13 octobre 2008

LA LIBERTE PASSE PAR L'ESPAGNE

LES EVADES

DE FRANCE

MIRANDA DE EBRO

Pour le souvenir des anciens des Groupes Lourds et bien d'autres qui ont séjourner dans le sinistre camp de concentration de Miranda De Ebro.

 

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La gare de Miranda De Ebro.

Miranda, important noeud ferroviaire du nord de l'Espagne, est une petite ville entourée de montagnes ou la température est torride en été et glaciale en hiver. La construction du camp fut entreprise dés la "libération" de la ville, fêtée par l'exécution de cent cinquante cheminots réputé rouges. Un terrain, bordé par la voie du chemin de fer et par la rivière Bayas, affluent de l'Ebre; servit à établir le camp.

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(collection:M. Chauvet)

L'entrée principale du camp de Miranda (Espagne)

On pénétrait,en passant sous un portail surmonté de l'aigle espagnole, dans une première enceinte contenant les casernes des soldats de garde, le pavillon des officiers et une piscine, creusée en 1940-1941, par les internés. Détails très espagnol,on n'avait pas prévu un système d'évacuation, et la vidange se faisait avec des sceaux. Cette piscine n'avait d'ailleurs qu'un rôle décoratif et ne servit jamais aux internés. Le camp proprement dit venait ensuite. Entouré d'un muret blanc surmonté de barbelés, il contenait à l'origine deux rangées de treize baraques en parpaing crépies au plâtre et couverts de tuiles. Elles avaient un aspect extérieur assez pimpant, mais que dire de l'intérieur!!!!!!!!!!

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(collection: M. Chauvet)

Le réseau de barbelés qui entourait le camp de Miranda.

Ces baraques mesuraient 20m sur 6 et contenaient pour seul aménagement deux rangées de bat-flanc superposés délimitant des compartiments de 2m sur 2,50m appelés "calles" et conçus en principe pour trois hommes.

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La vie au camp de Miranda.

Il y avait 32 "calles" par baraque, soit normalement 96 hommes. Des couvertures ou des chiffons suspendus aux poutres donnaient un peu d'intimité aux internés délicats. Les deux premières baraques, accouplées et grillagées, servaient de prison, quatre autres avaient des fonctions diverses: magasin, salle de musique, etc.., et n'étaient pas aménagées. Une allée traversait le camp, bordée de l'autre côté par deux rangées de baraques un peu différentes des autres,ou se trouvaient les cabinets(dits"Franco"..) les douches, le pavillon des contagieux, l'infirmerie, le magasin des couvertures, assiettes et cuillers, seuls accessoires touchés par les internés. Derrière, courait une seconde allée dite "promenade des Anglais", et dont l'accès était souvent interdit. Au fond du camp, le bâtiment des cuisines,ou seul le bois était utilisé pour cuire le "rancho", soupe a base de choux, riz et pommes de terre. Un grand bâtiment, curieusement situé à cheval sur le quartier des soldats et celui des prisonniers, contenait le magasin militaire espagnol et une cantine, ou ne se vendaient guère (et à prix fort) que des oranges et du "turron" friandise à base de miel et d'amandes.

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(collection: De Paris à ELVINGTON. Auteur:Robert Saubry Bobet)

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(collection: M.Chauvet)

Vue générale du camp de Miranda ou étaient détenus les évadés de France.

Une unique fontaine, débitant un mince filet d'une eau douteuse, servait pour l'ensemble du camp;encore son débit était-il interrompu pour les besoins des cuisines et... des douches - qui se détraquèrent en 1942.

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Comme en Allemagne, en Italie,en grande-bretagne et dans tous les pays en guerre,les prisonniers passaient le plus clair de leur temps en "travaux" de propreté.

A l'entrée du camp, vaste espace,dit bandera , était aménagé en face d'une espèce d'autel ou un officier prenait place pour les cérémonies du lever et du baisser des couleurs, rehaussées par la musique d'une clique de prisonniers habillés en soldats espagnols sous la direction d'un Israélite qui avait été maître de chapelle à Vienne...Cette cérémonie bi journalière s'accompagnait de l'appel des prisonniers. Sur le côté de la bandera se trouvait une petite chapelle en bois, décorée par les prisonniers polonais. L'ensemble tenait dans un espace de 150m sur200m environ..

C'est dans ces installations primitives que des milliers d'hommes entre 1940 et 1944 allaient passer, séjourner et vivre.

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Intérieur d'une "calle" du camp de Miranda (dessin d'un détenu M. CHAUVET).

Quelques personnes qui sont passées dans le camp.

Pendant les dix années, ils furent des milliers de prisonniers espagnols et étrangers à être passés par le camp de Miranda,la plupart étaient anonymes.

Beaucoup devinrent célèbres par la suite. En voici quelques-uns: ROBERT ANDRE VIVIEN.député, ALAIN GRIOTTERAY. député, LUCIEN BODARD. écrivain, JEAN LARTEGUY. écrivain, JEAN CIAMPI. médecin et cinéaste français, MICHEL PONIATOWSKI. sénateur, GEORGES BIDAULT. ministre, FELIX GOUIN. président de l'assemblée, HENRI de GAULLE. filleul du général, JOAN LLARCH. écrivain espagnol, ROBERTO VEGA GONZALES. professeur université, YHAOO AUSBACHER. rabbin de l'église Israélite, MARTIAL ARBIZA du real joueur de foot, FELIPES DEMETRIO. joueur de foot à HELETICO de MADRID, plus d'une soixantaine de médecins dont les Dr JACOB et Dr MONOD. prix nobel de médecine; le Dr TUBIANA. cancérologue de renommée mondiale; JOE CARSON et BOBY BARROW deux internes populaires.

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Gouverneur Général Lépine à Port Vendres.

Plusieurs groupes venant de différentes prisons espagnols nous conduisit au portugal dans le petit port de SETUBAL ou nous attendait un vieux cargo "le général lépine" pour nous emmener à Casablanca ou nous fûmes reçus triomphalement,avec les matelots du JEAN-BART au garde -à-vous sur le pont et une fanfare jouant la Marseillaise.

Nous l'avions bien mérité et je ne peux m'empêcher à cette occasion de vous communiquer le bref rappel historique de ce qu'ont représenté les évadés de France par l'Espagne, dans une brochure conçue par l'action des évadés de France,association dirigé par monsieur MARCEL VIVE, un président actif et totalement dévoué a son oeuvre, mais qui dut dissoudre son association en 2005, les membres étant devenus trop peu nombreux. Après cette évasion, une nouvelle étape nous attendait, c'était l'Afrique du nord et un début de formation dans les unités que nous avions choisies. Une autre suite nous attendait, c'était le Maroc.

(source: l'excellent livre du Bombardier sur HALIFAX Robert Saubry-Bobet De Paris à Elvington)

(source:HISTORIA magazine n°49 )

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MEDAILLE DES EVADES

Date d'instauration: 20 août 1926

HISTORIQUE

Cette distinction signalait ceux qui, selon le général MANGIN, avaient fait plus que leur devoir en s'échappant des prisons ennemies pour retourner à la bataille. Elle était également décernée aux Alsaciens-Lorrains qui avaient quitté les rangs allemands entre le 1er août 1914 et le 1er novembre 1918. L'ordonnance du 7 janvier 1944 et la loi du 30 octobre 1946 accordèrent la médaille aux auteurs d'actes d'évasion entre le 2 septembre 1939 et le 8 mai 1945.

INSIGNE:

L'avers porte une effigie de la République couronnée de feuilles de lauriers et de chêne. Le ruban vert est barré verticalement de trois raies orange, au centre la plus large, les deux autres à chaque extrémité.

CONDITIONS D'ATTRIBUTION:

Il y eut 15 000 bénéficiaires au titre de la Grande Guerre et 35 000 pour la Seconde Guerre mondiale. Les demandes d'obtention, closes le 1er janvier 1968, furent à nouveau admises le 28 décembre 1981.

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(collection: LOUIS MARIE)

 

Groupes d'anciens des Groupes Lourds et Évades de France,on  n'aperçoit monsieur Jean GOVAERT et monsieur LOUIS MARIE, au Mémorial de la France Combattante inauguré le 18 juin 1960 par le Général de GAULLE.

LES EVADES DE FRANCE

L'appellation "Évades de France" regroupe tous les hommes qui cherchèrent à gagner l'Afrique du Nord et qui furent internés dans les geôles franquistes. On trouva des résistants "grillés". des prisonniers de guerre évadés d'Allemagne,des réfractaires au S.T.O., des juifs... Tant que les Allemands semblaient gagner, l'Espagne neutre se contentait de les renvoyer en France, mais lorsque le vent de la victoire tourna, Franco se réserva une porte de sortie en les internant.

Après de pénibles marches en haute montagne, guidés par des passeurs, les évadés atteignaient la frontière. Leur joie était de courte durée car, la plupart du temps, ils étaient pris par les carabiniers espagnols. Enchaînés deux à deux, ils poursuivaient la route vers leur"prison modèle" ou s'entassaient bien souvent jusqu'à souvent quatorze détenus dans une cellule pour un. Le camp de Miranda de Ebro, construit par des ingénieurs allemands pendant la guerre civile, reçut jusqu'à 5000 détenus.

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Au camp de Miranda de Ebro, les conditions de détention étaient effroyables.

Les conditions d'alimentation étaient à la limite de la survie et l'hygiène déplorable. La sous-alimentation et l'endémie dysentérique aggravées par la vermine conduisaient à des pertes de poids atteignant jusqu'à 30% pour des séjours ordinaires compris entre trois et douze mois. Les délabrement psychologiques étaient importants: n'était la forte raison patriotique qui les conduisit à cette épreuve inattendue, beaucoup auraient perdu pied. Les rares contacts avec des prisonniers "politiques" espagnols qui attendaient leur condamnation à mort avec un courage inouï furent aussi d'un grand secours moral. Peu à peu, par l'action des autorités françaises d'Alger et des Alliés, les prisonniers furent échangés contre du blé ou des phosphates et presque tous s'engagèrent, car ils étaient partis pour cela!

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Miranda de Ebro.

 

(Histoire du camp de concentration de Miranda de Ebro 1937-1947 - Auteur: José Angel Fernandez Lopez)

Sur les 30 000 personnes (a minima) qui ont réussi à passer la frontière, 19 000 purent prendre les armes en AFN pour grossir les rangs de la 1er armée (9000), de la 2ème DB (4500) et d'autres unités alliées. Les autres étaient soit morts, soit déportés,soit trop affaiblis pour être incorporés. Plus tard,le maréchal de Lattre leur rendit un vibrant hommage "ils choisirent la périlleuse aventure du passage des pyrénées pour l'honneur de servir".

(source: Images de guerre)

 

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Maquette du sinistre camp de concentration de Miranda del Ebro. Tiré de l'ouvrage de Sébastien Barrère " Pyrénées, l'échappée vers la liberté" Editions Cairn, à Pau, 2005.

(source: Régis JOUHAUD)

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JOUHAUD JACQUES

Mécanicien au sol: "avion-moteur" sur la base d'ELVINGTON

Sa carrière de pilote brisé par son passage en 1942 dans les geôles de Franco,ou il séjourna dans le sinistre camp de concentration de Miranda de Ebro en perdant plus de 30 kilos souffrant de déshydratation avec un rétrécissement de l'estomac, dont à peu prés tous les jeunes gens passés par ce camp.

Jacques JOUHAUD à quitté le camp de MIRANDA, par le PORTUGAL par SETUBAL le 14 juillet 1943: Ils embarquèrent sur un vieux cargo Français battant pavillon Anglais, le DJEBEL AURES. Ce bateau part pour CASABLANCA vers 22 heures avec 700 libérés, escortés par le torpilleur ALCYON.

 

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TORPILLEUR ALCYON

Le DJEBEL AURES de la Compagnie de Navigation Mixte. Du 30 Avril au 29 Décembre 1943 ce cargo (2635 Tx construit en 1926) en compagnie du Gouverneur Général Lépine, Château Pavie, et Sidi Brahim a contribué au transport vers CASABLANCA de 18000 évadés de France libérés des prisons espagnols "désireux de se battre aux côté des Alliés". Les 8 premières rotations se font au départ de SETUBAL puis par autorisation de Franco par MALAGA. DJEBEL AURES se rend 3 fois à SETUBAL et 1 fois à GIBRALTAR.

 

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"DJEBEL-AURES"

Premier voyage CASA, SETUBAL, 7 juin voyage CASA GIBRALTAR, le 14 juin voyage pour SETUBAL le 23 et un voyage encore pour SETUBAL le 14 juillet. Sur ces navires et notamment sur le DJEBEL AURES des problèmes ont surgi entre Gaullistes et Giraudistes. Sur le GOUVERNEUR GENERAL LEPINE était embarqué Jean GUIGLINI ("Colonel de l'armée blindée") qui a relaté ces incidents. Le 20 avril 1943 le DJEBEL AURES a été témoin du torpillage du SIDI BEL ABBES alors qu'il navigue à ses côtés dans le convoi UGS 7 États-Unis Méditerranée.

 

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"SIDI BEL ABBES"

RECIT DE

MARQUES JOSEPH

OFFICIER MECANICIEN A BORD DU

"SIDI BEL ABBES"

TORPILLAGE DU SIDI BEL ABBES

Retraité de la Société Générale des Transports Maritimes (SGTM), Joseph MARQUES était le 20 avril 1943 officier mécanicien à bord du "Sidi Bel Abbès" quand ce bateau, assurant la navette entre Marseille et Oran, fut touché par une torpille. Voici son témoignage.

"Le dimanche 18 avril à 16h, se souvient Joseph MARQUES, le Sidi Bel Abbès  quitte le port de Casablanca avec l'état-major du 4e régiment de tirailleurs Sénégalais et une grande partie du 1er bataillon de ce régiment.

"A Gibraltar,ajoute Joseph MARQUES, le Sidi Bel Abbès prend place dans un convoi de 42 navires. Le mardi 20 avril à 7h, il est touché par une torpille. Une secousse violente se fait sentir et donne à tous l'impression d'un déséquilibre soudain du navire, qui prend aussitôt une grande inclinaison. L'explosion qui s'est produite à hauteur de la cale 2 a disloqué la passerelle de commandement et enlevé toutes possibilités de sauvetage organisé.

"En peu de temps.. une à deux minutes.. l'avant du navire disparaît cependant que l'arrière pointe vers le ciel, avant de disparaître également dans les flots. Une multitude d'hommes plongent dans la mer et s'agrippent aux corps flottants qui passent à leur portée. Pour la plupart les secours n'arriveront qu'entre 3 et 5 heures, car il y eut une nouvelle alerte aux sous-marins parmi les bateaux sauveteurs.

"Les rescapés du Sidi Bel Abbès débarqueront à Oran et seront transportés nombreux à l'hôpital Baudens. Plus de 800 personnes (équipage et passagers) disparaîtront dans ce naufrage"

Un demi siècle déjà. Mais le temps n'efface pas le souvenir de cette tragédie.

Oran des années 50

http://danmarlou.free.fr/

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 "GOUVERNEUR GENERAL LEPINE"

 

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"SIDI BRAHIM"

Revenu en 1945, il se remis à voler bien que sa santé physique et psychique ait été définitivement détérioré dans les geôles de Franco.

(collection: Régis JOUHAUD)

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Henri CABANNES

A VOIR LE PARCOURS D'UN EVADE

UN ANCIEN DES GROUPES LOURDS

MON EVASION VERS LA FRANCE LIBRE EN 1943

 Adresse du site:  http://henri.cabannes.free.fr/

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L'EQUIPAGE DU LIEUTENANT PELISSIER

CELUI DES EVADES DE FRANCE

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Pilote: Lt. PELISSIER. (H.E.C.) Navigateur: Aspt. POMPOM. (INGENIEUR) Bombardier: S/Lt. SUSBIELLE. (INSTITUTEUR) Mécanicien: Sgt/C. GUEGAN. (GUEGAN a été remplacé ensuite par le Sgt HELLER, GUEGAN étant malade). Radio: Sgt. RIBON. Mitrailleur-supérieur: Sgt. HERRY. Mitrailleur-arrière: Sgt. ERLY.

L'équipage du Lieutenant PELISSIER se distinguait de tous les autres équipages par le fait qu'il ne comprenait que des évadés de France, tous réservistes, célibataires et évidemment volontaires. Ils étaient jeunes parmi les plus jeunes, les voici présentés dans l'ordre habituel.

Unis par leur commune origine et par leur jeunesse, solitaire de la même cause, attelés à la même charrette ou ramant sur la même galère, ils formaient l'équipage tel qu'on peut se l'imaginer. Ils faisaient corps autour de leur pilote en qui ils avaient une confiance absolue. Au cours de la nuit des intruders, alors que le balisage avait disparu sur toutes les bases du YORKSHIRE, n'avait-il pas réussi à poser son avion dans le noir, sur le terrain d'ELVINGTON.

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(source: Le "L" FOR LOVE .Auteur:Andrée A. VEAUVY.(équipage du Capitaine VEAUVY.)

Le journal de la victoire:

"On a pris une muflée terrible; dans un pub, j'ai reçu un feu de Bengale; j'ai cru que j'étais atteint par la flak."

Photo prise par Henri POMPOM,Aspirant au 1/25 TUNISIE, squadron 347, le 8 mai 1945.

Dans cet équipage, comme dans tous les équipages soudés, chacun faisait son métier, et rien  que son métier. Cet esprit de corps est parfaitement décrit dans une note que nous a fait parvenir l'Aspirant POMPOM et dont nous extrayons le passage suivant:

"Un équipage, c'est une sorte de personne collective, une sorte de tout en un. Je m'explique: quand le mitrailleur de queue disait au pilote corkscrew gauche, le pilote devait le faire instamment sans demander d'explication, et le navigateur, dont les instruments portatifs voltigeaient, ne devait pas ramener sa science. (j'avais aussi acheté une règle à calculs classique que j'avais attaché à mon blouson. L'instrument officiel plus évolué pouvait être perdu, je m'en tirais toujours avec mon bidule accroché)".

Ce qu'il faut comprendre, c'est que chacun commande - je dis bien commande - quand c'est à lui de le faire - cap 340 - top, et le pilote devait se mettre au 340 dans les trente secondes qui suivaient.

Un peu à gauche - encore - stop - et l'avion était définitivement aligné par le bombardier sur la cible. Pendant au moins cinq minutes, il n'était plus question de bouger d'un poil quelles que soient la flack et la chasse. On avait le trouillomètre à zéro pendant ces longues minutes.

Il y a une éthique  dans la vie d'un équipage qui était différente de celle d'une escadrille de chasse. Je crois qu'elle est plus belle encore, car moins individualiste et moins spectaculaire.

(source: NUITS DE SUR L'ALLEMAGNE Auteur: Louis BOURGAIN.)

 

 

 

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30 septembre 2009

JOURNAL DE MARCHE DU Sgt/C LEMAIRE

RECIT DU JOURNAL

DE MARCHE DU

Sgt/C LEMAIRE

"EVADES DE FRANCE"

Par L'ESPAGNE

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EQUIPAGE DU COMMANDANT BREARD.

Pilote: Adjt SOUCILLE, Navigateur: Cdt BREARD, Bombardier: S/Lt FAUVET, Radio: Sgt/C LEMAIRE, Mécanicien: Adjt AQUAVIVA, Mitrailleur-supérieur: Sgt/C CHIERICCI, Mitrailleur-arrière: Sgt ZAVATERRO.

Le Sgt/C LEMAIRE deuxième a partir de la droite.

Dimanche 14 Mars 1943

Jour de départ pour le chemin de la Liberté. On avait projetté la veille au soir avec des camarades de partir rejoindre les FORCES FRANCAISES LIBRES qui se battent en Afrique du Nord auprès des troupes Anglo-Américaine.

On est parti de MARSEILLE au train de 7h10 en direction de TOULOUSE, ou l'on est arrivé à 14 heures, là on a changé pour LOURDES. Nous sommes arrivés à LOURDES le soir à 20h30, l'on a été à l'hôtel que l'on nous avait indiqué pour avoir les renseignements nécessaires auprès du patron, pour franchir la frontière. On croyait apprendre de bonnes nouvelles malheureusement il n'y a pas moyen en ce moment, car il y a eu un petit incident au village que l'on devait rejoindre. Trois allemands ont été tués, ce qui fait que la surveillance prés de la zone frontière est très surveillée.

Samedi 20 Mars 1943

Ce matin, l'on nous a réveillé de bonne heure car nous devons partir avant que le jours soit bien levé. Nous allégeons encore nos valises et pour ma part je demande si je peu avoir un sac pour mettre mes effets ainsi que le pain. En cours de route nous essayerons de nous approvisionnés en oeufs.

C'est le gamin d'hier au soir qui nous servira de guide jusqu'à un endroit que l'on appelle "Paradis" l'on arrive vers les 8h. Là, nous trouvons une quinzaine de jeunes gens dans la baraque ou l'on doit attendre le guide qui passe le soir. Nous y restons toute la journée, dans l'après-midi deux autres jeunes gens nous rejoignent ce qui fait que nous sommes sept au total; le soir arrive sans que l'on est vu personne, il est 20h30.

C'est le domestique de la ferme voisine qui vient nous apporter du pain et nous dire qu'il va nous faire voir un morceau du chemin, nous sommes tous très content.

La nuit est belle, et il fait un clair de lune merveilleux, on longe la route nationale, l'on rouspète un peu contre les chiens qui n'en finissent plus d'aboyer. Enfin, nous finissons par atteindre une ferme; le jeune basque nous fait attendre dans un pré pendant qu'il s'en va réveiller les habitants pour se renseigner; au bout d'un certain temps on le voit revenir; mais il n'est pas seul il y a un autre camarade qui l'accompagne, on se remet donc en route car ils décident de nous accompagner jusqu'à la route de MONTAUVY.

Nous proposons en les payant s'ils ne veulent pas nous mener jusqu'au terminus de l'étape. Entre temps notre groupe c'est encore augmenté d'un autre basque, que les guides avaient réveillé pour lui demander des renseignements, l'on a rien compris car toute la conversation a eu lieu en langue basque.

C'est vers les une heure du matin, que nous atteignons une ferme, nous sommes tous fatigués car nous avons fais le chemin, tout a travers champs et bois pour éviter les routes. Aussi c'est sans nous faire prier que nous allons passé notre deuxième nuit dans le foin, on nous recommande le lendemain de ne pas sortir jusqu'à ce que les guides reviennent nous prendre, pour nous mener jusqu'à SAINT-ENGRACE, dernière étape avant la frontière.

Lundi 22 Mars 1943 

Après avoir passé une bonne nuit, on nous réveille pour aller déjeuner, nous mangeons tous de bon appétit, notre fromage qui nous reste et nous buvons du lait. On fait la connaissance de toute la maisonnée qui est bien nombreuse,de sept enfants plus le père, la mère et la grand-mère; après avoir fini de déjeuner l'on profite de faire un peu de toilette.

Ensuite l'on va encore se reposer car c'est ce soir que l'on passe la frontière. Thomas le fils aîné est revenu du village et nous dit que le guide nous accompagnera jusqu'à la frontière.

Le soir, quand l'on se met en route il est dix neuf heures c'est le père qui prend la tête pour nous remettre en main du guide, nous sommes obligés de traverser le poste qui n'est pas loin, personne ne parle, il règne un calme.

Après avoir passé en terrain découvert l'on recommence à gravir les premiers contreforts de la montagne que l'on doit montés jusqu'à ce que l'on est atteint la frontière, car le point terminus est le sommet des neiges que l'on voit, ça monte à plus de 70%, à la sortie du couver nous subissons le vent qui vient d'Espagne et qui est très froid.

Après avoir fait de nombreux détours, nous commençons à attaquer la montée dans la neige, pour ma part je peine terriblement car je ne suis pas équipé pour faire de la montagne, surtout en souliers bas et manteau. En passant sur le côté du pic, je fais un faux pas et me voila parti sur le derrière en glissade sur la neige.

Heureusement que j'ai un peu de chance, car je réussi à m'arrêter a une centaine de mètres plus bas, j'en suis quitte de rejoindre les autres qui continuent à grimper ce qui fait que c'est moi qui ferme la marche. On se repose de temps en temps il fait un clair de lune magnifique et la vue sur la chaîne dont les pics sont tous couvert de neige est merveilleuse.

L'on continue à grimper, comme la pente se fait de plus en plus abrupte et nous grimpons sur le flanc du pic en zigzag. Il me semble revoir en vision un document sur l'ascension en montagne. Il règne un silence qui vous émeut; avant de se retrouver en terre espagnole, nous atteignons un passage difficile à une quarantaine de mètres du sommet. Enfin! encore un peu de courage et le cauchemar sera fini pour la traversée.

Il est une heure du matin quand nous mettons le pied sur la terre Espagnole, qu'elle différence  avec le versant Français dont les versants sont plutôt abruptes et recouvert de neige; tandis que de ce côté la pente a une inclinaison régulière jusque dans la vallée que l'on domine, la neige est beaucoup moins abondante.

L'on se repose tous un moment avant de se séparer du guide et de Thomas qui a tenu à nous accompagner nous lui recommandons de mettre les dernières lettres que l'on a laissées chez ses parents, car je suppose qu'une fois de l'autre côté pour donner des nouvelles ça ne sera pas facile.

Au bout d'un moment de repos l'on reprend chacun nos routes, le guide et Thomas reprennent le chemin parcouru a l'envers, car il faut qu'il soit revenu avant l'aube et nous autres on continu à avancer droit devant nous pour atteindre le premier village qui est ISABA, ou l'on arrive après avoir fais 10 bons kilomètres a pied sur la route nationale.

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ISABA.

Dans le village, nous demandons a une ou deux maisons des renseignements mais personnes n'est capable de nous en fournir c'est aux carabiniers que nous finissons par nous adresser (Qu'elle drôle d'idée qui nous a pris) Ils nous emmènent au poste de garde ou ils dressent procès-verbal et nous subissons la fouille et ou l'on nous enlève tout l'argent Français disponible que l'on avait en nous disant qu'ils vont nous le changer. Ensuite, ils nous emmènent dans une ancienne bergerie où l'on retrouve treize camarades qui partent le soir pour PAMPLONA. L'étape d'aujourd'hui a durée 7h20 de marche en montagne.

Mercredi 24 Mars 1943

Ce matin , quand on s'est reveillé il pleuvait toujours. C'est le deuxième jours de pluie. A 14 heures la guardia civile est venu nous chercher pour prendre le car à GAZO qui fait le service. Inutile de dire que le repas n'a jamais varié, pain et sardine salée avec de l'eau.

Le voyage d'ISABA à PAMPLONA a durée quatre bonnes heures, nous avons traversé bien des villages, mais ils sont moins jolis que tout ceux  de chez nous et ont l'air beaucoup plus pauvres.

Arrivé à PAMPLONA le soir a 19h30, l'on nous mène au commissariat central de la province de Navarre. Là l'on nous établi, une carte d'identité, ensuite l'on fait un souper  avec une omelette aux pommes de terre dans un petit pain et un bon verre de vin.

Ensuite, l'on nous emmène en prison, car les flics nous ont dit que l'on allait faire de huit a dix jours de prison avant d'aller dans une résidence surveillée en hôtel.

C'est le mercredi au soir a dix heures et demi que nous arrivons a la pension provinciale de PAMPLONA (P.P.P. surnommé par nous) après avoir franchi plusieurs portes, on nous fait entrer dans une cellule tout le groupe, sans une paillasse juste avec deux couvertures chacun, ce qui fait que l'on a passé la nuit sur le ciment et même avec deux couvertures il fait froid.

Samedi 24 Avril 1943

Veille de Pâques, nous sommes partis de PAMPLONA le matin à 5 heures attachés par le poignet deux à deux pour aller prendre le train. On a pris place dans des wagons en bois de 3ième classe que l'on ne quittera plus jusqu'à ce que l'on arrive au terminus que tout le monde ignore. Les gardes civil (Surnommé par nous, toile-ciré, à cause de leurs chapeaux triangulaires recouvert d'une toile ciré noire) qui nous accompagnaient depuis ce matin ont été relevés dans une gare appelée CASSETTA a 8 kilomètres de SARRAGOSSE. Là nous avons attendu plus de trois heures sur une voie de garage, ensuite l'on a pris la direction de MADRID.

Nous avons passé la nuit en wagon dans une gare appelé GUADALCANAL.

Dimanche 25 Avril 1943

Voici Pâques 1943. Il fait une belle journée nous sommes arrivés en gare de marchandises de MADRID à 9 heures du matin. Et nos en sommes repartis que l'après-midi à 16 heures.

Entre temps nous avons pu nous ravitailler en pain pour ceux qui avaient des pesetas, J'ai pu en avoir grâce à Jacques a qui j'ai fais un emprunt de 15 pesetas, car il avait liquidé sa montre à un toile-ciré pour 70 pesetas.

MADRID , a l'air d'être une bien jolie ville que tout le monde aurait bien voulu visiter, vers 2 heures de l'après-midi, nous assistons à la 2ième relève de toile-ciré. Jusqu'à maintenant ils avaient les parements rouges tandis que ceux-là les ont bleus, nous les voyons qu'il portent tous des menottes, aussi le sourire ne court pas sur les lèvres car jusqu'à maintenant l'on était libre de tous nos mouvements.

Mais, ça ne sera qu'une fausse alerte, car nous arrivons au terminus sans les avoir eu aux poignets. Ils ne sont pas si bavard que les autres.

A la sortie de MADRID, nous pouvons voir les ravages de la guerre civile, tranchées, maisons et même villages complètement rasés par la mitraille, c'est vraiment un paysage désolant.

En route nous croisons des trains de voyageurs, qui nous regardent tous avec des yeux étonnés. Nous arrivons à ALCAZARD à 21 heures et l'on est reparti que le lendemain matin de bonne heure. Pour coucher c'est toute une histoire de dormir à 12 dans un compartiment, l'on prend toutes sortes de position jusqu'à ce que l'on est trouvé la bonne.

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Sgt/C LEMAIRE Jean.

Mardi 27 Avril 1943

C'est à 8 heures ce matin que l'on repart. Ici la région semble beaucoup plus riche; l'on voit beaucoup de champs de blé, d'avoine et de seigle et comme arbres fruitiers c'est beaucoup l'amandier qui domine, on trouve aussi des citronniers et des orangers.

Au bout d'une heure et demi nous finissons par arriver au terminus de notre étape et la gare ou l'on descend s'appelle TOTANA. Ici la première grande maison où les yeux se portent est le carcel (prison) plus d'illusions a se faire nous sommes sortis d'une prison et l'on retourne dans une autre.

A la descente du train, les toiles-ciré nous font l'appel et ils s'aperçoivent qu'il en manque un. Nous apprenons par les camarades qui étaient du même compartiment que lui, qu'il a joué la fille de l'air dans la nuit passé à ALCAZARE.

Après avoir marché une dizaine de minutes, nous voilà devant la "Prison centrale" comme allure elle est beaucoup plus veille que celle de PAMPLONA. On nous fait l'appel et on nous sépare en deux groupes, nous sommes tous logés dans deux grandes salles. A midi comme repas l'on nous sert des fèves très mal préparées avec l'écorce.

Le tout avec un goût de terre, il faut vraiment avoir faim et avoir fait un trajet de 750km en 72 heures sans presque rien a manger pour avaler le tout.

Il y a la quantité, mais pas la qualité, le soir nous avons eu la visite du toubib pour les poux; l'on est nombreux a en avoir. Au repas de midi nous avons touché une ration de pain de 150 gr pour deux jours ainsi qu'une orange pour désert, le soir le menu c'est des carottes fourragères avec des fèves et de la flotte.

Nous apprenons que ceux qui auront de l'argent pourront se procurer des petits pains d'avoine à une pesetas pièce, c'est a croire que dans ce pays il n'y a que les gens qui ont de l'argent en quantité qui peuvent manger. Le soir pour dormir nous touchons une grande couverture pour trois et l'on dort a même le ciment.

Vendredi 7 Mai 1943.

Ce matin visite de la croix-rouge Espagnole, l'après-midi nous avons eu la visite de deux personnalités, le docteur CREY qui habite TOTANA et un Colonel Français qui s'occupe de la croix-rouge. Nos délégués leurs ont dit ce qu'il en était et ils ont répondu que sitôt rentré à MADRID l'on toucherait les pesetas.

Ils ont demandé de faire une liste pour savoir s'il y avait des aviateurs.

Jeudi 27 Mai 1943

C'est plutôt une journée triste. A midi au moment de la soupe nous apprenons qu'un de nos camarades qui est à l'infirmerie, vient de mourir des suites de crise de dysenterie et de manque de soins. car il n'y a pas de médicaments. Il a fallu que l'on se cotise dans toutes les salles pour pouvoir les faire venir du dehors, mais malheureusement ils arrivent trop tard; Mais serviront a un autre qui a la dysenterie lui aussi.

La soupe est infecte et nous n'avons pas de pain depuis trois jours.

Ah! quel pays...

Jeudi 10 JUIN 1943

C'est une bonne journée, à midi au moment du repas nous avons eu la surprise d'avoir la visite d'un représentant du gouvernement de l'Afrique du Nord qui est venu nous rendre visite sous le couvert de la croix-rouge Française en Espagne. Et, il nous a annoncé que l'on partirait bientôt.

On lui a parlé de nos malades et il a répondu qu'il allait s'en occuper dans l'après-midi et qu'il reviendrait demain. Nous avons descendu un camarade a l'infirmerie, il y a deux jours il était dans un état alarmant.

Le soir le menu était des carottes, l'on en a parsemé le patio.

Vendredi 11 Juin 1943

Ce matin l'on a eu la visite de notre représentant on lui a annoncé la mort de notre camarade, ce qui porte le nombre à trois en l'espace de trois semaines. Il nous a promis que le prochain départ serait pour nous, environ dans un mois, mais il nous a recommandé d'être très disciplinés pour ne pas entraver notre sortie.

Le soir, l'on a touché une toile à paillasse chacun car jusqu'à l'heure actuelle nous couchions sur le carrelage, demain on la remplira d'alfa qui remplace la paille

"Le menu est meilleur, aux deux repas plus de carottes.

Jeudi 1 Juillet 1943

Aujourd'hui c'est notre 100e jours de taule, on a appris que les camarades évadés hier au soir ont été repris et ramenés ici ou on les mis au cachot, c'est dommage pour eux.

Pour nous on nous a supprimé le patio. Il est expressivement défendu aux camarades des sections 2 et 5 de regarder par les fenêtres qui donnent à l'extérieur de la prison, car si les sentinelles voient que l'on regarde elles tireraient des coups de fusil sans sommation.

Chose qui arrive une fois dans la soirée heureusement sans mal pour personne car c'était un mannequin que l'on promenait devant les fenêtres.

Mardi 13 Juillet 1943

Aujourd'hui c'est un beau jour, jour de notre mise en liberté, après trois mois de prison.

Nous sommes partis de la prison le soir a 19h 1/4 pour aller prendre le train à la petite gare et pour la direction de MADRID. Malheureusement sur les 250, il y en a que 125 de parti les autres partiront le lendemain, ça fait beaucoup de peine de laisser d'autres camarades derrière soi.

A ELGUANTARILLA, nous changeons de train et prenons le train express de 22 heures.

Mercredi 18 Août 1943

C'est le jour ou l'on a quitté MADRID en direction du Portugal via CASABLANCA.

Nous sommes parti par la gare "Las Delicias" l'on avait rendez-vous à 11h ou l'on a touché un repas froid et le train n'est parti que vers les 16 heures. La région du Sud-ouest de l'Espagne n'a pas a envier l'autre côté, car c'est aussi pauvre que le Sud-est.

Nous sommes arrivés à la gare frontière de MARAVO, l'on nous a pointé et rendu les cartes d'alimentation, tout ça c'est passé de nuit vers les minuit une heure.

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Jeudi 19 Août 1943

Nous sommes partis le matin à 8 heures de MARAVO après une demi-heure de marche l'on a atteint la gare frontière du Portugal.

BERA, quel accueil...! là, on nous a distribué un café chaud avec un petit pain et un morceau de fromage. Comme l'on est reparti que très longtemps après, l'on a eu le temps de faire notre toilette car tout le monde en avait besoin.

Ensuite la Croix-rouge Portugaise nous a distribué des vivres pour la journée et l'on a touché plus que ce que l'on peut en manger, ainsi que deux paquets de cigarettes avec une boite d'allumettes chacun.

L'on est reparti de BERA, il était 11h1/2 et l'on a roulé jusqu'au soir minuit, ou l'on a embarqué sur deux bateaux Français le Gouverneur Général (Lépine) et le sidi-Brahim.

Qu'elle différence entre le Portugal et l'Espagne c'est comme le jour et la nuit autant au point de vue du pays qu'au point de vue mentalité de la population.

D'abord le pays est beaucoup plus riche grâce à l'eau et la mentalité de la population qui est nettement pour les Alliés.

Nous avons embarqué dans le port de SETOUBAL au sud de LISBONNE.

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" SIDI-BRAHIM"

Samedi 21 Août 1943

Je me suis réveillé...! Nous sommes en route, l'on entend le bruit rythmé de la machine qui bat, depuis combien de temps nous sommes en route? Je ne saurais le dire mais depuis longtemps, car derrière nous l'on ne voit plus la terre.

Au devant de nous l'on aperçoit les escorteurs qui patrouillent, il y a un aviso Colonial le "Dumont-Durville" sur notre droite, c'est un torpilleur Français de l'Escadre d'Alexandrie et à gauche un contre-torpilleur Anglais.

Nous sommes arrivés le soir à 21h30 en rade de CASA, mais l'on est resté ancré jusqu'au lendemain matin dimanche. En cours de route le Commandant de l'Aviso nous a souhaité la bienvenue en terre Africaine, et c'est par la Marseillaise que tout le monde a répondu c'est vraiment une minute bien émouvante surtout en mer.

Lundi 30 Août 1943

Nous avons eu la visite du Colonel de VITROLLE qui vient d'Air Maroc pour nous souhaiter la bienvenue et en même temps nous dire de prendre patience, car les Américains nous donnent le matériel qu'au bout d'un élastique, on voit qu'ils ne tiennent pas à nous voir participer.

J'ai eu confirmation que j'étais affecté au 1/32 à MEKNES.

Dimanche 12 Septembre 1943

Aujourd'hui, je suis sorti avec FABRE un camarade de la même promotion que moi et est lui-même natif de MARSEILLE.

L'on a été mangé à MEKNES car demain je dois prendre mon car pour Ifrâne et lui le train pour ALGER car il est affecté en Grande-Bretagne.

Mercredi 22 Septembre 1943

Un camion Américain du groupe est venu nous chercher ainsi que le matériel de campement pour rejoindre MEKNES car le groupe part pour AGADIR. Nous sommes restés une semaine à faire les préparatifs.

Jeudi 30 Septembre 1943

Ce matin, en se réveillant l'on était en gare de CASABLANCA, l'on a pu sortir toute la journée en ville, car le départ est ce soir à 20h, je suis allé voir a la caserne MALAKOFF si la 2ième partie de TOTANA était arrivé, mais je n'ai trouvé que 700 rapatriés qui venaient de MIRANDA et GERONDE.

Mardi 12 Octobre 1943

Ce matin, je suis allé prendre mon service en piste comme travail se n'est pas fatigant, cela consiste a rester du matin 8 heures jusqu'au soir 17h30 à côté de la voiture des pompiers et a surveillé si les pilotes respectent les consignes et a changer ce qui leurs indique la direction du vent.

Le soir, j'ai appris que le Commandant de l'Escadrille m'a désigné pour partir en Grande-Bretagne avec 8 de mes camarades on doit partir dans 48 heures pour Marrakech.

Samedi 16 Octobre 1943

Ce matin l'on recommence à refaire toutes les formalités d'usage quand l'on arrive dans une base, c'est -à-dire une quantité de bureaux ou l'on va quand on arrive et que l'on s'en va.

L'on apprend que nous faisons parti du stage 6 bis de l'école d'application du personnel navigant de bombardement. Il paraîtrait que le départ pour la Grande-Bretagne via Alger est pour le 1er Novembre.

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SIDI-BEL-ABBES  Le monument aux morts de la LEGION.

Lundi 8 Novembre 1943

Maintenant nous avons quitté le MAROC et nous roulons à travers les plaines de l'ALGERIE. Quelle différence avec les plaines du MAROC ou l'aspect est plutôt sauvage ici, on se rend compte du travail que les colons ont effectué.

Nous arrivons à SIDI-BEL-ABBES ou l'on s'arrête une heure environ, la Légion nous porte le café et l'on profite pour faire un peu de toilette, jusqu'à maintenant c'était des machines Américaines ainsi que le personnel.

Nous reppartons de SIDI-BEL-ABBES vers onze heures en direction d'ORAN, mais nous n'allons pas a ORAN, a la gare de Sainte barbe-du TELAT nous attendons un express en direction d'ALGER pour y être accroché où l'on arrivera que le lendemain.

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Dimanche 28 Novembre 1943

Ce matin des camions de la R.A.F. sont venus nous chercher au camp et ils nous ont emmené a quai. Là nous avons tous embarqué de suite sur un grand transport de troupe Canadien qui porte le nom de "SCYTHIA" avant la guerre il assurait le service entre LIVERPOOL et le Canada.

Nous sommes tous logés sur le devant du pont .F. l'on est a peu prés tous  les camarades ensemble, nous avons pris notre premier repas, mais il est à la mode Anglaise, l'on a manger sans pain et ce n'était pas salé, la journée se passe et quand le soir arrive l'on ne voit aucun mouvement parmi le personnel, ce qui prouve que l'on ne partira pas encore.

Pour dormir le soir l'on accepte des hamacs; nous sommes environ 4000 mais le détachements Français ne comprend que 800 hommes tout le reste c'est des Anglais qui rentrent chez eux, soit comme rapatriés sanitaires ou bien ce n'est qu'ils ont fini le séjour et qu'ils ont un mois de permission après 3 ans.

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"SCYTHIA - FRANCONIA - ASCANIA HUSKI"

Mardi 30 Novembre 1943

Depuis hier au soir nous sommes en route, nous longeons la côte d'Afrique jusqu'à GIBRALTAR, notre convoi ce compose d'environ d'une trentaine de bateaux, mais presque tous des transports de troupes, nous sommes escortés par des bateaux de guerre et l'aviation vient survoler le convoi.

Vendredi 10 Décembre 1943

C'est à LIVERPOOL, que nous avons débarqué. Les camarades ont débarqué dans l'après-midi pour aller dans un camps tout prés de la ville, mais tout ceux qui arrivaient de France par l'Espagne sont restés alors car l'on doit nous emmenés à LONDRES.

Ce n'est que le soir à 8 heures que l'on débarque et nous passons a la fouille des bagages par la douane et après comme il est encore trop tôt pour le train de LONDRES, des bus a étages sont venus nous chercher pour nous emmener dans un foyer en attendant l'heure du train, pendant tout le voyage, j'essaie de regarder par la glace mais, je ne vois absolument rien car tout est "Black-out".

Ensuite quand l'heure du train est arrivée, c'est encore en bus que nous sommes allez a la gare de JAMES-STREET prendre notre train l'on avait pour nous fait le voyage sous la surveillance de sentinelles en armes et de messieurs en civil qui devaient être des policiers de la sûreté.

Vendredi 17 Décembre 1943

Dans la matinée on nous prévient de nous tenir prêt car une camionnette des F.A.F.L. viendra nous chercher pour nous emmener, c'est vers les 4 heures 1/2 que la camionnette est venue, et elle nous à emmené à la gare de WATERLOO pour que l'on puisse prendre le train jusqu'à CAMBERLEY qui est un camp Français c'est à 1h1/2 de LONDRES.

Nous arrivons le soir et il fait complètement nuit, nous traversons tout le village car le camp se trouve un peu en dehors sur un plateau ou nous sommes reçus par le service de semaine qui nous montre nos chambres et qui nous emmène manger, et c'est de la cuisine Française.

Nous couchons sous des baraques en tôle ondulée et il fait froid.

Mardi 21 Décembre 1943

Nous sommes partis par la même gare ou l'on était arrivé mais cette fois l'on avait pas de sentinelle qui nous accompagnaient, nous étions entièrement libre. Nous avons pris le train à 11h pour LIVERPOOL et ou nous sommes arrivés à 4h1/2 l'on a été obligé de faire tout le voyage debout car il y avait beaucoup de monde.

Arrivé à LIVERPOOL nous avons encore changé de gare car pour rejoindre le camp il faut prendre un train électrique qui doit nous mener jusqu'à WEST-KIRBY qui est le nom de la station ou se trouve le camp, c'est a environ une vingtaine de kms de LIVERPOOL. La nous avons retrouvé tous nos camarades le camp à l'air d'être très grand il fait nuit et l'on y voit rien.

Ce qui est formidable c'est l'effort gigantesque accompli au sujet de la mobilisation des femmes car on les voit presque toutes en uniformes soit dans la marine, l'aviation, ou celles qui travaillent la terre et j'oublie, l'armée de terre. Celles de la marine s'appellent NAVY.MARINE - aviation WOMEN.AUXILIARY.AIR.FORCE abréviation W.A.A.F. celles de l'armée de terre A.T.S. AUXILIARY.TERRITORIAL.SERVICE. celles de la terre W.L.A. WOMEN.LIAND.ARMY. celles qui ont comme uniforme des pantalons de cheval et un chapeau feutre.

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Lundi 3 Janvier 1944

Rassemblement à 7h15 pour embarquer dans les camions qui nous emmènent à WEST-KIRBY et de là nous filons à LIVERPOOL prendre le train, nous partons de LIVERPOOL à 10H50, arrivé à LONDRES a 5h le soir.

Pour moi c'est la deuxième fois que je viens, nous sommes logé dans une maison civile au 5ième étage il y a des cadets, jeunes gens qui font les cours de personnel navigant.

"Mais cette fois je suis a l'opposé de la première fois"

La maison s'appelle "James Close" sur la route "Prince Albert Road".

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Sgt/C LEMAIRE

Vendredi 11 Février 1944

Aujourd'hui pour la première fois nous faisons notre premier vol en Angleterre sur avion ANSON, j'étais avec deux camarades le vol à durée 35 minutes.

Vendredi 24 Mars 1944.

Ce matin à 10h1/2 on a eu la remise du brevet par le Colonel Commandant l'école, ensuite je devais partir en permission mais a la dernière minute le bureau s'est trompé de nom et c'est deux autres camarades qui sont partis. Nous autres nous attendons mardi pour rejoindre l'O.T.U.

Mardi 28 Mars 1944.

Ce matin nous rendons toute la literie, nous partons par le train de 13h1/4 on arrive à INVERNESS à 14h45 et l'on en repart à 16h pour ELGIN et l'on change encore une fois de train, car l'O.T.U. ou l'on change va, est à un village nommé LOSSIEMOUTH au bord de mer ou l'on arrive à 20 heures.

Ici, la température est froide car l'on n'a pas de colline qui nous abritent comme à EVATON. Pour coucher l'on est logé dans des baraques en tôles ondulées demi_circulaires, le soir il fait plutôt froid que chaud.

Jeudi 13 Juillet

Ce matin l'on se lève de bonne heure car, il faut que nous soyons au Flyght une heure avant le vol mais le jour ne s'y prête pas, il y a de la pluie, nous attendons toute la matinée et une partie de l'après-midi, le soir à 4h1/2 il fait meilleur, il ne pleut plus et nous allons tous ensemble faire notre premier vol sur HALIFAX quel changement avec le WELLINGTON c'est beaucoup plus vaste et l'on est mieux comme confort.

Vendredi 11 Août 1944

Ce matin nous avons quitté RUFFORTH pour ELVINGTON. La base d'ELVINGTON est de l'autre côté de la ville sur la route de HULL. Nous y arrivons vers les midi, ici sur toute la base le personnel est Français il n'y a pas de W.A.A.F. juste quelques Anglais qui parlent presque tous français, l'après-midi l'on nous indique nos chambre et notre literie, ici il y a que le personnel navigant qui a droit aux draps de lit le personnel à terre n'en a pas. Comme nourriture l'on mange des mets préparés à la française mais il y en a peu.

Samedi 12 Août 1944

Nous sommes affectés au groupe de bombardement 2/23 du squadron 346 pour le Anglais, à la 4ème Escadrille, l'on a été présenté au Commandant d'escadrille et au Lieutenant-Colonel Commandant le groupe, j'y ai rencontré beaucoup d'anciens camarades avec qui j'ai été breveté.

Vendredi 25 Août 1944

Aujourd'hui c'est un grand jour pour nous autres enfin l'on va pouvoir avoir la joie d'aller lancer des bombes, sur la tête aux fritz malheureusement c'est en France.

Nous sommes partis de la base le soir à 6h30, après avoir vidé nos poches de tous nos papiers excepté la carte d'identité réglementaire, l'on était en Stream (vague) de 90 avions il y avait 9 avions avec équipages Français, nous arrivons sur l'objectif qui est un dépôt souterrain de rampe de lancement d'avions bombes dans la forêt de WATTEN au N-O de st Omer, là nous sommes reçus par une assez forte défense aérienne, après avoir laché nos bombes et pendant le temps ou l'on prend la photo, nous recevons plusieurs éclats de D.C.A. dont un blessé, notre navigateur aux jambes, et l'avion se met en piqué, nous étions à 13 000F/4000m l'on s'est retrouvé à 10 000F/3000M après un piqué plutôt rapide.

L'on à passé la côte Française au plus vite et l'on a été se poser sur un terrain de secours a 78 miles de LONDRES Wood-Brige. Après s'être posé l'on a pas été les seuls, un autre français du 347 Squadron, et un équipage Anglais ainsi qu'un équipage Américain, l'on a évacué notre blessé aussitôt à l'hôpital, l'on a regardé combien d'éclats avait l'avion, nous avons eu 6 gros éclats dans les ailes un moteur qui nous a lâché a l'atterrissage et d'autres un peu partout.

L'autre avion de chez nous qui porte la même lettre que le notre a eu plus d'une cinquantaine d'éclats sans qu'aucun membre de l'équipage soit touché juste un moteur qu'ils ont du stopper en l'air.

Les officiers ont été remplir les formalités nécessaire et l'on a été manger et se couché car demain l'on doit renter par le train à la base, voila notre première mission de guerre, nous avons vu au-dessus de l'objectif tomber deux avions en flammes.

Lundi 4 Septembre 1944.

Aujourd'hui nous recommençons à attendre, ce matin a la conférence, l'Aspirant nous a fais lire une lettre du Capitaine ou il nous dit qu'il est blessé aux deux jambes et qu'il on a pour deux à trois mois, il nous remercie pour notre tenue et nous appelle tous, le pilote le bouillant, le mécano et moi les 2 placides et le radio sa petite mère, car c'est le radio qui a fait les premiers pansements à bord.

Samedi 9 septembre 1944.

Rien de nouveau, si ce n'est que maintenant tout l'équipage est prêt pour recommencer a faire des missions, mais pour le moment personne ne sort du 4ème Groupe. Nous faisons du ravitaillement en essence entre l'Angleterre et la Belgique pour le ravitaillement des unités blindés.

Dimanche 10 Septembre 1944.

Aujourd'hui nous effectuons notre deuxième sortie comme mission, nous avons été bombarder de jour la ferme d'octeville près du HAVRE, c'était un point de résistance fortifié des boches tout c'est bien passé nous n'avons pas eu un coup de canon de la Flack.

Mardi 26 Septembre 1944.

Le 26 septembre 1944, date a laquelle le Sergent/Chef LEMAIRE a arrêté l'écrit de son journal de marche.

J'ai relaté quelques journées, écrites très simplement mais d'une grande qualité raconté au jour le jours, tout son parcours.

Malheureusement leur équipage disparaîtra le 21/22. 02.1945 au cours de la mission sur WORMS.

Au cours de la nuit la chasse allemande se montre particulièrement active dans la région de l'objectif. Deux avions du groupe GUYENNE sont abattus, le HALIFAX du Commandant BREARD dont l'équipage effectuait sa 31e mission est abattu à 9 km de WORMS.

Tout les membres de l'équipage sont tués et ont été inhumés au cimetière de KLEINBOCHENHEIM

CITATION

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Crash du HALIFAX du Commandant BREARD

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Les cercueils drapés de tricolore sur les voitures de la 6ème batterie de la 5° D.B.

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Plan du cimetière de KLEINBOCHENHEIM

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12 janvier 2010

ANDRE DESPLACES-LOUIS LOURDAUX R.A.F. AU G.B.2/23 "GUYENNE"

André DESPLACES

breveté avec la RN7 à Pau en 1948 (n° 1908)

Récit de son passage dans la R.A.F.

au

G.B. 2/23 "GUYENNE"

et son épopée du 15 mars 1945,

une nuit, un départ...

Equipage du Lieutenant PONCET

Pilote: Sgt LOURDAUX, Navigateur: Lt PONCET, (Cdt de l'avion) Bombardier: Lt LAMONTAGNE, Radio: Sgt BERNASCONI, Mécanicien: Sgt HAUTECOEUR, Mitrailleur-supérieur: Sgt DESPLACES, Mitrailleur-arrière: Sgt BRULET.

Date de la mission: 14/15. 03. 1945

Objectif: HOMBERG (Palatinat)

Nombres d'avions engagés par chaque groupe.

Guyenne, 8 avions.

Tunisie, 9 avions.

Total des avions engagés dans la mission.

161 avions.

Nombre de Français tués dans la mission

8 tués.

_________________

 

Parti d'Alger à la suite d'un périple en Afrique du Nord, destination l'Angleterre.

Après une attente de deux jours à Gibraltar pour la formation d'un convoi, l'armada de paquebots escortés de deux porte-avions équipés de Spitfire, de bateaux de guerre et de chasseurs de sous-marins, se dirigea vers le grand large, dans l'Atlantique, afin d'éviter les côtes françaises.

Je fis la traversée sur un très gros paquebot hollandais de 80 000 tonnes qui amenait en Angleterre les équipages des Groupes Guyenne et Tunisie. Après avoir été attaqués par des sous-marins, la traversée dura huit jours et ce fut l'accostage à Liverpool ! j'ajoute que ce paquebot fut coulé lors de son voyage de retour, avec à son bord beaucoup de retour, avec à son bord beaucoup de personnel féminin militaire (un millier de WAAF)...

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WEST-KIRBY

Dirigé sur la Base de West-Kirby pour prise en charge par les Anglais de l'Intelligenge Service (demandes et questions multiples) accompagnés de différents exercices militaires, cours d'Anglais et visite PN à Londres. Ensuite, affectation à Filey, en bordure de mer (station balnéaire) pour perfectionner la langue et toujours des entraînements physiques militaires.

1943 - Direction Morpeth, près de Newcastle en école de mitrailleur avion, pendant 3 mois.

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WELLINGTON.

Ensuite, envoyé à Lossiemouth en Ecosse à proximité de la ville d'Iverness situé sur les bords du Loch Ness pour des séances d'entraînement sur Wellington: exercices au sol, navigations avec bombardements fictifs et cela, pendant six mois.

Nouvelles affectation à Acaster Malbis pour initiation à la survie (comment échapper à l'ennemi et stage de commando). Puis transfert à Rufforth, cette fois pour un stage de perfectionnement sur quadrimoteur Halifax, appareil qui nous est destiné, afin d'acquérir une solide formation du travail en équipage - avec bombardements fictifs; Stage intensif de deux mois avec vols de jour et de nuit !...

Affecté sur la Base d'Elvington  (Yorkshire) au groupe 2/23 "Guyenne": très grande base aérienne opérationnelle, bien équipée. Nous logions dans des "barrels" : genre de demi-tonneaux en ferraille. Là un Halifax est affecté à notre équipage: le "J", qui sera entretenu par deux mécaniciens au sol. Sur cette base les "tanoy" (haut-parleurs) informaient les équipages du déclenchement des missions puis, les noms étaient affichés sur la porte du mess. Après le briefing, direction la salle des parachutes où un placard m'était attribué, précisément à côté de celui du commandant Jules ROY.

Nos équipements indispensables se composaient d'une combinaison de vol, de chaussons et gants chauffants, d'une Mae-West, du harnais de parachute, destinés à affronter des températures de -30° ou -40°C à 18 000 pieds...

Le départs des avions se faisaient toutes les 30 secondes, de jour et direction l'Allemagne, escortés par des Spitfire ou des Mustang. Pour ma part, j'ai effectué 18 missions de jour ou de nuit sur Hambourg, Magdebourg, Essen, Cologne, Leipzig? Chemnitz, etc...

Lors du bombardement de la gare de Coblence effectué vers 13h00 alors que deux trains de munitions se croisaient, cela provoqua une énorme explosion et la gare fut volatilisée. Autre souvenir mémorable : pendant le bombardement de Leipzig et encore le lendemain, lors de celui de Chemnitz, au loin, nous voyons l'énorme brasier qui détruisit entièrement la ville de Dresde.

Toutes les missions effectuées furent difficiles et périlleuses car nous étions la cible de la flak, des projecteurs ainsi que de la chasse !...

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Ducastelle Philippe, André DESPLACES. Auteur du Récit.

Grandcamp-Maisy 2 juin 2009.

De nombreux souvenirs évoqués, et surtout celui de mon père en Indochine, à SAÏGON.

MA DERNIERE MISSION,... CE 15 MARS 1945 !

De nuit, quinze minute après le bombardement de Wesel et sur la route du retour, nous avons été attaqués par un Junkers 88, chasseur de nuit.

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JU 88A-4

 

Depuis ma tourelle supérieure, j'ai vu des obus incendiaires exploser à une vingtaine de mètres de l'aile droite; ce fut ensuite une série de flash, d'explosions... j'en avertis aussitôt le pilote. Le chasseur se trouvait sous notre appareil et nous étions donc sans défense ne pouvant distinguer sa présence dans le noir de la nuit. Renouvelant ses attaques, ses obus passaient toujours en bout d'aile; à la troisième attaque, l'aile fut touchée à la hauteur du moteur extérieur qui s'enflamma: il fallait faire vite et l'ordre nous fut donné de sauter.

Le sergent BERNASCONI radio, le lieutenant LAMONTAGNE bombardier et le lieutenant PONCET navigateur quittèrent l'avion par la trappe avant. J'abandonnai mon poste dans la tourelle et accrochai mon parachute et j'avais une dizaine de mètres à faire pour atteindre et ouvrir la trappe arrière. A ce moment, le sergent BRULET mitrailleur arrière m'appela pour l'aider à mettre son parachute, ce que je fis, mais la trappe se referma. Je ne pouvais plus me tenir debout, plaqué contre la paroi par la force centrifuge. Brutalement je perdis connaissance, combien de temps ?...

Puis j'ai senti subitement que l'air me fouettait le visage car je tombais dans le vide: l'instinct m'a guidé vers la poignée d'ouverture du parachute et j'arrivai au sol quelques secondes plus tard et, debout...

Etant tombé en même temps que l'avion, des tôles de l'appareil planaient tout autour de moi et, dans mon "état second", je les pris pour des corbeaux !!!... Je cachai mon parachute; un groupe de personnes regardaient les restes de l'appareil en train de brûler ! Et ils parlaient dans une langue étrangère, je pensais être dans une zone occupée par les Allemands, donc il fallait fuir, j'étais blessé, j'écoutai quelques instants et entendis une phrase en français, je m'approchai du groupe qui s'écarta... de peur peut-être, à cause de mes bottes et de ma grande combinaison marron, dans la nuit ?... j'étais très fatigué, où étaient les Allemands, un homme s'avança et me dit qu'ils étaient partis à 15 km ! J'étais rassuré mais, je restais choqué et traumatisé.

Peu après deux officiers anglais accompagnés de deux M.P. se sont approchés de moi, mais prêts à faire usage de leurs armes... Questionné et après avoir vu ma carte d'identité anglaise, ils m'ont conduit chez une française pour me faire parler.

J'étais à Hasselt en Belgique.

Ayant la gorge sèche, je leur demandai à boire: un verre de Gin me fut servi !!

Etant trop fatigué, un infirmier me prodigua des soins et le lendemain le lieutenant PONCET et le sergent BERNASCONI furent amenés par les Anglais. Le lieutenant PONCET était tombé dans la cour d'un cloître où les moines tournaient tout en priant: il dira plus tard qu'il s'était cru être arrivé au ciel ou au purgatoire ?...

Quelques jours plus tard, les Anglais nous emmenèrent à Liège puis à Bruxelles d'où nous avons traversé la Manche, en avion, pour rentrer en Angleterre ; Un Halifax nous ramènera à Elvington.

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De gauche à droite:

A Elvington.

 Lieutenant: LAMONTAGNE, Sgt BRULER, Lt PONCET, Sergent: DESPLACES.

(collection: Bernard DESBIENS)

Le sergent LOURDAUX pilote, le lieutenant LAMONTAGNE bombardier, le sergent HAUTECOEUR mécanicien, et le sergent BRULET mitrailleur nous ont quittés cette nuit-là, mais leur souvenir reste gravé à jamais dans ma mémoire. Ils sont inhumés à Hasselt (Belgique).

Ils y a trop de disparus oubliés, ils avaient vingt ans !... Ils ont eu le courage, l'audace, mais n'eurent pas la chance !

Cette tranche de ma vie n'avait jamais été divulguée, mais elle reste ancrée en moi...(*)

André DESPLACES - Janvier 2010

(*) NDLR ses propres enfants l'ignorent encore ! : belle exemple de modestie et de discrétion !...

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SOUVENIR DU PILOTE

LE SERGENT Louis LOURDAUX.

Il y a 60 ans aujourd'hui, au retour d'une mission de bombardement

au-dessus de la RUHR.

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Louis LOURDAUX à reçu la médaille militaire à titre posthume et son nom a été donné au Stade de "Vitry-en-Artois"

(collection: Bernard DESBIENS)

 

Le Sergent-Pilote Louis LOURDAUX était abattu.

"Une" de la Voix du Nord du 4 novembre 1949.

Un visage juvénile mais sérieux éclaire le petit caractère d'imprimerie noir serré qui dévore la page. Dans le long article qui accompagne la photo, on annonce le retour, à Vitry, du corp du Sergent-pilote de la France Libre, Louis LOURDAUX, tué en mission au-dessus de la Ruhr le 15 mars 1945. Il y a soixante ans.

Mai 1940... Louis LOURDAUX n'a pas 20 ans lorsque les Allemands occupent Vitry et sa région. Pour capter la B.B.C., il installe une radio dans un appentis. Dès lors, il n'a plus qu'une idée: rejoindre la France Libre, à Londres. Sa famille, et notamment sa mère, le conforte dans sa démarche.

Louis économise, rafistole un vieux vélo et, par le froid glacial du 9 janvier 1941, il prend la route en compagnie de deux camarades de Vitry, direction l'Espagne. Son père l'a muni d'un pécule de 5000 F, environ six mois de salaire.

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L'évasion de Louis LOURDAUX de Vitry-en-Artois à Liverpool, en passant par l'Espagne.

- Le 9 Janvier 1941, Vitry-en-Artois, Bapaume, Albert, Corbie, La Motte-Brebières.

- Le 10 Janvier 1941, Boves, Montdidier, Clermont.

- Le 11 Janvier 1944, Creil, Pontoise, Saint-Germain-en-Laye, Port-Marly.

- Le 12 Janvier 1941, Versailles, Villacoublay, Pourdan.

- Le 13 Janvier 1944, Etampes, Orléans, La Ferté-St Aubin.

- Le 14 Janvier 1941, Romanrotin, Selles S/Cher, Villefranche S/Cher.

- Le 15 Janvier 1941, Langon, Chabris.

- Le 16 Janvier 1941, St Georges-sur-la-Prée, Massay, Gracay.

- Le 17 Janvier, Chateauroux, Vatan, Argenton.

- Le 18/19 Janvier 1941, Bessines.

- Le 20 Janvier 1941, Limoges, La Coquilles, Périgueux, Agen.

- Le 21 Janvier 1941, Lectoures, Fleurance, Auch.

- Le 22 Janvier 1941, Mirande, Mielan, Tarbes, Lourdes.

- Du 23/31 Janvier 1941, Lourdes.

- Le 1er Février 1941, Tarbes, Lannemezan, Gaudens, Girons, Martory, Foix.

- Le 2 Février 1941, Foix.

- Le 3 Février 1941, Pamiers, Toulouse.

- Du 3 au 8 Mars 1941, Toulouse.

- Le 9 Mars, Castelnaudary, Carcassonne, Narbonne, Rivesalte, Perpignan.

- Le 9 Mars 1941, Elne, Palau, Argelès, Collioure.

- Du 9 Mars au 28 Mars 1941, Collioure.

- Du 28 au 11 Avril 1941, Port-Vendres.

- Le 11 Avril 1941, Argelès, La Roque des Albères, Espagne.

 

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Les évadés de France au sinistre camp de concentration de Miranda.

de gauche à droite:

BELPAIRE, SMITH, QUENON, QUEHEN, SONCK, Louis LOURDAUX.

(collection: Bernard DESBIENS)

Avec ses compagnons, Jean-Philippe LECAT et Etienne HINDERMEYER, Louis traverse la France, franchit deux lignes de démarcation, mais il sera le seul à passer la frontière espagnol. Il sera d'ailleurs immédiatement arrêter et sera interné dans un camp, à Miranda (le sinistre camp de concentration), dont il s'échappera en août 1941. Il lui faudra encore vivre bien des péripéties avant de poser le pied en Angleterre...

 

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Itinéraire de Louis LOURDAUX  en Espagne et son passage au sinistre camp de concentration de Miranda d'Ebro.

- Le 12 Avril 1941, Cantalops.

- Le 13 Avril 1941, La Junquera, Figueras.

- Le 14 Avril 1941, Figueras.

- Le 15 Avril 1941, Gerona, Barcelona, Cervera.

- Du 15 au 29 Avril 1941, Cervera.

- Le 29/30 Avril 1941, Lerida, Saragosse, Miranda.

- Du 30 Avril au 25 Août 1941, Miranda.

- 25 Août 1941,Evasion de Miranda, Madrid, lalinea-Gibraltar.

Direction Liverpool.

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De Liverpool à Londres.

Liverpool, York, Londres, Camberley, Londres, Petersbourough, York, Newcastle, Edimbourgh, Leven, Largo, Edimbourgh, Newcastle, Londres.

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De Camberley à Epsom.

Camberley, Aldershit, Londres, Newcastle, Ashington, Woodmorn, Newbiggin, Morpeth, Newcastle, Londres, Camberley, Reading, Woking, Coves, Bagshot, Ascot, Sunnigdale, Dandhurst, Farnbourough, Bisley, Londres, Epsom.

Le 24 octobre 1941 enfin, il est soldat de la France Libre. Il pense d'abord devenir parachutiste, mais un accident à l'entraînement le contraint à changer d'orientation: il sera pilote.

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Louis LOURDAUX, au Canada.

(collection: Bernard DESBIENS)

S'en suivent trois années de formation, au Canada puis en Angleterre. Le 21 novembre 1944, il est affecté au Groupe 4 du Bomber Command, sur la Base 43 d'Elvington (près de York), au sein du Groupe Guyenne il effectuera vingt-deux missions, jusqu'à ce 15 mars 1945.

Deux cent quarante six avions prennent l'air, en fin d'après-midi, pour aller bombarder de nuit Hagen, en Allemagne. C'est au retour que son HALIFAX .III. est attaqué par des chasseurs de nuit. Touché à la hauteur du moteur extérieur l'appareil est en perdition. Louis LOURDAUX parvient toutefois à le maintenir suffisamment longtemps pour permettre à quatre de ses compagnons de s'éjecter.

Parmi eux, le commandant de bord, le lieutenant PONCET, racontera les faits, des années plus tard. Louis, lui n'aura plus le temps de s'échapper...

L'avion s'écrase à Hasselt, en Belgique.

Louis LOURDAUX n'aura pas su que son père avait été tué dans le bombardement de l'aérodrome de Vitry, en 1943. En revanche, son jeune frère, Georges, lui aussi passé par l'Espagne, reviendra blessé, mais vivant à Vitry, après avoir pris part au débarquement, en Méditérranée.

(source: La Voix du Nord 1949 collection: Bernard DESBIENS)

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21e ESCADRE  G.B.2/23

Extrait n° 48 du 6 novembre 1945.

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(collection: Bernard DESBIENS)

Le sergent Louis LOURDAUX

au Canada.

 

Né le 6 décembre 1921, évadé de France en 1941, il rejoint le Général DE GAULLE en Angleterre, où il s'engage dans les Forces Françaises Libres.

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Ecole de pilotage au Canada, Louis LOURDAUX 2ième au premier rang à partir de la gauche.

(collection: Bernard DESBIENS)

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Ecole de pilotage à SCARBOROUGH  I.T.W. au Canada.

Louis LOURDAUX le quatrième au deuxième rang à partir du bas en partant de la gauche.

(collection: Bernard DESBIENS)

 

Volontaire pour le corps de parachutistes il voit ses espoirs brisés par un accident à l'entraînement. Il demande alors à être pilote, part au Canada comme élève, revient en Grande-Bretagne où il termine son perfectionnement. A sa sortie des écoles britanniques, il est affecté au Groupe de bombardement N°I. Sa jeunesse sa personnalité, son étonnant dynamisme, ses remarquables qualités de pilote, son ardente volonté de combattre, sa maturité d'esprit lui attirent l'estime et l'affection de ses chefs et camarades, qui savent reconnaitre en lui un sujet exceptionnel.

Nommé Sergent le 30 avril 1943, il effectue une série de missions sur l'Allemagne de l'Ouest et du centre attaquant des objectifs lointains et difficilement accessibles de Saxe, déjouant les tirs de la Flak et les attaques de la Chasse de nuit particulièrement agressive.

En moins de trois mois il prend part à 21 missions de jour et de nuit dont 14 en 6 semaines, ce qui représente une tension, une fatigue morale et physique considérables et demande une faculté de résistance peu commune. Il est volontaire pour toutes les sorties.

Le 15 Mars 1945 revenant d'une mission de nuit sur HAGEN, il est attaqué par un chasseur ennemi, son appareil est en flammes; l'ordre d'évacuation est donné par le chef de bord, avec un calme exceptionnel et une magnifique abnégation, le Sergent LOURDAUX effectue toutes les manoeuvres permettant de ralentir la propagation du feu et lutte de toutes ses forces pour maintenir l'appareil en ligne de vol, afin de permettre: à ses camarades de parachuter. Peu après, l'avion explose, et le Sergent LOURDAUX trouve une mort glorieuse à son poste de combat.

Vingt-cinq missions de guerre en 146 heures de vol.

SOUVENIRS DU CANADA

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Mariage d'un élève pilote (Recherche les noms des deux camarades de Louis LOURDAUX sur la photo) on aperçoit sur la gauche de la photo Louis LOURDAUX.

(collection: Bernard DESBIENS)

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(collection: Bernard DESBIENS)

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(collection: Bernard DESBIENS)

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Premier à partir de la gauche Louis LOURDAUX.

(collection: Bernard DESBIENS)

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(collection: Bernard DESBIENS)

 

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En espèrant que quelques amis Canadiens reconnaitrons l'endroit,"les Tôtems" qui se trouvent derrière nos trois pilote français.

(collection: Bernard DESBIENS)

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(collection: Bernard DESBIENS)

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CITATIONS

CITATION A L'ORDRE DE LA BRIGADE AERIENNE du 12 Janvier 1945

Comportant l'attribution de la CROIX DE GUERRE

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Excellent équipage qui vient d'exécuter des missions très réussies sur l'Allemagne occidentale, dans des conditions rendues toujours difficiles par la D.C.A. la chasse et les conditions atmosphériques.

"A été le 1er et 5 janvier 1945, touché par la D.C.A. lourde au cours des missions sur des objectifs très défendus, dont l'un en particulier, était situé à une grande distance à l'intérieur du territoire Allemand. Fait preuve d'un magnifique allant et d'une ardeur au combat qui ne se dément pas."

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CITATION A L'ORDRE DE LA DIVISION AERIENNE du 14 Mai 1945

Comportant l'attribution de la CROIX de GUERRE

"Très bon équipage de bombardement lourd qui engagé aux côté du "Bomber Command" a conduit a bien l'exécution de nombreuses missions sur les objectifs industriels et ferroviaires de l'Allemagne de l'Ouest et Centrale, objectifs fortement défendus par la flak et chasseurs de nuit.

Notamment le, 14 janvier, attaqué par des chasseurs, avant et après l'objectif a su, par des manoeuvres adroites, par son calme et sa cohésion, mener à bien la mission qui lui était confiée.

A exécuté, depuis son engagement en Grande-Bretagne, 90 heures 20 de vol de guerre, dont 74 heures de nuit."

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CITATION A L'ORDRE DE L'ARMEE AERIENNE,

Comportant l'attribution de la CROIX de GUERRE et la MEDAILLE

MILITAIRE avec le Texte suivant:

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Sergent pilote de grande classe, dont la courte carrière et la mort glorieuse consacre les vertus militaires d'une jeunesse ardente voué au service d'une noble cause.

Evadé de France, volontaire pour le corps des parachutistes, il voit ses espoirs brisés par un accident à l'entraînement. Il demande alors à être pilote, part au Canada comme élève, puis termine son perfectionnement en Grande-Bretagne. Au sein d'un équipage d'élite, se lance dans la bataille avec un magnifique enthousiasme, une bonne humeur à toute épreuve et un sang-froid admirable.

Effectue une série de missions sur l'Allemagne de l'Ouest et du Centre attaquant des objectifs lointaine et difficilement accessibles de Saxe, déjouant les tirs de la flak et les attaques d'une chasse de nuit particulièrement agressive.

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"Le 15 Mars 1945, au retour d'une mission sur la Ruhr, son appareil, touché par la rafale d'un chasseur ennemi, prend immédiatement feu. Le Sergent LOURDAUX maintient alors avec le plus grand courage, son appareil en ligne de vol pour permettre à l'équipage de parachuter, sachant très bien que les précieuses secondes devaient sauver la vie de ses compagnons, il sacrifiait délibérément la sienne."

 

CITATION en cours d'HOMOLOGATION:

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Excellent équipage de bombardement lourd, dont l'ardeur au combat, le courage et la cohésion, viennent encore d'être mis en valeur, au cours d'une nouvelle série de missions de jour et de nuit sur des objectifs puissamment défendus par la D.C.A. lourde et la chasse de nuit ennemie.

A obtenu des résultats d'une remarquable précision et d'une grande régularité, malgré la fatigue provoquée par l'exécution en deux semaines, de 7 missions longues et difficiles, représentant 45 heures de vol de guerre, s'est particulièrement distingué le 14 février 1945, en exécutant pour la deuxième fois, un raid sur une ville de Silésie, venant en aide aux troupes Russes opérant dans ce secteur et, le 2 Mars 1945, où il exécute, avec succès, un bombardement sur la Ruhr, malgré l'opposition puissante d'un barrage de la flak qui endommagea son appareil.

Totalise vingt et une missions de guerre en 135 heures de vol.

Citation comportant l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile de Vermeil.

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(collection: Bernard DESBIENS)

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(collection: Bernard DESBIENS)

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Récit du Lieutenant PONCET.

 

Le Ciel ne m'a pas voulu.

Le 15 mars 1945, le HALIFAX "J" décollait pour bombarder HAGEN. L'heure prévue pour le passage au-dessus de l'objectif était 20h36. C'était notre vingt-troisième mission. Le pilote, le sergent LOURDAUX, était un évadé de France. Il avait franchi la Manche, puis avait été breveté aux Etats-Unis.

Nous passâmes à l'heure sur l'objectif. Au retour, entre ESSEN et DÜSSELDORF, nous observâmes une intense activité de la flak et de la chasse de nuit. Je notai l'heure quand le mitrailleur-arrière me signala qu'un avion de la force principale venait d'être touché.

Nous devions rejoindre l'itinéraire de l'aller aux environs de HARSELT à 21h30, lorsque, à 21 heures, un choc ébranla l'avion. LOURDAUX me signala que le moteur intérieur droit était en feu. Il mit l'hélice en drapeau et manoeuvra les extincteurs. Peine perdue. Le feu se propageait rapidement. Je mis mon parachute. J'ouvris la trappe et donnai l'ordre de sauter. Le bombardier LAMONTAGNE et le radio BERNASCONI se jetèrent dans le vide. LOURDAUX me demenda alors si on avait franchi les lignes. Muni de ma carte, je montai vers le poste de pilotage afin de lui montrer l'endroit précis où nous nous trouvions. Nous venions effectivement de traverser le canal Albert que les Allemands avaient franchi la veille. C'est à ce moment que l'aile se détacha. Je fus précipité vers l'avant, inconscient.

Je me réveillai sans avoir l'impression de tomber. Je réalisai que je n'avais rien autour de moi. Je flottais dans l'air. Instinctivement, je tirai sur la poignée du parachute. Quelques secondes plus tard, je ressentis un choc entre les jambes suivi d'un autre choc. J'étais allongé sur le sol.

J'étais groggy. En me réveillant, je vis arriver vers moi trois êtres en blanc avec une lanterne. Ils me semblaient très grands, au moins trois mètres. Ils parlaient une langue inconnue que je sus après être le flamand. C'est alors que pendant un moment, je ne pourrai pas dire combien il dura, je crus que j'avais quitté la terre et que j'avais rejoint le Ciel. J'étais dans le vestibule de l'autre monde et je m'attendais à un interrogatoire. C'est alors que je touchai mon visage (j'avais encore le masque à oygène) je me rendis compte que j'étais bien vivant. Je demandai en anglais où j'étais. Ils n'avaient pas l'air de comprendre. Je répétai donc en français et ils me répondirent:

Vous êtes dans le monastère de HASSELT.

Je réalisai que je venais d'être abattu. Des débris de l'avion en flammes continuaient à descendre. Les moines me conduisirent auprès de leur supérieur qui fut très intéressé par mon aventure et m'avoua qu'il ne savait pas exactement comment était l'entrée du Ciel.

Dans une aile du monastère, une petite unité anglaise était arrivé le matin. Elle était chargée de l'écoute radio et du brouillage.

Je fus hébergé dans une mission voisine où les gens étaient encore sous le choc du départ des Allemands qui avaient quitté le village après avoir fusillé quelques habitats.

Le lendemain, je retrouvais BERNASCONI et le mitrailleur-supérieur DESPLACES qui avait réussi à s'extirper de sa tourelle. Le matin, on retrouva le corps de LAMONTAGNE, parachute non ouvert, ainsi que les corps de LOURDAUX, HAUTECOEUR et BRULET. Les obsèques furent célébrées au cimetière de HASSELT.

Une voiture militaire nous conduisit à BRUXELLES et le lendemain un avion nous emportait à READING d'où un HALIFAX de la base nous ramena à Elvington. Je rejoignis la barraque où je me retrouvais seul. Depuis le 21 février, quatre de mes compagnons avaient successivement disparu: FONTEX, JOUMAS, KANEL et le dernier LAMONTAGNE.

Le 15 mars fut un jour sombre pour les groupes lourds. Trois équipages furent portés manquants et il est émouvant de remarquer qu'il y avait à Elvington un père blanc et deux séminaristes: le Capitaine CHEVALIER, le lieutenant DEPLUS et LAMONTAGNE.

Ils figuraient chacun dans un des trois avions perdus...

Pour eux, la route vers le Ciel fut une réalité.

(collection: Bernard DESBIENS)

 

 

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14 avril 2011

MIRANDA DE EBRO

MIRANDA DE EBRO

JEUDI 14 AVRIL 2011

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Le 12 avril 2011

A l'occasion du 14 avril (date qui commémore tous les ans la II République espagnole) qui coïncide avec le 80 ème anniversaire de la proclamation de la II République Espagnole, l'Association pour la Mémoire Historique de Miranda del Ebro, organise une Session Publique à partir de 18h30, dans le Parc du Maire Emiliano Bajo, près du monument dédié aux victimes de la Guerre Civile et de la répression franquiste.

Pendant la cérémonie, sera lu un manifeste en hommage et en souvenir de ceux qui donnèrent leur vie pour défendre la liberté et la légalité du gouvernement républicain pendant la guerre civile.

Ensuite une couronne floral sera déposée aux pieds du monument

Luis Alberto Egea Alvarez

Présidente Asoc. Memoria Historica de Miranda de Ebro.

(traduction: Baptiste COPIN)

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06 décembre 2011

ASSOCIATION "MIRANDA DE EBRO"

Le conseil d'administration

de l'Association pour la mémoire historique

de Miranda de Ebro

communique les activités suivantes programmés

durant le mois de Décembre 2011.

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Président de l'association de la mémoire historique de Miranda de Ebro.

Luis Alberto Egea Alvarez.

 

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