Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F

Publicité
HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F
Publicité
HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F
HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F

Pour le souvenir des Groupes Lourds Français squadrons 346 et 347 basés a ELVINGTON en Grande-Bretagne 1944/1945 - 2/23 "GUYENNE" 1/25 "TUNISIE"
Voir le profil de DUCAPHIL sur le portail Canalblog

Publicité
Archives
HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.F
Visiteurs
Ce mois ci 1 107
Depuis la création 900 589
Publicité
11 octobre 2009

LES LOURDS "MISSION STUTTGART"

LES LOURDS

Depuis cinq mois les Groupes Lourds Français "GUYENNE"et"TUNISIE" promènent leurs HALIFAX au-dessus des territoires ennemis ou occupés, lâchant en des lieux très variés et sur des objectifs très divers quelques milliers de tonnes de bombes.

De jour ou de nuit, par tous les temps des troupes, des ouvrages fortifiés, des ports, des centres industriels, des terrains d'Aviation ont reçu leur visite.

3.116 tonnes de bombes larguées sur l'ennemi en 3.670 heures de vol, 830 sorties d'opérations, tel était au 15 septembre le bilan de leur activité; 91 avions touchés par la Flak, une liste de 42 tués ou disparus et de 8 blessés, témoignent de l'ardeur de la lutte.

Le récit que l'on va lire ci-dessous est le compte-rendu d'une de ces missions tel qu'il figure au journal de marche de l'un des Groupes, écrit par un Officier pilote des "LOURDS".

STUTTGART

Par le

CAPITAINE BARRAULT

img985

Pilote: Cpt BARRAULT, Navigateur: Lt VALETTE, Bombardier: Lt BERGEON, Radio: Adjt BAFFICO, Mécanicien: Adjt LARONZE, Mitrailleur-supérieur: Sgt/C MONNET, Mitrailleur-arrière: Adjt STEPHANOPOLI.

Dés l'annonce de la mission, nous sommes tout de suite dans l'atmosphère: on nous conseille d'aller dormir car la mission sera longue.

Le briefing nous fixe définitivement: STUTTGART. C'est la première sortie du Groupe sur l'Allemagne. Enfin voilà, la mission tant attendue: c'est pour cela que nous sommes venus ici!

Objectif: le centre de la ville, le quartier des bureaux, des dirigeants de l'industrie locale. Ce n'est pas un objectif militaire? Mais si... nous allons frapper le cerveau du centre industriel et puis après?...Ils se gênent peut-être, les boches, pour bombarder les civils?

img176

(collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN)

Nous décollons de jour. Les six équipages en course: Commandant HOQUETIS, Capitaine BARRAULT, Capitaine DUTREY-LASSUS, de la Ière Escadrille, Capitaine BONNET, Capitaine MILLET, Lieutenant VERHILLE de la 2ème Escadrille, prennent le cap à l'heure dite au-dessus du terrain avec leurs camarades de l'autre Groupe.

Routine habituelle des départs: la montée, les régimes moteurs, le cap, le pilote automatique, cet auxiliaire précieux surtout pour les longues missions. La nuit descend lentement sur toutes ces petites,  mais importantes préoccupations. Nous sommes encore au-dessus du territoire britannique et nous avons le temps de jeter un coup d'oeil aux couleurs violentes du soleil couchant.

... Maintenant il fait tout à fait noir. Nous sommes dans le "STREAM", entourés de feux de navigation de tout côtés...

Bientôt nous atteignons la côte et tous les feux sont éteints. De temps en temps, un camarade nous fait sur le nez un "dog-leg" à nous friser les moustaches, et je peste contre lui parce qu'il m'oblige, pour éviter la collision, à débrancher "Georges" pour faire une "évasive action"  et mon navigateur proteste parce que je ne tiens pas le cap et la vitesse: et c'est toute une affaire pour décider "Georges" à reprendre sagement sa route: Mais me direz vous, le camarade qui vous a obligé à faire cela a dû en faire autant. Pas du tout: lui, a continué comme si de rien n'était; il n'a rien vu; c'est un fou ou un inconscient.

img987

Le calme revient, on n'entend plus que le bombardier qui égrène à intervalles qui semblent réguliers des séries de chiffres qu'on suppose devoir être utiles au navigateur. Pendant ce temps loin à droite, dans la région de CAEN, des éclairs percent la nuit à une cadence rapide: les artilleurs s'expliquent.

Nous laissons tout cela derrière nous, à droite. Nous sommes une fois  de plus au-dessus de la France, mais cette fois, nos bombes ne sont pas pour elle. Elles sont pour les boches, chez eux. Et ils ne l'auront pas volé. Nous nous enfonçons dans une nuit d'encre. Au tableau de bord tout est correct. Nous sommes isolés dans l'obscurité la plus totale au milieu d'un Stream de combien...? six cents autres avions, peut-être.?

img988

Tout à coup l'obscurité cesse: une bombe éclairante vient d'éclater devant nous et descend lentement, très lentement trop lentement. Comme elle éclaire! et où est le chasseur qui va profité de cet éclairage pour nous attaquer? Mitrailleur ouvrez l'oeil! - j'ai l'impression de me trouver subitement tout nu sur une immense scène éclairée par des projecteurs derrière lesquels un ennemi invisible me guette avec un fusil.

Et que puis-je faire? Amorcer une danse grotesque pour éviter le coup fatal dont j'ignore le point de départ? J'attends l'ordre de "crok-screw" la main gauche sur la manette - j'allais dire la main - de "Georges" pour lui enlever les commandes, le corps tendu, prêt au bond libérateur.

img989

La bombe éclairante diminue d'intensité, rougit, s'éteint: Rien? Mitrailleurs, rien? Non rien. Mais veillez bien quand même! Retour au calme. "Georges" est sage. Le mécanicien m'annonce qu'il va changer de réservoir. Bon! c'est comme lorsque on part en pique-nique et qu'on boit une partie de ses bouteilles le long de la route. Mais le casse-croûte est dans la soute à bombes et il est pour les boches.

Enfermé comme un cabinet de photographie, le navigateur me développe le film de la route et me dit avec une assurance d'autant plus tranquille qu'elle ne risque aucun démenti ce que je devrais voir au sol si je pouvais y voir quelque chose. Et ce sont des noms des villes que nous connaissons bien et dont le souvenir provoque en nous une émotion.

img990

Hé! Hé! pas d'attendrissement. Mitrailleurs en garde, encore une bombe éclairante. Mais on n'est déjà plus des bleus. Je me sens moins nu que tout à l'heure, j'attends le "cork-screw" avec moins de tension. Et puis comme tout à l'heure, la bombe meurt avant que rien ne soit passé.

Encore un peu de tranquillité. Les moteurs tournent rond, températures et pressions sont normales, mon mécanicien est satisfait. Les mitrailleurs n'ont pas trop froid et pas trop sommeil. Le navigateur m'assure que nous sommes sur la route  et à l'heure. tout va bien.

Ah! Nous devons approcher! Navigateur! Oui c'est bien cela, nous sommes au-dessus de l'Alsace, donc quoiqu'en pense Monsieur Hitler, au-dessus de la France. Devant nous commencent à s'allumer des projecteurs.

Un pinceau lumineux fouille le ciel, cherchant à écarter les masses compactes de ciel noir dans lesquelles je me dissimule. Ce projecteur, on dirait une épée qui veut percer ma garde pour me porter le coup fatal. Je prépare la feinte de corps qui me permettra d'éviter l'attaque. "Georges" brave serviteur est rentré dans le néant d'où je l'avais sorti il a joué son rôle, modestement il disparaît. J'ai donc les mains libres, et, si l'attaque devient trop précise, il me faudra en une fraction de seconde prendre la décision et l'appliquer, la moindre erreur de jugement, le plus léger retard dans l'application et c'est fini: le projecteur ne me lâchera plus jusqu'à ce qu'un chasseur m'ait descendu. Et c'est long d'évacuer sept hommes d'un avion en feu ou désemparé; et je suis le septième à sortir! et si l'avion explose?...

Lentement le projecteur traverse la route devant moi... Il est immobile: je continue tout droit... il se relève... il passe derrière moi. Il ne m'a pas eu. Je n'y suis pour rien, mais néanmoins, j'ai l'impression d'avoir remporté une victoire; une victoire sur le hasard, une victoire sur le sort.

Et maintenant ils peuvent venir les projecteurs! Je ne les crains plus. Justement il y a un gros paquet devant, illuminant violemment quelques bancs de nuages. Mais non, messieurs les artilleurs, ce n'est pas parce que ma route, actuellement, est dirigée vers vous que je vais y aller! Vous en serez pour vos frais. Vous consommez de l'énergie inutilement... Bien Navigateur, je change de Cap.

img996

De son ton calme et chantant le mécanicien m'annonce qu'il va changer de réservoir. Très bien c'est le moment. C'est le coup de l'étrier, car nous sommes maintenant sur la ligne droite qui mène à l'obstacle. Mitrailleurs, veillez bien. Nous voici au point névralgique.

Le bombardier maintenant a pris l'affaire en mains. Dans le brouhaha de sons qui emplit mes oreilles, je discerne ses requêtes: j'ouvre les trappes, je fais 10 degrés à droite, 2 degrés à gauche.

img997

C'est comme un film futuriste: un magma de musique et de paroles dont la pièce essentielle, la voix du bombardier, est difficile à sortir; une orgie de lumières, projecteurs irradiant la couche de nuages, transparente et discontinue, marqueurs, brûlant au sol, éclairs rouges des explosions de la Flak dont chacun illumine une teinture de flocons noirs, qu'il va nous falloir traverser, silhouettes d'avions qui au dessus, au dessous, sur les côtés, viennent avec nous, perdus à notre vue depuis quatre heures et miraculeusement retrouvés pour déverser à la minute fixée sur la tache rouge et verte qui brûle au sol, un chargement qui doit contribuer à guérir messieurs les Allemands de leur amour immodéré pour la guerre.

Encore 2 à gauche... Voilà, l'obstacle est là. Nous l'abordons d'un galop un peu heurté à cause des explosions toutes proches de la Flak et des remous causés par le passage de tant d'autres bombardiers. Des rênes, des jambes; bien encadré, mon cheval d'armes se maintient quand même en direction. Et soudain, comme un coup d'éperon retentit le "Bombs gone" tandis que notre monture exécute le saut pour lequel nous l'avons amené jusqu'ici; Ce bond libérateur nous dit que le casse-croûte est expédié. Rien n'est resté accroché; les Fritz auront leur compte. "Oh, ça pète drôlement la dessous?" me dit le bombardier.

Ici aussi, ça pète, tout autour. Chaque explosion de la Flak fait comme un éclair de magnésium, Messieurs, je vous en prie si vous voulez ma photo, je vous en enverrai une, mais ne tirez pas comme cela? Photo... Photo... dit le navigateur aux tracasseries duquel je me trouve de nouveau en butte. Gardez le Cap? Ah! il y tient à sa photo, celui-là? Il nous fera tous tuer pour l'avoir. Mais il y a au moins deux minutes qu'elle a été prise, sa photo... non, il paraît qu'il y a seulement 29 secondes que les bombes ont été larguées, et maintenant je suis autorisé à fermer les trappes et à faire un virage jusqu'au nouveau cap.

Nous commençons à sortir de la Flak et des projecteurs. Je vois maintenant l'objectif par le travers. Oui, cela a l'air bien rouge là-bas. Il doit y avoir un peu d'affolement dans Stuttgart? Mais, nous, ce qu'il nous faut, c'est du calme. Mitrailleurs, veillez.

Je commence à pratiquer sur "Georges" une respiration artificielle à base d'air comprimé qui va me permettre de lui passer les commandes. En attendant, je m'applique à tenir le Cap, l'altitude et la vitesse en jouant des manettes et des commandes. Les lueurs des projecteurs et des explosions de la Flak s'estompent. J'ai l'impression de secouer les derniers lambeaux de lumière accrochés à mes plans alors que nous nous enfonçons dans le tunnel étoilé du retour.

"Georges" est de nouveau aux commandes. Je reste néanmoins aux aguets, prêt à reprendre le pilotage en cas de danger. A intervalles irréguliers, mais toujours rapprochés, les bombes éclairantes recommencent à illuminer le ciel. Il parait que nous sommes dans une zone de terrains de chasse de nuit. Qu'est-ce-que cela peut bien faire. Depuis plus de trois heures que nous survolons le territoire occupé ou ennemi, ils ont eu le temps de décoller et de courir après nous à travers le dédale des trois dimensions. La proximité des terrains ne change rien à l'affaire.

Les mitrailleurs ne signalent rien d'anormal... tant mieux... tant mieux... ? Oui... oui... au cas où... par malheur... je serais attaqué - bien que je ne désire pas l'être - j'aimerais voir l'impression que fait sur les chasseurs boches le "corkscrew" maison, tel que je l'administre au chasseur ami qui m'attaque "pour rire" au-dessus de notre base. Mais dans le fond, il vaut mieux ne pas l'essayer... si par hasard cela ne réussissait pas?

Nous survolons d'autres villes et d'autres champs, d'autres bois et d'autres rivières, et tout cela c'est chez nous, c'est la FRANCE, une FRANCE sur laquelle la nuit s'éclaircit et qu'il vaudrait mieux quitter avant le jour. Les bombes éclairantes sont moins brillantes, l'air semble plus fluide.

img005

Nous passons la côte dans deux minutes, me dit le navigateur. A gauche ces lueurs imprécises représentent la lutte qui continue sur terre, la lutte qui n'a pas cessée de la nuit, dans laquelle les gens du sol sont plongés vingt quatre heures sur vingt quatre. Pour nous dans quelques minutes, nous n'aurons plus le risque que d'un "intruder" particulièrement audacieux mais c'est bien improbable. La côte dans une minute. Il y a une clarté à l'horizon: le jour va poindre. A bonne distance, quelques éclatements de Flak, une batterie côtière doit tirer un peu au hasard. Bien peu de chance d'en attraper un. Et cependant...

Le Lieutenant VERHILLE voyait lui-aussi la côte à une minute. Il se voyait déjà sur la mer presque en sécurité quand tout à coup, sans que rien l'ait fait prévoir, un choc brutal ébranle l'avion. Les moteurs faiblissent un courant d'air violent s'engouffre dans le fuselage en même temps qu'une odeur de fumée envahit l'atmosphère: Un obus de la Flak vient de traverser la carlingue au-dessus de la tête du navigateur l'avion pique terriblement.

Le Lieutenant HENRY blessé à la tête, vaguement inconscient, ayant entendu parler de parachutes ouvre la trappe et saute. Tout ceci s'est passé en un éclair. VERHILLE constate que rien d'essentiel n'est abîmé et que le choc a simplement réduit les gaz. Il repousse les manettes, les moteurs  reprennent bien. Tout le monde? Non, il manque HENRY dont le mitrailleur -arrière a vu le parachute s'ouvrir derrière l'avion. Pauvre HENRY il a dû penser que s'il perdait conscience il ne pouvait pas évacuer l'avion ou gênerait ses camarades pour sortir et comme, bombardier, c'est à lui à partir le premier, il a sauté. Assis au bord de la trappe d'évacuation, les jambes déjà tirées par le courant d'air du dehors, il a dû se dire"y a pas y faut" et maintenant il est missing.

Pour les autres retour sans heurt. La lueur rouge que je vois  à droite ressemble à un vaste incendie. Mais non, ce n'est pas STUTTGART qui brûle. C'est trop loin. C'est simplement le soleil qui se lève. La mer scintille, il y a quelques moutons. Nous approchons de la côte anglaise dans la fraîcheur dorée d'un beau matin d'été.

Evidemment, tant que nous sommes en l'air, nous ne sommes pas à l'abri d'une attaque, mais la Luftwaffe sort si peu? Nous voici revenus au-dessus  du territoire britannique et il y a plus de six heures que je n'ai pas bougé de mon siège. Le bombardier prend en mains la Navigation, je passe les commandes au navigateur. Ah! quelle sensation délicieuse de se remettre debout, de marcher, d'allonger les jambes de s'étendre les reins? Je mange une tablette de chocolat, je bois une tasse de thé et je vais voir un peu les membres de l'équipage.

Sur la carte étalée devant lui, le bombardier consciencieusement trace des traits, trouve des vents, calcule des caps. Il me sent près de lui, lève la tête, me sourit et d'un geste du pouce levé vers le ciel m'indique que tout va bien. Le radio inscrit sur son procès-verbal les messages qu'il capte dans sa boîte à malices. Lui aussi, m'adresse un sourire avec le geste du pouce.

img006

Aux commandes le navigateur est heureux, car lui aussi est pilote - était pilote - et il a dû changer de spécialité: on avait besoin de navigateurs. Et là, de cette place qu'il aime de cette place qu'il occupe de nouveau pour une demi heure il m'adresse lui aussi un sourire accompagné d'un clin d'oeil avec le pouce en l'air. Même sourire, même geste du mécanicien, qui me montre son tableau d'instruments de contrôle où les manomètres, thermomètres, indicateurs, se font les témoins de la santé des moteurs. Même sourire, même geste, du mitrailleur-supérieur, que, je vois dans sa tourelle qu'il tourne d'un bord à l'autre pour surveiller le ciel jusqu'à l'atterrissage.

img007

L'accès de la tourelle arrière étant plus difficile, je n'ai pu avoir le sourire de l'autre mitrailleur, mais je l'ai entendu dans le téléphone lorsqu'il m'a répondu O.K. de son ton calme et convaincu. Braves mitrailleurs pendant plus de huit heures sans avoir bougé une seconde du siège de leur tourelle, résistant au froid et au sommeil et à la monotonie d'une fouille incessante dans un ciel désespérément hermétique aux regards les mieux entraînés, ils n'auront pas cessé un instant d'assurer notre sécurité.

Je me sens maintenant tout à fait dispos. Cette détente a chassé la somnolence qui commençait à m'envahir. Ce sourire vraiment amical et confiant de tout l'équipage m'emplit de bien-être. Nous terminons une mission très longue et parsemée de quelques embûches, et ce sourire me dit: Nous avons mis nos bombes au but, nous ramenons l'avion et l'équipage intacts parce-que nous avons déjoué tous les pièges de l'ennemi et parce-que, peut-être, la chance est avec nous, mais la chance nous l'aidons, parce-que chacun d'entre nous sait que les autres connaissent leur métier et le font bien, parce-que nous avons confiance les uns dans les autres et nous formons un tout solide, une équipe, un "équipage".

La base est proche. Chacun reprend sa place, je me remets aux commandes. L'air frais qui s'engouffre par la glace de coté qui est ouverte m'apporte une sensation de jeunesse et d'ardeur matinale. Dans la campagne, dans les villes, au-dessus de nous tout un monde s'éveille, qui a dormi toute la nuit dans son lit et qui sort maintenant dans l'humidité dorée où ronronnent nos moteurs.

J'entends à la radio les appels de mes camarades qui rentrent à la base. Nous approchons. Bientôt, j'appelle aussi. Je me pose.

Avion arrêté, moteurs coupés, nous descendons.

Le mécanicien qui nous a regardés partir hier soir, est anxieux de savoir comment cela s'est passé. Il s'approche de moi, sa cigarette à la main, "alors, ça va? - et je lui réponds: " Mal? il y a neuf heures que je n'ai pas fumé une cigarette; donnez-moi du feu, s'il vous plais?".

(source: Bulletin des forces Aériennes Française en Grande-Bretagne, N°11 Novembre 1944)

 

 

Publicité
30 septembre 2009

CEREMONIE DU SOUVENIR

 


CEREMONIE DU SOUVENIR

ELVINGTON

6/9 NOVEMBRE 2009

Cérémonie Annuelle du Souvenir à la Stèle des

GROUPES LOURDS

dans le village d'ELVINGTON

puis au

Yorkshire Air Museum Mémorial des

Forces Aériennes Alliées

img757

La tour de contrôle de la base d'Elvington avant sa restauration par le Yorkshireairmuseum.

 

P1010836_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Base d'Elvington restaurée en musée de l'air, tour de contrôle.

P1010838_1_

P1010839_1_

P1010840_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Le standard de la base

P1010843_1_

P1010844_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Salle d'enregistrement de sorties et de rentrées des avions.

P1010845_1_

P1010846_1_

P1010848_1_

 

Mme HIBLOT, Mme Yvonne FINALE, Mme Nicole ALLAIN, Mr Michel ALLAIN, Mme et Mr BEAUVOIS, Mme ALIX.

(collection Yvonne FINALE)

P1010849_1_

P1010855_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Le vendredi 13 bombardement de nuit en jaune, de jour en jaune.

P1010858_1_

P1010860_1_

(collection:Yvonne FINALE)

Mur " mémoire" des familles.

P1010870_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Reconstitution du mess des officiers.

P1010871_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Reconstitution d'une tourelle de mitrailleur-arrière.

P1010873_1_

(collection: Yvonne FINALE)

intérieur du HALIFAX Vendredi 13.

P1010874_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Poste de pilotage.

P1010875_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Poste du bombardier.

P1010876_1_

P1010877_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Poste du mitrailleur-arrière.

img016

Antoine CHURET impressionné dans la tourelle arrière du HALIFAX du Musée d'Elvington.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010878_1_

P1010883_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Madame HIBLOT, Madame ALIX, Paul BOGAERT, Mr BEAUVOIS , Eric HUMPHREY, Jean-Paul HIBLOT.

P1010884_2_

(collection: Yvonne FINALE)

Surprise pour se rendre a "Mansion House"

P1010887_1_

(Collection: Yvonne FINALE)

" Avec les chauffeurs "

P1010886_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Mme Yvonne FINALE, Mme Paulette ALIX.

P1010889_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Petite fille de Mr André HAUTOT, Mr Ian REED Directeur du Yorkshireairmuseum.

P1010834_2_

MANSION HOUSE

 

P1010892_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Arrivée au "Mansion House"

img027

Les "Citroen" qui nous ont véhiculés entre York et Elvington pendant deux jours.

(collection: Jean-Paul CHURET)

img024

La citroên leader du cortège que nous ont offert les Anglais durant deux jours.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010894_2_

(collection: Yvonne FINALE)

Derek REED,(Vice Président d'YAM) Right Honourable Lord Mayor d'York, (Councillor john Galvin) et Mr Paul BOGAERT, (Vice Président du YAM).

P1010896_1_

Ian REED, André HAUTOT,Paul BOGAERT, Right Honourable Lord Mayor of YORK, Jean-Paul HIBLOT, Derek REED, Mr BEAUVOIS.

(collection: Yvonne FINALE)

img023

Yan REED Directeur du Musée d'Elvington www.yorkshireairmuseum.co.uk

André HAUTOT, Paul BOGAERT, le Lord Maire de York.

P1010900_1_

(collection: Yvonne FINALE)

P1010903_1_

Consort de Sheriff d'YORK, Sheriff d'YORK, Right Honourable Lord Mayor of YORK, Lady Mayoress of YORK.

Anglais et Français réunis "dans la mémoire" en temps de paix.

(collection: Yvonne FINALE)

P1010906_1_

Cathy Humphrey, Yvonne - Ian Richardson (YAM presse officier)

Avec nos amis Anglais.

(collection: Yvonne FINALE)

P1010907_1_

(collection: Yvonne FINALE)

André HAUTOT, le plus jeune engagé volontaire des Groupes Lourds, Ian REED Directeur du musée d'Elvington.

P1010910_2_

(collection: Yvonne FINALE)

Mémorial des Groupes Lourds d'Elvington.

P1010911_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Avant la cérémonie, André HAUTOT, ?? ?? Paul BOGAERT.

P1010912_1_

(collection: Yvonne FINALE)

P1010914_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Arrivée de la fanfare.

P1010915_1_

(collection: Yvonne FINALE)

P1010916_1_

(collection: Yvonne FINALE)

img017

Les enfants d'Elvington honorent nos Anciens.

(collection: Jean-Paul CHURET)

img018

Les filles d'Elvington entouraient le drapeau français devant le monument d'Elvington.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010917_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Discours de Mr Paul BOGAERT, Président de AAA des Groupes Lourds.

http://paulbogaert.wordpress.com/about/

P1010918_2_

img013

Les représentants de la R.A.F. et le représentant de l'Aviation Française en Angleterre saluent la Marseillaise.

(collection: Jean-Paul CHURET)

img022

André HAUTOT, Yan REED, Paul BOGAERT, Antoine CHURET.

(collection: Jean-Paul CHURET)

img015

La délégation française: André HAUTOT, Antoine CHURET, Paul BOGAERT, durant la cérémonie au monument au mort.

(collection: Jean-Paul CHURET)

img014

Paul BOGAERT, Antoine CHURET, André HAUTOT, déposent une geerbe au monument d'Elvington.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010921_1_

Paul BOGAERT, Petit-fils de Jean-Paul CHURET, André HAUTOT.

img009

La 2ième génération, (J-P CHURET), la 4ième génération, (Antoine CHURET, 12ans), du Commandant CHURET Chef des moyens techniques de la base d'Elvington.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010922_1_

P1010923_1_

P1010924_1_

P1010925_1_

img028

Le Mémorial d'Elvington toujours entretenu avec soins par nos amis Anglais.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010928_1_

(collection: Yvonne FINALE)

img020

Les représentants des divers corps dans le "jardin du souvenir"

(collection: Jean-Paul CHURET)

img021

André HAUTOT, mitrailleur-supérieur dans l'équipage du S/Lt MATHURIN, dépose une gerbe au "jardin du souvenir". André HAUTOT et Raphael MASSON était les deux plus jeunes engagés volontaires au groupes lourds.

(collection: Jean-Paul CHURET)

P1010929_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Cérémonie au mémorial de la base d'Elvington.

P1010930_1_

P1010933_1_

(collection: Yvonne FINALE)

Jean-Paul HIBLOT.

 

P1010833_2_

P1010828_1_

Monk Bar à York.

P1010832_1_

York Minster.

P1010827_1_

(collection: Yvonne FINALE)

L'horloge astronomique de la cathédrale d'York et le registre des morts du Group 4.

L'horloge astronomique, sise dans le transept nord de la cathédrale d'York (1955), commémore les sacrifices des aviateurs de la Royal Air Force, du Commonwealth et des alliés qui opérèrent à partir des bases du Yorkshire, Durham et Northumberland durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le livre souvenir et de l'honneur renferme les noms des 18 000 officiers, sous-officiers et aviateurs. Ils ont servi dans le bombardement, la chasse et la surveillance côtière. La plupart d'entre eux appartiennent à la Royal Air Force elle-même, mais 3 537 noms appartenaient à la Royal Canadian Air Force dont le nombre était suffisamment important pour constituer un groupe autonome, le célèbre "Group 6".

Dans cette liste, figurent les noms des Australiens, Africains du Sud, Néo-Zélandais. Le livre commémore aussi le sacrifice de nos alliés du continent, Belges, Hollandais, Français, Norvégiens, Tchécoslovaques et Polonais, stationnés dans cette région et qui sont tombés au cours de la guerre. Une fois par trimestre, une page est tournée, lors d'une cérémonie.

Le livre d'honneur est la pièce majeure du monument. L'horloge astronomique rappelle la précision avec laquelle les aviateurs trouvaient leur chemin dans le ciel. Au moment de la construction des cathédrales du moyen-âge, de telles horloges existaient dans toutes les cathédrales. Hélas ! il n'en existe plus actuellement que très peu.

Le texte de l'inscription au-dessus du livre d'or parle de lui-même.

"Ils sont partis sans peur à travers les airs et l'espace,

Les étoiles du firmament rappellent leurs éclatants exploits".

(source: NUITS DE FEU SUR L'ALLEMAGNE Squadrons 346 et 347.)

Auteur: Louis BOURGAIN.

 

 

 

24 septembre 2009

UN DE NOS AVIONS N'EST PAS RENTRE "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

UN DE NOS AVIONS

N'EST PAS RENTRE

Histoire vécue par

l'Adjudant F. DUMONT.

AOÛT 1944. 11.25 départ (I) en opérations de nuit. Patrouille et attaque de troupe au sol, région de FALAISE.

Notre équipage se compose comme suit:

img909

1943 De gauche a droite:

François DUMONT, Pierre PIERRE, Hubert CORNEMENT, Louis RICARDOU.

Même équipage lors du crash du 4 août 1944, mais autre Boston.

 

img905 

Pilote: Sgt PIERRE.

Observateur: Sgt/C CORNEMENT.

Mitrailleur: Sgt/C RICARDOU. (grand blessé, amputé d'une jambe en 1941)

Radio-Mitrailleur: Adjt DUMONT.

OI.OO approx. Sommes touchés par la D.C.A. les moteurs stoppent. Altitude 400 pieds, nuit noire comme de l'encre. Impossible de sauter en parachute. Le pilote, Sergent. PIERRE ne perd pas son sang-froid, lâche les bombes sur "Safe" et crash. Je suis éjecté à 50m environ avec mon siège, parachute, casque etc... mais perd mes chaussures et mes gants. L'avion prend feu en s'écrasant.

Projeté en l'air, toujours attaché à mon siège, je tombe sur la tête, et m'ouvre le crâne au dessus des yeux. Le sang coule énormément, mon masque à oxygène est gluant. Je me débarrasse de mon siège, de mon casque et de mon "Irving" jacket, pensant à l'avion qui brûle et surtout aux bombes qui ne doivent pas être très loin de ce dernier.

J'essaie de me lever pour m'éloigner de l'incendie, en cas d'explosion mais ne puis me lever; les reins me font terriblement mal, je réussis néanmoins à me traîner à environ 200 ou 300m. mais à bout, reste là, mets mon "Irwing" jacket sur moi et essaie de dormir.

Quelques instants après un avion se fait entendre, je reconnais un Mosquito. Nous avons crashé malheureusement prés de l'objectif. Il passe et largue 2 fusées éclairantes à 500m. environ de l'endroit du crash.

img910

L'appareil du Sergent Pierre PIERRE après le crash dans la nuit du 4 août.

François DUMONT et Madame L'HERBIER-MONTAGNON.

(source: ICARE N° 176)

Revenant de nouveau il larguent ses bombes tout prés, mais je suis trop mal en point pour changer de place. Le Mosquito revient à nouveau et mitraille, je suis touché à l'oeil droit par un ricochet. Saignant de nouveau je n'y vois rien, et crois avoir l'oeil crevé. Epuisé, je m'endors réveillé ensuite par des cris "A moi, au secours" provenant de l'endroit que j'ai quitté quelques instants auparavant. Ce doit être quelqu'un de l'équipage.

J'essaie de répondre, mais ne puis parler, les reins me font toujours très mal, je réponds en utilisant mon sifflet... Il commence à faire jour à présent, me levant j'essaie de retourner à l'emplacement de l'accident mais ne puis marcher très vite, je n'ai rien aux pieds, et le bois est plein de ronces. Je fais 10 à 15 pas mais suis obligé de m'arrêter pendant 1 demi-heure, car je suis très faible.

Voulant pourtant savoir de qui proviennent les cris entendus, je continue par petites étapes, jusqu'à ce que j'arrive prés de l'endroit d'où les appels partent, je reconnais la voix de mon observateur, le sergent CORNEMENT je lui demande ce qu'il a, et ce que je peux faire pour lui. Il reconnaît ma voix, me demande de le laisser et de chercher du secours car il est très blessé et brûlé.

"J'ai les 2 jambes, et une épaule de cassées et je suis très brûlé. Je vais mourir", sont ses paroles.

"Va vite me chercher du secours, n'importe quoi, je m'en f... mais fais vite!!"

Etant dans l'impossibilité d'aller jusqu'à lui à cause des ronces, et aussi du temps qu'il me fallait pour marcher, je lui dis, que je vais faire mon possible, mais que cela prendra assez longtemps car je ne peux marcher que très difficilement, moi-même. Je l'ai quitté là dessus et suis revenu prés de l'avion qui brûlait encore, pour essayer de trouver les traces de mes deux autres camarades, mais sans succès.

Prenant mon parachute et mon casque je les mets dans le feu pour les détruire. Je retrouve une de mes chaussures que je m'empresse d'utiliser et je mets un sac d'étuis à cartouches à l'autre pied, pour me faciliter la marche à travers les buissons.

Nos bombes se trouvaient à 2 ou 3 m. des débris de l'avion. Je reprends ma route "au compas" pour sortir du bois en direction de la route où passaient tous les camions et autres véhicules allemands. Il est environ 9.heures 30 du matin.

Après avoir marché quelques minutes plein nord, je trouve un sentier qui a l'air de se diriger dans la bonne direction. Je décide donc de le suivre, jusqu'à nouvel ordre; au bout de quelques instants, je trouve une boite que je connaissais bien. Je comprends qu'un de mes compagnons d'équipage est passé par là. Je continue ma route jusqu'à la sortie du bois, où j'aperçois plusieurs lignes électriques ou téléphoniques Allemandes; je les reconnais en ayant vu souvent en Lybie. J'en coupe quelque morceaux... Je suis toujours en battle-dress, mon "Irving" jacket sous le bras.

Apercevant une ferme à la sortie du bois, je décide de m'y rendre, j'avais très soif et étais très fatigué. Je suis arrivé à cette ferme à environ 22.30 heures et la première personne que je rencontre est un officier allemand, qui devant moi, me disant "bonsoir" en assez bon français.

Il est trop tard pour faire demi-tour, je lui réponds donc "bonsoir" mais n'insiste pas à le regarder, car la figure toujours pleine de sang, et n'ayant qu'une chaussure, je présentais un peu trop mal. Heureusement, l'officier Allemand rentre dans la ferme, j'en profite pour m'éloigner au plus tôt de cet endroit malsain, et vais me coucher dans un champ d'orge où je suis resté pendant cinq jours. Je faisais de petites promenades de 10 minutes 2 ou 3 fois par jour, pour me rendre compte de mon état.

Lorsque j'ai pu me laver le visage, je me suis aperçu que je n'avais pas grand chose, une petite ouverture au front de 2 cm. de longueur environ, et une égratignure partant du nez jusqu'au coin de l'oeil droit. A part un petit éclat d'obus dans le genou gauche et un autre un peu plus gros dans les reins, c'est à peu prés tout ce que j'avais j'avais récolté. Il me restait évidemment le choc du crash que j'avais pris dans le dos, et quelques coupures aux jambes et dans le dos faites par le perspex. Ce n'est pas grand chose, et cela aurait pu se terminer beaucoup plus mal. Au bout des cinq premiers jours, je peux marcher à peu prés normalement, je décide de me rapprocher de la ligne du front.

img914

Les élèves du cours de pilote 81 de la R.A.F. Debout à partir du haut le sergent Pierre PIERRE à l'extrême-droite assis l'Aspirant MINOST également du Groupe "LORRAINE"

(source: ICARE N°176)

Je laisse ma veste de battle-dress et mon "Irving" jacket sur place et me mets en route, ne gardant sur moi que mon argent, ma carte et mon compas. Je détruis ou laisse tout le reste, sur place; du 10 au 17 je voyage sur les routes côtoyant les Allemands; je vois leurs véhicules disparaître dans les fossés, ou brûler sur le bord des routes après les attaques à la bombe ou aux rockets faites par l'Aviation.

C'est un spectacle très encourageant malgré la gravité de la situation. Quelle différence entre les paisibles convois militaires de Grande-Bretagne et ces quelques voitures isolées Allemandes qui se risquent sur les routes pendant le jour et disparaissent en fumée ou en flammes au bout de quelques kilomètres à la suite des attaques aériennes incessantes.

Tous les véhicules ennemis transportent une tonne de branchage comme camouflage, et sur chacun d'eux, un ou plusieurs soldats sont assis sur le capot avant, leur entière occupation étant de scruter le ciel dans l'espoir de découvrir l'avion ennemi qui va les attaquer, assez tôt pour avoir le temps de stopper et d'évacuer l'auto, chance bien minime.

Tous les moyens sont bons pour éviter ces attaques. J'ai vu des drapeaux blancs sur les tanks, des croix rouges sur les colonne de plus de 500 voitures y compris, les camions "transport de troupes", les citernes à essence, etc..

Les Allemands réquisitionnent tous les gens, hommes ou femmes, pour faire leurs travaux, ils font faire la corvée d'épluchage de pommes de terre par les femmes, et font enterrer leurs morts par les hommes...

img915

Louis RICARDOU

(source: ICARE N°176)

Enfin, je réussis à passer les lignes, mais ceci est une autre aventure...

J'ai la joie plus tard de retrouver mon pilote le Sergent PIERRE Pierre malheureusement mes deux autres camarades ne rentrèrent pas.

(source: Bulletin des Forces Aériennes Françaises en Grande-Bretagne

N°13 Janvier 1945 - collection: Nicole ROUSSEAU-PAYEN)

Extrait du journal de marche du Lorraine.

 Mission du 4 août 1944.

Objectif: Cocentration de chars dans la forêt de Goulet.

Le lieutenant-colonel Gorri (sous-lieutenant Hennecart, navigateur) conduit les "boites" de Boston, deux du 342, deux du 88, une "boite" mixte. L'objectif est aisément identifié, et la mise en direction s'achève à peine qu'une Flak intense et précise se met à tirer, malmenant les trente Boston qui se mettent à valser. Flak à droite, Flak à gauche... Plusieurs avions sont touchés mais restent en formation.

La nuit suivante, pas de chômage, tout le matériel disponible est prêt pour voler. Le général Valin arrive et fait un vol d'essai avec Emile Allegret (Trois-pièces) afin de s'habituer au poste de Bottom Gunner, car il tient à participer à la mission de cette nuit. Ce sera un vol de harcèlement par missions individuelles sur la région située au sud du front de Normandie et comprise entre falaise - Condé-sur-Noireau - Flers - Argentan. L'entrée en territoire ennemi aura lieu par le cap d'Antifer puis la première boucle de la Seine au sud du Havre.

Le premier Boston qui rentre est celui du colonel Gorri, il a essuyé un feu très dense de Flak légère et a été pris longtemps dans les projecteurs alors qu'il bombardait un convoi. Ensuite, le sous-lieutenant Navarre (Bertrand du Pouget) très tiré lui aussi a pu s'échapper d'un cône de projecteurs et d'obus traçants qui le poursuivirent longtemps et ceci sans horizon artificiel. Puis, d'autres avions rentrent à leur tour ayant tous été très tirés. On attend les derniers, les mécaniciens sont sur la piste et comptent les minutes.

 

img021

 

Cinq avions ne rentrent pas à la limite de leur possibilité de vol. Un coup de fil nous apprend qu'un Boston s'est posé à B5 ( terrain anglais près de Bayeux) avec des ennuis mécanique. Il s'agit de l'équipage Jaffré et Cocogne. Il en manque encore quatre, le temps passe et aucune nouvelle ne nous parvient.

Il faut alors se rendre à l'évidence, quatre équipages sont manquants:

- Sous-lieutenant Dubois, lieutenant Feletoux, sergent Pierron, adejudant-chef Romanetti;

- Sergent-chef Pierre, sergent-chef Cornement, adjudant Dumont, sergent-chef Ricardou;

- Sergent-chef Bonneville, aspirant Barrier, sergent Depui, sergent-chef Jean;

-Sergent-chef Houriez, sous-lieutenant Sonnet, sergent Kainuku, sergent-chef Ladagnous.

Autres équipages ayant fait la mission: Garot, Bellin, Fortin Houvard, Gorri, Paoli, Sauberlé, Citroën,Navarre (Bertrand du Pouget).

L'équipage Houriez s'est écrasé au Mesnil-Hubert, près de Pont d'Ouilly (aucun survivant). L'équipage Bonneville à Saint-Denis-de-Méré près de Condé-sur-Noireau (un survivant, le lieutenant Feletoux, prisonnier). Ces trois Boston sont groupés dans un rayon de huit kilomètres, quand à l'équipage Pierre, leur Boston s'est crashé plus à l'est à sept kilomètres de Falaise. Deux survivant: Pierre et Dumont.

Seul, l'équipage Houriez est reté dans le petit cimetière de Mesnil-Hubert, leur présence dans le cimetière est connue grâce à une plaque à l'entrée indiquant "tombes de guerre du Commonwealt" précisant la présence de deux tombes anglaises, probablement un équipage de Mosquito: A. Lister, RAF Nav. 21 ans; G.M. Miller, RAF 21 ans, 8 août 1944. L'équipage Houriez repose à côté d'eux depuis 44, et pour toujours.

Quand le Boston a été touché une première fois, Pierre demanda à Cornement de larguer les bombes, l'avion était bas, il n'était plus possible de monter pour permettre aux hommes de sauter. Le Boston fut touché une deuxième fois, puis une troisième, il perdait irrémédiablement de l'altitude et Pierre demanda à tous de prendre la position de crash. François Dumont dans le nez du Boston vit arriver la colline boisée, le Boston fit une prise de terrain, bien à plat mais à 500 km/h.

Quand Dumont se réveilla, il était à quelques dizaines de mètres devant l'épave du Boston, il était toujours attaché à son siège, ses mitrailleuses devant lui, il était sonné, mais après un examen rapide, rien de cassé; il s'évanouit, se réveilla plus tard, derrière lui, il pouvait voir l'épave du Boston qui brûlait. Il ne vit, ni n'entendit personne, il décida de quitter son siège, endolori de partout. Du bout de ses doigts, il sentit qu'il saignait dans le cou, il réussit à se traîner quelques mètres. Un Mosquito, sans doute attiré par le feu et la fumée vient faire quelques passes au canon et à la mitrailleuse, Dumont fut touché, un éclat d'obus vint se loger au-dessus de son oeil droit. Blessure légère, un peu plus de sang sur son blouson.

"Ce qui m'a frappé à cet instant, c'est de voir le Mosquito faire ses virages, tranquille, pour venir faire une autre passe et pas de tir de DCA pour le dissuader, j'en étais au point d'espérer cette DCA, juste pour qu'il change de secteur, je pensais au pilote, nous étions ensemble pour le briefing, il y avait quelques heures et maintenant il me tirait dessus."

A cet instant, Dumont entendit une voix appeler au secours, c'était Cornement, il gémissait, Dumont l'entendait mais ne pouvait le voir, Cornement lui dit qu'il était gravement blessé, les jambes brisées, le bras sans doute aussi et il avait été brûlé par l'incendie qui s'était éteint de lui-même. Dumont lui dit qu'il essaierait de trouver du secours, mais dès qu'il voulait faire quelques pas, il tombait, s'évanouissait, se réveillait, Cornement râlait toujours.

 Le matin arrivait, Dumont entendit des Allemands approcher, il se dissimula dans un fourré, des soldats passèrent de chaque côté de lui sans le voir, ils se dirigèrent vers l'épave. Là, Dumont devina se qui se passa. Les Allemands, SS sans doute ( à cette date, dans ce secteur, était la 12ème SS Hitlerjungend) découvrirent Cornement. Ils l'interrogèrent très brutalement, il criait de plus en plus, les SS apparemment voulait lui faire dire combien d'hommes étaient à bord et quelle direction ils avaient prise, cela dura un moment, puis ce fut une rafale de mitraillettes, Hubert Cornement venait de mourir.

 

img022

Perrières, 22 septembre 1945: levée du corp de Hubert Cornement. Le deuxième homme à gauche un chapeau à la main est le père de Hubert Cornement. Au centre tenant la croix, Madame Germaine L'Herbier Montagnon du Service de recherches des disparus de l'Armée de l'Air. C'est à cet endroit que les SS enterrèrent Hubert Cornement.

Quelques mots sur lui: né le 22 avril 1918 à Rambervilliers. En 40, il est dans l'infanterie. Prisonnier, il s'évade le 29 décembre et, après maintes péripéties, arrive à Marseille qu'il quitte le 23 mars 1941 à bord d'une barque de pêche avec quatre camarades, longeant les côtes espagnoles. Ils arrivent à Oran le 27 mars. le 12 mai, il s'embarque comme garçon de salle sur le Transatlantique Winnipeg, qui est arraisonné dans les Antilles par un navire anglais. Il quitte l'équipage et rejoint les Français Libres à Londres. Marié à Londres en 1941, il avait une petite fille.

Les habitants de Perrières, obligés d'évacuer le 10 août, découvrirent à leur retour l'épave de l'avion, près des débris, une tombe portant le nom de "Ricardou RAF 32275", des béquilles brisées étaient posées sur sa tombe, à trente mètres de là, dans le sous-bois, une autre tombe "inconnu RAF", inscriptions écrites en Allemand, la tombe de Cornement. Transférés au cimetière de Perrières le 22 septembre 1945 en présence de François  Dumont et avec les honneurs militaires, Cornement et Ricardou resteront trois ans côte à côte jusqu'en 1948. Le père de Cornement viendra alors chercher son fils pour le ramener dans le caveau familial.

 

071

 

 

072

 

 

073 - Copie

 

Sépulture Hubert Cornement, qui repose au cimetière communal de Rambervillers (Vosges)

(Photos: Jean-Loup FROMMER)

Pour François Dumont, septembre 1945 sera le mois du souvenir. Le 20, identification et enterrement de l'équipage du sergent-chef Houriez au Mesnil-Hubert, de l'équipage du sous-lieutenant Dubois le 21 à la Villette, et le 22 à Perrières, enterrement de son observateur et de son mitrailleur-arrière. François dira de ces trois jours-là qu'ils furent les plus pénibles de sa vie.

Michel RAINFROY.

( Source: ICARE N°176 Les Forces Aériennes Françaises Libres tome 11: 1940/1945 le Groupe "Lorraine" et le G.R.B.1.)

23 septembre 2009

LA NUIT DU 4 AOUT 1944 "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

LA NUIT DU

4 AOUT 1944

SOUVENIR DU "LORRAINE"

img896

BOSTON III en route vers l'objectif.

(source: ICARE N°176)

Il y a un plus d'un an, au début d'août, les tanks Américains ayant forcé les lignes Allemandes s'enfonçaient vers le coeur de la Bretagne; une colonne avait atteint Rennes, des combats de rue avaient lieu dans cette ville pendant que d'autres unités l'ayant dépassée fonçaient vers le Sud.

En même temps une autre colonne américaine partie de Pontorson et allant vers l'Ouest était déja dans les faubourgs de Dinan.

Le but général de ces avances menaçant les quatre grands ports bretons de Brest, Lorient, St-Nazaire et Nantes, était de fermer la péninsule armoricaine.

On se rend compte de l'importance qu'avaient alors pour les allemands, les routes et les voies ferrées, toutes leurs lignes de communication étant employées au maximum soit à amener des renforts, soit à évacuer les points les plus menacés.

Une des tâches de la 2ème Tactical Air Force, fut donc de harceler ces voies, jour et nuit, et de harasser les troupes engagées, en ne leur laissant aucun repos.

C'est dans ce but que depuis quelques semaines, les "Bostons" du Groupe LORRAINE, changeant leur tactique habituelles de nuit, de harcèlement sur les routes et les voies de chemin de fer situées en arrière des lignes allemandes.

img897

Bombardement en rase-mottes.

(source: ICARE N°176)

Cette soirée, après avoir savouré un bel après-midi d'été dans la campagne du Surrey où nous étions stationnés, nous avions, à tour de rôle, pris le départ, ayant pour mission d'aller patrouiller la région comprise entre Falaise, Condés-Noiraud, Flers, Argentan.

Parmi les treize équipages inscrits ce jour là sur le battle order se trouvait un mitrailleur de marque: le Général VALIN, venu visiter notre groupe avait tenu à participer aux opérations de la nuit en qualité de membre de l'équipage du Lt-Colonel GORRI.

Nous sommes partis peu après, par une belle nuit claire.

img900

Après la mission du 4 août, le Général VALIN descend du poste de mitrailleur d'un Boston, en face de lui, le Lieutenant-Colonel GORRI-FOURQUET.

(source: ICARE N° 176)

Au-dessus de la mer, la vue était merveilleuse, quelques bandes allongées de nuages se silhouettaient contre la lune. En les traversant, en quelques secondes, cette ombre soudaine nous paraissait glacée.

Nous avons abordé la côte au Cap d'Antifer, le ciel limpide nous permettait de voir comme en plein jour.

Puis nous piquâmes ensuite vers la première boucle de la Seine qui, miroitant sous la lune, formait un excellent repère.

Nous volions très bas et les détails de notre route apparaissaient très nettement, les nuages projetés en silhouettes sombres sur la campagne donnaient l'impression d'être de petits bois, compliquant ainsi la tâche du navigateur.

Tout semblait désert, la campagne endormie. Les arbres sous l'avion disparaissaient, à peine entrevus.

C'était du vrai sport, nous suivions les sinuosités du terrain à la hauteur des arbres, évitant ainsi les projecteurs mais, en revanche, cela amenait parfois d'autres émotions et, alors que prés de Falaise la route monte un peu brusquement, nous nous sommes trouvés tout à coup en face de peupliers se dressant devant nous comme de grands fantômes noirs...

Enfin, nous aperçûmes un convoi ennemi et après avoir viré rapidement et être revenus sur la route, l'avons salué de rafales de nos mitrailleuses.(Le mitrailleur-arrière était à son affaire.)

En arrivant sur notre objectif, l'accueil de la "Flak" ennemie nous démontra avec chaleur que nous étions sur la bonne route.

Un vrai feu d'artifice nous fut servi en échange de nos bombes, et virant sur la gauche, nous nous dégageâmes de cet endroit malsain pour retourner à notre point de départ.

Le mitrailleur arrière ajouta à nos 250 lb., une dernière rafale....

Le retour fut un voyage sans histoire , les trous dans la tôle de notre appareil n'y avaient fait que des dégâts insignifiants.

En entrant dans la salle d'interrogation, nous avons été frappés par l'ambiance qui y régnait.

Nos camarades semblaient comme surpris de nous revoir, nous avions en effet un retard de plus d'une heure sur leurs prévisions.

Nous n'étions pas les seuls.

Les heures avaient passé depuis notre départ, les uns après les autres, nos Bostons avaient montré leurs feux au-dessus du terrain.

Le premier à se poser, celui du Lt-Colonel GORRI ayant à bord le Général VALIN, avait essuyé un feu très dense de "Flak" légère, après avoir été pris longtemps dans les projecteurs, alors qu'il bombardait un convoi.

img902

De gauche à droite:

Pierre-Louis-DREYFUS, MARCHAL (TOUSSAINT), Bertrand-du-POUGET (NAVARRE), et Lucien FLAMMAND.

Ensuite, ce fut le S/Lieutenant NAVARRE, son avion très  harcelé également, avait dû s'échapper d'un cône de projecteur et d'obus traçants qui le poursuivirent pendant longtemps.

Successivement d'autres appareils rentrèrent ayant tous été très "tirés".

Il manquait encore 5 Bostons, les heures passaient, chacun calculant la limite des possibilités de vol, voyait une à une s'évanouir les chances de les voir rentrer.

img903

De gauche à droite:

JAFFRE, SEILER, LAVALLEE,et COCOGNE.

(source: ICARE N°176 collection: Madame JAFFRE et la fille de Louis JAFFRE)

Louis JAFFRE, rallié à la France Libre en juin 1940 avant la mission du 4 août 1944 au Groupe "LORRAINE" avait déjà contribué à la lutte contre l'Allemagne nazie. Détaché dans une escadrille britannique du "Coastal Command", il avait pris part à la destruction d'un sous-marin allemand le 9 novembre. Il avait effectué plus de cinquante missions de bombardement sur la France et les pays occupés et, comme le dit Henry COCOGNE, cette guerre n'était ni fraîche, ni joyeuse. Louis JAFFRE nous a quittés en novembre 1999, ICARE s'honore de pouvoir lui rendre un juste hommage, à travers le récit d'Henry COCOGNE.

Louis JAFFRE était décoré de la croix de guerre et de la Médaille Militaire.

Un coup de téléphone vint redonner un peu d'espoir, nous apprenant que par suite d'ennuis mécaniques un des appareils, équipage JAFFRE-COCOGNE s'était posé à B.25 terrain de secours situé en Normandie.

Puis ce fut le silence...

4 équipages manquaient:

S/Lt DUBOIS, Lt FELTOUX, Sgt PIERRON, Adjt Ch ROMANETTI.

Sgt/C BONNEVILLE, Aspt BARRIER, Sgt DEPUI, Sgt/C JEAN.

Sgt/C PIERRE, Sgt/C CORNEMENT, Adjt DUMONT, Sgt/C RICARDOU.

Sgt/C HOURIEZ, S/Lt SONNET, Sgt KAINUKU, Sgt LADAGNOUS.

Les 3 seuls survivants de cette nuit étaient: le Sgt/C PIERRE, et l'Adjudant DUMONT qui ayant "crashé" dans la nuit, réussirent à traverser les lignes, et à rentrer en Angleterre peu de temps après.

Le 3ième était le Lieutenant FELTOUX qui d'un autre appareil réussit à se jeter en parachute à moins de 300 mètres de hauteur.

CAPITAINE X.

(source: Bulletin des forces aériennes françaises en Grande-Bretagne N°19 Août 1945. collection: Jean-Paul DELMAS)

009

001

Nouveau drapeau dressé au monument des 4 Français F.A.F.L. du Groupes Lorraine, l'ancien drapeau ayant rendu les armes après avoir flotté plus d'un an sans discontinuer.

011

 

 

22 septembre 2009

UNE AVIATRICE CHILIENNE (Pour mon ami CHILIEN)

UNE AVIATRICE CHILIENNE

DANS LES F.A.F.L.

img876

En 1941 arrivaient de nombreux jeunes Chiliens de souche Basque qui avaient décidé que leurs origines leurs faisaient un devoir de rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre. Conciliant leur loyauté au Chili avec leur attachement à la France, ils contractaient au Chili et à titre Chilien leur engagement aux F.F.L.

img412

Du nombre de ces jeunes enthousiastes était Mademoiselle DUHALDE.

Lorsqu'elle débarqua en Angleterre en 1941 âgée de 21 ans elle avait à son actif 150 heures de vol sur Moth. Elle avait appris à piloter au Chili à 17 ans, et comptait bien mettre ses aptitudes de pilote au service de la France et des Alliés.

Ayant signé son engagement définitif aux F.A.F.L. à Londres le 27 août 1941, elle demande à être détachée aux écoles de l'Air Transport Auxiliary - Elle passe par tous les stages qu'impose cet entraînement, commence à travailler comme mécanicienne sur les appareils qu'elle aurait plus tard à piloter.

Destinée au Ferry-Command, c'est à dire au convoyage des avions des usines vers les bases, elles dut apprendre à piloter les types les plus variés. Son premier appareil d'entraînement fut l'Oxford, puis se furent le Magister, le Harvard, le Mustang, le Hurricane, le Wellington ect... volant de 15 à 20 heures sur chaque type.

img877

Au mois d'août elle commence son travail de Ferry, dans lequel elle ne s'est pas arrêtée depuis. Mademoiselle DUHALDE a maintenant prés de 1000 heures de vol sur 20 types d'avions différents, dont le Mosquito. Elle a convoyé un Spitfire du Sud de l'Angleterre au Nord de l'Ecosse 1h.15.

Aimée et estimée par ses camarades et ses supérieurs, Mademoiselle DUHALDE nous a parlé avec enthousiasme de la vie qu'elle mène et qu'elle aime passionnément, des avions qu'elle a pilotés et parmi lesquels le Boston, et le Mitchell semblent avoir ses préférences, de ses projets d'avenir.

Sa longue activité aérienne ne lui a pas ôté le goût de l'Air et elle espère bien ne pas achever sa carrière d'aviatrice avec sa carrière militaire.

Sur le point de retourner au Chili, elle n'exprime qu'un désir: c'est de continuer à y voler plus que jamais. Nous lui souhaitons bonne chance et bon voyage et lui demandons d'apporter à son pays les voeux les plus cordiaux de la France amicale et reconnaissante.

(source: BULLETIN Des Forces Aériennes Françaises en Grande-Bretagne N°19 Août 1945 - collection: Jean-Paul DELMAS)

n22890193188_1431320_7823961_1_

UNE BELLE SURPRISE

De la part de mon ami CHILIEN Alan REY.

La photo de Madame Margot DUHALDE une légende vivante au CHILI aujourd'hui agée de 82 ans et pleine de vigueur, qui vient d'être décorée par les Gouvernements Français et Britanniques pour son activité pendant la deuxième guerre mondiale au sein des

FORCES AERIENNES FRANCAISES LIBRES.

0226c01002_7_1_

Madame Margot DUHALDE la seule femme pilote d'AMERIQUE LATINE dans les F.A.F.L. a reçu la Médaille de Commandeur de la Légion d'Honneur des mains de l'Ambassadeur Monsieur HOWARD DRAKE.

(source: Alan REY mon ami Chilien)

Publicité
21 septembre 2009

DE NUIT SUR LA RUHR

DE NUIT SUR LA RUHR

par le CAPITAINE WRRIER

En souvenir des 22 Tués ou disparus

de la 2ème escadrille du

"Groupe Tunisie"

au cours des mois

d'août et septembre 1944

img864

La consigne est de ne pas parler: avant... pour garder le secret, pendant... pour mieux travailler, après... par pudeur.

Et cependant tous ces hommes vivent, intensément; mille pensées les assaillent, ils se taisent, se taisent encore et puis... cela éclate; deux mots, une rapide réponse, ils sont soulagés. - Vivre n'est-ce pas "échanger..." des pensées, des mots, des caresses, des coups.

"Ops" au Groupe "TUNISIE". Réunion des équipages à 15 heures. Tout le monde s'affaire; les navigateurs et les bombardiers courent à leur salle respective préparer leur mission; les pilotes moins pressés mastiquent tranquillement leur chewing-gum.

Dans la salle des Navigateurs les premiers arrivés discutent et préparent leurs cartes. Sur le grand tableau mural la carte de l'Allemagne s'étend, constellée de grandes zones rouges où la Flak s'avère toujours hargneuses.

Un plaisantin a tracé un grand trait aboutissant à... Berlin; à chaque arrivant, un silence se fait: quel tête va t'il faire? "Bande de fumistes, dit le Lieutenant B... toujours sceptique, il faudra changer changer de disque si vous voulez que cela prenne"!... Enfin le Capitaine L..., Chef Navigateur, entre. C'est l'oracle qui va donner la route, qui va transporter tous ces hommes, de la vie douce et paisible, dans la guerre, et chacun évidemment pense "Mission facile ou difficile ? ". On ne sait pourquoi d'ailleurs car il n'y a pas de missions faciles.

img866

C'est un bon moment pour le Capitaine S... qui aimait traîner dans les salles de jeu, faire un banco risqué, ou miser un toquard au pesage de Longchamp. Il a toujours aimé relever les cartes. Mais aujourd'hui, c'est le Capitaine L... qui les donne... " BOCHUM " annonce t-il déroulant au mur un long cordon vert aboutissant au milieu d'une belle tache rouge, bien sombre.

Le silence se fait dans la salle, ça devient sérieux. Au travail !!...

16h.30 - Tous les équipages, au complet, sont rassemblés à leur table.

Alors voilà, c'est simple, dit le Colonel. Vous n'avez qu'à foncer tout droit dans la Flak. Cela vous permettra d'y rester moins longtemps: La dernière fois que nous y sommes allés, ce sont ceux  qui voulaient l'éviter qui ont été touchés. C'est un mauvais moment à passer mais pas tant que cela... et puis... ça passe vite vous verrez !... et sa figure s'éclaire. C'est un dur; il doit avoir raison et ceux qui avaient une légère crainte reprennent leur assurance et partent tranquilles.

img873

Le père MEURISSE, aumônier de la base d'ELVINGTON.

En sortant de la salle on aperçoit le Père MEURISSE dont le bon sourire optimiste illumine le visage. C'est un "Copain" et puis... discrètement il vous rappelle que le bon dieu est là, ça aussi... c'est reposant.

img868

On a décollé à l'heure et pris le Cap 10 secondes à l'avance. Deux heures à faire dans la crasse à 600 mètres avant de prendre de l'altitude!

"Attention pilote dit S..., je vous dis 142 et vous faites du 144 nous sommes un peu à droite de la route".

"Si vous croyez que c'est facile. répond l'autre, on est trop bas, ça tabasse tant que ça peut".

"Allez, ne vous énervez pas, ce n'est pas grave".

Et les minutes s'additionnent tandis que la buée couvrent les vitres, que l'extrémité des plans s'estompe dans le gris sombre des nuages et qu'une mince couche de givre blanchit les bords d'attaque.

Une secousse, le variomètre tombe à - 10, l'altimètre perd 150 pieds. "Sapristi, dit le pilote, on ne voit rien devant et on se fait souffler...

"ça gaze, dit le Navigateur, ça prouve qu'on est sur la route !"

Il fait maintenant nuit noire, on approche des lignes et c'est l'heure de monter. Les quatre moteurs font un effort, l'avion peine... 30 Tonnes! c'est un poids. Une grosse lueur apparaît devant, halo lumineux éclatant, illuminant l'avion puis s'éteignant.

D.C.A.? peu probable. Collision, sans doute. S... note l'heure.

Le mitrailleur-arrière annonce qu'il voit des étoiles, le tabassage diminue, c'est le calme.

"HALIFAX au dessus" annonce le mitrailleur-supérieur.

"Dangereux? "

"Pas pour l'instant "!

"Alors taisez vous"... et des ombres se profilent dans le crépuscule.

Les quatre moteurs bien synchronisés ronronnent calmement maintenant, l'altitude est atteinte. 500 avions côte à côte dans l'obscurité, tous feux éteints, s'avancent vers l'objectif; cet objectif d'où sont sortis tant d'armes, qui tuèrent des nôtres, détruisirent nos maisons, incendièrent les lieus chers où notre enfance s'égaya. Chacun dans l'avion a quelqu'un ou quelque chose à venger.

img871

Cet objectif! le verra-ton la navigation est-elle bonne?

"D.C.A. à gauche" annonce le mitrailleur.

"D.C.A. devant" dit le bombardier.

"Epais ?"

"Pas trop".

Et chacun se prépare, ajuste son parachute, jette un dernier coup d'oeil sur les instruments pour s'assurer que tout ira bien.

Notez l'heure, Navigateur !

"Pourquoi"?

"Parce que..."

19H.32.

Et le souffle des respirations dans les micros mal fermés se superpose au grondement des moteurs...

"ça tape dur, dit le pilote, je fais 10° à gauche".

"Non répond S... , il faut tenir le cap..."

Et le bombardier murmure sourdement "ce navigateur, il est dans sa boite comme les types de l'Etat-Major dans leur bureau, il ne voit rien et s'imagine que c'est une promenade..."

ça y est, je vois l'objectif - A droite... encore... un peu... tout droit !"

img874

Et le temps passe, le ciel est illuminé d'éclairs, les Bombes éclairantes des chasseurs ennemis embrasent les nues; à travers une mince couche de nuages, Bochum s'étend, cerclé de la vive lueur rouge des marqueurs et aussi d'incendies multiples que couvrent parfois d'épaisses fumées.

Et dans le ciel, du rouge, du blanc, du vert, du jaune: fête de nuit unique, grandiose, étourdissante aussi...

"Alors, ça vient? demande le pilote, vous les lâchez oui ou non... !

"Encore 20 secondes au moins... et puis il faudra marcher droit pour la photo."

C'est long 20 secondes... sur un objectif ! quand depuis prés de 20 minutes la Flak tape devant, derrière, au dessus...

"Pan" touché ! annonce le mitrailleur, deux trous dans la tourelle".

"Bombes parties" hurle le bombardier.

Et un grand soulagement se fait dans les esprits tendus de ces 7 hommes. C'est à croire que c'est fini, que la mission est terminée. Les nerfs se reposent, il y a quelque chose de fait. Calmement, S... dicte "Cap. 10, vitesse 220".

L'avion prend sa vitesse avec sérénité. Derrière des feux s'allument au sol, le grand halo lumineux s'éloigne; libéré de sa charge et revêtu de sa carapace sombre, suivi par les éclatements de la Flak qui ne veut pas lâcher sa proie, l'appareil rentre dans la nuit.

Chacun à bord se laisse aller à rêver, s'évade. C'est une détente. Clac, clac,clac,clac,...

"Qu'est-ce que c'est"

"Je ne sais pas dit le mécanicien, on a dû être tiré par un chasseur !"

"Les moteurs, ça va?"

"ça à l'air ! je vais essayer de voir"

"Surtout n'allume rien - on serait descendus comme des lapins."

"Je crois que je vois quelque chose dans la queue; dit le mitrailleur-arrière. Attention corks crew à droite, top... reprenez la route... corks crew à gauche...

Et la sarabande commence. L'avion pique, cabre; le pilote pousse sur le manche, puis tire. Tous les yeux tentent de percer l'obscurité.

"Conservez le cap, dit le Navigateur, sinon je ne sais pas où on va se retrouver !"

"Je fais ce que je peux !" répond le pilote entre deux efforts.

"Je crois qu'il est semé..."

"C'était peut-être un ami ?" suggère doucement le bombardier.

"Des amis comme ça, je tire dessus !..."

35 minutes on passé. On est bien en mer du Nord. Bientôt la côte Anglaise, tout ira bien si l'on n'est pas suivi. L'avion sent le "home" après 5 heures d'efforts".

A l'interrogatoire, tout l'équipage est rassemblé. Chacun ajuste ses souvenirs ou regarde des notes.

"Ah! mon Capitaine, quand je vous ai dit de noter l'heure..."

"Oui, 19h.32. !"

"Il y avait deux avions en flammes à notre gauche; seulement vous m'avez dit de parler le moins possible... alors..."

"C'est juste, notons la position..."

"52 27 Nord - 07 30 Ouest."

Au déjeuner le lendemain, le Capitaine S... prend tranquillement son repas attendant son vieux camarade le Capitaine M...

Celui ci arrive tout essoufflé et l'air furieux.

Ah! mon vieux, ce n'est pas trop tôt - je t'ai cherché toute la soirée hier puis, j'ai arrangé quelque chose avec toi, Charles et des copines pour ce soir. ...

"Qu'est ce que tu as donc fait?

"Bochum!... répond sourdement S...

"Ah! et Charles où est-il?

Manquant.

"Hum!"... un silence... puis "On sort quand même ce soir?"

"Bien sur, s'il n'y a pas d'Ops.

Novembre 1944.

(Source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE BRETAGNE. N°14 FEVRIER 1945 - Collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN.)

 

 

2 septembre 2009

RECHERCHE DES FAMILLES

img771

GROUPE LORRAINE

Recherche du petit-fils

du Lieutenant Georges FORSANS

Eric FORSANS petit-fils du Lieutenant Georges Henri FORSANS, recherche à prendre contact avec soit les anciens, enfants où petits-enfants, ayant des informations conçernant son grand-père.

Lieutenant Georges Henri FORSANS du II/6 ème R.I.C. 7ème compagnie a été cité et décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent, en 1951/54, il est le Commandant du Détachement de l'Armèe de l'Air auprès du Secrétariat d'Etat à l'aviation Civile et Commerciale.

Extrait du J.O. n°298 du 22/12/56: Promus au Grade d'Officier de la Légion d'Honneur, FORSANS Georges Henri, commandant, 19 ans de services, 6 campagnes, 16 ans de bonification pour services aériens commandés. A été blessé et cité, Chevalier de la Légion d'Honneur du 25 février 1947.

Il est décédé le 6 juin 1957 lors de sa dernière épreuve du Brevet de Pilote de planeur.

Prendre contact à l'adresse suivante:

kara@wanadoo.fr

guistar@ol.com

__________________________

carte_voeux_Lorraine_1945_1_

carte_voeux_Lorraine_1945

Jean-Michel GRAVAUD recherche à prendre contact avec la famille de Joseph CONSTANT du Groupe "LORRAINE

contact:

piscine.goelys@wanadoo.fr

______________________

RECHERCHE

DES FAMILLES

AVIS DE RECHERCHE

CONCERNANT LE SERGENT/CHEF CALLARD

Jean-Michel GRAVAUD cherche à prendre contact avec la famille CALLARD ou les proches du Sergent-Chef CALLARD qui était mécanicien au sol à Elvington de l'Halifax H7 V n° de série NA 547 du groupe "GUYENNE" l'appareil a disparu lors du raid sur WORMS le 25 février 1945.

prendre contact aux adresses suivantes:

piscine.goelys@wanadoo.fr

guistar@ol.com

____________________________________

Papi_1__1_

Emile MECHALY, aux commandes de son HALIFAX avec tous ses membres d'équipages "Erreur de ma part je dirais plutôt  un B.17 vu le nombre de navigants"

"NON JE BLAGUE BIEN SUR"

"Mais soyons sérieux"... Dans vos souvenirs auriez-vous par hasard connaissance des personnages sur la photo mise à part le Sergent Emile MECHALY, et où la photo a pu être prise.

(contact: yohanzerdoun@hotmail.com)

HOMMAGE AUX GROUPES LOURDS A VOIR DANS.

http://fr.youtube.com/ducaphil

 

 


 

EQUIPAGE DU LIEUTENANT JOUMAS

img213

Sgt Guy BOURREAU.

(collection: Jean-Michel GRAVAUD)

Monsieur Jean-Michel GRAVAUD neveu du Sergent Guy BOURREAU Radio de l'équipage du Lieutenant JOUMAS, recherche a prendre contact avec les familles BAYLE, JOUMAS, DUGNAT, BARDE, MARTROU, ESQUILAT, équipage du Lieutenant JOUMAS 2/23 "GUYENNE"

contact à l'adresse suivante:

piscine.goelys@wanadoo.fr

 


 

 

 

 

 

 

EQUIPAGE DU LIEUTENANT JOUMAS

S/Lt BAYLE. Lt JOUMAS. Sgt/C DUGNAT. Sgt BOURREAU. Sgt BARDE. Sgt MARTROU. Sgt ESQUILAT.

21/22.02.1945 - Objectif: WORMS - Squadron 346 - 14 morts.

Le HALIFAX du Sous/Lieutenant JOUMAS dont l'équipage effectue sa 9e mission est abattu à 30 km au sud-ouest de Bad-Kreuznach. Tous les membres de l'équipage sont tués et ont été inhumés au cimetière de LÖLLBACH.

Monsieur Jacques GAZEL recherche tout contact ou photos de l'équipage du Lieutenant JOUMAS du GUYENNE tombé dans la nuit du 21/02/45, et plus particulièrement du Sergent André ESQUILAT son mitrailleur de queue, qui était un ami d'enfance de mon père Roger GAZEL.

Quelques photos de B26 Invader du 2/23 GUYENNE en Algérie, le personnage sur certaines photos est le cousin de Monsieur Jacques GAZEL, le Sergent Robert DUMAS mécanicien naviguant qui termina sa carrière dans l'Armée de l'Air en 1969 au GLAM.

Le destin est ainsi fait que mon père Roger GAZEL, dont le meilleur ami le Sergent ESQUILAT mourut lors du raid sur WORMS le 21/22.02.1945 sur un avion HALIFAX du Groupe 2/23 GUYENNE,  qui fut à l'origine de l'entrée dans l'Armée de l'Air du Sergent Robert DUMAS en 1950.

Adresse pour contact:

j.gazel@neuf.fr

 

img530

(collection: Jacques GAZEL.)

Le Sergent Robert DUMAS mécanicien naviguant devant son B26 du 2/23 "GUYENNE" en Algérie Oran La Sénia 1958/1959.

robert_dumas_devant_un_b26_straffer_oran_1958

(collection: Jacques GAZEL)

Le Sergent Robert DUMAS, ?? ??, ?? ??, devant le B26 en 1958 2/23 "GUYENNE" à Oran La Sénia.

img531

(collection: Jacques GAZEL)

B26 - Leader Groupe 2/23 "GUYENNE" Oran-La-Sénia, 1958

img572

(collection: Jacques GAZEL)

Oran-La-Sénia alignement des B26 du Groupe 2/23 "GUYENNE"

img573

(collection: Jacques GAZEL)

B26 Invader Groupe 2/23 "GUYENNE" Oran-La-Sénia en 1958 préparation pour la visite du Général de GAULLE.

img574

(collection: Jacques GAZEL)

Visite du Général de GAULLE en 1958 à Oran.

(Contact: j.gazel@neuf.fr)

 


 

EQUIPAGE DU Lt-Col. VENOT

Lt-Col VENOT. Lt GUILLOCHEAU. Adjt KIPFERLE. Sgt LHOMOND. Sgt/C POUPEAU. Sgt/C FINALE. Sgt/C BIAGGI.

Dans le cadre de ses recherches conçernant son grand-Oncle Dominique BIAGGI, mitrailleur-arrière dans l'équipage du Lieutenant-Colonel VENOT, Sandra NIAULON recherches à joindre les familles des autres membres de l'équipage.

IMG_0002_1_

Recherche de Sandra NIAULON photo prise en Grande-Bretagne, je pense dans une famille d'accueil, Dominique BIAGGI à droite avec le petit chien, par contre recherche des autres personnages, qui est-ce ???

(Contact: mars79sandra@hotmail.com)

 


 

G.B. TUNISIE

Pouvez-vous me dire si un aviateur du nom de MARCHESE (écriture approximative) a pu faire partie du G.B. TUNISIE avec comme matricule F.F.L. le numéro 17 631- en vous remerciant par avance pour cette recherche Historique. François ROYER.

 


 

RECHERCHE

SENTENAC Henry Pierre

img939

Mon père étais militaire de carrière dans l'armée de l'air en Afrique pendant la guerre de 40, il est ensuite parti en Angleterre pour continuer le combat sur une base aérienne.

C'était quelqu'un de très secret sur cette époque il ne s'étendait pas, les quelques fois ou j'ai essayé d'aborder le sujet il m'a répondu avec amertume qu'il avais perdu des copains, je n'ai pas insisté; il est parti trop tôt et chaque 6 juin je pense encore a lui ou était-il, que faisait-il sur sa base, je sais qu'il était mécanicien radio navigateur, il était sous-officier.

Il a terminé sa carrière à la base Toulousaine de Francazal comme Adjudant/Chef.

Je fais des recherches pour connaître son parcours en Angleterre pendant cette période, pour connaître son histoire; pourriez-vous m'aider ou bien m'aiguiller car je sais qu'il existe certainement des Archives, des photos.

(Contact: fabiennesentenac@neuf.fr)

ADRESSE:

Service Historique de la Defense

Château de Vincennes

département de l'armée de l'air

Avenue de PARIS

94306 VINCENNES CEDEX

 


 

RECHERCHE

D'OLIVIER

EQUIPAGE DU COMMANDANT BROHON

Cdt BROHON, Lt PLUCHART, Lt PERSEVAL, Sgt MOUREY, Sgt/C CARAYOL, Sgt/C GARDIOL, Adjt/C POTET.

Groupe 2/23 "GUYENNE"

 

J'aimerais savoir si quelqu'un aurait connu mon grand-père le Sergent/Chef CARAYOL Guy.

Mécanicien-navigant F/E - 30.06.44 - 03.06.45.

contact:

oantonuccio@hotmail.com

 

 


17 août 2009

GOEPFERT ANTOINE "2/23 GUYENNE"

Antoine GOEPFERT

2/23 "GUYENNE"

img667

Né le 28 février 1910 à Lyon (Rhone) décédé le 11 janvier 2001.

S'engage à 18 ans pour rejoindre l'école de Buc et devenir pilote aviateur. Est breveté pilote à 19 ans. Obtient son brevet de pilote militaire sur Spad, en 1931, passe son brevet de pilote de transport public.

Commence sa carrière à la compagnie Aérienne Française. Pressenti comme pilote d'essai. Fait des périodes militaires et c'est pendant l'une d'elles que la guerre le surprend. Est appelé au Groupe 2/32, il vole sur Bloch 200. Envoyé dans le Sud de la France, puis en Tunisie.

Entend l'appel du 18 juin. Regagne la France, se fait démobiliser, veut gagner l'Angleterre, mais ne pourra réussir qu'au début 1943. Arrive en Grande-Bretagne, rejoint les Groupes de Bombardiers Stratégiques et subit une importante formation et un intensif entraînement.

Ce n'est que vers le 15 Novembre 1944 qu'il est opérationnel, 6 mois plus tard est Commandant de l'escadrille G.B. 2/23 "GUYENNE".

Aura effectué 25 missions de nuit sur l'Allemagne. Après la guerre, entre à Air France y restera jusqu'en 1970. A volé sur toutes les lignes mondiales, 21 000 heures de vol, Colonel de réserve de l'Armée de l'Air.

Officier de la Légion d'Honneur.

Croix de guerre 1939/1945 - 4 citations - 2 palmes.

Distinguished Flying Cross.

Médaille de l'Aéronautique.

Médaille des Evadés.

Repose dans le cimetière de TRILBARDOU (Seine-et-Marne).

6 août 2009

POUR LE SOUVENIR DE Robert COLCANAP "GROUPE LORRAINE SQUADRON 342"

COMPOSITION FRANCAISE

EXAMEN à OLD DEAN CAMP

CAMBERLEY

img501

Robert COLCANAP.

- Que faisiez-vous dans la vie civile?

- Pourquoi et comment êtes-vous venu en Angleterre?

- Avant cette date fatale du 18 juin 1940, qui marqua un tournant assez important dans le cours jusqu'alors paisible de ma courte vie, je me trouvais dans la situation du petit garçon bien sage qui, ayant sans trop se fatiguer, obtenu la première partie de son bachot, se repose de toutes ses fatigues passées et à venir, dans une classe idéale, qui n'a sa pareille dans aucun pays étranger: la classe de philosophie, classe spécifiquement française...

... Nous avions tout juste une dissertation philosophique par semaine, dissertation à laquelle je travaillais un peu tous les jours, et qui était plus ou moins bien notée selon le travail effectué bien souvent, il s'est trouvé que la note fût inversement proportionnelle au travail fourni, ce qui ne m'encouragea guère dans la voie du travail...

... Comment peut-on prendre contact avec la vie réelle, si l'on passe ses jours et une partie de ses nuits à s'abrutir sur Tacite sur les Catilinaires, ou même sur le De Natura Rerum? Mon esprit ne s'est donc trouvé élargi que du jour où je suis entré en cette classe bénite, de philosophie où pour la première fois j'ai vu mes maîtres appliquer l'aphorisme bien, connu de Montaigne: "une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine".

C'est dire qu'en ces 6 derniers mois j'ai appris un peu de tout, hormis la Philo...

... M'engager?

Il ne fallait pas y songer. Je n'avais pas l'âge. J'ai donc continué bien sagement à m'imbiber de l'évolution Créatrice et autres chefs d'oeuvre sans oublier les théories évolutionnistes de Spencer, Larmarck, Darwin, etc. D'autre part, en tant que futur candidat du P.C.B., j'avais installé chez moi un petit laboratoire de chimie qui m'a aidé à passer bien des après-midi d'hiver. J'étais bien loin de Virgile et de ses bucolique, d'Aristophane et de ses guêpes.

C'était l'essentiel. J'étais heureux, alors que j'aurais dû, me lamenter...

Alors, survint la catastrophe. vers la fin de la guerre, je devins un lycéen distrait. La guerre était debout dans le lycée. Le canon étouffait à mes oreilles, la voix des maîtres, et la voix mystérieuse des livres ne nous parlait qu'un langage froid et pédantesque, même pour les matheux. Les logs et les cos autrefois étaient des degrés fondamentaux pour monter à l'étoile suprême du bachot (la plus belle étoile des cieux pour des gosses de notre-age) n'avaient plus aucun sens.

Brusquement, nous nous sommes tous trouvés en face de la réalité. Certes, je ne suis pas tombé de la lune sur la terre. Dieu merci, je ne suis pas un J.Jacques - comme certains de mes camarades, qui, à moitié abrutis par les programmes surchargés de Math.Elém. se décidaient enfin à lever leur nez de dessus leurs livres, quand il était trop tard.

D'autres, éternels rêveurs (romantiques, mode 1940), ne réalisaient pas que, en ce mardi 18 juin 1940 (125 ans pour pour jour après Waterloo) ces satanés boches allaient arriver dans leur bonne ville de Brest, qui jamais de mémoire d'homme, n'avait connu la botte allemande.

Que m'est-il donc arrivé au milieu de la panique générale? j'avoue que je n'ai pas trop perdu la tête. Il s'agissait, avant tout de rester calme. Ma décision était prise. Mon père était absent, mais il m'aurait certainement approuvé, s'il avait été là (en ce temps là,il commandait un aviso à Bizerte). Je ferais donc tout mon possible pour m'embarquer. A ce moment , il n'était pas question d'envisager le devoir, comme un impératif absolu ou catégorique. J'ignore ce qu'aurais fait Kant à ma place; toujours est-il que personnellement, j'ai surtout mis mon point d'honneur à me soustraire à la botte de ces messieurs, puisque cela m'était possible, et qu'il me restait encore des poings et une tête pour me battre. Je dirai plus: j'ai tenu à réparer ces six mois d'oisiveté pendant lesquels j'aurais été plus utile soit en usine, soit aux champs... Enfin, ne regrettons rien.

Vigny a dit que l'honneur est un sentiment né avec nous, indépendant des temps et des lieux; un sentiment fier, inflexible, un instinct d'une incomparable beauté, une foi qui est tout de même restée à quelques uns.

Ce qui est curieux, c'est que je n'ai pas eu du tout conscience de cette religion mâle, sans symbole et sans images, sans dogmes et sans cérémonies, lors de mon départ.

Et pourtant, en m'analysant bien maintenant, je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillée toutes les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci: un Français ne peut pas laisser son allié se battre seul, ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle, que longtemps, j'en ai ignoré la source et la raison véritables. Toujours est-il, que j'ai eu une révélation soudaine de beau, du vrai, du juste.

De là est jaillie une lumière, qui m'a toujours éclairé, depuis 10 mois que je suis en Angleterre et qui toujours depuis m'a empêcher de dévier du droit chemin.

Et je me suis embarqué tout tranquillement: comme je suis né, comme j'ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement.

img901

Le Sous/Lieutenant Robert COLCANAP, le "benjamin du LORRAINE",s'engagea à 17 ans et mourut à 21 ans le 11 novembre 1943.

(SHAA)

Ces lignes sont extraites d'une composition Française faite lors d'un examen à Old Dean Camp Camberley par Robert COLCANAP.

S'échappant de Bretagne, il a rejoint les Forces Françaises Libres le 19 juin 1940.

Il fut tué à 21 ans, le 11 novembre 1943 en service aérien commandé après, avoir effectué brillamment de nombreuses missions de bombardement comme Observateur au GROUPE LORRAINE.

"Nous ne vous oublierons pas"

DUCAPHIL

(source: BULLETIN DES FORCES AERIENNES FRANCAISES EN GRANDE-BRETAGNE N°13 Janvier 1945 - collection: Nicole ROUSSEAU PAYEN.)

CITATION

Le Sous-Lieutenant COLCANAP, Robert, du Groupe "LORRAINE"

"Observateur ardent et courageux à donner en exemple pour son allant et sa conscience professionnelle.

A rejoint les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle à l'age de 17 ans, s'évadant de France occupée et s'est engagé dans une unité combattante dès qu'il eut atteint l'âge requis. A mérité l'estime et l'affectation de ses chefs et de ses camarades pour son ardeur juvénile et ses grandes qualités de coeur et de courage.

Au cours d'une mission en vol rasant particulièrement importante, son avion ayant été touché par la flak, lui-même étant blessé à l'oeil et à la jambe au moment de l'entrée en territoire ennemi, a néanmoins accompli entièrement sa mission.

A trouvé la mort le 11 novembre 1943 au cours d'un vol d'entraînement dans des circonstances montrant une fois encore le plus bel esprit de sacrifice: son pilote essayant de poser son avion désemparé sur un terrain de football, accepta de risquer de se poser dans un endroit moins propice pour éviter de heurter des joueurs aperçus au dernier moment sur le terrain choisi."

Citation à l'Ordre de l'Armée Aérienne.

img660

(collection: Odile ROZOY KUNZ)

 

22 juillet 2009

C.A.E.A. - JOURNEE DU PATRIMOINE - 19 et 20 SEPTEMBRE 2009 de 13h a 17h

SOUVENIR DES JOURNEES

DU PATRIMOINE EN 2008

AU C.A.E.A.

IMG_0312_1_

(collection: Adjudant. Gilles COUSTELLIE)

Interview de monsieur André GUEDEZ par le journal Sud-Ouest avec le Colonel JOUBERT Commandant la Base Aérienne 106.

IMG_0284_1_

(collection: Adjudant. Gilles COUSTELLIE)

Monsieur André GUEDEZ on aperçoit sur le tableau d'exposition la photo de son équipage.

Mission du 24.12.1944 - Objectif: MULHEIM-ESSEN.

En abordant la RUHR, le HALIFAX du Lieutenant LEROY est touché par la Flak.En dépit des avaries, l'équipage décide de poursuivre la mission. Il bombarde l'objectif, l'aéroport de MULHEIM-ESSEN.

Un peu plus tard, l'appareil est de nouveau sévèrement atteint; l'ordre d'évacuation est donné. Le Pilote, le Sergent-Chef BAILLON, reste aux commandes pour maintenir l'avion en ligne de vol, tandis que les six autres évacuent l'avion. Hélas, deux seulement survivront, le Sergent-Chef DURAN et le Sergent André GUEDEZ, les quatre autres étant assassinés peu aprés avoit touché le sol.

BAILLON périra dans l'avion qui s'écrase au sol? Il fait partie de cette cohorte des Pilotes de bombardement qui se sont sacrifiés pour que le reste de l'équipage survive. Tous sont morts en héros anonymes. Les cinq tués ont été inhumés au cimetière Nord de DÜSSELDORF.

IMG_0279_1_

(collection: Adjudant. Gilles COUSTELLIE)

Adjudant: Gilles COUSTELLIE, Monsieur André GUEDEZ.

IMG_0324_1_

(collection: Adjudant. Gilles COUSTELLIE)

Projection du premier film,(DE LOURDS SOUVENIRS 24.12.1944) de Geneviève MONNERIS, sur le souvenir des Groupes Lourds Français Guyenne et Tunisie.

Le deuxième film: (A PART CA TOUT VA BIEN ! 1943-1945) Témoignages de six Français des GROUPES LOURDS GUYENNE ET TUNISIE dans le BOMBER COMMAND de la ROYAL AIR FORCE.

 


 

DANS LE CADRE

DE LA JOURNEE DU PATRIMOINE

LE C.A.E.A.

OUVRIRA SES PORTES

LE 19 ET 20 SEPTEMBRE 2009

DE 13h A 17h

Base Aérienne 106

BORDEAUX-MERIGNAC

img234

Insigne de la Base Aérienne 106.

Homologué: le 12 Février 1977 sous le numéros A702

Définition: Ecu ancien de Bordeaux posé sur un vol d'argent de même.

Symbolique: l'insigne reproduit fidèlement les armes de la ville de Bordeaux, lieu de stationnement de la Base, encadrées d'un avion et d'ailes symbolisant l'Armée de l'Air.

 

affiche_patrimoine_sept__20b_1_

IMG_5164_1_

Plaque commémorative de la salle

"GUYENNE et TUNISIE"

(collection: Gilles COUSTELLIE)

IMG_5167_1_

IMG_5184_1_

IMG_5182_1_

IMG_5185_1_

IMG_5178_1_

IMG_5176_1_

IMG_5175_1_

IMG_5168_1_

IMG_5159_1_

img998

IMG_5187_1_

IMG_5190_1_

Le STAMPE du C.A.E.A.

(collection: Gilles COUSTELLIE)

Publicité