28 mai 2009

LA VIE AUX GROUPES LOURDS

LA VIE AUX GROUPES LOURDS

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Les très belles fresques murales peintes par le capitaine GALLOIS.

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Capitaine GALLOIS

La libération de Paris fut l'occasion d'une grande fête à ELVINGTON. Pour dire vrai, la soirée avait été fixée longtemps à l'avance pour la fin août et, entre deux missions, les spécialistes préparaient les décors.

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Mais au fur et à mesure que les Alliés avançaient en France et approchaient de Paris, la fièvre générale bouleversa tous les plans et permit de faire mieux, de voir plus grand afin que la fête des lourds soit aussi la fête de la libération.

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Tout en poursuivant leurs opérations ou en préparent les missions, les équipages et le personnel à terre vinrent en aide à ceux qui avaient été spécialement chargés de préparer la Iére soirée réception des bombardiers Français en Grande-Bretagne.

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Après plusieurs nuits de travail le grand jour arriva et tous vinrent contempler leur oeuvre et imaginer les réactions des invités. Mais la guerre a des exigences. Quelques heures avant le début de la fête une mission inattendue vint tout annuler et la réception fut reportée, sans beaucoup de chance, au lendemain.

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C'est un bon souvenir maintenant, mais le 27 août beaucoup furent désappointés. L'ensemble du mess avait été décoré. Il fallait symboliser la France. Paris, l'Empire d'où venaient les groupes lourds, et l'Aviation.

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Une salle fut transformée en un jardin à la française, avec fontaine lumineuse, buis taillés, bosquets, etc... Le buffet rappelait l'Afrique du Nord par des fresques de Meknes et de Marrakech, le réfectoire devint la Place du Tertre  avec la devanture de la Mère Catherine et une vue sur Paris la nuit, le bar enfin, fut un bar d'escadrille de la guerre 14-18.

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Au mess des sous-officiers, un effort analogue avait été accomplie les salles de jeu et de lecture furent très heureusement décorées et installées. C'est dans ce cadre que les équipages et les spécialistes poursuivirent jusqu'à la paix leur dure travail. Une fois les missions le personnel disposant d'un peu plus de loisirs continua d'améliorer les mess et d'organiser des soirées qui eurent beaucoup de succès. Ceux d'ELVINGTON n'ont pas manqué de prouver ce que pouvaient l'ingéniosité et le goût français.

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Bien qu'elle ait été reportée au dernier moment et que beaucoup d'invités venus de Londres durent repartir sans y assister, la fête restera un évènement mémorable et si le règlement de la R.A.F. n'avait pas imposé qu'elle cesse à minuit on aurait, cette nuit là, dansé jusqu'à l'aube à ELVINGTON. A l'occasion de la nouvelle année, une autre "party" permit de continuer la décoration permanente du mess qui avait été commencée pour la fête de la Libération de Paris. Une carte lumineuse en relief et un décor mural représentant le Sud de l'Angleterre devaient compléter la décoration du bar et des panneaux figurant Paris la nuit, celle du réfectoire.

 

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°19 1945 collection J.P. DELMAS)

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(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

Mess des Officiers d'ELVINGTON.

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Le bar Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Le bar Elvington en août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Le jardin Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Aucune indication sur les noms des deux aviateurs devant la fresque peinte par le lieutenant Paul BENOIST.

(collection: Jean-Paul DELMAS)

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Fresque peinte dans la salle des officiers par le lieutenant Paul BENOIST chef de l'armurie.

(collection: Jean-Paul DELMAS)

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Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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Elvington août 1944.

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

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31 mai 2009

LA POINTE DU HOC

LA POINTE DU HOC

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Attaque avant le jour-J de bombardiers HAVOC A-20 contre la batterie allemande supposée se trouver en haut de la pointe du Hoc.

(Library of Congress)

Avant le jour-J, les services de renseignements alliés avaient repéré une batterie allemande de 6 pièces de 155 mm nichée au sommet de la pointe du Hoc à 5 km à l'ouest d'OMAHA BEACH, une falaise verticale de 30 m avec une plage de 25 m en contre-bas. Comme OMAHA se trouve à portée de tir de ces canons et que ni un bombardement ni l'artillerie ne peuvent à coup sûr en venir à bout, une Task Force de 2 bataillons de rangers est désignée pour les réduire au silence. Spécialement des assauts de falaise, ils utiliseront des fusées pour lancer des grappins de corde jusqu'au sommet et des échelles coulissantes empruntées aux sapeurs-pompiers de Londres.

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Le jour-J, les Rangers du 2e bataillon de l'armée américaine escaladeront ces falaises de 30 m, afin d'attaquer les 6 canons de 155 mm censés menacer OMAHA BEACH. Les casemates s'avéreront vides, les canons retrouvés à l'écart seront détruits.

Le plan prévoit une première vague de 3 compagnies des 2 Rangers commandés par le Colonel James RUDDER, en même temps que l'assaut principal. A l'extrémité ouest d'OMAHA, une quatrième compagnie (Charlie company), doit investir la position allemande de la pointe de la Percée, puis couvrir le flanc du débarquement à la pointe du Hoc. Le 5e Rangers dans son ensemble et les 2 compagnies restantes constituent la seconde vague, prête, en cas de succès, à débarquer immédiatement et à avancer en direction d'Isigny sur le flanc ouest d'OMAHA. En cas d'échec de la première partie de l'opération, elle doit renforcer Charlie company sur OMAHA BEACH et prendre la pointe du Hoc à revers.

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Les Rangers escaladent les falaises à l'aide d'échelles coulissantes et de cordes munies de grappins lancés par des fusées.

Le jour-J, les péniches transportant les 255 hommes de RUDDER sont entraînées par le courant vers la pointe de la Percée à l'est, et atteignent la plage minuscule de la pointe du Hoc avec 40 minutes de retard. Sans nouvelles, la seconde vague, sous les ordres du Colonel Max SCHNEIDER, conclut à un échec et débarque à OMAHA, où elle rejoint la 116e DI.

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Les artilleurs allemands camouflent leur pièce sous un filet pour déjouer la surveillance aérienne. De nombreux canons de ce type menaçaient les plages du débarquement et il fallait, pour les réduire, les bombarder ou envoyer un commando.

(Bundesarchiv)

Or, soutenus par les destroyers USS Satterlee et HMS Talybont, les Rangers escaladent la pointe du HOC sous le feu allemand et atteignent le sommet en 5 minutes, ne perdant que quelques hommes.Les Allemands cèdent immédiatement le terrain, abandonnant des casemates vides et partiellement démolies par les incessants bombardements. La résistance n'avait pu informer Londres que les canons n'avaient pas encore été installés. A 9h, à quelques centaines de mètres de là, une patrouille repère la batterie camouflée sur une position de tir désertée par les allemands et la détruit.

Résistant aux contre-attaques, la petite unité de Rangers restera cloué toute la journée sur ce bout de terrain ravagé de la pointe du HOC au milieu des troupes allemandes et ne sera relevée que le 8 juin. Les pertes s'élèvent à une quarantaine d'hommes le Jour-J et à 95 autres les deux jours suivants. Blessé deux fois, RUDDER sera décoré pour son exploit.

(source: Du débarquement à la libération - NOV'édit)

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(source: L'Amicale des Anciens des Groupes Lourds L'OPS N°12 Octobre 1994)

UNE SUPERBE EXPOSITION TEMPORAIRE

SUR LE 65e ANNIVERSAIRE

DU DEBARQUEMENT

ET LA POINTE DU HOC EN PARTICULIER

DU 28 MAI AU 9 JUIN

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Réalisée et présentée

Par Mr et Mme Henri et Micheline MAUGER.

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Médaille commémorative

GRANDCAMP-MAISY  -   RANGER MEMORIAL

1944-2009

65e ANNIVERSAIRE DU DEBARQUEMENT

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Lors de ma visite un petit groupe d'anciens de la commune de Grandcamp-Maisy devant la grande photo centrale avec le Général de GAULLE au centre, recherchaient les noms des personnages sur la photo, avec de superbes souvenirs pour toutes ces personnes.

Toutes mes félicitations a Mr et Mme MAUGER. DUCAPHIL.

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07 juin 2009

CRASH SUR LA PISTE D'ELVINGTON

CRASH SUR LA PISTE

D'ELVINGTON

LE 7 AVRIL 1945

Le 7 avril 1945, pendant que je m'escrimais pour revenir coûte que coûte dans le cycle des opérations aériennes et y être parvenu grâce au Capitaine VEAUVY, les missions de bombardement de nuit sur l'Allemagne s'étaient poursuivies au rythme habituel, nous perdions encore deux équipages au GUYENNE et un au TUNISIE.

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Equipage du Capitaine GOEPFERT.

La ville de RECKLINGHAUSEN était attaquée le 20 mars.(GUYENNE 8 avions - TUNISIE 6 avions) DULMEN subissait l'assaut de 130 bombardiers le 22 (GUYENNE 8 avions - TUNISIE 9 avions), et le 24 c'était STERKRADE, dans la RUHR, qui était bombardée par 177 avions (GUYENNE 9 avions - TUNISIE 10 avions). Le 24 mars, OSNABRUCK était pilonnée par 156 avions( GUYENNE 4 avions - TUNISIE 9 avions); au cours de cette mission, le (K) du Capitaine GOEPFERT et le (J) du Commandant MARCHAL étaient sérieusement touchés par la FLAK, mais tous les appareils anglais et ceux de chez nous ayant participé à ces différentes missions purent rentrer normalement à leur base

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Equipage du Commandant MARCHAL.

Plusieurs jours se passèrent pour VEAUVY dans l'attente. Sur le front qui devenait mouvant. MONTGOMERY  et PATTON avaient enfin traversé le Rhin et continuaient tant bien que mal leur progression en Allemagne. J'en arrivais à me demander si le BOMBER-COMMAND aurait encore des objectifs "disponibles" avant que la fin de la guerre arrive...

Aux groupes GUYENNE et TUNISIE, ce temps mort était mis à profit pour permettre aux équipages de se familiariser, par quelques vols d'entraînement, avec les nouveaux appareils dont on venait de nous doter, il s'agissait d'HALIFAX VI, plus rapides et plafonnant plus haut que les HALIFAX III.

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Le Capitaine VEAUVY  me présentait à son équipage. Après mon intégration, ce dernier était ainsi composé:

Sergent Raphaël MASSON, mitrailleur-supérieur;

Sergent Alexandre BARTH, mitrailleur-arrière;

Sergent-Chef Paul GRIDELET, pilote;

Capitaine François VEAUVY, Commandant de l'avion navigateur

Adjudant Georges BAL, bombardier;

Sergent-Chef Jean GRIFFE, mécanicien;

Sergent-Chef Robert MAYEUX, radio;

devant l'équipage: 1 soldat, l'Adjudant ROLAND, le Sergent VERDIER et 1 autre soldat, les 4 mécaniciens au sol, responsables 38 fois de la haute tenue de l'avion en vol de guerre.

Veauvy semblait très fier de son équipage dont les membres me parurent sympathiques, ils semblaient satisfaits de mon arrivée pour "remettre ça"... j'eus l'impression d'être adopté d'emblée.

(A lire absolument le récit de Raphaêl MASSON le mitrailleur-supérieur de l'équipage du Capitaine VEAUVY notre plus jeune engagé volontaire encore parmi nous aujourd'hui. (Raphaêl MASSON souvenir d'une de mes 36 missions).

Le 5 avril, mon nouvel équipage figurait sur les ordres, non pas pour partir en mission, mais pour effectuer un vol d'essai sur le (P) qui venait d'être livré, la veille. A sa sortie d'usine, il était passé par les services de maintenance pour les ultimes vérifications. Il était neuf, rutilant, c'était un bel "engin" le RG 592.

Usine constructrice du HALIFAX RG 592

ENGLISH ELECTRIC

A construit 80 B III - 400 B VI - 20 B VII.

Squadron 346 "GUYENNE"  H 7 P - RG592 -  livré le 04.04.45 (Crokscrew) après vol d'entraînement atterrissage accompagné d'une rupture de l'aile gauche à 5 mètres du sol. Cpt. VEAUVY, Pilote S/Lt GRIDELET - hors d'usage le 07.04.45.

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(source: Le "L" for LOVE DU Capitaine VEAUVY, Auteur: Andrée A. VEAUVY.)

 

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"Le Capitaine MEMIN, NAVIGATEUR Commandant d'avion, devait recevoir le HALIFAX VI (P) après le vol d'essai effectué par l'équipage du Capitaine VEAUVY et partir le soir même en mission: ses hommes et lui-même revenaient de loin également"

Le vol  d'essai eut lieu dans le courant de la matinée, il dura 50 minutes. En l'air chacun ,dans sa spécialité, se mit en devoir de tester ses appareils de travail qui, à vrai dire, ne se différenciaient guère de ceux auxquels nous étions habitués sur HALIFAX III. A l'atterrissage, la satisfaction était générale, particulièrement le pilote GRIDELET qui trouvait l'avion plus maniable que l'ancien, les commandes répondaient mieux, ce qui rendait le pilotage plus agréable.

Le 7 avril, nous étions de nouveau sur les ordres. Cette fois, il s'agissait d'effectuer un exercice de combat aérien avec un SPITFIRE, le chasseur anglais tant redouté des aviateurs allemands. Le point et l'heure de rencontre des deux avions furent fixés au cours d'un briefing auquel le pilote anglais n'assistait pas... Ce fut pour nous un peu surprenant, mais on nous assura que tout était réglé... Nous devions attendre le chasseur au lieu de rendez-vous à l'altitude de 9000 pieds (3000 mètres).

La météo n'était pas trop favorable. Pour atteindre l'altitude prescrite, il nous fallut traverser une couche assez épaisse d'alto-stratus de 5000 à 7000 pieds, puis arrivés à 9000 pieds on attendit notre chasseur. Ce fut en vain! Après une demi-heure d'attente, VEAUVY prit une décision: il avisait, par téléphone de bord, tous les membres de l'équipage que pour que ce vol ne soit pas inutile, nous allions procéder à un simulacre de combat, en appliquant les règles d' "Evasive Actions", enseignées dans les écoles de la R.A.F., pour parer  l'attaque des chasseurs ennemis, parade que THIRY avait plusieurs fois mis en pratique au cours de nos missions, en particulier au retour de MAGDEBOURG...

Lorsque tout le monde fut prêt, le "bal" commença. Il s'agissait d'exécuter un "CORKSCREW" (tire-bouchon) censé éviter l'attaque de l'assaillant. 

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Mitrailleur-arrière: Sergent BARTH

Ce fut le mitrailleur de queue qui commença:

Attention!... Attention!... chasseur attaque 3/4 arrière gauche..

puis trois secondes après: "TOP"!...

L'attaque venant de l'arrière gauche, au "TOP", le pilote plongeait brutalement par la droite amorçant le début de vrille à 30 degrés, puis après trois ou quatre secondes de piqué redressait l'avion en le cabrant de 60 degrés vers la gauche en remontant...

Ce genre d'exercice n'était pas fait pour ceux qui avaient les tripes mal accrochées, mais il faut reconnaître que ces figures acrobatiques avaient sauvé la vie de bien des équipages en opérations.

Pendant plus de 20 minutes, on se livra à ce petit jeu, tantôt en piquant à droite, tantôt en piquant à gauche, obéissant aux ordres des mitrailleurs, puis VEAUVY demanda à GRIDELET ce qu'il pensait de l'avion. Il en était enchanté, son excellente maniabilité pouvait améliorer l'exécution des figures de défenses en cas d'attaque, ce qui n'était pas négligeable. VEAUVY satisfait décidait  de rentrer à la Base. La couche de nuages nous absorba un bon moment pendant la descente. Arrivés près du terrain, VEAUVY demandait l'autorisation d'atterrir. Elle lui fut accordée aussitôt. Après un dernier tour de piste, GRIDELET se présenta en descente douce dans l'axe   de la " runway" de service. Nous arrivions en fin de configuration d'atterrissage et nous étions à cinq ou six mètres au-dessus de début de la piste, lorsque j'entendis un hurlement dans mes écouteurs, le mitrailleur-supérieur criait: 

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Mitrailleur-supérieur: Raphaêl MASSON

Auteur: du récit

LE SOUVENIR D'UNE DE MES 36 MISSIONS

M...  !.... le plan gauche qui se débine!

Dans le même temps, l'avion s'inclinait brusquement à gauche, tandis que j'étais projeté brutalement de ce côté, là où l'aile venait de se déchirer à environ 40 centimètres du fuselage et son extrémité pendante labourait la piste forçant l'avion à virer à gauche en pleine course. GRIDELET coupait rapidement les moteurs. Le HALIFAX finissait ses derniers mètres sur le ventre, la roue et la partie gauche du train d'atterrissage arrachées, l'aile presque détachée du fuselage raclant le sol de plus belle fit faire à l'avion un brusque "cheval de bois" à gauche hors de la piste puis s'immobilisa...

C'était le "CRASH", et dans, ce cas-là, les risques d'explosion et d'incendie sont fréquents dans les secondes qui suivent, aussi était-ce avec une extrême rapidité que l'on se précipitait hors de l'avion un peu meurtris par le choc, tandis que les voitures de sécurité, les pompiers de la base, les ambulances arrivaient à toutes vitesse sur les lieux de l'accident. Les pompiers arrosaient aussitôt l'avion de neige carbonique pour éviter que le feu se déclare. Bien qu'ayant été très secoués, personne dans l'équipage n'était blessé, si ce n'est quelques bosses ou bleus par ci par là, qui n'avait rien de grave.

Nous regardions, un peu ahuris et déçus, ce bel avion flambant neuf le matin encore, gisant maintenant comme un pantin disloqué, sans bien comprendre ce qui s'était passé. L'aile gauche s'était détachée du fuselage avant que les roues touchent le sol, le pilote ne pouvait donc pas être incriminé, c'est ce que VEAUVY expliquait au Commandant PUGET, arrivé lui aussi dés qu'il fut informé. Il ne semblait pas convaincu, il penchait pour la thèse selon laquelle l'avion avait fait un très dur atterrissage... Il fallut le témoignage de tous les membres de l'équipage pour qu'il admette enfin la vérité. VEAUVY défendit farouchement son pilote qui, comme je le confirmais également, n'avait commis aucune faute professionnelle.

L'enquête technique déterminera les responsabilités! dit le Commandant PUGET en remontant dans sa voiture.

A ce moment-là, l'équipage l'aurait volontiers étripé!

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Capitaine François VEAUVY Navigateur (Cdt de l'avion)

Nous étions toujours sur la piste, près des restes du "P", nous nous regardions essayant encore de comprendre ce qui venait de nous arriver. Nous eûmes soudain, VEAUVY et moi, la même pensée... Une peur rétrospective s'emparait de nous: Nous venions d'effectuer, quelques minutes avant l'accident, et ce, à 9000 pieds, c'est-à-dire à 3000 mètres d'altitude, un combat fictif donnant lieu à l'exécution de figures aériennes au cours desquelles la cellule de l'avion était soumise à de très fortes pressions et torsions qui faisaient travailler toute la structure mettant sa résistance à une très dure épreuve. Or, c'est à l'atterrissage, lorsque l'avion ne subit plus d'efforts, que l'aile a commencé à s'arracher alors que le "P" était encore à environ 5 mètres du sol... Logiquement, c'était au cours du combat simulé, à 3000 mètres, que l'accident aurait dû se produire, l'avion serait tombé comme une pierre, en chute libre, l'aile gauche complètement séparée du fuselage, ne donnant pas la moindre petite chance à l'équipage d'évacuer en parachute.

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Bombardier: Lieutenant Yves ROUXEL

C'était vraiment incompréhensible... Personnellement, en moi-même, je ne voyais qu'une seule explication, il m'eut été difficile de faire partager cette conviction avec mes camarades d'équipage mais je ne voyais là qu'une bienheureuse intervention divine!...

C'est vraiment un miracle que nous soyons encore vivants... dit VEAUVY.

Il ne croyait peut-être pas si bien dire! Il avait trouvé le mot adéquat... c'était un miracle.

Des membres du personnel de la tour de contrôle qui avaient réglé et observé notre atterrissage confirmèrent notre version et leur témoignage fut consigné, un peu plus tard dans le rapport d'accident établi par la commission d'enquête britannique chargée d'en déterminer les causes. Se basant sur des précédents, elle en vint à admettre la possibilité d'un acte de sabotage en usine, sans toutefois être en mesure d'en apporter une preuve absolue... Cela n'expliquait quand même pas notre retour miraculeux sur la terre ferme!

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Commandant PUGET

Cette conclusion apporta cependant un certain soulagement au Commandant PUGET et à nous aussi.

Yves ROUXEL.

(sources: Le "L" for LOVE DU Capitaine VEAUVY Auteur: Andrée A. VEAUVY.        L'OPS. N° 11)

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09 juin 2009

HISTORIQUE DE L'AAAGL

HISTORIQUE

DE L'AAAGL

RECIT DU COLONEL

(De réserve de l'ARMEE DE L'AIR)

PIERRE-CELESTIN DELRIEU

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Lt DELRIEU, (Auteur du récit: dans son livre FEU DU CIEL - FEU VENGEUR), Cpt. BORNECQUE, Lt LAFOND

Sgt/C HEYVANG, Sgt SANSON, Sgt/C LEBEDEL, Sgt CHEYMOL.

L'équipage en tenue de travail.

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Général BAILLY

Née dans l'enthousiasme, sous la présidence du Général BAILLY, elle comptait, la première année, près de 1.000 adhérents.Elle diffusait "L'OPS" (abréviation d'Opérations), un bulletin qui donnait à chacun des nouvelles de tous. Les cotisations, les dons, le résultat  de la fête annuelle alimentaient la caisse de secours de l'Amicale; celle-ci avait donc pu venir en aide à quelques familles et à quelques camarades dans le besoin; et, tous les ans, elles envoyait un colis ou un mandat aux 130 orphelins de camarades tués ou disparus.

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Avec la dispersion et les années, l'enthousiasme s'estompe; les réunions ne rassemblent que quelques"parisiens"; le nombre des adhérents tombe à une centaine en 1954; et, malgré des rappels pressants, il ne remontera jamais à plus de 300.

Les généraux BAILLY et VENOT se succèdent, à deux reprises, à la présidence; les colonels NOIROT et HOQUETIS y font une brève apparition; le général PUGET recueille les miettes en 1959... "L'OPS", en sommeil depuis prés de trois ans, reparaît en mars 1960; un dernier numéro, en décembre, présente ses "voeux pour 1961 à tous"... Et puis plus rien. Le grand silence, le vide du désert...

L'oubli serait-il déjà venu, qui enveloppe et qui efface?... Certes non; chacun garde au coeur ses souvenirs, impérissables... Mais il y a la négligence, l'apathie, la dispersion, les contraintes de la vie... Qui sait, Peut-être un brin de jalousie, qui s'insinue chez quelques-uns, quand ils éclairent leur avancement à la pléiade qui brillent sur les manches de nombreux anciens...

Le rôle de l'Amicale n'a cependant pas été négligeable:  rôle social et d'entraide, nous l'avons dit; et culte du souvenir

Grâce à ses démarches, les corps de nos camarades inhumés en Allemagne et au cimetière d'Harrogate sont rendus sans retard à leur famille. D'émouvantes cérémonies marquent leur retour. Ainsi reviennent pour reposer côte à côte, en terre Dauphinoise, à Grenoble, les restes du Lieutenant GONTHIER et de trois de ses compagnons d'équipage. Tant de souvenirs qui se réveillent en moi, ce 1er juin 1951, tandis que, revêtu de l'uniforme de l'Armée de l'Air, je suis le funèbre cortège...

Culte du souvenir aussi, lorsque l'Amicale envoie une délégation, le 1er novembre 1955, à l'inauguration du mémorial élevé dans la cathédrale d'York à la gloire des 18.000 aviateurs des Groupes IV, VI, VII du BOMBER COMMAND, tombés au champ d'honneur; parmi eux, ceux des "Squadrons" français 346 et 347.

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Culte du souvenir encore, l'érection d'une stèle à ELVINGTON, après un long cheminement... On en parlait déjà, le 11 février 1947, à la réunion du comité provisoire de l'Amicale!.... Il faudra attendre plus de dix ans la réalisation et l'inauguration de cette stèle commémorative. Quelle patience! Quelle persévérance il aura fallu aux membres du bureau pour faire bouger l'administration britannique! De guerre lasse, le général VENOT suggère même de renoncer; c'est alors que le colonel PUGET nouvel attaché de l'Air à Londres, reprend le dossier en 1955. Son action est efficace, puisque la stèle est inaugurée le 28 septembre 1957... Enfin! mais que de papiers!...

Nous nous sommes retrouvés quelques-uns, de l'active et de la réserve, à cette cérémonie, autour des Généraux BAILLY, VENOT, PUGET et des autorités britanniques, dont notre ami de toujours, l'Air Commodore WALKER. Cérémonie militaire, simple et émouvante; brève aussi, trop brève ! comme souvent. Mais les deux avions mis à notre disposition sont pressés; le nôtre doit rentrer à Paris-Le Bourget dans la journée.

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La stèle, dévoilée, symbolise une aile. Sur un socle de granit, un bloc en forme de tronc de pyramide à gauche; accolée à ce bloc, une pierre quadrangulaire, plus vaste, plus mince, et à peine plus basse, à travers laquelle se découpe la silhouette du "HALIFAX", ainsi immortalisée; au-dessus de ce vide, sculptés dans la masse, les deux mots "GROUPES LOURDS", en demi-cercle et en lettres capitales. Le bloc de gauche porte lui, une plaque de bronze, sur laquelle est gravés, en Français et en Anglais, l'inscription suivantes:

"ICI STATIONNA EN 1944 ET 1945 LE GROUPEMENT DE BOMBARDEMENT N°1, COMPRENANT LES GROUPES FRANCAIS "GUYENNE" ET "TUNISIE"

SQUADRONS 346 ET 347 DE LA R.A.F.

"CE MONUMENT RAPPELLE LEURS COMBATS

ET LE SACRIFICE DE LEURS MORTS."

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(collection: Geneviève MONNERIS)

Voici réunis 42 ans plus tard après l'inauguration de la stèle quelques vétérans des GROUPES LOURDS en visite à ELVINGTON

LE 12 MAI 2009

Louis HERVELIN, Hervé VIGNY, Pierre PATALANO, Lucien MALLIA, André GUEDEZ.

Le but était atteint: implantation d'une stèle sur un carré de terre française, en bordure de la route de YORK au village d'ELVINGTON, à quelques dizaines de mètres de l'entrée de la base. Un maillon incassable à la chaîne de l'amitié FRANCO-BRITANNIQUE.

Désormais, l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds Français pouvait se laisser mourir... Le coup fatal lui fut porté par le projet, quelque peu saugrenu, de la faire fusionner avec les autres associations de bombardiers, celles des "MARAUDEURS" et celle des anciens du "LORRAINE"; avec une variante plus audacieuse: créer une seule amicale du Bombardement, dans laquelle serait admis le personnel de tous les groupes de bombardiers en activité, les premiers invités étant, bien sûr, les "VAUTOURS" de Cognac.

Le projet ne fit long feu. On ne pouvait mêler "les Lourds" aux autres. Leur auréole de renommée et de gloire s'y opposait. Amitié solide et durable entre anciens d'ELVINGTON, oui ; mais amitié qui ne se partage pas; il faut avoir vécu l'hiver sinistre de 1944/45 pour se comprendre et pour s'aimer. Frères dans la peine et les dangers et frères dans la paix retrouvée; mais, s'il vous plaît, restons en famille...

Hors l'Amicale, la vie d'après-guerre a continué pour les uns et les autres; je veux dire pour ceux de l'Active et pour ceux de la Réserve; les uns lancés dans la carrière, avec les risques que comporte le métier des armes; les autres pour qui la vie, plus sereine, reste néanmoins un combat.

Ainsi notre vénéré "PADRE", le R.P. et Capitaine de réserve MEURISSE, s'est-il battu pour achever, au maroc, son église d'IFRANE.

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Ainsi se sont battus, pour se refaire un métier, un toit, une vie, en France, ceux de nos frères d'armes que nos Républiques, quelles qu'elles soient, ont laissé chasser de la TUNISIE, du MAROC ou des département français d'Algérie. Et il y aurait, sur ce sujet, de poignantes pages d'histoire à écrire...

Ceux qui sont restés sous l'uniforme ont bourlingué ferme, pendant 17 ans; ils se sont rencontrés au hasards des affectations et des escales; ils se sont perdus, puis retrouvés, aidés, soutenus; ils ont bu le pot de l'amitié au bar du mess; ils se sont serré les coudes comme autour des "HALIFAX"; et un jour on a parlé de la "maffia des Lourds"... Le mot était trouvé!

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Plaisanterie mise à part, il est incontestable que tous ceux de la campagne de Grande-Bretagne, d'Alger à Liverpool, de Lossiemouth à Elvington, constituaient un personnel instruit, entraîné, compétent; et qui exerçait ses qualités à tous les niveaux, dans tous les postes à lui confiés. L'avancement y trouvait son compte; les galons germaient; les étoiles fleurissaient... Il en est ainsi après toutes les guerres; ceux qui restent sont d'autant plus glorieux que les pertes ont été plus sévères; ce sont les morts qui font la gloire des vivants...

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Des drames et des pertes encore et toujours; de la "bataille dans les rizière" aux Djebels algériens, la liste serait longue à établir, de tous les Anciens tombés en service aérien commandé..Des noms me reviennent en mémoire, qui furent parmi les meilleurs d'entre nous. Citons le Lieutenant-Colonel BLAES. Les Commandants DUTREY-LASSUS, MARTIN L.L., FLESCH; Les Capitaines BOURGEOIS, ALLEGRE, ROUSSEAU, PERSINETTE,CLAIREFOND (à Madagascar) SANTI (au Cameroun), UMBRECHT, FAYARD (en indochine); les Lieutenants BLOT, MANFROY; etc...etc... Tant de vie semées dans tous les ciels de France et d'ailleurs !

Et puis, les années ont passé; et le temps des Groupes Lourds, lui aussi, a passé; et, un à un , atteints par la limite d'âge de leur grade, les Anciens ont quitté l'uniforme pour revêtir la tenue " bourgeoise". Les généraux ont duré le plus longtemps; certains sont parvenus à une dimension nationale: BAILLY, PUGET, BROHON, THIRY, GALLOIS, BECAM, AUBERT, (député de MENTON).... Le dernier à rendre son "tablier" a été le général LORIDAN, qui en 1945, était un tout jeune Lieutenant, bombardier au "TUNISIE".

Depuis longtemps, déjà, nous cultivons tous notre jardin, heureux de vivre, heureux de nous retrouver de temps à autre, quelques intimes, et et de rappeler les vieux souvenirs.

Et nous parlons, avec une bienfaisante nostalgie, de " ces années d'épreuves et de joies que je commence à lentement regretter", écrivait déjà Louis GERMAIN en 1951. Faut-il vraiment les regretter? Certes non ! Et nous devons même tout faire pour que jamais, ne revienne la guerre... Mais nous pouvons être fiers de les avoir vécues, être conscients qu'elles nous ont marqués.

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Puis l'obstacle résiste, je l'ai déjà dit, et plus grande est la joie de l'avoir vaincu. Ainsi en est-il de la vie: on apprécie d'autant plus de la vivre qu'on a peiné davantage pour la gagner et la conserver. Comme disent les paysans auvergnats: "Avoir trimé rend la vie agréable".

Et maintenant, sur la pente rapide de notre destin, chacun de nous, en lui-même, revit ce qu'il a vécu. Certains songent peut-être, comme je le fais, à confier à la plume leur réflexions et leurs pensées; ainsi nos jeunes sauront-ils ce que nous avons fait...La plupart, sans doute, gardent pour eux, enfouis dans leur coeur et leur mémoire, ces souvenirs d'un temps révolu. Le monde d'aujourd'hui pourrait-il seulement les comprendre ?

PIERRE-CELESTIN  DELRIEU.

(sources: FEU DU CIEL FEU VENGEUR. Auteur: Pierre-Celestin DELRIEU - LES FOUDRES DU CIEL. Auteur: Général NOIROT - NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Auteur: Louis BOURGAIN)

 

 

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BIBLIOGRAPHIES SUR LES GROUPES LOURDS

BIBLIOGRAPHIES SUR LES GROUPES LOURDS

- DIX ANS D'AVENTURES DANS L'AVIATION MILITAIRE ET DANS L'AVIATION CIVILE. Auteur: Jean MARECHAL.(Disponible chez l'auteur: au prix de 15 euros port compris, a l'Adresse suivante: Monsieur Jean MARECHAL, 9 Allée Garcia Lorca, 49240 Avrillé.

-FEU DU CIEL - FEU VENGEUR. Auteur: Pierre-Celestin DELRIEU, edt. GERBERT AURILLAC.

-LES FOUDRES DU CIEL. Auteur: GENERAL NOIROT, edt. FRANCE EMPIRE.

-NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE. Squadrons 346et347 L'épopée des GROUPES GUYENNE et TUNISIE en Grande-Bretagne (1943-1945) Auteur: Louis BOURGAIN.

-LE "L" for LOVE AU DESSUS DE L'ENFER. Auteur: Andrée A. VEAUVY. (disponible au prix de 38 euros port compris, a l'adresse suivante: Mme Andrée VEAUVY, 32 rue victor hugo, 33160 St Medard-en-Jalles.)

-LES GROUPES FRANCAIS DE BOMBARDEMENT LOURD EN GRANDE-BRETAGNE 1943/1945. Mémoire des Groupes Lourds,Auteur: Colonel(H) Robert NICAISE.

-LA VALLEE HEUREUSE. Auteur: Jules ROY, edit. ALBIN MICHEL.

-RETOUR DE L'ENFER. Auteur: Jules ROY,edit. GALLIMARD.

-LE NAVIGATEUR. Auteur: Jules ROY, edit.GALLIMARD.

-DANSE DU VENTRE AU-DESSUS DES CANONS. Auteur: Jules ROY, edit.FLAMMARION.

-PILOTES DE NUIT. Auteur: Jean CALMEL, edit. LA TABLE RONDE.

-MEMOIRES D'UN INCENDIAIRE. Auteur: Louis GERMAIN, edit.JULLIARD.

-BOMBARDIER DE NUIT. Auteur: Louis NOIROT.

-LA VICTOIRE APRES L'ENFER. Auteur: Louis BOURGAIN.

-ARAIGNEE DU SOIR. Auteur: Henri DELAUNAY.

-ECRITS DE GUERRE. Auteur: P.M. GALLOIS.

-ICARE. Revue publiée par les pilotes de ligne, N°187

- DE L'OMBRE A LA LUMIERE. Autobiographie. Auteur: Léonce SEMAIL.

- LE GROUPE GUYENNE EN GRANDE-BRETAGNE. Journal de marche du groupe "GUYENNE" en opérations. Auteur: Capitaine COCHO.

-L'AILE MEURTRIE. Auteur: René TORRES edit. LES EDITIONS LA BRUYERE.

-10.000 HEURES DE VOL. Auteur: René PUGET, edit. FLAMMARION.

-LE GROUPE DE BOMBARDEMENT TUNISIE du 8 novembre 1942 a la victoire,edit. BERGER LEVRAULT.

-DE PARIS A ELVINGTON. Auteur: Robert SAUBRY-BOBET. edit. YSEC.

-LES BOMBARDIERS VOLENT VERS L'EST. Auteur: Bruce SANDERS, edit. ARTHAUD, 1946.

-LE SOUFFLE DE LA PEUR. Auteur: Claude CATTELAT, (alias Claude Saint-Benoît) edit. du SCORPION 1956.)

-LA DESTRUCTION DE DRESDE. Auteur: David IRVING, edit. Robert LAFFOND, 1964)

-ARAIGNEE DU SOIR. Auteur: Henri DELAUNAY. (Récits recueillis par Simone DELAUNAY) edit. FRANCE-EMPIRE (1968)

-LA VICTOIRE APRES L'ENFER. Auteur: Louis BOURGAIN. (edit. Imprimerie PANDA) 1993.

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11 juin 2009

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

AMICALE DES ANCIENS DES GROUPES LOURDS

LISTES DES PRESIDENTS SUCCESSIFS.

Colonel BAILLY                                 27 juillet 1946

Colonel VENOT                                     3 mars 1951

Colonel NOIROT                               1er mars 1952

Colonel PUGET                                 28 février 1953

Général BAILLY                                  27 mars 1954

Général PUGET                                28 février 1960

Gilbert RUELLAN                            24 février 1961

Général CALMEL                               21 mars 1985

Général THIRY                          22 septembre 1987

HOMMAGE A GILBERT RUELLAN

ET AU GENERAL JEAN CALMEL

Gilbert RUELLAN, parce que durant de nombreuses années il assura la continuité de l'Amicale, et le Général Jean CALMEL parce qu'il sut, à partir de 1985, lui donner un nouvel essor.

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Gilbert RUELLAN

Gilbert RUELLAN est né le 6 septembre 1920 à MAURON dans le MORBIHAN. A l'issue de ses études secondaires au lycée Dupuy de Lôme, il entre en classe préparatoire aux Grandes Ecoles. En septembre 1939, il s'engage pour la durée de la guerre: ce qui lui permet de choisir son arme. A l'issue de ses classes à Versailles, il est muté en formation. Après la débâcle de mai-juin 1940, il se retrouve à Chateauroux où il est démobilisé. Avec un camarade, il tente de partir pour l'Angleterre mais leur aventure se termine en bout de piste.

En 1941, grâce à un parent, Charles RUELLAN, Député des Cotes-du-Nord, il réussit à partir pour le Maroc dans les chantiers de jeunesse. Il n'y reste pas inactif. Avec Jacques HESSE, un Alsacien, et quelques camarades dont le futur Général Jacques FAURE, il prend part à l'organisation du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942. Après ce débarquement, il s'engage à nouveau. Après une courte période d'entraînement il rejoint les Groupes Lourds où il devient le bombardier de l'équipage du Commandant DEMAZURE.

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Commandant: DEMAZURE  Navigateur, Capitaine: BOE Pilote, Sous/Lieutenant: RUELLAN Bombardier, Sous/Lieutenant: CARISTAN  Mécanicien, Sergent: PLOYE  Radio, Sergent: AZEMA Mitrailleur-supérieur, Sergent: BRESSON Mitrailleur-arrière.

Avec cet équipage, il effectue un tour d'opérations complet qu'il termine le 22 mars 1945. Après un court séjour à l'Etat-Major de Londres, il est démobilisé. Il entre alors aux Etablissements Debrie dont il deviendra le Directeur Général.

Très attaché aux Groupes Lourds et à son Amicale, il en devient le Président en 1961. Il le restera jusqu'au moment où une chute le rendra paralytique. Pendant cette période de plus de vingt années, il fut un des rares à vouloir maintenir la tradition des Lourds et à tout faire pour que le sacrifice de nos morts ne sombre pas dans l'oubli.

QU'IL EN SOIT ICI VIVEMENT REMERCIE.

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Général Jean CALMEL

Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Jean CALMEL fit une brillante carrière dans l'Armée de l'Air. Ma première rencontre avec lui eut lieu sur le S/S ORBITA qui, fin août 1943, emmenait le Groupe "GUYENNE" d'Alger à LIVERPOOL.

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S/S ORBITA

Chaque jour, mettant à profit la lenteur de la traversée, le Commandant VENOT en charge du groupe, recevait, un à un, les membres d'équipage.Soudain, je vis sortir de son bureau un jeune Capitaine, élégant, aux cheveux frisés et au teint mat, qui confiait à qui voulait l'entendre: "Enfin! je suis reclassé pilote dans un équipage". Si je rapporte cet épisode, c'est que Jean l'a raconté lui-même dans son livre PILOTES DE NUIT, paru en 1952 à " La table ronde". Il ne put maîtriser sa joie. Excellent pilote, brillant officier, il avait le savoir et le savoir-faire, mais il aimait aussi " faire savoir". C'etait son coté "relations publiques".

Après le débarquement à LIVERPOOL, nous fûmes séparés pendant la durée des stages par spécialités. Nous nous retrouvâmes au centre de formation des équipages de LOSSIEMOUTH, par 57°42' de latitude nord. Là, durant l'hiver 1943-44, nous avons partagé le breakfast: porridge, spam, omelette à la poudre d'oeufs et l'insipide white coffee. Nous avons connu les vols dans la longue nuit, la grêle, les nuages, le froid et le givre, mais aussi la joie de sentir l'équipage toujours un peu plus soudé, un peu plus volontaire.

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Capitaine: CALMEL Pilote, Lieutenant: BERRARD Navigateur, Sous/Lieutenant: PARDOEN Bombardier, Sergent: ALIX Radio, Adjudant/Chef: ROUX Mécanicien, Sergent: MECHALY Mitrailleur-supérieur, Sergent: LADET-CHASSAGNE Mitrailleur-arrière.

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Madame Suzanne CALMEL dévoile la plaque commémorant le bombardement de la batterie allemande de Maisy par le groupe "GUYENNE" le 2 Juin 2009.

C'est à ELVINGTON que nous avons vécu côte à côte, notre tour d'opérations. Nous fûmes parmi les sept équipages qui eurent la chance et l'honneur d'effectuer deux missions dans la même journée (désormais historique) du 6 juin 1944: le matin, en bombardant à 3 h 23 les batteries allemandes de GRANDCAMP-MAISY et le soir, vers minuit, la gare de Saint-lô. Nous fûment de ceux qui, n'étant pas sur les ordres dans la nuit du 4 au 5 novembre 1944, attendirent en vain le retour de cinq équipages du groupe: nuit terrible où 24 camarades trouvèrent la mort. Nos carnets de vols ont enregistré pour toujours des bombardements sur les points de résistance allemands autour de Caen, Boulogne ou Calais; sur les rampes de lancement des bombes volantes du bois de Cassan, du mont Candon ou de la forêt de Nieppe; sur les vieilles connaissances du BOMBER COMMAND qu'étaient les villes d'Essen ou de Cologne; sur les aérodromes de Wenloo, Eindhoven ou Mûlheim; sur les raffineries d'essence syntétique de Sterkrade, Wanne-Eickel ou Gelsenkirchen. Tout cela sur un rytme endiablé. Ce fut notre plus belle heure.

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Les retrouvailles à l'occasion d'une réunion de l'Amicale des Anciens des Groupes Lourds.

de gauche à droite:

Une invité, le Lieutenant-Colonel CALMEL, le Commandant GOEPFERT, le Commandant BOURGAIN, et le Lieutenant-Colonel NOIROT.

Jean CALMEL restera, pour le plus grand nombre, le Général de corps aérien qui, en son temps, fut major général de l'armée de l'Air. Pour ma part, je préfère garder en mémoire le souvenir du jeune Capitaine, au visage émacié dans lequel brûlaient deux yeux de flamme ardente, qui à mes cotés et avec tous les officiers présents dans la grande salle du mess des officiers d'ELVINGTON, se dressa le 23 août 1944, pour écouter la Marseillaise diffusée par la B.B.C. en l'honneur de la libération de Paris. Jamais on n'avait entendu, jamais peut-être on n'entendra, une Marseillaise plus émouvante, qui fit perler des larmes sous les yeux de jeunes hommes qui retrouvaient chaque soir l'enfer du ciel

G. PLAGNARD.

(sources; NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE, Auteur: Louis BOURGAIN, LES FOUDRES DU CIEL, Auteur: Général NOIROT.)

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12 juin 2009

GROUPE "LORRAINE SQUADRON 342" (pour mon ami CHILIEN)

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/seconde-guerre-mondiale/video/

"ILS ONT REVU LA FRANCE"

GROUPE - LORRAINE

SQUADRON 342

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(collection: Michel JUVENE) 

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6 décembre 1941.

De gauche à droite debout:

S/Lt PATURAU, Lt ROZOY, Cpt de SAINT-PEREUSE, S/Lt BIMONT, Lt de THUISY, S/Lt MELTCHARSKI, Sgt/C TOURNIER, Sgt LANN, Adjt JOYANNY, Adjt MOREL, Sgt LICOU, Sgt PINSON, Sgt PROUVE, Adjt DEPRAT, S/Lt DESSA, Sgt de GUILHEM, Soldat CARRE, Sgt/C DEDIEU, Flight Sgt SMITH.

De gauche à droite assis:

Sous le plan de l'appareil est pratiquement invisible, Lt SANDRE, Lt CHARBONNEAUX, Lt du BOISROUVRAY, Cpt ROQUES, Lt QUESNEL, Sgt BAUDEN, Lt EZANNO, Sgt/C VERGERIO, Sgt BARRAT, Lt GUIGONIS, Sgt/C LAGATU.

(collection: Odile ROZOY-KUNZ)

 

LES COMMANDANTS DU GROUPE

DE BOMBARDEMENT LORRAINE

(de décembre 1940 à juillet 1945)

GRADE ET NOM/ DUREE/ DENOMINATION/CAMPAGNE.

Commandant: ASTIER de VILLATTE: 24/12/40 au 14/07/41 - G.R.B. N°1 (Groupe réserve de bombardier n°1) - KOUFRA ETHIOPIE.

Capitaine: de SAINT-PEREUSE: 15/07/41 au 24/10/41 - G.R.B. n°1, puis Groupe de bombardement n°1 "LORRAINE"- ETHIOPIE.

Lieutenant-Colonel: CORNIGLION-MOLINIER (par intérim):25/10/41 au 12/12/41 - G.B. n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

CITATION

La Croix de la Libération est décernée au Colonel Edouard CORNIGLION-MOLINIER des Forces Aériennes Françaises Libres qui devient compagnon de la Libération pour le motif suivant:

"Pilote de chasse hors pair. Après s'être couvert de gloire au cours de la campagne 1914-1918, a malgré son âge, pendant la campagne 1939-1940, ajouté cinq nouvelles victoires à son magnifique palmarès. Participe, dès 1940, à l'organisation du mouvement de résistance LIBÉRATION. Arrêté, réussit à s'évader et s'engage dès le début de l'année 1941 dans les Forces Aériennes Françaises Libres. Premier commandant du Groupe "LORRAINE" a donné, notamment pendant la campagne de Libye un magnifique exemple des plus belles qualités françaises, totalisant plus de 700 heures de vol, dont au moins 100 en opérations."

 

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(collection: Odile ROZOY-KUNZ)

Lieutenant-Colonel: PIJEAUD: 13/12/41 au 20/12/41 - G.B.n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

Capitaine: de SAINT-PEREUSE (par intérim): 21/12/41 au 31/01/42 - G.B.n°1 "LORRAINE" - LIBYE.

01/02/42 au 01/03/42 - G.B.n°1 "LORRAINE".

Lieutenant-Colonel: de RANCOURT: 07/04/43 au 14/03/44 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen.

Commandant: GORRI (FOURQUET) Lieutenant-Colonel: GORRI: 15/03/44 au 06/11/44 - 342 Squadron "LORRAINE"  - Front européen.

Commandant: SOUFFLET: 07/11/44 au 14/02/45 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen.

Commandant: MENTRE: 15/02/45 au 24/07/45 - 342 Squadron "LORRAINE" - Front Européen jusqu"à cessation des hostilités le 05/05/1945.

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(source: ICARE N°176)

Le Commandant MENTRE,(Citation) du groupe LORRAINE fait le briefing d'une prochaine mission à Vitry-en-Artois, le premier trimestre 1945.

Sur la photo figurent ROUSSILLAT, FLAMMAND, GUEGEN, MALAFOSSE, et, en haut à gauche, BOILEAU.

CITATION

Commandant: MENTRE Gustave - Louis.

MENTRE Gustave-Louis, commandant du groupe 1/20 "LORRAINE": à la tête du groupe "LORRAINE" qu'il commande, cet officier vient d'accomplir une série de missions de bombardement sur des objectifs du front de l'Ouest. Excellent pilote qui allie à un tempérament de chef des connaissances professionnelles très étendues, grâce auxquelles il a souvent conduit sa formation à l'attaque, malgré les difficultés rencontrées et des défenses ennemies. Les 3 et 15 mars, réussit, malgré une sévère D.C.A. à bombarder des gares ennemies, grâce à son sang-froid et à son courage. Le 14 mars, avec un mépris complet du danger et un calme remarquable, accomplit un bombardement particulièrement délicat, au milieu d'une D.C.A. exceptionnellement précise et intense, se pose avec son appareil endommagé sur l'aérodrome le plus proche pour y déposer son mitrailleur sérieusement blessé

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de guerre avec palme.

Paris, le 20 août 1945.

C. DE GAULLE.

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GRB 1

Le GRB 1 ne semble pas avoir eu d'insigne distinctif.

Constitué à partir d'éléments provenant du First Fighter Group et de l'escadrille TOPIC le 24 Décembre 1940, le groupe réservé de bombardement N°1 fut placé sous le commandement du Commandant Astier de VILLATTE.

Formée de deux escadrilles comprenant six BLENHEIM chacune (la première sous les ordres du Capitaine LAGER, la seconde sous la responsabilité du Capitaine SAINT-PEREUSE), cette unité prit part, en coopération avec le détachement permanent des forces aériennes du Tchad, à l'offensive lancée par le Colonel LECLERC contre l'oasis de KOUFFRA, en février 1941.

Revenu à Fort-Lamy, le GRB 1 se scinda, pour des raisons techniques, en deux parties. Une escadrille demeura au Tchad et l'autres fut transportée en Ethiopie dans la région de Gondar-Asmara, où elle fut intégrée dans le Group 202 de la R.A.F. Après avoir entrepris plusieurs missions de bombardement et de lâchers de tracts sur les troupes italiennes, cette formation rallia Damas, en Syrie, le 16 août 1941. Quelques jours plus tard, elle allait former l'escadrille Metz du groupe de bombardement LORRAINE.

PERSONNEL DE L'ESCADRILLE

"TOPIC"

EN AOUT 1940

CAPITAINE:

Astier de VILLATTE, Observateur

Louis FLURY-HERARD, Observateur

LIEUTENANT:

Maurice de BOISROUVRAY- Observateur, Henri de la MAISONNEUVE- Observateur, Jean MICHEL- Observateur, Raymond ROQUES - Pilote, Paul ROQUERE - Observateur, Pierre de SAINT-PEREUSE - Observateur, Pierre BERMANN - Médecin.

SOUS-LIEUTENANT:

Gérard CLARON - Observateur, Jean HIRLEMANN - Pilote, Claude de la ROCHE SOUVESTRE - Pilote, Pierre ROMAINS-DESFOSSES - Chiffre.

ASPIRANT:

Bernard BARBERON - Observateur, Guy BECQUART - Observateur, Robert BIMONT - Observateur.

ADJUDANT-CHEF:

Georges MITAINE - Artificier.

PREMIER-MAITRE

Albert BLENVEN - Chef-mécanicien, Jean DIDIER - Radio, Jean HAIE - Chef-mécanicien.

ADJUDANT:

Auguste GUILLOU - Pilote, Françis MELVILLE LYNCH - Pilote, Marcel MOREL - Radio-mitrailleur

SERGENT-CHEF:

Paul BERNARD - Service-administratif, Noêl CASTELAIN - Pilote, André DEBURE - Radio, Xavier de SCITIVAUX - Pilote, Raymond JABIN - Pilote, Jean PERBOST - Radio-mitrailleur, Jean GRAVOUIL - Mitrailleur.

SERGENT:

Léon BOURDARIAS - Radio, Marcel CHERFILS - Météo

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Romain GARY de KACEW - Mitrailleur

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

Alphonse DENIS - Instructeur, Paul FREMAUX - Conducteur, André DEVOS - Radio, Lucien JOUBERT - Mitrailleur, André LEMONNIER - Mitrailleur, Maurice SEGUINEAU - Pilote, Marcel VIDAL - Mitrailleur, Jean HUSSAR - Secrétaire-interprète, Alfred COPPENS - Secrétaire.

CAPORAL-CHEF:

François GANDIE - Photographe, Henri HENNEQUIN - Canonnier, Marc LEPEL-COINTET - Elève-Pilote, Roger TRUFFERT - Secrétaire.

CAPORAL:

Arsène BOMME - Mitrailleur, Raymond DUFFOUR - Mécanicien aéro, Paul EVRARD - Secretaire, Jean KERAUDEL - Mécanicien aréo, Jean LEJEUNE - Radio, Pierre GRASSET - Radio, Joseph KOLB - CUISINIER.

1er CLASSE:

Jean AUVRAY - Mécanicien, Octave BIGORGNE - Mécanicien, Boleslaw CIECALSKI - Mécanicien, Auguste LEGRAND - Gabier, André SAILLARD - Mécanicien, Victor MAHE - Mécanicien, Gabriel SOUM - Conducteur, Michel TOMCZAK - Intendance.

2e CLASSE:

Maurice BARAT - Radio, Alexandre BARRAUX - Conducteur, Robert BEDUIN - Mitrailleur, André BRIAND - Radio, Ernest DURLER - Conducteur,  Werner DURLER - Mitrailleur, Jean FLEURY - Conducteur, Jean DEGENISSIEUX - Divers, Joseph GOLEBIOWSKI - Infirmier, René LANNUZEL - Divers, Raphaêl KLEIN-WEKSLER - Infirmier, Harry LEIGHTON - Divers, Paul LUNKE - Divers, Georges MOSTINECKX - Divers, Roger MICHENAUD - Mécanicien, Gabriel MOUILLAUX - Secrétaire, Maurice PERRON - Mécanicien, Joseph RENAULT - Mécanicien aréo, Françis SMITH - Secrétaire, Frédéric SPIELMAN - Conducteur, Elias VAN de PUTTE - Divers, Moîse VANSPEYBROECK - Conducteur, René VAN WINCKEL - Divers, Pierre VARNEY - Divers.

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La première version du BOSTON, le DB-7 avec la première escadrille du groupe de bombardement 1/32 en 1940.

(source: Les forces Aériennes Françaises Libres, Ministère de la Défense.)

AVEC LE "LORRAINE" EN LIBYE

Par L.M.

Il ya trois ans, malgré des difficultés sans nombre, malgré les nouvelles d'une guerre qui semblait accumuler les mauvais points de leur coté, d'une poignée d'hommes, ayant réussi à échapper de France ou de ses colonies, réunis avec d'autres, venus de tous les coins du monde, se retrouvaient, animés de la même foi. Celle de ne pas abdiquer.

Ils firent peut-être peu de chose, en regard de l'effort fourni par nos alliés, mais leur présence permit de montrer, que la France était là.

Ils partirent, ayant à peine fini leur entraînement, sans avoir la possibilité, de se faire remplacer autant qu'il était parfois nécessaire, alors que les équipages, fatigués et réduits en nombre, devaient malgré tout, accomplir leurs missions; il fallait que le Groupe tienne, coûte que coûte. Sa présence était liée à une question de prestige. - c'est l'occasion de l'anniversaire de leurs opérations, que nous allons essayer de vous présenter ces quelques notes.

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Le départ de DAMAS

5 NOVEMBRE 1941.

L'aérodrome de DAMAS présente une animation inaccoutumée. Une légère brume s'est dissipée sous les premiers rayons du soleil levant; au loin, les hauteurs prennent des  tons pastels. Devant les hangars, sont alignées en deux rangées, les escadrilles d'un Groupe de BLENHEIMS dont le nom va devenir bientôt célèbre. C'est l'ancien G.R.B. I qui après s'être battu à KOUFFRA et en ABYSSINIE, réuni l'escadrille de Bombt. N°2, venant d'opérer au désert Égyptien, va repartir en opérations sous le titre de Groupe "LORRAINE".

Le Général VALIN vient de prendre la décision d'appeler chaque Groupe de l'Aviation Français Libre du nom symbolique d'une province de chez-nous.

 

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Lieutenant ROQUERE, Lieutenant LANGER.

Le Lieutenant-Colonel PIJAUD est parti de Londres pour prendre le commandement du Groupe mais à été retardé au cours de son voyage. C'est le Commandant CORNIGLION MOLINIER qui prend donc cette fonction au départ de DAMAS, il va l'assurer jusqu'à l'arrivée du Lieutenant-Colonel PIJAUD.

Les derniers vols d'entraînement viennent de se terminer et , les équipages voient enfin arriver avec joie le moment du départ vers l'aventure.Il y a là , les vétérans de KOUFFRA, de GONDAR, et tous les nouveaux équipages, impatients de suivre les traces de leurs anciens.

La base est dans la fièvre des préparatifs, de nombreux "officiels" sont venus assister au départ, les adieux néanmoins sont rapides. Bientôt les moteurs se font entendre et c'est le démarrage. L'un après l'autre, chaque avion se met en piste, et après un dernier point fixe, décolle après avoir roulé longuement la piste, parallèlement aux hangars. Puis par groupes de trois, les formations passent au dessus du terrain, filant vers le Sud.

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Nos BLENHEIMS.

Les appareils se posent au terrain X prés d'ABOU-SUEIR à quelques kilomètres d'ISMAILIA, rejoints bientôt par la caravane de l'échelon roulant qui a traversé la PALESTINE et le désert à "pleins tubes", l'enthousiasme ayant empiété un peu sur le règlement.

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Sir Arthur TEDDER, Air Chief-Marschal, Commandant des Forces Aériennes du proche-orient, et Sir Arthur A. CONINGHAM, Vice Air-Marschal, Commandant des Forces Aériennes du désert.

Le 11 novembre 1941, une cérémonie a lieu sur le terrain X , pour la passation du groupe à la R.A.F. Le Général de LARMINAT délégué du Général CASTROUX présente l'unité à l'Air COMODORE ELMHURST, représentant de l'Air MARSHAL TEDDER. Des fanions sont remis au Groupe.

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LE FANION DU GROUPE "LORRAINE" DES FORCES AÉRIENNES FRANÇAISES LIBRES. (F.A.F.L.).

Le 12, un premier détachement de 12 avions et un échelon roulant partent vers FUKA, à l'ouest d'ALEXANDRIE, le reste de l'unité devant rejoindre un peu plus tard.

Le 14, le détachement avancé fait mouvement au terrain 103. Le 19, une partie de ce détachement se déplace de nouveau au terrain 75.

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De gauche à droite:

Au terrain 75: Devant l'abri. de gauche à droite; Sergent FIFRE + tué le 3/12/1941, Sergent-Chef: TOURNIER, Sergent LANN + tué le 6/12/1941, Sergent-Chef: PÉTAIN + , Adjudant: PERNOT.

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Le Lieutenant mitrailleur Raymond PÉTAIN participa à toutes les campagnes du groupe LORRAINE , avant d'être abattu le 3 juillet 1943 au cours d'un bombardement en rase-mottes près de GAND. (SHAA)

Le 19, une partie de ce détachement se déplace de nouveau au terrain 75.

En arrivant sur ce terrain, l'impression est assez encourageante. Le terrain plat, désolé, et de nombreux trous creusés par ceux qui nous ont précédés, montre que l'endroit peut parfois devenir malsain, chacun s'arrange, améliore l'abri de son choix ou en creuse un nouveau, suivant son tempérament. Ces abris du reste, s'avèrent être  une excellente protection contre le vent, et l'endroit est vraiment éventé. Le sable est servi à discrétion à longueur de journée, en poudre fine qui pénètre partout par la plus petite ouverture.

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Quand on est dans son trou...

La défense du camp doit être assurée par un détachement de Nord-Africains sous le Commandement du Capitaine BOURGOIN qui, plus tard comme parachutiste, va faire campagne depuis EL ALEMEIN jusqu'en TUNISIE, puis en Bretagne. Mais ceci est une autre histoire (à écrire).

Un détachement Libanais est venu compléter l'unité, en aides mécaniciens, armuriers, chauffeurs, etc... Le 21 novembre 1941, la première mission du groupe est exécutée, 5 appareils y prennent part, ils'agit du bombardement de véhicules sur la route de BARDIA TOBROUK.

Les sorties alors se succèdent sans arrêt et le 26 le Groupe est complètement engagé dans la bataille.

C'est le le 28 novembre que les premières pertes sont enregistrées; l'avion piloté par l'Adjudant JABIN, Observateur: Lieutenant de la MAISON-NEUVE, Radio-mitrailleur: Sergent BRUNEAU et parti en mission individuelle au dessus de GAZALA ne revient pas. Un rapport de prisonnier allemand établissait quelques jours plus tard que cet équipage était vraisemblablement aux mains de l'ennemi.

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Un stuka

Ensuite le 4 décembre, un accident au décollage au départ d'une mission cause la mort du Sergent FIFRE.; le Capitaine de MESMONT gravement blessé est évacué, le Sergent SOULAT radio en sort miraculeusement indemne.

Puis le 6, au cours d'une mission en vol de groupe, l'avion du Lieutenant SANDRE observateur: Sous-Lieutenant de MELTCHARSKY, radio: Sergent LANN, est abattu en flammes à 50 kilomètres S.O. d'EL ADEM.

Les missions continuent sans arrêt, ce sont généralement:

1° Des bombardements de colonnes ennemies, motorisées ou des concentrations de tanks.

2° Le bombardement des positions de BARDIA et d'HALFAYA: poches de résistance ennemies.

Jusqu'au 13/2 les objectifs sont désignés avant le décollage sur le terrain avancé. Dés réception des ordres, les avions décollent, prennent la formation, se rendent au rendez-vous fixé pour le chasse et accomplissent leur mission.

Par là suite les transmissions difficiles, obligent les équipages à prendre les ordres sur les terrains de la chasse, EL ADEM, GAZALA MEKILI ou M'SUS.

Tout les matins, les équipages prévus partent pour le terrain, attendent les ordres  et rentrent le soir au terrain avancé, ayant effectué ou non leur mission.

Ceci malheureusement fatigue assez les appareils par suite des atterrissages et décollages à pleine charge.

Cela fatigue également les équipages.

Mais tout le monde est plein d'allant, quel plaisir de pouvoir harceler Boches et Italiens... Les nouvelles sont chaque jour encourageantes, l'ennemi recule et le soir, après une journée bien remplie les "mess" ou tout au moins ce qui essaie d'en tenir lieu, retentissent des exclamations d'une bonne humeur générale. La coopération avec les Squadrons britanniques du Wing est parfaite, tous, ont le même but.

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"L'Amiral" Sergent-Chef MOUNES.

Un soir, nous avons un "show" assez intéressant. Un Ju88, venant comme chaque soir pour bombarder la station de chemin de fer qui se trouve au bout du terrain, est pris à partie par un chasseur de nuit, le combat s'est passé au dessus de nos têtes, on pouvait distinguer les traçantes amies et ennemies et soudain, un moteur en feu. C'est le Ju88 qui flambe, s'éloigne un moment et revient au dessus du terrain faire un atterrissage, se terminant en feu d'artifice. Quelques uns de chez-nous, se précipitent en voiture, sur les lieux, voir l'amas de débris en train de flamber. Sur les entrefaites un second Ju88 fait un piqué sur tous les badauds et se déleste de quelques bombes trop biens ajustées.

Fort heureusement le plat ventre instantané, exécute avec ensemble par le public, réduit les dégâts à un serrement de ... coeur, général.

Le Lieutenant-Colonel PIJEAUD vient retrouver le Groupe au terrain 75 et prend le commandement.

Le Commandant CORNOGLION-MOLINIER appelé par ses fonctions à BEYROUTH doit nous quitter après avoir été leader de nombreuses missions. Nous voyons partir avec mélancolie un chef qui, gai compagnon à la verve inépuisable, transformais la mission la plus dangereuse en une bonne histoire.

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Sergent René BAUDEN.

Nous quittons le terrain pour un autre, situé à GAMBUT, prés TOBROUK; c'est un ancien aérodrome italien. Le terrain est couvert de petits buissons d'herbe à chameau. Il est également saupoudré d'"araignées" en fer, destinées à crever les pneus. Et ça marche!... une 1/2 heure après l'arrivée de l'échelon roulant, à peu prés tous les camions ont les pneus à plat. Il faudra des équipes disposées en tirailleurs, pour se débarrasser de cette engeance.

Le coté humoristique de l'histoire se trouve dans le fait que ces "araignées" ont été laissées par les britanniques lors du recul effectué, après la Ier campagne de LIBYE.

Le camping s'est amélioré, nous trouvons du matériel en quantité; équipement,armes,essence,avions, même une brosse à dent enduite de pâte dentifrice. Nous avons également trouvé quelques macchabées...

Le convoi auto, transportant le matériel, a eu l'occasion de faire un voyage intéressant à travers le désert. Les régions de BARDIA et HALFAYA étant toujours occupées par l'ennemi, il a fallu piquer vers sud-ouest pour ensuite remonter plein Nord, passant la frontière égyptienne garnie de barbelés à BIR SHEFERZEN. Puis ce fut SIDI OMAR où une bataille de tanks toute récente a eu lieu, y laissant de nombreux vestiges.

Parfois un nuage de poussière, au loin, se transforme en une flottille d'auto blindées fonçant vers le convoi qui philosophiquement espère que ce seront des amis.

Il y a quelquefois des discutions sur la direction suivie, de l'humour à froid, mais en définitive, personne ne se "paume" complètement et arrive au camp, à l'heure.

 

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Henschel 126

Nous avons un jour la visite du "Maire de BENGHAZI" qui, muni de tous ses bagages s'en va prendre possession de ses fonctions. C'est l'occasion d'agrémenter la soirée, de corser un peu le menu. Monsieur le  Maire nous quitte très ému... nous aussi.

48 heures plus tard - Nous avons eu la "revisite" du Maire. Il est très surpris de nous revoir et nous demande comment nous avons pu nous déplacer aussi rapidement. Nous avons eu beaucoup de peine , à lui expliquer que nous n'avons pas bougé.

Monsieur le Maire a dû certainement avoir des ennuis avec sa boussole..

Le 20 décembre une reconnaissance offensive est effectuée contre les transports ennemis au N.E. de BENGHAZI; les forces alliées comprennent des BLENHEIMS d'un groupe anglais et 4 du Groupe LORRAINE, le tout escorté de chasseurs. Il y a deux couches de nuages assez espacées, l'une étant très prés du sol, nos appareils volent entre les deux, lorsque soudain, 15 Me 109 foncent de la couche supérieure.

En l'espace d'un instant, c'est la mêlée, l'escorte engage le combat immédiatement et les bombardiers piquent vers les nuages au dessous d'eux, les mitrailleurs faisant face aux assaillants.En quelques secondes on peut voir, amis et ennemis, des appareils en flammes, brûlant comme des torches. Les TOMAHAWKS d'escorte réussissent à abattre cinq des Me 109.

L'avion du Lieutenant EZANNO, observateur Sergent-Chef TOURNIER, radio-mitrailleur Sergent BAUDEN est pris à partie par deux des MESSERCHMITT, mais, l'équipage du BLENHEIM se défend, le pilote feinte et le calme de BAUDEN réussit de quelques rafales, à abattre l'un des assaillants, celui-ci, après une vrille désordonnée, va s'écraser au sol. L'autre appareil ennemi fait un passage, comme un éclair, mais sans succès, et devant le sort de son coéquipier n'insistera plus.

Malheureusement l'avion piloté par le Lieutenant-Colonel PIJEAUD, Observateur Lieutenant GUIGONIS, Radio Sergent DELCROS a été abattu en flammes presque immédiatement, le mitrailleur tué à sa pièce.

Le pilote donne à l'équipage l'ordre de sauter en parachute et voulant s'assurer que tous ont pu le faire et n'ayant pas de réponse du radio-mitrailleur reste à son poste. Il saute à son tour, trop tard, affreusement brûlé.

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LANN, NEUMANN, BRETON, et GUIGONIS à FUKA avec le N°39 Squadron en août 1941 (SHAA)

Le lieutenant GUIGONIS s'en tire sans une égratignure, son parachute l'a déposé assez loin et il restera pendant 5 jours en plein désert ennemi, étant sauvé par les premières autos blindées britanniques, faisant leur avance victorieuse vers l'ouest.

 

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Le Lieutenant GUIGONIS retrouve ses camarades du "LORRAINE" après ses cinq jours de survie dans le désert de LIBYE.

(Collection: Many SOUFFLAN ciel de guerre  N°13)

Dans la cour de la ferme d'un colon italien, il retrouve les débris de son avion, fait creuser, par le fermier, une tombe pour son mitrailleur et apprend que le Lieutenant-Colonel PIJEAUD, grièvement brûlé a été emmené par l'ennemi. On le retrouvera à l'hopital de BARDIA, mais malheureusement ne pouvant survivre à ses brûlures, il meurt le 06/01/1942, à l'hopital d'ALEXANDRIE, ayant donné un magnifique exemple de courage.

Un autre avion, piloté par le Sergent-Chef REDOR, observateur: Lieutenant M. de BOISROUVRAY, radio: Sergent-Chef PERBOST est porté disparu; malheureusement, aucune nouvelle ne nous parviendra de cet équipage; ce sont encore de bons vieux camarades qui sont perdus.

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En LIBYE, le Capitaine de SAINT-PEREUSE(à gauche) Commandant du groupe LORRAINE par intérim, en compagnie de deux officiers britanniques.(ICARE)

Le Lieutenant-Colonel PIJEAUD porté manquant, le Capitaine de St. PEREUSE prend le Commandement du Groupe, qu'il avait déjà eu sous ses ordres lors de l'entraînement en SYRIE . Il le Commandera jusqu'à la fin des opérations cumulant infatigable, les fonctions de pilote et de chef de groupe avec une bonne humeur égale à son courage.

Les missions toujours continuent.

Le 31 décembre pour la fin d'année, le groupe va bombarder des concentrations ennemies au dessus d'AGEDABIA. La D.C.A. ennemie, elle aussi, n'a pas oublié ses cadeaux et l'avion piloté par le Sergent-Chef MOUNES ("l'Amiral" pour les copains), revient endommagé. Il y a de nombreux trous dans l'appareil, particulièrement, un obus de D.C.A. ennemie de 20mm. a explosé dans le "cockpit" de l'observateur. Celui-ci bien que blessé n'a pas perdu son sourire, mais doit être évacué sur l'hôpital d'ALEXANDRIE.

Les missions continuent toujours sans relâche, les équipages devenus assez réduits doivent malgré tout, tenir; mécaniciens et armuriers fournissent un effort extraordinaire, sous des conditions très dures d'existence, le vent de sable  pénètre partout, le temps devient froid, le vent glacial et ils doivent travailler les doigts tout engourdis, couverts de crevasses, faisant le plein des moteurs avec des "tanakés" et chargeant les bombes à dos d'homme.

Le ravitaillement est assez difficile comme l'on peut se l'imaginer et le corned-beef est le plat de résistance. La région se prête assez peu à la chasse, les lièvres du désert ont du courir aussi vite que les carabinieri et on n'en voit à peu prés jamais. Une fois, malgré tout, par hasard, un jeune chameau a le malheur de se trouver sur la trajectoire d'une balle de Lebel, tout le monde a eu l'air d'être très peiné de ce malheureux accident, mais entre nous, les "steacks" n'étaient pas plus mal que ça.

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Camping!...

L'eau très rationnée est extraite d'un puits à moitié saumâtre et le thé qui est devenu la seule boisson pouvant être obtenue, est bu salé; y ajouter du sucre donne un mélange, impossible à avaler.

Parfois, l'arrivée d'un camion fait venir une lueur d'espoir; il pourrait contenir quelques caisses de bière en boite! mais hélas, c'est bien rare et nous en sommes quittes bien souvent pour avoir  simplement eu l'eau à la bouche.

Avec ce régime chacun devient un peu touché par un début de scorbut, les dents donnent l'impression de se balader au milieu de leur cavité et les gencives deviennent très sensibles.

Les barbes ont fait leur apparition, même une mouche très Napoléon III est arborée par mon ami TOURNIER. Les coupes de cheveux sont du type long, pleins de sable, à un tel point que certains au retour ont des "démêles" avec les coiffeurs du Caires, qui refusent de risquer d'ébrécher leurs ciseaux. Quel délice sera la première douche, au retour! Il faudra du reste plusieurs pour arriver à complètement se "désensabler".

Heureusement les "marraines" du CAIRE ou d'ALEXANDRIE entretiennent le moral grâce à de nombreuses lettres et colis... et si certains se rappellent combien ces bonnes lettres les ont réconfortés, ils se souviennent également avec attendrissement de certains saucissons, qui, pendant au plafond de la tente, n'ont jamais eu le temps de sécher.

Les équipages continuent sans arrêt à effectuer leurs bombardements, quelques uns particulièrement réussis ont valu au Groupe des félicitations particulières du commandement britannique, et malgré le nombre réduit des équipages et des avions, la bonne humeur règne.

Les tanks de Rommel ont servi bien souvent de cible, et ont du reste bien rendu cette politesse aux nôtres. Les "Buchanan Party" ont été parfois plus ou moins appréciées, spécialement celle du jour mémorable où à 800 mètres les formations firent trois passages sur une concentration de tanks bien défendue. Que de trous... Puis vient la période plus tranquille, quoique peut-être un peu monotone, du bombardement de la passe d'HALFAYA.

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CAMPAGNE DE LIBYE (novembre 1941 janvier 1942)

"HALFAYA s'est rendu sans conditions à 12h00, 17 janvier 1942. Je suis sûr que cette reddition est due pour une grande part, au résultat du bombardement, continuel et réussi, par le LORRAINE Squadron, de cette position fortement défendue. Je désire complimenter ce Squadron sur l'heureux résultat de ses efforts."

Cette dépêche du 18 janvier 1942 adressée au Groupe par le Group Captain KELLET, Commandant du N°270 Wing de la R.A.F. venait consacrer la fin d'un "service" de bombardement effectué chaque demi-heure par la "ligne GAMBUT-HALFAYA".

Enfin, le moment vient de rentrer au bercail, les appareils, sont fatigués, les équipages, le personnel à terre ont besoin de repos, aussi le commandement décide-t-il de diriger le Groupe sur le LIBAN où l'air pur, va remettre bien vite tout le monde en état. Une étape principale est prévue au terrain X prés d'ISMAILIA.

Les uns rentrent par avion, les autres par l'échelon roulant. Ceux qui reviennent par la route, sont heureux, en passant à HALFAYA PASS, de se rendre compte des effets du bombardement effectuer par le "LORRAINE"; des batteries d'artillerie gisant là démantelées.

Nous pouvons serrer la main au passage, aux  copains des Ier B.I.M. , Fusiliers Marins, Légionnaires, Bataillon du Pacifique, et tous les autres, de la Division KOENING; nos camarades de l'Armée de Terre s'en vont à la bagarre.

Beaucoup ont déjà à leur actif la 1er campagne de LIBYE. Quelques mois plus tard ils seront à BIR HAKEM...

Nous leur disons au revoir et retournons dans nos camions, contents de revenir vers des lieux civilisés et, sur la piste, à quelques kilomètres d'ALEXANDRIE, une bédouine bien sale et bien miteuse, n'a jamais compris la raison des cris d'enthousiasmes, qui ont salué en elle, la première femme aperçue depuis plusieurs mois.

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(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°12 1944)

 

 

 

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13 juin 2009

BIBLIOGRAPHIES SUR LE "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

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ICARE N°44

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15 juin 2009

DISSOLUTION DU GROUPE TUNISIE

LE 01/08/1955: DISSOLUTION

DU GROUPE TUNISIE

Commandement des Forces Aériennes Françaises

en Extrême-Orient.

Ordre du jour N°11

A la date du 1er août 1955, le Groupe de bombardement 1/25 "TUNISIE" est dissous.

Héritier des traditions de l'escadrille B.101 qui termina la guerre de 1914-1918 avec deux citations à l'ordre de l'Armée, le Groupe 1/25, successivement équipé de BLOCH 200, LEO 45, HALIFAX, et B.26 INVADER, a été engagé dans toutes les campagnes depuis 1940:

-Italie en 1940

-Syrie en 1940

-Tunisie en 1943

-Allemagne en 1944-45, dans le cadre du BOMBER COMMAND

-Indochine de 1952 à 1954.

Au 8 mai 1945, le G.B. 1/25 "TUNISIE" avait effectué 6 160 heures de vols en opérations, largué 4 500 tonnes de bombes et perdu 31 officiers, 49 sous-officiers et 8 soldats.

A la fin de la campagne d'Indochine, le Groupe totalisait 5 355 missions de guerre n° 2 en 11 000 heures de vol.

Son ardeur et ses résultats au combat lui ont valu sept citations à l'ordre de l'Armée aérienne dont trois en 1940-45 et quatre en Extrême-Orient.

Les textes de ces citations portent témoignage de la qualité et de l'héroîsme des équipages, de la valeur et de l'esprit de devoir du personnel spécialité, du dynamisme et des hautes qualités morales des chefs qui, successivement ont composé et commandé cette magnifique unité.

"Le drapeau de la 25e escadre et les fanions du Groupe 1/25, symboles d'une part, de la gloire de l'Armée de l'Air, et des vertus de ceux qui les ont acquises, vont être déposés au service historique.

"Le voeu le plus cher du Commandant, des équipages et du personnel du Groupe 1/25 dissous aujourd'hui, est de voir léguer ses traditions à l'une des unités modernes de bombardement léger qui doivent prendre place, dans un proche avenir, au sein de l'Armée de l'Air.

"J'associe les Forces Aériennes d'Extrême-Orient à ce voeu, je salue les glorieux emblèmes du Groupe 1/25, je m'incline devant ses morts et, au nom de l'Armée de l'Air, je rends hommage au personnel qui a su en toutes circonstances, remplir parfaitement sa mission".

Le Général de division aérienne H. ARCHAIMBAULT

Commandant les Forces Aériennes Françaises en Extrême-Orient

signé: ARCHAIMBAULT.

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CAMBERLEY 1940/1945 "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

 

CAMBERLEY 1940/1945

"OLD DEAN CAMP

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Camp d'accueil et de transit de la France Libre situé dans le Comté de Surrey à l'Ouest de la grande banlieue de Londres, Old Dean Camp était proche de l'école britannique de Sand-hurst, le Saint-Cyr anglais.

Commencée le 30 octobre 1940, la construction du camp fut très difficile, rien n'existait. Il fallu creuser des routes, tracer des chemins, amener de l'eau, l'électricité, tout cela en période hivernale avec de la pluie et de la neige. Alors grâce aux efforts de tous, le camp est devenu une réalité avec ses huttes de tôles ondulées de type "Nissen".

Il fut occupé par l'Armée de terre par un détachement de la Marine et par des aviateurs.

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CAMBERLEY 1942, le Commandant CHARLES en tête du défilé. Derrière le porte-drapeau, Sous-Lieutenant Le BIVIC tué à l'entraînement. A sa gauche, le Caporal-Chef BON (nom de guerre de Barthélémy BORELLY). Derrière Marcel Le BIVIC, SAYAG. Parmi les Sous-Lieutenants PINOT et DUCORPS. Cérémonie au cours de laquelle, en présence du Général VALIN, les fanions des unités F.A.F.L. sont remis à quatre groupes.

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(source: ICARE N°176)

12 mai 1942.

Sur cette photographie on reconnaît le Général VALIN, puis Raymond DUGOT, Alexandre GINS, Louis M. DELANCHY, Louis DUCORPS.

Le 4ième aviateur est Louis Michael DELANCHY, affecté au 107 Sqn R.A.F. de Massingham, disparu en mission le 6 septembre 1942 lors du bombardement de l'usine Philips d'Eindhoven. (C'est le 2ème en partant de la droite à coté de Louis DUCORPS. Ils tient le fanion du Mulhouse et Louis DUCORPS le Strasbourg.

(source: Jean-Pierre FITAMEN)

http://www.francaislibres.fr/

La compagnie d'instruction de l'aviation était commandée par le Capitaine OTTENSOOSER, appelé Commandant CHARLES, vieux combattant de la guerre 1914/1918 Evadé de France le 17 juin 1940 pour continuer la lutte contre les Allemands.

Dés l'appel du Général de GAULLE du 18 juin, le Commandant CHARLES s'engageait dans la France Libre, puis au début de 1941 créait le Centre d'Instruction de l'Aviation à Camberley.

Dans les huttes du camp nous étions répartis en brigades d'environ une quinzaine d'hommes, la majorité d'entre nous étaient évadés de France par l'ESPAGNE, d'autres arrivaient en Angleterre en avion ou en bateau dérobés à l'ennemi.

Ils venaient de toutes les régions de la métropole, de l'Empire, de l'Etranger, certains d'entre eux s'étant évadés de camps allemands. C'étaient de jeunes Français, patriotes, de culture, de confession et de professions bien différentes, tous d'accord pour servir la France Libre sous les ordres du Général de GAULLE.

Une seule  pensée au plus tard haut paroxysme les animait: " Aller vite au combat et libérer la France"

Au camp un séjour d'une durée moyenne de dix semaines était consacré à l'instruction militaire, aux visites médicales et surtout au cours élémentaire de langue anglaise. Certains candidats reconnus inaptes à la suite de tests étaient renvoyés vers les autres armes: Armée de terre, parachutistes, ou Marine.

De 1940 à 1945, 16 brigades partiront dans les écoles de la Royale Air Force pour former des pilotes, des navigateurs, des radios mitrailleurs ou des mécaniciens.

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Octobre 1941: 3e brigade en instruction dans la Royal Air Force.

N° 3 B Flight N°1 Squadron 10 ITW à SCARBOROUGH.

de gauche à droite

TUMMERS,BOURDIN,ROSA,LEPROU.

LEGOFF,POIRIER,DEGAIL, Henri MOUREAUX,CHALLIER,CHAPMAN.

KRASKER,ALLIGNOL,HOMOLLE,GRONIER, X, X, DUBOURGEL,GROUX.

La première de ces brigades quitta CAMBERLEY au mois d'avril 1941 pour rejoindre l'ITW (initial training wing) de SCARBOROUGH. C'etait le dur et long entraînement de la R.A.F. qui commençait en Angleterre ou au CANADA. Alors, instruits, entraînés et transformés en combattants, ils furent affectés aux différentes escadrilles de la France Libre ou parfois détachés dans des unités anglaises.

Au cours de ces années de guerre beaucoup d'anciens de CAMBERLEY se distinguèrent dans les combats de tous les jours, mais hélas très nombreux en sont morts ou disparus bien anonymement soit face à l'ennemi, soit à l'entraînement.

Aujourd'hui qui se souvient de ces quelques noms de ceux ayant appartenus aux première brigades d'OLD DEAN CAMP.

 

1940 Henri Moureaux

Henri René Eugène MOUREAUX.

Henri René Eugène MOUREAUX, né le 09/07/1923 à Nancy (54), Henri sur-nommé "Ricou" traverse la France depuis Nancy en bicyclette en juin 1940 pour retrouver à Pau sa mère, son frère, et la famille de son oncle André PETIT (mobilisé en qualité de médecin-major puis démobilisé).

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Ricou a entendu avec des copains l'appel du 18 juin du Général de Gaulle. Avec eux, il décide de rejoindre les "Français Libres" en Angleterre. Son frère Pierre se joint à eux.

 

leopold II

Léopold II.

 

Le 21 juin 1940, 17 jeunes Français prennent un autobus de Pau vers Bayonne, où ils embarquent à bord du Léopold II, un petit cargo belge de 2900 tonnes. Ils débarquent à Falmouth le 24 juin.

Parmi ces 17 jeunes français, outre les 2 frères MOUREAUX Henri et Pierre, figurent Daniel Cordier (qui deviendra le secrétaire de Jean Moulin - cf. son livre "Alias Caracalla" page 121), Joseph Laborde (qui, avec une compagnie de chars des Forces Françaises Libres, sera de tous les combats, de Dakar à l'Allemagne en passant par la Syrie), Henri LABADIE, Ducos-Balèr (tué en 1944 sur un avion du groupe LORRAINE).

 

1941 Henri Moureaux 1 Canada

Henri MOUREAUX au Canada en 1941.

Passionné de Saint-Exupéry, Henri MOUREAUX s'engage dans les Forces Aériennes de la France Libre ( F.A.F.L.(matricule 30512) le 27 juin 1940, dès son arrivée à Londres, comme candidat élève pilote: il déclare être né en janvier 1923, pour de veillir un peu. Après un court passage à la D.C.A. du Courbet, à Portsmouth, il commence son entraînement à l'école franco-belge d'Odiham puis le poursuit au Canada.

1941 Henri Moureaux 2 Canada

Henri MOUREAUX au Canada en 1941.

 Breveté pilote en août 1942, il rentre en Angleterre pour la dernière phase de son entraînement au sein de l'O.T.U. (Opérational Training Unit) N°57 basée sur l'aérodrome d'Eshott (20 miles au nord de Newcastle à mi-chemin entre les villes de Morpeth et Alnwick). Il a dû suivre le cours N°43 ou 44 de l'O.T.U. 57.

Le 3 février 1943, le sergent Henri MOUREAUX effectue un vol, semble t-il non autorisé, à basse altitude à bord de son Spitfire Mk. Ia R7202 et percute une crête de 407 m d'altitude (Darden Rigg, Hepple Whitefield Estate près de Upper Rothbury, Northumberland).

- Note: le Spitfire Mk. Ia R7202 (moteur Merlin III), produit à l'usine d'Eastleigh, fait son premier vol le 8 mars 1941 (Maintenance Unit N°45). Il est ensuite affecté au squadron N°122, puis transféré à l'O.T.U. N°53 le 12 octobre 1941 à Llandow. Il est endommagé à la suite d'un crash à Wilton Farm (Llandow) le 15 décembre 1941, à la suite d'une panne d'essence. Remis en état (16 mai 1942), il est affecté le 27 juin 1942 à l'O.T.U. N°57 basée à Hawarden puis à Eshott à partir de novembre 1942.

Peu de de temps après le crash cette zone boisée est enveloppé d'un épais brouillard. L'épave dispersée sur une centaine de mètres ne sera retrouvée que le lendemain par un berger. Le 8 février est la date de déclaration du décès.

L'inhumation eut lieu  au cimetière de Chevington (service funéraire probablement à St John's Church) à proximité de l'Eshott airfield. Ses restes furent transférés après la libération dans le caveau de sa famille à Malavillers (54560).

Il est décoré de la Croix de Guerre.

(source: Dominique PETIT)

Sergent/Chef. BILLOT Joseph né le 16 mai 1920 à Jallais (49) engagé volontaire le 14/06/1938, arrivé à Tamatave le 27 mai 1941. Prisonnier du 6 mai 1942 au 8 janvier 1943. Incorporé dans les F.A.F.L. le 18 janvier 1943. Débarqué en Angleterre le 13 avril 1943. Affecté à Camberley, grade Sergent-Chef radio-mécanicien. Blessé accident d'avion le 16 septembre 1943. Démobilisé le 12 février 1947. Grand mutilé de guerre. Médaille militaire, Croix de guerre avec palme.

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(collection: René LAMOUROUX)

Au rang du haut quatrième en partant de la gauche Hector LATRILLE.

Le sergent LEDUC au troisième rang en partant du bas, troisième a partir de la gauche.

Au deuxième rang premier en partant de la droite Jean D'HAINAUT

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(collection: Alan REY)

Sergent: Hector, Mario LATRILLE SOTO, Mitrailleur dans l'équipage CHALLIER.

Né a ANTOFAGASTA au Chili le 9 avril 1910, son père: Luis LATRILLE PARA, (Régidor et Délégué d'ANTOFAGASTA), sa mère: Evira SOTO MORAGA, Bisnieto de DOMINGO LATRILLE, fondateur de la ville de TOCOPILLA.

Réponds à l'appel du GENERAL DE GAULLE.

Enrôlé le 6 janvier 1942, avec le grade de Sergent au Groupe de Bombardement "LORRAINE" F.AF.L. N° 30929.

Effectue 4 missions de guerre en décembre 1943 avec le même équipage,est tué le 30 décembre 1943 à la suite d'une collision au décollage.

Au Chili Hector LATRILLE était aussi volontaire de la quatrième Compagnie des Pompiers de SANTIAGO.

A SANTIAGO DU CHILI, son nom figure sur la plaque rendand hommage

"A CEUX TOMBES POUR LA FRANCE"

DANS LA MAISON DE FRANCE

La maison de France est un club des Français résidents au CHILI.

(source: Alan REY)

 

ALLAIN/ ALLIGNOL/ ALLARD/ AUTRET/ BALCAEN/ BARBOISSIEUX/ BORNE/ BOUDRY/ BOURDIEU/ BOURDIN/ BRAYER/ CANICK/ CANUT/ CARTON/ CHARBON/ 

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Mémorial de l'équipage du Lt Le BIVIC.

(collection: Odile ROZOY-KUNZ)

 

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(collection: Mark BENNER)

 

COHEN Léonce ch45 - Composition Française

-Sujet: Que faisiez-vous dans la vie civile? Pourquoi et comment êtes-vous venus en Angleterre.

" Un mois avant l'armistice, je quittai, pour raison de santé, l'école de Rochefort, où pendant environ 6 mois, j'avais suivi des cours.

Je retournai par conséquent chez-moi à Tanger, et dès lors je repris mon existence d'étudiant qui, à vrai dire était une vie de prince, car favorisé, je n'avais pas besoin de travailler.

Quatre mois s'écoulèrent ainsi mais j'avais toujours un grand chagrin pour la France tellement meurtrie et déshonorée par certains chefs, ensuite, être vaincu sans avoir combattu me tenait à coeur.

Déjà l'idée d'aller rejoindre les forces françaises libres soit en Angleterre soit en Afrique me pénétrait de plus en plus mais j'attendais encore, espérant que d'un moment à l'autre l'Afrique du Nord cessât de supporter cette lourds humiliation qui pesait sur la grande et noble nation française. Ce fut en vain et ma décision se fit jour.

Sans perdre de temps je me rendais au Consulat britannique où je fis ma demande d'enrôlement.

Trois mois et demi après je reçus un télégramme qui m'annonçait mon admission. Vous ne pouvez point vous imaginer combien ma joie fut grande.

Ainsi je m'embarquais à Tanger pour l'Angleterre via Gibraltar où pendant le séjour d'un mois je fus l'objet de maintes et strictes interrogatoires.

Arrivé enfin en Angleterre, je fus à nouveau harcelé de questions de la part des Anglais et peu après incorporé dans l'aviation française libre.

Me voici maintenant un soldat français libre et fier de pouvoir faire don de ma vie pour la libération de notre France chérie, réduite à un si déplorable état d'esclavage."

Vive le noble général de Gaulle !

Vive la France !

Vive l'Angleterre !

Léonce COHEN.

(Source: Monsieur Frédéric BRUYELLE)

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S/Lt Robert COLCANAP. S'échappant de Bretagne, il avait joint les Forces Françaises Libres le 19 Juin 1940. le benjamin du "LORRAINE" s'engagea à 17 ans et mourut à 21 ans, le 11 novembre 1943 en service aérien commandé, après avoir effectué brillamment de nombreuses missions de bombardement comme observateur au Groupe Lorraine.

Composition Française.

Sujet: Que faisiez-vous dans la vie civile? Pourquoi et comment êtes-vous venu en Angleterre?

"Avant cette date fatale du 18 Juin 1940, qui marqua un tournant assez important dans le cours jusqu'alors paisible de ma courte vie, je me trouvais dans la situation du petit garçon bien sage qui, ayant sans trop se fatiguer, obtenu la première partie de son bachot, se repose de toutes ses fatigues passées et à venir , dans une classe idéale, qui n'a sa pareille dans aucun pays étranger: la classe de philosophie, classe spécifiquement française...

Nous avions tout juste une dissertation philosophique par semaine, dissertation à laquelle je travaillais un peu tous les jours, et qui était plus ou moins bien notée selon le travail effectué. Bien souvent, il s'est trouvé que la note fût inversement proportionnelle au travail fourni, ce qui ne m'encouragea guère dans la voie du travail...

Comment peut-on prendre contact avec la vie réelle, si l'on passe ses jours et une partie de ses nuits à s'abrutir sur Tacite sur les Catilinaires, on même sur De Natura Rerum? Mon esprit ne s'est donc trouvé élargi que du jour où je suis entré en cette classe bénite, de philosophie où pour la première fois j'ai vu mes maîtres appliquer l'aphorisme bien, connu de Montaigne: "une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine." C'est dire qu'en ces 6 derniers mois j'ai appris un peu de tout, hormis la Philo...

... M'engager,

Il ne fallait pas y songer. Je n'avais pas l'âge. J'ai donc continué bien sagement à m'imbiber de l'Evolution Créatrice et autres chefs d'oeuvre sans oublier les théories évolutionnistes de Spencer, Lamarck, Darwin, etc. D'autre part, en tant que futur candidat du P.C.B., j'avais installé chez moi un petit laboratoire de Chimie qui m'a aidé à passer bien des après-midis d'hiver. J'étais bien loin de Virgile et de ses bucoliques, d'Aristophane et de ses guêpes. C'était l'essentiel. J'étais heureux, alors que j'aurais dû, me lamenter...

Alors, survint la catastrophe. Vers la fin de la guerre, je devins un lycéen distrait. La guerre était debout dans le lycée. Le canon étouffait à mes oreilles, la voix des maîtres, et la voix mystérieuse des livres ne nous parlait qu'un langage froid et pédantesque, même pour les matheux. Les logs et les cos autrefois étaient des degrés fondamentaux pour monter à l'étoile suprême du bachot (la plus belle étoile des cieux pour des gosses de notre-âge) n'avaient plus aucun sens.

Brusquement, nous nous sommes tous trouvés en face de la réalité. Certes, je ne suis pas tombé de la lune sur la terre. Dieu merci, je ne suis un J. Jacques - comme certains de mes camarades, qui, à moitié abrutis par les programmes surchargés de Math. Elém. se décidaient enfin à lever leur nez de dessus leurs livres, quand il était trop tard.

D'autres, éternels rêveurs -romantiques, mode 1940), ne réalisaient pas que, en ce mardi 18 Juin 1940 (125 ans jour pour jour après Waterloo) ces satanés boches allaient arriver dans leur bonne ville de Brest, qui jamais de mémoire d'homme, n'avait connu la botte allemande.

Que m'est-il donc arrivé au milieu de la panique générale? J'avoue que je n'ai pas trop perdu la tête. Il s'agissait, avant tout de rester calme. Ma décision était prise. Mon père était absent mais il m'aurait certainement approuvé, s'il avait été là (en ce temps là, il commandait un aviso à Bizerte). Je ferais donc tout mon possible pour m'embarquer. A ce moment, il n'était pas question d'envisager le devoir, comme un impératif absolu ou catégorique. J'ignore ce qu'aurait fait Kant à ma place; toujours est-il que personnellement, j'ai surtout mis mon point d'honneur à me soustraire à la botte de ces messieurs, puisque cela m'était possible, et qu'il me restait encore des poings et une tête pour me battre. Je dirai plus: j'ai tenu à réparer ces six mois d'oisiveté pendant lesquels j'aurais été plus utile soit en usine, soit aux champs...

Enfin, ne regrettons rien.

Vigny a dit que l'honneur est un sentiment né avec nous, indépendant des temps et des lieux; un sentiment fier, inflexible, un instinct d'une incomparable beauté, une foi qui est tout de même restée à quelques uns.

Ce qui est curieux, c'est que je n'ai pas eu du tout conscience de cette religion mâle, symbole et sans images, sans dogmes et sans cérémonies, lors de mon départ.

Et pourtant, en m'analysant bien maintenant, je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillé toutes les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci: un Français ne peut pas laisser son allié se battre seul, ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle, que longtemps, j'en ai ignoré la source et la raison véritables. Toujours est-il, que j'ai eu une révélation soudaine de beau, du vrai, du juste.

De là est jaillie une lumière, qui m'a toujours éclairé, depuis 10 mois que je suis en Angleterre et qui toujours depuis m'a empêcher de dévier du droit chemin.

Et je me suis embarqué tout tranquillement: comme je suis né, comme j'ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement.

(Ces lignes sont extraites d'une composition française faite lors d'un examen à Old Dean Camp, Camberlet par Robert COLCANAP)

 

COMMAILLE/ CORNEMENT/ DEBU/ DEGAIL/ Louis DELANCHY/ DESPRES/ John DESERTIAUX/ DUBOURGEL/ Louis DUCORPS/ DRES/ GIRARD/ GOURNAC/ HEBERT/ Roland JACQUINOT/ JOUBERS des OUCHES/ JOUNIAUX/ KAINUKU/ " LATRILLE Hector " /LE BIHAN/ Marcel LE BIVIC/ LECLERC/ LEDUC/ LEGOFF/ LEHMAN/ LEPROU/ LOUBET/ LOURDAUX/ LUX/ MENDES/ MINGAM/ MOREAC/ MOUREAUX/ MICHEL NADER/ OULMAN/ PETIOT/ PINEAU/ POIRIER/ POTTEL/ ROUSSARIE/ SCHEIDHAUER/ SENTE/ SIMON/ THIBAUD/ TORRES/ TOUSSAINT/ TROUILLET/ TUMMERS/ WATEL.

Et bien d'autres encore...?

CITATIONS

Sergent ALLAIN Julien.

ALLAIN Julien, sergent: excellent radio-mitrailleur très doué, très dévoué. De TAHITI, sa terre natale, répondant avec ferveur à l'appel du Général de Gaulle, avait rejoint la Grande-Bretagne pour venir combattre et libérer la mère patrie, après un long entraînement, avait vu ses efforts récompensés lors de son affectation au groupe "LORRAINE", en avril 1943. Ardent au feu, avait participé à trois missions à moyenne altitude et à cinq missions en vol rasant sur les territoires occupés. Le 22 octobre 1943, participait à une nouvelle attaque de bombardiers moyens livrée en vol rasant contre une usine de fabrication d'avions. En passant la côte Hollandaise, son avion fut pris à partie par un tir intense et meurtrier d'armes automatiques de tous calibres. Touché en plein fouet à quelques mètres du sol, un moteur en feu, son avion s'écrasa immédiatement au sol. A trouvé une mort glorieuse devant l'ennemie.

(source: Adjudant COUSTELLIE - B.A. 106 C.A.E.A.)

 

 

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Londres: Défilé des Drapeaux Français Libres.

Le 25 mai 1945 au cours d'une cérémonie franco-anglaise, les couleurs Françaises étaient amenées du grand mât, là se terminait l'histoire du CAMP de CAMBERLEY, qui fut le véritable premier foyer de l'aviation FRANCAISE LIBRE en ANGLETERRE.

ANDRE VOIRIN.

(source: ICARE N°171 LE GROUPE LORRAINE 3e partie)

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CAMBERLEY  1940-1945

Pour la dernière fois, le 25 mai 1945, les couleurs françaises ont été amenées du grand mât de Camberley. Elles flottaient depuis le 30 octobre 1940 au-dessus de ce groupe de français qui savaient qu'une bataille ne suffirait pas à rayer leur pays de la carte de l'Europe. Par détachements complets venus de France ou rapatriés de Narwick,par groupes échappés à travers l'Espagne, individuellement, en barque ou dans un avion qui décollaient au nez de l'ennemi, Français de tous les types, de toutes les régions de la Métropole, de l'Empire, de l'étranger même; de toutes les armes, de tous les grades, de toutes les professions, se retrouvaient finalement dans les huttes de Camberley.

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Les débuts furent très difficiles. Rien n'existait sur ce plateau si riant en été mais si sévère en automne ou en hiver. Le camp fut créé de toutes pièces. Il fallut amener l'eau et la lumière, tracer les chemins, creuser des routes. Et la pluie ou la neige ne facilitaient pas la tâche. Les difficultés de l'installation ajoutaient aux souffrances morales de l'exil, de l'avenir encore si lourd de menaces après un passé si terrible pour la nation. Mais peu à peu, grâce aux efforts de tous, grâce à la compréhension des autorités britanniques, à la gentillesse de la population civile locale, la vie s'organise. L'impatience de ces combattants sans armes est tempérée par la foi en l'organisation militaire anglaise qui doit faire un prodigieux effort pour s'aligner avec la formidable Wehrmacht. Camberley ne demeure pas longtemps un dépôt. Une école de cadres officiers et sous-officiers est créée. En 1941 la Ière formation d'Aspirants en sort. Les volontaires sont équipés entrainés, encadrés et dirigés sur des écoles de perfectionnement ou directement sur tous les théâtres des combats. Les arrivées compensent les départs et peu à peu Camberley absorbe des hommes résolus mais isolés et les aiguille vers l'Armée de terre ou la Royal Air Force qui suivant les possibilités de l'instruction en fera les combattants de la libération et de la victoire.

  Depuis 1941 toutes les recrues de l'Aviation Française Libre d'abord à Camberley que l'Armée de l'Air partagera avec les forces terrestres. Tous ces hommes, aux exploits maintenant légendaires, sont passés, anonymes, par les huttes du premier camp français en Angleterre. Pendant quatre ans ils sont arrivés plein d'espoir, craignant seulement d'être trop tard au rendez-vous qu'ils s'étaient fixé avec l'envahisseur. Puis brusquement entrés dans les rouages de la R.A.F., instruits, entrainés, perfectionnés, transformés en combattants modernes, ils ont vite montré à l'Allemand la réalité des ailes françaises.

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Camberley, creuset de l'aviation française d'Angleterre, a été rendu aux forces britanniques. La cérémonie fut très simple. Devant les autorités franco-britanniques, q'un repas avait réunis au Mess des Officiers, le Colonel Cabrol, Commandant le Camp de Camberley, ordonnait de descendre les couleurs tandis qu'un détachement rendait les honneurs et que la musique du Collège de Sandhurst jouait les hymmes nationaux des deux pays.

Le major Général Curtiss, D.S.O., M.C., le Colonel Bonnett, O.B.E., le Colonel Hutton, D.S.O., M.C., le Major Hooley, le Maire de Camberley, le Capitaine Loman et l'inspecteur Denyer, représentaient les autorités militaires et civiles britanniques.

Le Colonel Renouard, Commandant les Forces Terrestres Françaises en Grande-Bretagne, le Colonel Coustey, Commandant les Forces Aériennes Françaises en Grande-Bretagne, le Colonel de Rancourt, Attaché de l'Air, y représentaient la France.

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°18 1945 - collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

 

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