29 juin 2009

RECIT DU GENERAL RENE GENTY "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

J'AI VECU LA FIN,LA JOIE DE LA VICTOIRE

ET PUIS DEJA LA NOSTALGIE !

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Navigants de l'escadrille GB 2/12 à Salon de Provence hiver 1939/40.

De gauche à droite à partir du haut:

2ème Cl VERLET, Cal/C CHOUREAUX, Cal/C DEBRIE, Sgt/C BRAUJOU, Cal/C CHRETIENNE, Cal KES LOMBARDI, Sgt/C CADIOU, Sgt VALLEE, Adjt/C DESSAULX, Adjt/C GIRAUDON, Adjt/C ORLIAC, Adjt/C MARAULT, Adjt BOMO, Sgt/C SIMON.

Cal GUERCHON, Adjt/C LAMBERT, 2ème Cl FLORIN, Sgt/C SERVAIS, Cal/C PRETEAU, Adjt BRISSET, Adjt/C MAHAUT, Adjt/C COMBIN, S/Lt MOREL, Adjt/C MOQUET, S/Lt JACQUET, Sgt/C PETIT, Adjt DARBRE, S/Lt MASCLAUD, S/Lt CHARLE, S/Lt DEVALEZ, S/Lt CAMUS, Sgt/C PAUMIER, Adjt/C MARZIN.

Lt MAYER, Lt PINTEAUX, Cdt KNIPPING, Cdt RUTH, Cdt ROCHER, Lt TONON, Lt BACOT, Lt PARROD, Lt SCHNEIDER.

 Cal MERCIER,  Cal SOULAT,  Cal/C ANNON, Cal/C ARACHEQUESNE,  Cal KREZPICKI, Cal BONNET, Cal GODEBILLE, S/Lt GAMBIER.

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

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GB 2/12 Reims 1938/39

De gauche à droite:

Jean MOQUELET, Jean BARDOLLET, Cdt Louis RUTH, Lt Joseph TONON, S/Lt GENTY, Albert DORMOIS, NOTTRET, Jean MAGNIOT.

Jean MAGNIOT qui sera affecté au Groupe de bombardement 1/25 à EL-AOUINA le 18.10.42. Fait mouvement avec son unité par voie aérienne sur BISKRA le 11.11.42. Fait mouvement avec l'unité sur AIN-OUSSERA le 16.11.42. Retour BISKRA le 10.3.43. Fait mouvement par voie aérienne avec l'unité sur TELEPTE le 29.5.43. Désigné avec son unité pour la Grande-Bretagne. Fait mouvement sur ZERALDA le 10.8.43. Embarqué à ALGER à destination de la Grande-Bretagne le 28.9.43. Débarqué à LIVERPOOL le 9.10.43. Dirigé sur WEST-KIRBY avec son unité le 9.10.43. Présent le dit jour. Fait mouvement sur BORNEMOUTH 3 PRC le 20.10.43. Détaché à l'école des mécaniciens navigants de SAINT-ATHAN le 16.12.43. Breveté mécanicien volant n°98 le 15.3.44. Détaché à RUFFORHT, base 41 le 8.4.44. Rejoint le GB 1/25 le 13.6.44 - Squadron 347 à Elvington.

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

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3ème escadrille GB 2/12 à Reims en avril 1939

 De gauche à droite:

MINASSE, PEYRUSE.

SERVAIS, QUIBEL, ROZOY Michel, RAYNAUD, VERUT, COPITET, CHOPIN, PETIT, VAN WINENDAELE, ANNON, X, LEULEU, ORLIAC.

X, CAMUS, BOISSEL, MARZIN, COMBIN, BEUVIN, CANTRAINE, DESSAULT, GIRAUDAU, DARBRE, MARCHER, CHOURREAUX, DEVALEZ.

MEAUDE, SIMON, MAGNIEZ, LABARRE, GUNEPIN, MAYER, DEPRETTE.

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

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De gauche à droite:

Lt GENTY, Sgt/C PETIT, ??, Caporal MERCIER.

J'ai acheté cette photo il y a quelques années sans avoir d'indications précises, et grace a mon avis de recherche j'ai retrouvé le Lieutenant René GENTY, du G.B. II/12 en 1940, et surtout le récit du Général René GENTY dans la revue ICARE N°176, une belle surprise.

http://www.somme-aviation-39-45.fr

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Général René GENTY

(1914-1972)

Avril 1945... Les signes annonciateurs d'un effondrement imminent se multiplient. Le Rhin, franchi, les armées alliées du front ouest s'enfoncent chaque jour plus profondément en territoire allemand.

Le 137éme Wing suit l'avance générale du groupe d'armées Montgomery. Le LORRAINEet ses squadrons frères ont dû , hélas, quitter Vitry-en-Artois et les innombrables amis qu'ils se sont faits depuis six mois dans cette région si accueillante et si généreuse et s'installer à Gilze-Riejen près de Bréda dans cet austère Brabant hollandais épuisé par cinq années d'occupation.

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Mitchell du Groupe "LORRAINE"

(collection: Bernard DESBIENS)

 

Les missions sont de plus en plus rares, les objectifs de plus en plus lointains... noeuds routiers, centrales électriques, gares de triage, Hanovre, Brême, Hambourg, les réactions ennemies perdent leur cohérence et leur force... cela sent la fin.

Dés le 2 mai, ce fut ce jour-là la dernière mission du squadron, la presse et la radio ont lancé la nouvelle de la mort d'Hitler. Le Daily Mail du 4 mai annonce une rencontre Montgomery/Doenitz, successeur désigné d'Hitler. Et nous sommes cloués au sol à attendre, anxieux, impatients. Certes, la météo n'est pas favorable, mais nous avons volé par des ciels plus bouchés. Alors? Alors il n'y aura pas de curée.

Les Anglais se souviennent que l'annonce de l'armistice, le 11 novembre 1918, a provoqué des manifestations si vives d'enthousiasme sur le front qu'elle leur a coûté aussi cher q(une bataille rangée. Par precaustion, les vols sont suspendus et pour cause... les avions sont rendus indisponibles et les équipages sont condamnés à ronger leur frein entre l'Ops roomet le casernement, sous un froid crachin qui n'ent finit pas de tomber.

Seule distraction, le passage régulier de l'avion de liaison: un Goéland qui, deux ou trois fois par semaine, nous apporte le courrier de Paris.

L'ARMISTICE

Le 8 mai au matin: rassemblement général, un rassemblement qui sent l'annonce d'un grand évènement. Le Group Captain nous apprend que la reddition est acquise (is over).Curieusement la nouvelle - mais est-ce une nouvelle? depuis quelques jours nous nous l'attendions - est accueillie dans un silence de recueillement quasi religieux, comme si chacun, avant de déposer le fardeau qui l'écrasait depuis tant d'années, reprenait conscience et s'interrogeait sur le drame qu'il venait de vivre et voulait associer aux vivants tous ceux, innombrables, qu'il avaient anéantis.

La joie ne vint qu'après le triple "hurrah!" lancé par l'un d'entre nous, une joie débordante, envahissante, un enthousiasme enfin débridé que chacun emporta avec soi à Londres, à Paris, à Bruxelles pour vivre dans la liesse populaire des deux day off qu'octroyait gracieusement aux combattants sa Majesté Georges VI.

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Berlin. Mai 1946. Un équipage du LORRAINE devant le Reichtag,

au centre de la photo le Général René GENTY

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LA JOIE DE LA VICTOIRE

Ah! Ces journées de délire, ces farandoles, ces danses, ces chants dans la plus libre, la plus belle euphorie, ce délire colossal, monstrueux, sans repos, sans répit, ce déroulement du peuple des capitales qui nous a entraînés deux jours  durant dans son paroxysme effréné.

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Départ en mission des Mitchell du Groupe "LORRAINE" escorté par des chasseurs.

(collection: Bernard DESBIENS)

 

Ce n'est qu'au retour de cette échappée gaillarde qu'il fallut bien songer à l'avenir: qu'allait devenir le "LORRAINE"?Les bruits les plus divers couraient: maintien dans la RAF, réintégration dans l'armée de l'Air, mais sous quelle forme? Pour quelle mission: bombardement, transport? Le squadron déja éclatait: les plus anciens regagnaient la France, des nouveaux les remplaçaient; mais le Wing considérant, à juste titre, qu'il n'est pire danger pour une unité que l'inactivité, maintenait un service aérien soutenu: liaisons nombreuses vers l'Angleterre et la France, low level cross country air/sea firing² et surtout ce qu'on avait baptisé les Cook's Tours qui consistaient à faire survoler à des à des "initiés" l'Allemagne et ses ruines et particulièrement le bassin de la Ruhr anéanti: visions de désolation de villes rasées où seuls se se draissaient encore les cheminées d'usine et, de temps à autre, un clocher intact, enchevêtrement monstrueux de carcasses informes, d'amas de ruines où n'existaient que de vagues sentiers serpentant parmi les décombres et d'où toute vie semblait retirée: amère satisfaction de réaliser les effets des bombardements, en volant à basse altitude sans autre contrainte que celle de l'autonomie de nos MITCHELL.

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Les MITCHELL du LORRAINE bombardent l'Allemagne.

DANS LA HOLLANDE DEVASTEE

Très rapidement, les loisirs s'étaient organisés: parties de chasse sur le terrain(oh! ces perdreaux à l'étouffée cuits par les moyens du bord), visites organisées en Hollande à Nimègue, Amsterdam, La Haye. Comme à Berlin, nous sommes assiégés à la descente du car par la triste cohorte des habitants en quête de cigarettes, de savons, de sucreries qu'ils cherchent à troquer contre des appareils photos, des bibelots et même du cognac et des vins de France.

Et puis, peu à peu, des contacts s'établissent avec la société hollandaise. La Gentry locale, aprés une réception fort officielle à l'hôtel de ville de Tilburg, multiplie les invitations que nous rendons fort galamment en conviant leurs filles à s'initier aux joies du swing et du boogie-woogie sur les pistes de danse de l'Officer's club ou aux soirées de l'Officer's mess du terrain qu'égaie la présence de gracieuses jeunes filles françaises appartenant à la mission militaire de liaison cantonnée dans un couvent voisin.

Je ne suis pas sûr que la vénérable supérieure de ce couvent nous ait pardonné l'irrévérence qui nous poussa un soir à substituer dans le vestibule nos photographies d'identité à celles des papes qui se sont succédé depuis Saint-Pierre. L'a-t-elle même découverte? Mais elle ne nous pardonnait pas nos passages à très basses altitude, surtout de nuit, qui traduisaent notre affection à nos charmantes compatriotes.

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Réception du groupe "LORRAINE" par la ville de nancy.

Prise d'armes place Stanislas.

LE LORRAINE A NANCY

Le clou de cette période a été la réception du squadron, le 18 août 1945, par la ville de Nancy, réception grandiose où, pour la première fois, le "LORRAINE" voyait réunis sur le sol de France, autour de son drapeau qui recevait la fourragère de la Légion d'honneur, tous ses équipages, les anciens et les jeunes: prise d'armes, réceptions, banquets: deux journées inoubliables marquées par la gentillesse et l'amitié de nos hôtes envers ceux qui durant quatre années avaient mis à l'honneur les armes de la province LORRAINE.

Quelques semaines plus tard, l'ordre était donné au squadron de rejoindre la France. Le "LORRAINE"venait s'installer à Dijon avec le groupe 1/3 Corse pour former, dés le 1er décembre 1945, la 20éme escadre.

Nos camarades anglais s'ingénièrent à adoucir l'amertume de la séparation. Ils eurent des gestes touchants de sympathie et d'affection pour ceux qui avaient partagé avec eux si longtemps l'espérance et jamais sans doute la fraternité d'armes ne s'affirma avec plus de vérité et de profondeur que durant ces jours qui étaient les derniers de la glorieuse époque.

Mais si le 342ème squadron de la RAF disparaissait le 30 novembre 1945, ce jour là naissait le groupe"LORRAINE" qui continue sa fière histoire.

Général René GENTY.

(source: ICARE N°176)

Posté par DUCAPHIL à 08:41 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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