huit siècles plus tard, continuant peut-être la même lutte, l'envol de nos bombardiers mettant le cap sur la Germanie.

En ce mois de mai 1944, sur ce terrain d'ELVINGTON, dans le YORKSHIRE dont les haies émaillées de fleurs printanières souriaient à la vie, l'entraînement terminé, nous étions en quelque sorte au pied du mur. C'est là, dit la sagesse des nations, qu'on voit le maçon. Je croirais plutôt que c'est tout en haut. Combien parmi tous ceux qui commencèrent à ELVINGTON leur "tour d'opération", ne sont pas revenus? Une stèle érigée à l'initiative des survivants, en bordure du terrain, rappelle aux jeunes générations, le sacrifice de deux cent dix-huit fils de France, tous amoureux de la vie et dont certains(n'est-ce pas Raffin?) étaient toujours prêts à entonner "Le grand métinge du métropolitain".

La base d'ELVINGTON a été décrite dans le livre "NUIT DE FEU SUR L'ALLEMAGNE", de Louis BOURGAIN. Coùplétons par les coordonnées géographiques: 53°54' nord, 0°57 ouest que nous affichions sur "l'Air Position Indicator" au départ de nos missions et ses coordonnées "Gee" sur la chaîne Nord-Est: C=38,64, B=11,80 que nous affichions sur la célèbre boîte"Gee" qui nous ramenait à la verticale du terrain dans les nuages les plus opaques. Cette Base fut notre famille pendant huit mois.C'est là que nous avions le gîte et le couvert, aussi la chapelle pour le soin des âmes et l'infirmerie pour le soin du corps. Dans la chambre, quelques livres. Sur la table, le carnet qui commençait rituellement par ces mots: "A remettre sans faute à Monsieur... ou Madame... résidant à... si je ne rentre pas". Là était notée la vie au jour le jour. Parmi les camarades embarqués dans la même aventure, se développaient, au gré des circonstances, des amitiés dont certaines durent encore. La proximité de YORK donnait lieu à une vie nocturne assez active. On ne concentre pas prés de 2000 militaires auprès d'une ville sans qu'ils cherchent à mettre en pratique la parole du Général allemand qui disait à ses jeunes recrues: "Jeunes gens profitez de la guerre, la paix sera terrible".

Au départ, 15 mai 1944, la base était commandée par le Colonel BAILLY. Il a sans doute fait l'objet de beaucoup de critiques, mais, à ma connaissance, personne n'a fait remarquer la difficulté de sa position. Avoir des supérieurs britanniques et des subordonnés Français ne pouvait pas faciliter l'exercice du commandement.

Le Groupe "GUYENNE" (Sq.346) était commandé par le Commandant VENOT. Son second était le Commandant PUGET qui terminera son tour d'opérations et prendra le commandement du groupe après l'accident du Commandant VENOT. La 3e escadrille était aux ordres du Capitaine SIMON, la 4e, aux ordres du Capitaine MARIAS.

Le Groupe "TUNISIE" (Sq.347) était commandé par le Commandant VIGOUROUX, officier au charisme très prononcé que tout son personnel appelait VGX. Son second était le Commandant HOQUETIS qui terminera son tour d'opérations et prendra le commandement du groupe au départ du Commandant VIGOUROUX. La 1ére escadrille était aux ordres du Capitaine DUTREY-LASSUS et la 2e aux ordres du Capitaine SOLTZ.

Des deux commandants de groupe initiaux, le Commandant VIGOUROUX terminera son tour d'opérations. Le Commandant VENOT sera grièvement blessé dans l'accident du 10 septembre 1944. Il survivra mais devra laisser le groupe au Commandant PUGET.

Des quatre commandants d'escadrille, le Capitaine SIMON fut tué en opérations dans la nuit du 23 au 24 octobre 1944, les trois autres terminèrent leur tour d'opérations, mais DUTREY-LASSUS se tua en 1947 en service aérien commandé. Les deux autres (MARIAS et STOLTZ) connurent une retraite heureuse.

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MIMOYECQUES. (Pas-de-Calais)

Le premier équipage perdu à ELVINGTON fut celui du Lieutenant CHAPRON du Groupe TUNISIE. Arrivé à ELVINGTON le 27 juin,il fut descendu le 6 juillet 1944, lors de la mission sur les rampes de lancement, dans la région de MIMOYECQUES (Pas-de-Calais).Curieusement, le dernier équipage perdu, le 25 avril 1945, sur l"île de WANGEROOGE, fut aussi un équipage du Groupe TUNISIE, celui du Capitaine HAUTECOEUR.Les pertes totales furent de 95 équipiers pour le GUYENNE en onze mois d'opérations et de 80 pour le TUNISIE en dix mois d'opérations. On trouve donc le même pourcentage de pertes (à très peu prés), ce qui tendrait à suggérer que, pour un très grand nombre de missions dans les circonstances de temps et de lieux qui étaient celles du "BOMBER COMMAND" en 1944-1945, le nombre de pertes relevait davantage du calcul des probabilités que de l'habileté particulière de tel ou de tel équipage. A ces 175 tués en missions qui appartenaient aux deux groupes il faut ajouter la perte du Lt-Colonel DAGAN de l'Etat-Major des Forces Aériennes Françaises à Londres. Venu en inspection à la Base d'ELVINGTON, il avait tenu à participer à quelques opérations. Une première mission s'était bien déroulés. La mort l'attendait à BOCHUM, le 4 novembre 1944, lors de sa deuxième mission avec l'équipage du Capitaine BARON. Pour être complet, il faut rappeler la mort des huit soldats ou caporaux, lors de l'explosion des bombes, au chargement d'un avion du groupe TUNISIE et la mort de 34 de nos camarades en service aérien commandé, dont 32 à l'entraînement (RUFFORTH et LOSSIEMOUTH).

Nous avions à l'escadrille un officier anglais dit "Educational officier", chargé de nous perfectionner dans sa langue et de nous initier à la littérature anglaise. Autant que je m'en souvienne, son nom était NELSON. Délicate attention disaient les mauvaises langues qui insinuaient même qu'il n'était pas sans rapport avec "l'Intelligence Service". C'était peut-être aller un peu loin. Je garde un bon souvenir de lui et de sa manière très informelle d'enseigner, réunissant les participants au gré des rencontres et des affinités. C'est grâce à lui si je sais encore par coeur quelques vers de Shakespeare et de Kipling.

Avant l'engagement d'un équipage en opérations, le "BOMBER COMMAND" faisait effectuer au commandant d'avion de cet équipage, en spectateur si j'ose dire, une première mission avec un équipage déjà dans le bain depuis quelques temps. Comme nous étions les premiers équipages Français dans les Groupes Lourds, j'ai effectué cette première mission avec un équipage britannique de la base voisine de POCKLINGTON, celui du Pilot-Officier HUNTER. Je fis surpris par la jeunesse de cet équipage dont la moyenne d'âge dépassait à peine vingt ans. Le pilote avait 250 heures de vol, chacun des autres membres d'équipage environs 200. Quel contraste avec notre aviation d'avant-guerre ou tout pilote qui n'avait pas 1000 heures de vol était considéré comme un apprenti. La guerre se fait avec des jeunes. Quoique les Anglais soient d'ordinaire peu loquaces, le P/O HUNTER se laissa aller à quelques confidences. Il me conta le souvenir hallucinant qu'il gardait de sa première mission faite en double avec un équipage, lors du fameux bombardement de NUREMBERG, au cours duquel 96 avions quadrimoteurs furent abattus sur les 795 engagés. Une erreur dans le calcul de l'heure de lever de la lune,disait-il, amena le flot des bombardiers sur l'objectif avec cet astre haut dans le ciel. Je crois, que les choses furent un peu plus compliquées mais cette mission, par bien des côtés, reste une énigme. Une telle entrée en scène devait m'être épargnée. L'objectif du jour était situé vers l'embouchure de l'Authie, à peu de distance de la côte; la mission avec HUNTER fut sans histoire.

Je devais par la suite, à mon tour, avoir à bord en première mission, le Sergent/Chef LOTH et le Lieutenant CANDELIER, du groupe TUNISIE, puis les Capitaines COLLIN et GAUBERT du groupe GUYENNE. GAUBERT devait tomber au cours de sa première mission avec son équipage. Elle était presque terminée lorsque par une nuit d'encre, sous un plafond de cinq cents pieds, dans une bruine propre à troubler les regards les plus pénétrants, il se présenta en tour de piste pour l'atterrissage. Le  destin l'attendait là. Soudain deux avions s'accrochent. Celui de GAUBERT, privé de gouverne de profondeur, pique à la verticale, ensevelissant les sept membres d'équipage. L'autre, quoique très mal en point, réussit à se poser grâce à la maîtrise du pilote. Jules ROY, qui commandait à bord, se souviendra toujours de cet accident qu'il a évoqué dans plusieurs de ses livres écrits au lendemain de la guerre. Plus de trente ans après, il y reviendra avec "Danse du ventre au-dessus des canons".

Ce que furent ces missions de bombardement sur l'Allemagne et les pays occupés a été décrit par plusieurs de nos camarades mais c'est JULES ROY qui, grâce à son talent et à sa délicate sensibilité, a su le mieux exprimer les espoirs, les craintes et la vie des équipages même s'il a, parfois, forcé le trait. La "Vallée Heureuse" , "Retour de l'Enfer" , "Le Navigateur" sont pour cette guerre ce que furent "L'équipage" et "Le retour de l'équipage" de Joseph KESSEL, pour la première guerre mondiale. Je n'écrirai pas longuement sur ces missions, ni sur les actes d'héroismes qu'elles ont suscités. Le sommet en fut atteint par la mort volontaire du Capitaine BRACHET. Oui, mon vieux BRACHET, "gone" de Lyon, camarade de BAMAKO et des Lourds, tu nous dépasses de cent coudées.

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Capitaine BRACHET.

Jamais dans notre vie de bombardier, nous n'avions connu une telle diversité de missions. Jamais plus nous ne devions la retrouver. Nous opérions de jour, rassemblés sans dispositif particulier, protégés par une couverture de chasseurs amis; nous volions de nuit, isolés dans un flot de bombardiers amis invisibles, entre lesquels se faufilaient parfois les chasseurs allemands. Nos carnets de vol ont enregistré pour toujours des bombardements sur les points de résistance allemande autour de Caen, de Boulogne ou de Calais; sur les rampes de lancement de bombes volantes du bois de Cassan, du mont Candon ou de la forêt de Nieppe; sur les vieilles connaissances du "BOMBER COMMAND" qu'étaient les villes d'Essen, de Bochum et de Cologne; sur les aérodromes de Venloo, Eindhoven ou Mûlheim; sur les raffineries d'essence synthétique de Sterkrade, Wanne-Eickel ou Gelsenkirchen; sur les noeuds de voies ferrées de certaines villes allemandes dont nous n'avions jamais entendu parler auparavant. Tout cela sur un rythme endiablé. Prés de la moitié du tonnage largué par le "BOMBER COMMAND" en cinq ans et demi de guerre le fut dans les neuf derniers mois. Ce fut notre plus belle heure!

En 1940, peu après la plus grande défaite de notre histoire, me trouvant à Toulouse, je lus dans " la Dépêche", le grand journal du Sud-Ouest, l'entrefilet suivant: "Le dernier cuirassiers de Reichshoffen vient de mourir". Tout le monde comprit de quoi il s'agissait. Depuis 1870, tous les livres d'histoire mentionnaient la célèbre charge.

Depuis un demi-siècle, beaucoup de nos camarades nous ont quittés. Vers l'an 2015 (un peu avant, un peu après) le dernier des BOMBARDIERS DES GROUPES LOURDS quittera cette terre.

A la manière dont on enseigne aujourd'hui, l'histoire et à supposer qu'il se trouve un journaliste pour écrire.

"LE DERNIER DES BOMBARDIERS DES "GROUPES LOURDS" VIENT DE MOURIR"

Y aura-t-il un lecteur pour comprendre de quoi il retourne?

GEORGES PLAGNARD

(NOUS NE VOUS OUBLIERONS PLUS MONSIEUR PLAGNARD.)

(source: Amicale des Anciens des GROUPES LOURDS. L'OPS N°17 Décembre 1996.)

 

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25 mai 2009

GROUPE I/25 TUNISIE. SQUADRON 347, RECIT DU COMMANDANT HOQUETIS

GROUPE 1/25 TUNISIE

SQUADRON 347

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Le Groupe de Bombardement I/25, créée le Ier janvier 1936 a son origine dans l'Escadrille B.101 qui, basée à DUNKERQUE au début de 1917, s'est distinguée par ses destructions de sous-marins. Les brillants résultats lui valurent alors deux citations à l'ordre de l'Armée.

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En 1939, le Groupe basé en TUNISIE, est doté de 15 Bloch 200 avec lesquels il exécute des missions de surveillance en mer et des protections de convois. En juin 1940, la deuxième Escadrille se transforme sur Leo 45 et réussit à bombarder l'Italie.

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Le 8 novembre 1942, le Groupe s'évade de TUNISIE pour reprendre la lutte, et ses 108 tonnes de bombes s'ajoutent à l'effort allié dans la reconquête de ce territoire. Son action malgré des difficultés sans nombre lui vaut une nouvelle citation à l'Ordre de l'Armée.

En juillet 1943, il est décidé de créer deux Groupes de quadrimoteurs, et le Groupe 1/25 est choisi pour devenir le Groupe de Bombardement Lourd "TUNISIE".

Dés que la nouvelle de l'engagement sur quadrimoteurs du Groupe 1/25, bien connu par son ambiance et son dynamisme, eut parcouru l'A.F.N., les plus grands noms de l'Aviation Française s'empressent de poser leur candidature: les DELAUNAY, PERSON, OSTRE, PETUS... Des pilotes ayant 1.000 heures de vol s'inscrivent pour être bombardiers ou navigateurs, tant est grand leur désir de "servir" et cet ensemble magnifique, sous les ordres du Colonel VIGOUROUX, commence un long entraînement de six mois dans les Ecoles Anglaises, avant de devenir le 347 Squadron de la Royale Air Force.

Créé officiellement le 20 juin 1944, le 347 Squadron effectue ses premières missions sur les rampes de lancement de "V-1" et intervient dans la bataille de Normandie avant de se consacrer à la bataille stratégique qui va anéantir les villes de la Ruhr, les ports de la Baltique et les cités industrielles de la Saxe.

Les missions se succèdent de nuit et de jour, et nos Lourds HALIFAX ajoutent chaque fois leurs six tonnes de bombes dans la bataille.

6.160 heures de vol

       4.500 tonnes de bombes

représentent le labeur acharné des équipages dont l'action a toujours été si généreusement aidée par l'admirable courage des mécaniciens des armuriers... des cuisiniers aussi, et de tous ceux qui, toujours voulurent que le nombre des avions à prendre l'air atteigne un niveau qu'il semblait impossible de maintenir.

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Chargement des bombes en hiver:

Les conditions climatiques de l'hiver 44-45 furent souvent très rigoureuses. Elles n'empêchèrent pourtant jamais l'arrêt des opérations au sol et des vols.

Et dans l'ambiance ardente de ces équipages si calmement décidés et sûrs; les mois passaient, apportant leur moisson de gloire (une nouvelle citation à l'Ordre de l'Armée) des succès et des deuils.

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Capitaine BRACHET.

BRACHET mourait héroiquement ayant assisté son pilote jusqu'à la dernière seconde.

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Equipage du Capitaine BRACHET

Pilote: S/Lt GEORGEON. Navigateur: Lt BRACHET. (Cdt de l'avion) Bombardier: Lt HABEZ. Radio: Sgt RIGADE. Mécanicien: Adjt HUMBERT. Mitrailleur-supérieur: Sgt/C MEMIN. Mitrailleur-arrière: Sgt/C MALTERRE.

Le ROY, le jour de noêl, avec toute la souriante élégance de ses 24 ans, s'abattait en flammes à DUSSELDORF pour avoir attaqué ESSEN avec un moteur qui était en feu longtemps avant l'objectif.

OSTRE percutait au retour de sa 38éme mission. HAUTECOEUR sombrait sur WANGUEROOGE à la dernière mission du Squadron.

Et tant d'autres....

Puis nos prisonniers sont revenus, quelques uns, échappés vers les Russes ou cachés en Hollande, la plupart ayant subi la triste vie des Oflags et des Stalags, pourtant si belle par le dévouement généreux qu'ils leur ont  consacré.

(exemple: l'incroyable évasion de KANNENGIESSER).

Quelques uns s'attardaient en liaison avec les Russes pour parachever leur oeuvre. Tous sont revenu respirer cet air d'ardente communion que nous avons tant aimé à l'époque de nos missions.

Puis beaucoup sont repartis pour la France laissant la place aux jeunes qui arrivent nombreux pour assurer le remplacement de leurs aînés. Et l'ambiance a changé, le but n'est plus le même car la mission " cette adorable et hideuse chose" également n'est plus la même.

Notre retour en France est à l'horizon et nous le regardons venir avec envie, désir, et un peu le regret de perdre ce que nous avons vécu et qui nous appartient si totalement; l'ambiance des missions. Cela nous ne pouvons le revivre qu'avec ceux qui partagèrent et nos joies et nos peines.

COMMANDANT HOQUETIS

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Le Commandant HOQUETIS d'abord adjoint au Lt-Colonel VIGOUROUX et chef de la section de Navigation et qui commande maintenant le Groupe 1/25.

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES EN GRANDE-BRETAGNE , N°19 1945 (collection: J.P. DELMAS petit-fils du Lieutenant BENOIST responsable du service armurie, merci monsieur DELMAS pour le souvenir de nos anciens)

 


 

LE COMMANDANT HOQUETIS

Le Commandant HOQUETIS est né le 3 juillet 1908 à Bordeaux. A sa sortie de Saint-Cyr il choisit l'aviation. En février 1939, il prend le commandement de la troisième escadrille de la trente-sixième escadre de reconnaissance avec laquelle il prend part à la campagne de France, en effectuant huit missions dont quatre sur Bloch 175 dans un ciel infesté de Messerschmitt.

Le 20 juin 1940, il rejoint l'Afrique du Nord. En décembre 1940, il est affecté au commandement de l'Air en Algérie ou il reste jusqu'au 25 juin 1943, date à laquelle il prend le commandement du groupe 1/25.

Peu après , ce groupe est désigné pour constituer l'ossature du groupe TUNISIE qui doit faire mouvement vers l'Angleterre, afin de participer à l'effort britannique contre les objectifs stratégiques de l'Allemagne et des territoires occupés. Il devient, alors l'adjoint du commandant VIGOUROUX qu'il remplacera en novembre 1944 à la tête du groupe TUNISIE.

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A gauche: Le Commandant HOQUETIS.

A droite: Le BEY de TUNIS.

(source: NUIT DE FEU SUR L'ALLEMAGNE -  LOUIS BOURGAIN)

Navigateur et Commandant d'avion dans l'équipage dont le pilote est Henry DELAUNAY il effectue un tour d'opérations complet de trente-quatre missions. Voici comment DELAUNAY le juge dans son livre l'Araignée du soir:

"HOQUETIS est, sans doute, l'homme qui m'aura le plus étonné dans cette campagne d'Angleterre. Avec les malicieuses rondeurs, les gourmandises et l'affabilité d'un prélat, notre navigateur et commandant de bord a une autorité, d'autant plus grande, qu'elle ne doit rien à ses quatre galons. Sa bonne humeur donne confiance à tout l'équipage et, quoiqu'en vol il soit enfermé en aveugle dans son petit cabinet aux cadrans magiques, c'est sa sagesse qui nous guide la plupart du temps".

Comme commandant de groupe, son autorité était d'autant plus efficace qu'elle s'exerçait avec amabilité et discrétion.

(source: NUIT DE FEU SUR L'ALLEMAGNE Louis BOURGAIN)

 

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